Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Une défense efficace !

Inprecor (première série) n° 66, 27 janvier 1977 · p. 30 · 716 mots

Pologne

Nous publions ci-dessous la traduction de larges extraits du communiqué n°4 du "Comité de défense des travailleurs", rendu public le 22. 11. 76 à Varsovie. Le "Comité de défense des travailleurs" a été créé après les mobilisations ouvrières du 25 juin 1976 (1). Ce texte indique avec précision les moyens mis en œuvre par la bureaucratie polonaise pour tenter de "mettre au pas" les travailleurs. Dans une déclaration faite au début de janvier 1977, le Comité soulignait que "la terreur et l'illégalité régnaient toujours à Radom et risquent de faire tache d'huile dans tout le pays, si tous les actes de violation de la légalité ne sont pas punis." Mais la répression bureaucratique vise de même, et tout spécialement, les membres du Comité de défense qui représentent aujourd'hui un courant non négligeable en Pologne. Leur audience dans la classe ouvrière est importante. Ainsi, sur 5.000 travailleurs de deux usines de Radom et ZielonaGura, seuls 160 - parmi eux les dirigeants du Parti et les directeurs des entreprises - ont signé une pétition réclamant l' "expulsion"' de Pologne des membres du Comité. Gierek et sa police utilisent diverses méthodes pour tenter de se défaire du "Comité de défense". Par exemple, l'administration des postes a reçu l'ordre de confisquer les dons en espèces qui sont envoyés aux membres du Comité. Elle doit les verser au Trésor d'Etat! La police vise de cette façon à supprimer au Comité sa fonction concrète de défense matérielle des ouvriers soumis aux mesures répressives de l'administration et de la justice. Deux des membres du Comité, l'écrivain Jerzy Andrzejwski (auteur du livre "Cendre et Diamant"') et l'actrice Halina Mikolajska sont convoqués, au début de ce mois, devant un "tribunal spécial" pour répondre de l'accusation de "collecte d'argent illégale". L'auteur de "Cendre et Diamant" s'était déjà vu - comme le Comité - attaqué dans la presse polonaise. Le rédacteur en chef du quotidien "Zycie Warszawy" écrivait le 8. 1.77 : "Il est dommage qu'au crépuscule de sa vie Andrzejewski se soit associé à un groupe, petit mais bruyant, de gens... qui souhaitent par leur activité, troubler l'atmosphère morale en Pologne? Ces gens voudraient faire revenir la Pologne en arrière sur la voie du développement national. Dans leur programme, on trouve toutes sortes de choses : l'utopie de Trotski, des morceaux de la social-démocratie, des fragments de la nouvelle politique économique (NEP) des Soviets et les dernières munitions anti-communistes, une tranche de sionisme et un extrait de démocratie chrétienne, en un mot, un affreux chaos et mélange d'idées. " Néanmoins, de plus en plus de "personnalités" semblent avoir un attrait pour "ce chaos d'idées"' qui prend la forme d'une campagne efficace de défense des travailleurs. Le "Comité de défense" qui était composé de 15 membres à son début, en compte actuellement 23. Et, au début de ce mois, 172 "personnalités"' ont fait parvenir une lettre "aux représentants de la culture au Parlement"'. Ils y réclamaient la création d'une commission d'enquête sur les mesures de répression appliquées par la police à l'encontre des travailleurs qui manifestèrent en juin 1976. Cette lettre affirme : "Nous pensons qu'il est nécessaire d'instaurer une commission pour enquêter sur les abus et les sévices dont tout le pays parle ... Il est du devoir civique et moral de tout homme honnête de stigmatiser ces pratiques abominables et de les combattre avec tous les moyens possibles. serait comme d'habitude un signe d'approbation, et dans ce cas, cela signifierait que l'on approuve l'injustice et la violence physique." Toutes les intimidations de Gierek n'ont pas pu faire taire le vaste mouvement de protestation contre la répression et ceci ne peut à son tour que renforcer les travailleurs dans leur lutte. L'écho du "Comité de défense des travailleurs" a dépassé les frontières de la Pologne. En France, un "Comité de solidarité avec les travailleurs polonais" s'est constitué en novembre 1976. Il définit ainsi son rôle : "le rôle du comité français est de soutenir le comité polonais dans toutes ses activités et d'appeler l'opinion française à la solidarité avec le mouvement ouvrier et l'opposition démocratique en Pologne. La tâche actuellement la plus urgente est de collecter de l'argent pour aider les familles des emprisonnés et des licenciés et pour assurer la défense de tous ceux qui attendent encore le jugement"'. (2)

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