Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOCUMENT

Communiqué n°4 du Comité de défense des ouvriers

· Inprecor (première série) n° 66, 27 janvier 1977 · p. 31-32 · 1 354 mots

Pologne Syndicalisme

Varsovie, le 26 novembre 1976 Toutes les informations fournies ci-dessous ont été vérifiées et forment une actualisation des données produites dans les communiqués n°1, n°2 et n°3 datés du 29.09.76, du 10.10.76 et du 30.10.76. /.../ 1. Données globales sur les arrestations et les emprisonnements En liaison avec les événements du 25 juin, deux mille personnes ont été arrêtées à Radom et et environ cinq cents personnes à Ursus, selon les actuelles estimations. Jusqu'à aujourd'hui, nous avons obtenus des renseignements concernant 261 personnes condamnées à Radom et 112 personnes condamnées d'Ursus. Nous ne pouvons pas donner le nombre exact des personnes encore en prison car actuellement à Radom, on libère ceux qui attendent leur procès et, en même temps, des personnes déjà libérées sont convoquées à la prison. Trois personnes d'Ursus sont encore certainement emprisonnées. /.../

3.Données sur la répression

en dehors de Radom et Usus Nous connaissons des cas de répression - surtout des licenciements - dans les villes suivantes : Nowy Targ, Lodz, Gdansk, Pruszcz Gdanski, Elblag, Plock, Szczecin, Starachowice, Varsovie. Ainsi, 200 à 400 personnes ont été licenciées aux Chantiers navals "Lenine" de Gdansk, environ 300 dans l'usine de camions de Starachowice et 200 à 250 dans l'usine de chaussures de Nowy Targ. A Gdansk nous connaissons le nom de 92 licenciés des Chantiers navals, des usines ZREMB et Budimer, et de la fabrique d'appareils laitiers.

DOCUMENT: Jusqu'au 31 juillet, 68 appels ont été présentés aux commissions d'appel. Sur ce nombre, appels ont été rejetés, ll arrangés à l'amiable et dans trois cas les personnes ont retrouvé leur travail. Jusqu'au 29 septembre, 20 personnes ont fait appel aux tribunaux de travail. Dans les rapports concernant les licenciés, on retrouve systématiquement les directives du Département de l'Emploi et des Affaires sociales du Conseil national de Gdansk interdisant de les engager : '... Les directeurs ont été informés de la nécessité de la stricte application de la réglementation en vigueur en ce qui concerne l'engagement du personnel, avec une considération particulière /.../ à savoir le non engagement des personnes dontles contrats de travail ont été résiliés de façon immédiate'. De même qu'à Radom et Ursus, les licenciements ont été effectués en violation du droit du travail par l'utilisation de l'article 52 du code de travail en tant que réglementation anti-grève. Les procès de E. Szreder l'entreprise ZREMB et de J. Zapolnik contre les Chantiers navals sont caractéristiques de telles pratiques. Szreder a été licencié parce que 'disposant d'une grande autorité, en arrêtant de travailler, il a provoqué l'arrêt de travail des autres'. Jozef Zapolnik quant à lui, a été licencié bien que 'le 25 juin, il était en congé maladie et n'était venu aux Chantiers navals que pour se procurer l'aide funéraire, sa fille ayant été enterrée deux jours auparavant'. (tiré de "l'Information" signé par le Président de la commission régionale d'appel pour les affaires de travail à Gdansk). Henryk Kicha a été licencié parce que, en tant que président du cercle de l'Union socialiste de la Jeunesse polonaise, il a convoqué une réunion en défense de J. Trzaska - licencié - et a essayé de rassembler des signatures pour le soutenir. M. Traczyk a demandé pendant la réunion consultative que l'augmentation des prix soit rediscutée par les économistes. Il a été licencié ! A Nowy Targ, la grève a débuté le 29 juin en tant que protestation contre les fausses informations de la presse. Deux cent cinquante personnes environ ont été licenciées. Depuis, 50 personnes environ ont été reprises. A Lodz, comme dans beaucoup d'autres villes, de nombreuses entreprises ont fait grève le 25 juin 1976. Nous ne disposons pas de la liste complète. Dans l'usine textile "Malgorzata Fornalska, un comité de grève s'est formé.

