La vie de José Francisco Paez, dirigeant syndicaliste argentin, est en grave danger. Paez, de même que sa femme, furent arrêtés en janvier dernier. Il fut accusé "d'associations illégales et de détention de matériel subversif". Par la suite, il fut jugé. Maintenant, il est mis au secret dans le pénitencier de Cordoba. D'après les témoignages, de nombreux prisonniers sont "extraits"' du pénitencier de Cordoba chaque soir. Le matin, on trouve leurs cadavres. Les prisonniers ont soi-disant été tués lors d'une confrontation entre l'armée et les guérilléros. On sait déjà que les fonctionnaires du pénitencier de Cordoba construisent un tunnel près de la prison. On peut craindre que d'autres prisonniers politiques ne soient assassinés, sous le couvert de "tentatives d'évasion" préparées à l'avance. Tout ceci indique que la vie de José Paez est en danger. L'arrestation et l'emprisonnement de Paez ont déjà suscité des protestations de la part de personnalités et d'organisations dans le monde entier. On trouve, entre autres, 30 membres du Parlement colombien, y compris Vilar Borda, chef du parti libéral et proche collaborateur du président Lopez Michelsen, la Fédération Colombienne des Educateurs, qui incite les autres syndicats colombiens à émettre des protestations. En 1939, alors âgé de 20 ans, Paez commença à travailler à l'usine automobile Fiat Concord de Cordoba. Son rôle de dirigeant des grandes grèves des travailleurs de la Fiat ces dernières années lui valut, à l'échelle nationale, la renommée d'être l'un des dirigeants syndicaux les plus capables et les plus respectés de Cordoba. En 1969, il fut à la tête d'un mouvement de grève de grande ampleur, dans lequel les travailleurs de la Fiat étaient au premier plan. En 1971, une immense mobilisation des travailleurs de Cordoba - connue sous le nom de Cordobazo - secoua le pays. Le syndicat des travailleurs de la Fiat, SITRAC-SITRAM, mena à nouveau la lutte. Les locaux syndicaux furent ensuite occupés par l'armée. Paez fut arrêté, ainsi que quelques autres dirigeants de la grève. Après sa libération, Paez fut toujours persécuté par la dictature militaire; il fut obligé de passer 9 mois dans la clandestinité. En septembre 1973, Paez fut le candidat du PST (Partido Socialista de los Trabajadores) à la vice-présidence. En janvier dernier, le gouverneur de la province de Cordoba appela à un meeting de tous les partis politiques pour discuter de la vague de terrorisme d'extrême-droite qui s'empara de la province. Paez assista à ce meeting en tant que représentant du PST. Il accusa le gouvernement péroniste de protéger les gangs d'extrême-droite. Ces gangs assassinent des militants syndicaux, les avocats qui défendent les prisonniers politiques et même des parents de personnalités politiques. Plus tard, un groupe d'hommes armés, en civil, tenta de le kidnapper en plein jour, alors qu'il sortait d'une banque du centre de la ville, accompagné de sa femme. Cela échoua, car Paez se mit à hurler et attira l'attention de la foule. Peu après, Paez et sa femme furent arrêtés. Malgré ses déclarations trompeuses sur le "respect des droits humanitaires", la junte militaire qui dirige l'Argentine est l'une des plus impitoyables d'Amérique latine. Paez est l'un des prisonniers politiques parmi plus de dix-mille. Il est emprisonné pour le seul crime d'avoir défendu les droits démocratiques et humains du peuple argentin. Il est devenu un des symboles de la persécution politique endurée par le mouvement ouvrier argentin. Défendons-le ! Seule une protestation internationale massive peut sauver la vie de ce dirigeant syndical reconnu, et assurer sa libération ! ENVOYEZ UN TELEGRAMME OU UNE LETTRE AUJOURD'HUI ENCORE, POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DE JOSE FRANCISCO PAEZ, A :
Général Jorge Videla Casa Rosada Buenos - Aires