Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

L'extrême-gauche et les élections

· Inprecor (première série) n° 54, 24 juin 1976 · p. 2-6 · 3 048 mots

Italie Syndicalisme

Document DP

Appel de Démocratie Prolétarienne

AO, PDUP, MLS, LDC

Document AO

Une issue à gauche

Document LC

"Gouvernement des gauches"

et pouvoir populaire

Document GCR

Le mouvement de masse et le

"gouvernement des gauches"

PORTUGAL

Les présidentielles

LIBAN

Les enjeux de l'intervention

Syrienne

Magida Salman

AFRIQUE DU SUD

Le massacre de Soweto

Langa

INPRECOR 76 rue Antoine Dansaert - 1000 Bruxelles - Belgique tion du Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale -- Les articles

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correspondance de presse internationale

N°54 24juin 1976 sommaire

Correspondance de Presse Internationale - - Organe bi-mensuel d'informasignés ne représentent pas obligatoirement le point de vue de la rédaction. Ces prix n'incluent pas les frais d'expédition par avion outre-mer. Pour les USA et le Canada, par avion : $24 par an. Pour les autres pays, s'adresser de Banque, Agence Dailly 1030 Bruxelles - Compte courant n° 210-0320173-28 Société Générale POUR LA FRANCE : libeller les chèques au nom de Pascal Henri et les faire

93100 - MONTREUIL

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L'EXTREME-GAUCHE

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•Dans les numéros précédents (Inprecor Nos. 51 et 52) nous avions situé le cadre politique dans lequel se déroulent les élections législatives italiennes. De même, nous avions souligné l'importance du regroupement électoral qui s'est opéré - sous la dénomination de "Démocratie Prolétarienne' - à l'occasion de ces élections, regroupement qui s'inscrit dans la perspective d'un processus complexe d'unification, recomposition et débat au sein de la "gauche révolutionnaire." La campagne électorale menée par les diverses composantes de "Démocratie Prolétarienne" indique l'audience significative acquise par l'extrême-gauche italienne depuis 1969. Les résultats électoraux la sanctionneront certainement. Deux pôles se sont profilés à cette occasion, au sein même de "Démocratie Prolétarienne", l'un formé par "l'Organizzazione Communista Avanguardia Operaia" (AO) et le "Partito d'Unità Proletaria per il Communismo" (PDUP), l'autre constitué par "'Lotta Continua' (LC). En effet, les meetings et les actions communes entre ces deux composantes furent relativement rares. AO et le PDUP sont à l'origine de "Démocratie Prolétarienne" (DP). Ils donnèrent ce nom aux listes communes qu'ils présentèrent lors des élections régionales et administratives de juin 1975. Dès lors, ils revendiquent la paternité et la légitimité de DP . LC - qui présente ses candidats, regroupés en fin de liste, sur les listes de DP - se place donc dans un rapport d' "unité conflictuelle" avec les deux organisations qui se veulent la colonne vertébrale de DP. Dans le prochain numéro d'Inprecor nous effectuerons le bilan de la campagne électorale, nous y analyserons les résultats et leurs implications sur le plan national et internatioPour