-FIVE
POUNDS
Nous publions ci-dessous la dernière partie et les conclusions d'une analyse portant sur la relation entre la crise économique, l'activité syndicale et la lutte de classes en Grande-Bretagne. La première partie avait été publiée dans le dernier numéro d'Inprecor, n°65, paru le 13 janvier 1977. Les trois éléments de la situation économique que nous avons analysés - a savoir le chômage, la politique des revenus et l'inflation - n'expliquent évidemment qu'en partie le déclin observé dans les luttes syndicales au cours des deux dernières années. Ce qui a été décisif, c'est la combinaison entre le cycle économique et le bloquage des perspectives politiques, résultant des trahisons du gouvernement travailliste. La déception causée par le parti travailliste se répand rapidement, mais elle ne se traduit pas en premier lieu par un déplacement vers la gauche : c'est ce fait qui, combiné avec le chômage actuel (le plus important de toute la période d'après-guerre) et le déclin actuel des luttes (plus prononcé qu'en une autre période), fait qu'il est dangereux d'essayer de prédire le développement exact des luttes syndicales dans la période à venir. Néanmoins, une série de signes indiquent que l'on a eu affaire à un recul temporaire et une défaite temporaire de la classe ouvrière, c'est-à-dire qu'il n'y a eu aucune défaite qualitative qui nous ramènerait à la situation d'avant 68. Il faut donc s'attendre à une remontée des luttes, même si elle devait être lente à son début. Plus particulièrement, quatre facteurs peuvent être envisagés. L'appréciation des rapports de force par la bourgeoisie Encore que cet indice ne soit pas décisif, il est néanmoins significatif que malgré tous les gains réalisés l'an passé, les sérieuses défaites subies pas le Labour dans des élections partielles, la bourgeoisie n'est cependant pas assurée de pouvoir défaire une quelconque lutte d'importance menée par un groupe de travailleurs bien organisés. Cela a été prouvé en de nombreuses occasions.
GRANDEBRETAGNE Alan JONES Quand les marins menacèrent de faire grève, au cours de l'été 1976, aucun secteur significatif des classes dominantes ne manifesta le désir de lutter à fond pour infliger une défaite aux marins, ce qui contraste violemment avec la réaction de la bourgeoisie face à une menace de grève provenant de quelque groupe ouvrier que ce soit, tout au long de la période qui précéda la première grève des mineurs de 1972. Cette fois, tous les dirigeants bourgeois sans exception insistèrent pour qu'on s'en remette à la bureaucratie syndicale et qu'on évite les provocations. Bien que la menace de grève fut finalement retirée, elle fit profiter les travailleurs concernés de petites concessions - et ces gains représentèrent les premiers résultats acquis sur la question des revenus depuis un an, ce qui leur donne un petit effet de la stimulation par rapport à d'autres secteurs ouvriers. Plus évidente encore a été la réponse de la bourgeoisie à l'action que les mineurs menaçaient d'entreprendre pour obtenir l'abaissement de l'âge de la retraite. Bien qu'apparemment le conflit ne portait pas sur les salaires, il constituait une menace bien plus grave encore pour la politique des revenus que ne l'était l'action des marins. On ne doit pas en être surpris, depuis les expériences de 1972 et 1974, la bourgeoisie est maintenant convaincue qu'elle ne peut battre en brèche une grève de mineurs. La façon dont la cotation de la livre a suivi l'état des négociations avec les mineurs est tout-à-fait risible : quand Joe Gormley, président du syndicat, déclarait que la majorité des mineurs ne cherchaient pas la confrontation avec le gouvernement, la livre remonta; quand le dirigeant de l'aile gauche, Hugh Scargill, appela à un vote sur la pour -suite de l'action, la livre baissa; quand la dernière proposition du Coal Board (Bureau charbonnier, organisme patronal) fut rejetée par les mineurs et qu'un référendum fut annoncé, la livre baissa à nouveau immédiatement. (''Times" du 24. 11.76). De ce référendum sortit un vote massif de 78 contre 22, contre la proposition du Coal Board et pour une action de grève. Il y a toutes les chances que les mineurs vont contraindre le gouvernement à des concessions, ce qui continuera de miner la politique des revenus et se communiquera par ricochet à d'autres secteurs industriels.