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POLOGNE

Le premier juillet, pas moins de 300 personnes ont été licenciées en application de l'article 52 du code du travail. Jusqu'à aujourd'hui, presque tous les licenciés ont retrouvé un travail, après une période de chômage variant entre un et quatre mois. En général, ce travail est moins rétribué que le précédent. Seulement dans l'entreprise "M. Fornalska", un pourcentage important de licenciés ont utilisé les possibilités de défense juridique et de nombreux plaignants ont retrouvé leur travail en fonction de la décision des tribunaux du travail. Dans tous les cas que nous connaissons, les commissions d'appel se sont prononcées contre les ouvriers. Dans la deuxième moitié de juillet, tous les licenciés ont été convoqués par la milice et questionnés sur leurs moyens de subsistance, on leur a recommandé de mettre au courant la milice s'ils trouvent un travail. 4.Etendue de l'aide apportée aux ouvriers de Radom, Usus et Lodz

URSUS : Le comité dispose d'informations sur 209 personnes reprimées. 107 familles bénéficient d'une aide permanente. Sur les 209 personnes, 69 ont déjà obtenu un travail. /.../ 338.170 zlotys ont été dépensés, dont 39.900 pour des aides occasionnelles, 198.160 pour une aide continue et 100.110 zlotys pour les frais de justice. Le principal problème est le paiement des frais de justice qui s'élèvent à 137.140 zlotys. /.../ Selon les informations officielles transmises par la direction au comité de Voivodie du POUP, 500 personnes ont été licenciées dans l'usine de tracteurs "Ursus". Parmi eux seuls, 15 personnes ont été réadmises. /.../ RADOM : A Radom, 292 cas de répression ont été constatés. L'aide financière touche 85 familles et l'aide juridique 34 personnes. 261 condamnations ont été prononcées, dont 54 à des peines de plus de deux ans de prison, 37 de 3 mois à 2 ans, 48 à moins de 3 mois. /.../ Nous connaissons beaucoup de cas où on a exigé des travailleurs réadmis dans leur usine -en contre-partie du maintien de leurs acquis -des déclarations de résiliation du paiement du temps de chômage forcé, qui pourtant leur était dû. /.../ 304.960 zlotys ont été dépensés. LODZ : Nos informations concernent 34 personnes, nous avons dépensé en aides diverses 15.000 zlotys. /.../ En tout, à Radom, Ursus et Lodz, nous avons dépensé 658.030 zlotys. L'aide permanente touche 230 familles, ce qui est loin de représenter l'ensemble des familles nécessiteuses. /.../

9. Les buts du Comité de défense des ouvriers Nous répétons les buts du comité formulés dans notre communiqué n°3 : Le comité est né pour apporter l'aide juridique, médicale et financière aux participants de la protestation de juin, réprimés. Dans la situation où les syndicats, les agences d'aide sociale et les organes de défense des citoyens n'ont pas rempli leurs fonctions, un groupe de gens de bonne volonté devait jouer ce rôle. Au moment où ces institutions rempliront leurs obligations et mettront fin aux persécutions, où il y aura une amnistie, où tous les réprimés auront été réhabilités et in aura de meneue pa ligue coù auront été inculpés les responsables des abus, des violations du droit et des tortures à l'encontre des travailleurs, alors le comité perdra sa raison d'exister. /.../ 12. Appel Nous rappelons encore une fois que, où que se trouvent des réprimés, le devoir social est de s'organiser pour les défendre. Dans chaque milieu, dans chaque entreprise, devraient se trouver des personnes courageuses, prenant l'initiative des formes de défense collective. Nous appelons les réprimés à utiliser tous leurs droits pour leur défense. Le comité est prêt à leur venir en aide dans la mesure de ses possibilités. Le Comité de Défense des Ouvriers continue d'appeler à l'aide financière, juridique et médicale pour les réprimés. Nous lançons aussi un appel pour l'envoi des informations exactes indispensables au travail du Comité. LE COMITE DE DEFENSE DES OUVRIERS : J. Andrzejewski, S. Baranczak, B. Borusewicz, M. Chojecki, L. Cohn, J. Kuron, E. Lipinski, J. J. Lipski, A. Macierewicz, H. Mikolajska, E. Morgiewicz, P. Naimski, A. Pajdak, J. Rybicki, J. Sreniowski, A.Steinbergowa, A.Szczypiorski, W. Zawadzki, Mgr. J. Zieja, W. Ziembinski. NOTES (1) voir Inprecor n°56 (22. 7.76), n°60 (21. 10.76) et n°63 (25.11.76) (2) adresse du Comité : "Cahiers du Cinéma", 9 passage de la Boule blanche, 75012 Paris, tous les envois de fonds doivent se faire à : J. F. Jézquel - CCP 328,61 K - La Source. Editeur responsable : René Groslambert, 34 rue Nothomb, 1030 Bruxelles.

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