l'instant, nous nous limiterons à présenter les positions politiques développées, durant cette dernière période, aussi bien par l'alliance AO-PDUP, par AO, par LC que par les "Gruppi Communisti Rivoluzionari" (GCR - section italienne de la IVème Internationale). Le débat politique qui s'est amplifié en Italie, lors des élections, possède une grande importance. Il traduit tout d'abord l'évolution politique parcourue par les organisations les plus significatives de ce qui était qualifié, il y a quelques années encore, comme la "gauche extra-parlementaire" italienne. En outre, ce débat montre que la profondeur de la crise sociale et politique en Italie, le potentiel immense de riposte de la classe ouvrière, le développement comme les contradictions internes des partis réformistes (PSI et PCI), la capacité d'initiatives propres des organisations regroupées actuellement sous le sigle de DP ont fait émerger une situation politique qui confronte ces organisations aux questions décisives de la stratégie révolutionnaire.Sur de nombreux points, le débat qui prend forme au sein de cette "extrême-gauche" ne reproduit pas les discussions initiées en Espagne ou au Portugal, mais anticipe sur les confrontations politiques qui se développeront sous peu dans ces pays mêmes. Ne serait-ce que pour cela, l'examen attentif et critique des positions explicitées par ces organisations possède un intérêt considérable. Tout en mettant en relief, à contrario, la valeur des réponses stratégiques fournies par les marxistes-révolutionnaires dans le cadre de l'actualisation de leur héritage théorique (dualité de pouvoir, démocratie ouvrière, front unique etc), il indique aussi les nécessaires précisions à apporter face à la nouvelle montée révolutionnaire se dégageant tendanciellement en Europe méridionale. De ce fait, la discussion engagée en Italie doit se prolonger, le plus largement et publiquement possible, à l'échelle internationale. La publication de ce dossier est un premier pas, restreint, dans cette direction. Tout en ne voulant pas, ici, nous attacher à une critique des positions émises par ces groupes, néanmoins, pour faciliter la lectu -re des textes publiés ci-après et permettre de les situer en relation avec l'évolution politique de ces groupes, nous tenterons très rapidement de préciser les conditions de leur naissance, leurs positions initiales sur quelques problèmes et leur importance organisationnelle actuelle. Nous ne pouvons, dans ce contexte, retracer leur évolution, liée aux développements de la crise sociale et politique en Italie; ceci devra être fait. LOTTA CONTINUA Le ler novembre 1969, le premier numéro d'un journal, intitulé "Lotta Continua"', paraissait. Depuis le 22 novembre 1969, il paraîtra avec régularité. La parution de cet organe traduit le regroupement d'une fraction du groupe "Potere Operaio" de Pise - dont Gianni Sofri, actuel dirigeant de LC, était le leader -, avec de nombreux militants du "Mouvement Etudiant" de Turin, de Trente, de l'Université Catholique de Milan et du groupe "Potere Operaio" de Pavie. LC se situe dans le courant spontanéiste. En 1962, Sofri écrivait : "Les ouvriers, les étu-