UN PIQUET DE GRÈVE DEVANT UNE MINE Finalement, et c'est aussi le plus important du point de vue politique, la bourgeoisie reste dans l'incertitude sinon dans la crainte quant aux effets possibles d'un retour des conservateurs au gouvernement, chose que la classe dirigeante serait probablement à même de provoquer à peu près à n'importe quel moment. Sa grande crainte est qu'un tel gouvernement serait confronté à une lutte d'importance de la classe ouvrière, qui le mettrait dans l'impossibilité de gouverner, plus rapidement encore que ce ne fut le cas avec Heath. C'est cette peur qui, sans aucun doute, est l'un des principaux facteurs permettant en ce moment au Labour de se maintenir en fonctions. Ceci indique, soit dit en passant, pourquoi la pression exercée par le gouvernement sur les dockers pour qu'ils ne fassent pas grève suite à la défaite des travaillistes, concernant la définition du travail sur les docks en relation avec l'introduction massive des containers, ne représentait pas seulement une trahison de classe, elle était également suicidaire du point de vue de la bureaucratie elle-même. Malgré les succès accumulés au cours de la période écoulée, qui incluent aussi l'absence de toute action contre l'échec de la législation du Parti travailliste sur la définition du travail de dockers, la classe dirigeante n'est toujours pas convaincue qu'elle ne serait pas, de nouveau, tée aux mêmes luttes qui ont amené d'abord la défaite et ensuite la chute de Heath. La combativité des masses Si nous passons maintenant des jugements politiques portés par la bourgeoisie sur les caractéristiques objectives du développement de l'action ouvrière, nous trouvons d'aussi bons arguments pour rejeter l'idée d'une défaite qualitative qui amènerait un retournement complet des rapports de forces entre les classes tels qu'ils s'établirent dès 1968. La combativité des masses est toujours visible dans la réaction très large qui suit tout appel lancé par la direction de la classe ouvrière. Maigré le recul des actions de grève, il est clair que l'apathie et la démoralisation ne domine pas, ainsi que le montre tout appel à l'action lancé par les bureaucrates. En plus de mobilisations sur des questions politiques plus spécifiques (la participation de près de 20.000 personnes à la manifestation organisée par le parti travailliste contre le racisme le 21 novembre en est un exemple), le développement le plus important, qui montre en même temps l'état d'esprit d'importantes couches, fut la manifestation du 17 novembre contre les réductions des dépenses publiques. Cela se produisit dans la foulée d'actions plus limitées encore que non moins plus importantes, en particulier les 20.000 personnes qui participèrent à la manifestation du 30 novembre contre le chômage, ou encore la grève générale d'un jour, dirigée contre les réductions de dépenses, à Dundee. La manifestation du 17 novembre surpassa même les prévisions les plus optimistes, en réussissant à mobiliser 60.000 personne dans la plus grande manifestation du mouvement ouvrier depuis l'action engagée en 1971 contre le "Industrial Relations Bill" (loi réglementant le droit de grève). Il est clair que de très larges couches de travailleurs du secteur public furent aussi entraînées dans cette action, malgré des différences entre les régions. En particulier, on a pu noter une participation massive de femmes travailleuses, de travailleurs noirs ainsi qu'une série de secteurs qu'on n'avait jamais vu entrer dans ume lutte (personnel des cantines scolaires; nettoyeurs, personnel du sec teur de la construction publique liée aux municipalités). Vu la situation présente dans le secteur public, qui est telle que la direction syndicale ne doit pas seulement faire face à la pression de la base, mais est en outre assurée de perdre de nombreux membres si les réductions de dépenses passent, le léger tournant vers la gauche entrepris par la direction syndicale crée des ouvertures auxquelles les militants répondent. En Ecosse en particulier, il ne se passe pas de semaine sans deux ou trois grèves ou défilés sur la question des réductions de dépenses. La CPSA (Civil and Public Services Association, syndicat des services publiques), qui compte 220.000 membres, a imposé le refus des heures supplémentaires dans les secteurs où le travail supplémentaire servirait à cacher la vacance d'un poste. Il a refusé certaines sortes de travail statistique et est en train de s'opposer à des manœuvres tendant à payer l'allocation de chômage tous les quinze jours plutôt que toutes les semaines. Le Bureau exécutif de la NALGO (National Association of Local Government Officers, syndicat de fonctionnaires) envisage de demander à ses membres le refus des heures supplémentaires et celui d'exécuter des tâches qui normalement auraient été accomplies par des employés qui ont été licenciés. A Londres même, près de 25 écoles refusent d'assurer l'interim pour des professeurs absents plus de trois jours.