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diants, les techniciens, les paysans parviendront à se former une conscience révolutionnaire générale à partir de l'expérience de lutte qu'ils conduisent à l'intérieur de leur condition de classe, de leur capacité d'être l'avant-garde de cette lutte ... s'ils perdent cette capacité, ils peuvent apprendre beaucoup de choses, mais ils restent suspendus dans le vide". Lors de la grande bataille contractuelle qui se déroule en automne 1969, LC propose la "révolution culturelle dans les fabriques italiennes". En été 1970, elle tient son premier Congrès. Dans un des documents préparatoires de ce Congrès, Sofri définit ainsi la signification de cette notion qui occupe une place centrale dans la conception de LC : " l'autonomie ouvrière' Il écrit : "... C'est le refus explicite et radical du travail salarié et des lois qui le gouvernent ... : endommager la production, abolir les stimulants matériels tendant à co-responsabiliser les travailleurs dans l'accroissement de la production, refuser la division économique et normative, refuser le chronométrage du temps de travail et les conditions de travail nocives, les horaires, les tours... La production est l'affaire des patrons, la crise de la production est un objectif politique des travailleurs"'. L'autonomie se définit aussi sur un autre terrain. Elle consiste "à démasquer le rôle contre-révolutionnaire des syndicats et des partis parlementaires". "Le syndicat est l'instrument essentiel servant à emprisonner la lutte des classes dans les règles du fonctionnement du développement capitaliste". Le PCI est défini essentiellement comme "l'instrument essentiel pour canaliser la lutte anticapitaliste dans les règles du jeu de la démocratie bourgeoise pour la conservation du système" A cette époque un des thèmes les plus significatifs développé par LC est synthétisé par la formule : "Prenons la ville". Sofri en explicite comme suit la signification : "Ce n'est pas un mot d'ordre infantile et provocateur. Ce n'est pas l'invitation irresponsable au saccage ou à l'insurrection. C'est par contre un programme stratégique de formation et de consolidation des avant-gardes prolétariennes à l'intérieur du processus révolutionnaire de longue durée. Prendre la ville signifie unir les prolétaires à partir de leurs besions fondamentaux, les sortir de leur isolement, de la misère à laquelle les condamnent les patrons, de les habituer à discuter dans la lutte, à vivre en communistes''. Depuis cette époque, LC a connu un développement organisationnel important. Lors de son dernier Congrès, en janvier 1975, elle revendiquait 10. 000 militants. Selon un de ses dirigeants, Luigi Bobbio, "après avoir sous-estimé les questions de la construction du Parti, nous sommes arrivés à une structure s'inspirant du centralisme démocratique". Des statuts furent adoptés lors du Congrès de janvier 1975. Ils reconnaissent de fait le "droit de tendance", mais celui-ci est lié à la conception "de la nécessité que l'organisation soit envahie par les contradictions réelles existant dans les masses". Les tendances doivent donc révéler ces contradictions! LC est implantée à l'échelle nationale, dans les principales entreprises d'Italie (Fiat, Alfa-Romeo, Pirelli, Italsider, complexe chimique de Porto Marghera ...). Dans le Nord, elle est le plus fortement représentée à Turin, sa "ville d'origine". Dans le Sud, elle dispose d'une forte base à Naples, cù elle joue un rôle déterminant dans l'organisation des chômeurs. De plus, LC connait un développement en Sicile, région ou le PCI est relativement faible. Depuis 1972, elle dispose d'un quotidien (''Lotta Continua"), qu'elle déclare vendre à 15. 000 exemplaires. Elle ne possède pas de revue théorique. Ses documents programmatiques, comme les principales contributions théoriques de sa direction sont publiés dans le quotidien. Luiggi Bobbio explique que : "LC est l'organisation des nouvelles avant-gardes, issues des luttes, et qui découvrent la politique. LC a joué avant tout un rôle dans les usines qui ont eu un rôle de rupture face aux syndicats et au révisionnisme (PCI)". Bien qu'encore marquée par sa matrice spontanéiste, LC connait un développement poli -tique significatif. Elle a stimulé un processus de réflexion aussi bien sur divers thèmes théoriques, liés à l'histoire du mouvement ou -vrier, que sur les questions stratégiques et tactiques qui se posent aujourd'hui en Italie. Le texte reproduit ci-dessous exprime aussi bien les positions actuelles de LC qu'il permet de saisir l'évolution de cette organisation. AVANGUARDIA OPERAIA L' "Organizzazione Communista Avanguardia Operaia" (AO)nait en 1968, à Milan. Une série de ses membres fondateurs ou dirigeants actuels sont issus des rangs de la IVème Internationale (Massimo Gorla, Luigi Vinci, Silvio Corvisieri, etc...). Cette organisation est liée à un travail en direction des "organismes de base" surgis dès 1967-68 dans quelques usines importantes du Nord de l'Italie, plus spécialement dans la région de Milan (entre autres à Pirelli): En décembre 1968, parait le premier numéro de la revue "'Avanguardia Operaia", le second numéro est publié en mai 1969. En 1971, AO possède un bimensuel, puis elle disposera d'un hebdomadaire. En 1973, l'heb-

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domadaire garde le titre d'"Avanguardia Operaia', alors que la revue théorique s'intitule "Politica Communista'". Le premier numéro de la revue, en 1968, annonçait la fusion entre "'Avanguardia Operaia' de Milan, le "Circolo Lenin' de Mestre et le "Circolo Rosa Luxembourg' de Venise. Depuis lors, AO, qui se situe dans "l'aire léniniste", a adopté une politique systématique de travail unitaire et de fusion avec diverses organisations locales ou régionales, parmi lesquelles le "Centro di Coordinamento Campano" et surtout le "Collettivo Lenin' de Turin. Si AO dispose d'un poids largement prédominant dans le Nord - entre autres dans les régions de Milan, de Venise- elle connait un développement à l'échelle nationale. Depuis deux ans, AO développe un travail unitaire privilégié avec le PDUP, dans la perspective d'une fusion qu'elle place aujourd'hui à relativement court terme. Le présent accord électoral, comme celui de juin 1975, comme les plate-formes signées AO-PDUP sont présentés par AO comme s'inscrivant dans cette perspective. Le document commun signé AO, PDUP, MLS (Mouvement des Travailleurs pour le Socialisme) et LDC (Ligue des Communistes) traduit l'axe politique sur lequel le rapprochement actuel se produit. LC propose, en vue du "processus d'unification des révolutionnaires", un projet de "constituante des révolutionnaires'. AO y répond ainsi: "... Il est nécessaire aussi de voir l'évolution positive de LC. Nous avons, à plus d'une reprise, critiqué la difficulté ou l'incapacité de LC à définir ses rapports avec les réformistes et avant tout avec les syndicats, en termes non seulement de lutte; mais aussi de construction commune de mouvements anticapitalistes... Récemment, LC, dans le cours de la campagne électorale, a opéré une rectification, manifestant une disponibilité à s'investir dans les syndicats, une compréhension de la lutte politique qui s'y développe, une disposition à adopter une attitude non plus d'attaque frontale à un éventuel "gouvernement des gauches" (governo delle sinistre), mais à manifester une volonté de s'y mesurer, simultanément de façon critique et unitaire... Cependant, toute proposition de type politico-organisationnel, pour ne pas être démagogique, fragile et manipulatrice, exige de LC une réponse claire et définitive, dans la pratique et non seulement au niveau des formulations, sur les questions cruciales, du point de vue de la construction du parti révolutionnaire véritablement enraciné dans la classe ouvrière : la question de la "ligne de masse", du rapport, d'un côté avec des mouvements de lutte des masses, et de l'autre avec les syndicats et les partis réformistes"'. (''Quotidiano dei Lavoratori", 17.6. 76). La place du débat entre AO et LC, dans le processus de recomposition complexe de l'extrême-gauche qui s'initie en Italie, risque bien d'occuper une place déterminante, d'autant plus que ce débat passe aussi au travers des organisations qui en sont les protagonistes. Par rapport à l'orientation qui se dégage actuellement (voir le document intitulé : "'Les forces prolétariennes et populaires préparent une issue à gauche de la crise italienne"), il n'est pas inutile de fournir quelques indications sur les positions originelles d'AO sur le PCI, les syndicats et les CUB (''Comités Unitaires de Base"'). Néanmoins il faut insister, pour ne pas céder à un schématisme sectaire, qu'AO, tout en se réclaman du maoisme et en manifestant encore une position substantiellement a-critique face à la direction chinoise, a constamment mis l'accent sur l'effort d'analyse et d'élaboration d'une ligne politique d'ensemble. Le numéro 3 de la revue (novembre-décembre 1969) affirme qu'à "l'origine de la crise du régime ... (se trouve) le disfonctionnement des institutions qui depuis plus de deux décennies ont assuré l'hégémonie bourgeoise:( dès lors) l'insertion du PCI dans le champ gouvernemental est de moins en moins vue comme une solution de la crise et toujours plus comme une étape obligatoire sur la voie de l'instauration d'un régime politique nouveau, d'un régime politique moins lié aux schémas du XIXème siècle de la représentation parlementaire et de la "partitocratie" tels qu'ils s'affirment dans la Constitution italienne". En outre, AO analysera alors, de façon très linéaire, catastrophiste, la crise du PCI, affirmant : "Les meilleurs éléments du PCI ont, déjà depuis quelques années, choisi le terrain syndical comme l'unique possible pour leur militantisme, après que le Parti ait perdu tout rôle dirigeant dans la fabrique, comme résultat de sa politique électoraliste' ou encore: "Le terrain sur lequel l'hégémonie des révisionnistes modernes (PCI) devait payer le prix le plus significatif et important fut celui de la confrontation de classe conduite par les organisations syndicales selon des méthodes de pompiers (dans le seul but d'éteindre le mouvement revendicatif - Inprecor)"'. AO en tire la conclusion suivante, sur le plan de la construction de l'organisation : "... Le fait que la croissante dynamique de la rérolution mondiale et l'exacerbation des affrontements de classe dans notre pays rendent toujours plus clair le rôle d'agent de la bourgeoisie joué par le révisionnisme, tout ceci impose des tâches précises aux militants révolutionnaires, aux avant-gardes ouvrières : déterminer un processus de croissance de nouveaux instruments de lutte et d'organisa -tion qui se situe dans la perspective de la refondation du parti du prolétariat et, simultanément, qui place la lutte de classe hors du contrôle et de l'influence bourgeoise et l'oriente dans un sens révolutionnaire (...). La tâche des marxistes-léninistes est