GRANDE-BRETAGNE Cette situation, bien sûr, connaît de sérieuses limites. Tout au plus, les directions des syndicats du secteur public sont-elles en train de poursuivre une tactique classique de la bureaucratie de gauche, consistant à ne pas mobiliser des forces d'une façon centralisée et à laisser se battre seuls des secteurs militants particuliers. C'est ainsi, par exemple, que la NALGO a laissé à ses différentes sections la responsabilité de refuser les heures supplémentaires; la National Union of Public Employees (syndicat national des employés du service public), défend la position que c'est hôpital par hôpital qu'il faut combattre les réductions de crédit; la National Union of Teachers (syndicat national des professeurs) n'a rien fait pour mettre en pratique sa prise de position formelle contre les réductions d'effectifs. Même le succès massif du 17 novembre n'était finalement possible que grâce aux campagnes menées par les militants de base, profitant de la marge de manœuvre accordée par la bureaucratie. En outre, dans une série de cas, la bureaucratie a toujours recours à des méthodes de répression directe. La direction du NALGO, par exemple, trasmit une décision aux fédérations, affirmant qu'aucune action ne pourrait être entreprise contre un membre n'ayant pas participé à l'action du 17 novembre. Le NUT a tenté de sacrifier les professeurs de "'Little Ilford School", engagés dans une lutte particulièrement isolée pour ne pas assumer les absences prolongées. Le rôle joué par la bureaucratie dans ces actions révèle la nécessité de revendications qui dépassent la fragmentation imposéeaux luttes. Cependant, la réponse très importante donnée à chaque appel de la part de la direction révèle quant à elle la combativité sous-jacente qui persiste chez les travailleurs et indique qu'il n'y a pas eu de défaite qualitative. Les directions locales mises en place après 1971 subsistent intactes Etant donné que, dans la période actuelle, la bureaucratie n'a rièn fait de plus que laisser la porte ouverte aux actions menées par les militants à l'échelon local, il est d'une importance particulière que les directions locales créées dans la période avant 1974 restent intactes dans l'ensemble. Il y a certaines exceptions néanmoins, comme les usines Chrysler du Midlands, la construction et, dans une certaine mesure, les dockers. Mieux, dans un certain nombre de secteurs, entre autre le secteur public et dans une moindre mesure, les travailleuses d'usine, les organisations locales et les délégations syndicales ont connu un nouveau développement. La signification de cela est double. Premièrement, ainsi qu'il a déjà été noté, cela veut dire que chaque fois que la direction syndicale laisse les portes ouvertes à l'action, il y a un nombre suffisant de militants organisés pour en profiter.
Cela s'est vu le 17 novembre avant toute chose, mais on l'a aussi remarqué à l'occasion de la Conférence nationale sur le Chômage, convoquée par le Parti communiste et qui a réuni 3.000 délégués, ainsi qu'au travers des forces qui se sont engagées dans les initiatives "Right to Work" (le droit au travail) organisées par le groupe "International Socialists". En second lieu, cela veut dire que partout où la production industrielle a repris et où, par conséquent, les conditions objectives sont plus favorables à la lutte, les militants locaux sont à même de profiter de la situation pour relancer les luttes en défense de leurs propres intérêts. L'industrie automobile mérite ici un intérêt particulier, dans la mesure où c'est un bastion syndical, qui avait été sévèrement touché par la récession, les licenciements massifs et des défaites indéniables dans certains secteurs. Avec la reprise économique dans cette branche, une nouvelle vague de grèves est en train de se développer. que pour la semaine se terminant le 20 novembre, on ne compta pas moins de six grèves dans cette industrie. En général, il s'agit de petites grèves, mais qui n'en étaient pas moins significatives : non seulement par rapport à l'apathie qui avait prévalu au cours des six à neuf mois qui avaient précédé, mais aussi pour le fait que trois d'entre elles se déroulèrent malgré les instructions officielles de retour au travail données par la direction syndicale. Il y a là encore un exemple très clair de délégations et directions locales prenant en charge la lutte et retrouvant une certaine confiance en elles-mêmes. En outre, à ces diverses petites luttes sont venues s'ajouter récemment des actions plus étendues, plus prometteuses - entre autre les occupations d'usine de Jaguar à Coventry, pour faire échouer une menace de lock-out, ainsi que l'importante lutte de Ford Dagenham, où des travailleurs de l'équipe de nuit prirent le contrôle du bâtiment central, élevèrent des barricades et accueillirent la police avec des lances à incendie. Il serait faux d'exagérer cette tendance, car ces luttes sont presque toutes défensives, mais il s'agit en tout cas d'un tournant par rapport à la situation qui prévalait l'année passée, après des défaites aussi grandes qu'à Chrysler. La chose importante est en tout cas que les travailleurs sont en train de riposter par la lutte aux attaques. Extension des luttes et quelques victoires Fait particulièrement significatif au vu des attaques généralisées dirigées contre la classe ouvrière et, en même temps, signe du début d'une résistance et d'une lutte plus importante encore de nouvelles couches de travailleurs
passent à l'action. On peut le noter particulièrement dans le secteur public. Des groupes de travailleurs n'ayant aucune tradition de lutte se sont engagés dans des mobilisations : éducation, santé et d'autres encore. On put le constater le 17 novembre, quand des couches telles que les plongeurs et les serveurs de restaurant se mobilisèrent, alors que des femmes et des Noirs constituaient une part très importante des travailleurs de la manifestation. La mobilisation des femmes travailleuses s'est aussi étendue à d'autres secteurs. Une série de grèves pour l'obtention d'un salaire égal à celui des hommes, ont connu un point culminant avec la lutte de Trico. Elles se sont déroulées durant tout l'été, comme il devenait de plus en plus clair que le "Equal Pay Act " et le 3sex Discrimination Act" (lois sur l'égalité des salaires et sur les discriminations entre les sexes), datant de 1975, ne pouvait même pas fournir les avantages économiques limités qui avaient été promis. (Malgré les promesses du gouvernement et la législation, l'inégalité des salaires a continué de s'aggraver. En avril 1976, la différence de salaire horaire entre hommes et femmes était de 40 pence, alors qu'elle était de 32,2 p. en octobre 1972). Ce qui est plus important encore, c'est que certaines de ces luttes amènent maintenant des succès même limités et partiels. Elles sont menées sur des terrains restreints, comme par exemple le bloquage de l'utilisation du travail des jaunes à Ford Dagenham, les occupations qui firent échec à un lock-out à Jaguar Coventry (la direction fut