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d'empêcher la dispersion des militants qui, individuellement ou par groupes, se détachent des révisionnistes, en leur offrant les conditions d'un militantisme révolutionnaire parmi les masses et une organisation communiste cohérente". (AO, "'Il Révisionismo del PCI, origini e sviluppi' - Le révisionnisme du PCI, origines et développements - 1972). A partir de cette conception, les CUB étaient définis ainsi : "Le CUB, surgi dans la lutte, est un organisme de masse qui a sa propre autonomie, aussi bien de ligne qu'organisationnelle. Il est constitué par tous les travailleurs qui s'y reconnaissent, tout d'abord de façon spontanée et, ensuite, de façon toujours plus consciente, dans une perspective de claire défense des intérêts de classe et, hors de la fabrique, selon un mode anticapitaliste et anticollaborationniste. Le CUB n'est pas organisé de manière bureaucratique mais, comme organe autonome, il possède l'articulation la plus ample; il développe son activité sous diverses formes, grâce à des assemblées, des tracts, des réunions le soir... Ici , il serait aisé d'affirmer : "'Mais le Conseil de Fabrique et les syndicats ne doivent alors plus exister ?" Supprimons immédiatement ce malentendu et répondons : Non ! Le Conseil de Fabrique (CdF) et les syndicats doivent continuer à être présents, mais nous disons que le CUB, de même, ne doit pas disparaitre. Le CUB, comme organisme démocratique de masse, avec sa propre autonomie, ne veut pas supplanter le CdF; au contraire le CdF doit toujours plus être qualifié comme défenseur des intérêts fondamentaux des travailleurs, et abandonner dès lors l'attitude collaborationniste... Dans les rapports aux syndicats, le CUB veut maintenir une autonomie de ligne précisément parce qu'il est convaincu de la nécessité de dénoncer aux travailleurs tout ce que les syndicats ne font pas, toutes leurs capitulations, pour marquer leurs responsabilités et aussi pour développer toutes les orientations de classe auxquelles le syndicat, désormais depuis un bon bout de temps, à renoncé. La fonction du CUB doit donc être celle de conditionner (d'influencer)toujours plus l'action des syndicats, afin que s'y affirme une véritable ligne de classe en opposition à l'actuelle ligne de collaboration que les syndicats mettent en avant. " (janvier 1972.) Depuis 1974, AO dispose d'un quotidien intitulé "Quotidiano dei Lavoratori" (8 pages grand format), qu'elle déclare vendre à 15.000-20.000 exemplaires. AO contrôle de plus deux radios périphériques, à Milan et à Rome. Elle revendique actuellement environ 8. 000 militants. AO, sur le plan politico-organisationnel, se réclame du "centralisme démocratique", qui semble cependant être fort distant, sur le plan de la démocratie interne, de la conception défendue par les marxistes - révolutionnaires.

A. U.

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