forcée de payer les salaires pour aussi toute la période de l'arrêt de travail), le succès de la lutte pour la syndicalisation chez Greenings à Warrington. Quoi qu'il en soit, après une période au cours de laquelle pratiquement toutes les luttes se terminaient par des défaites, un certain nombre de victoires sont importantes pour stimuler la combativité de la classe ouvrière. Il est clair aussi qu'un tournant partiel s'est opéré dans la lutte salariale au cours de la période qui vient de s'écouler. Les faibles gains enregistrés par les marins en furent le premier signe. Le second vint de la grève de 21 semaines pour l'égalité des salaires à Trico. Cette victoire - acquise malgré le harcèlement policier, la décision d'un tribunal d'Etat, le soutien plutôt tiède des syndicats officiels - fut la première grande démonstration de l'idée selon laquelle la lutte peut amener des résultats, même s'il y faut du temps. Finalement, le fait que les mineurs soient en mesure d'extorquer au moins quelques concessions qui aillent au-delà des limites imposées par la politique des revenus, représentera un autre stimulant pour la lutte. Si l'on prend tous ces indices en même temps -l'appréciation qu'a la bourgeoisie des rapports de force, la réaction significative de la classe ouvrière à tout appel à l'action lancé par la direction, la subsistance des directions locales installées avant 1974 et l'extension de la lutte à de nouveaux secteurs, tout cela couplé à quelques victoires partielles - nous pouvons avec assurance rejeter l'idée qu'il y aurait eu une défaite qualitative de la classe ouvrière qui nous ramènerait à l'époque d'avant 68. L'augmentation ininterrompue des effectifs syndicaux reflète une combativité non battue et toujours présente. En outre, l'action du 17 novembre, les légers succès des marins, la montée des luttes dans l'industrie automobile, la victoire à Trico et les mouvements entrepris actuellement par les mineurs constituent le début d'un tournant lent mais net dans la situation. Au vu des reculs de l'an passé et des nombreuses difficultés politiques majeures faisant obstacle à une montée de la combativité de la classe ouvrière, même sur le plan strictement syndical, il serait léger et irréaliste de s'attendre à ce que cette remontée des luttes, soit rapide. En outre, les éléments politiques mentionnés démontrent que les déterminants économiques revêtent une importance moins cruciale qu'auparavant. Néanmoins, les révolutionnaires britanniques, sans prévoir de développements spectaculaires au départ, ont pour perspective une remontée des luttes ouvrières,. Pour que ce tournant puisse se consolider, les prochains pas à faire consistent à renforcer les luttes contre les réductions de dépenses, engager des luttes sérieuses contre les licenciements chez Courtauld et dans d'autres secteurs, redonner un élan, au moins partiel, aux luttes contre la politique des revenus. De nombreux problèmes sociaux et politiques doivent encore être surmontés. La bourgeoisie détient encore de nombreuses cartes dans son jeu - qui vont du racisme à une campagne pour un "gouvernement de coalition nationale" - pour renforcer la pression sur le gouvernement travailliste. Mais on ne peut trouver d'arguments économiques pour justifier la conclusion que la combativité dont la classe ouvrière a fait preuve au cours des huit dernières années a été fondamentalement brisée. Une nouvelle reprise des luttes syndicales doit à son tour aider à améliorer les conditions dans lesquelles se déroule l'intervention des révolutionnaires, orientée vers la résolution de la crise politique à laquelle la classe ouvrière est confrontée. Une extension de cette lutte à l'industrie lourde marquerait certes un point qualitatif. Aujourd'hui, et après une période de reculs indéniables, les révolutionnaires britanniques ont plus de raison que jamais de garder confiance dans le développement de la lutte de classe en Grande-Bretagne. Se préparer à un nouveau tournant dans les luttes syndicales, étendre leurs revendications et méthodes d'organisation, dépasser les obstacles politiques auxquels elles seront confrontées, cela doit prendre une part cruciale de l'activité révolutionnaire aujourd'hui.