Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRLANDE

Les grandes étapes du mouvement nationaliste irlandais

· Inprecor n° 102, 25 mai 1981 · p. 8-9 · 795 mots

Irlande

siècle, lorsque les Anglais y installèrent les féodaux protestants anglais et écossais, réduisant rapidement les Irlandais à la fonction de métayers et d'ouvriers agricoles. Au Nord comme au Sud, avec des différences, la classe dominante - les grands propriétaires terriens — était composée d'Anglais protestants qui s'opposaient aux masses catholiques d'expression gaélique constitué par l'apparition, à la fin du XIXe siècle, du mouvement ouvrier, à la tête duquel on trouve des figures aussi remarquables que James Connoly — l'un des premiers à lier le programme de la libération nationale et l'émancipation sociale. Le Parti socialiste irlandais (ISP) mit sur pied, à partir d'octobre 1913, une milice ouvrière destinée à protéger les syndiqués des attaques patronales.

réaction contre les milices coloniales protestantes. C'est la milice ouvrière de James Connolly et la minorité radicale des Volontaires - le Sinn Fein qui déclenchèrent l'insurrection de Pâques 1916 qui fut écrasée par les Britantions de 1918, et bien que ses candidats soient emprisonnés, il obtint la victoire. Ses élus se proclamèrent Parlement (Dail) et les Volontaires se transformèrent en Armée républicaine irlandaise (IRA). La révolution irlandaise avait commencé, aboutissant à la partition de l'ile en 1921. Bien qu'il ait atteint à cette époque l'apogée de sa force, le Sinn Fein se développa sans programme social et politique clair, ce qui pesa beaucoup dans son incapacité

Traité de 1921, établissant l'Etat libre (Eire) et partageant artifiellement le pays. Celui-ci fut le résultat d'un compromis entre l'aile bourgeoise et agrarienne du mouvement républicain et la puissance coloniale. Au terme de cette convention, la République d'Irlande restait rattachée à la Couronne britannique en tant que dominion, et le Nord, à majorité protestante, détaché de l'Irlande daise n'hésita pas à s'engager dans une répression brutale. Les affrontements armés durèrent jusqu'en 1923. L'IRA connut alors sa traversée du désert. Ce sont les événements eux-mêmes et la réflexion stragégique des républicains qui

(dialectes celtiques).

le soulèvement de 1798. Mais l'un de s'attirer les sympathies des petits protestants.

La première expression importante du mouvement national irlandais fut des facteurs les plus déterminant a été De leur côté, les nationalistes fondèrent des « unités de Volontaires », en Le Sinn Fein se développa par la suite de façon importante. Lors des élecLes conditions de l'activité des nationalistes furent transformées par le du Sud néocoloniale, continuait à subir la domination directe de Londres.

Pour imposer ce traité bâtard aux républicains radicaux, la droite irlan-

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vont donner naissance aux grands courants du mouvement républicain des surgirent parfois de véritables zones de double pouvoir (comme le Free Derry).

En 1972, l'armée britannique écrase ces zones sous les chenilles de ses engins blindés. Au Sud, le gouvernement de Jack Lynch répond à la solidarité entre républicains par une violente campagne de répression. Dans ce contexte, le débat d'orientation au sein du mouvement républicain va aboutir à un éclate-

Parti communiste irlandais, fut conduit à mettre en avant le caractère de classe du combat républicain et à s'affirmer comme socialiste ; mais ce fut au prix d'une relativisation de plus en plus marquée de la lutte nationale. Progressivement, les « officiels » passèrent de la proclamation d'un programme socialiste à une version irlandaise du réformisme et de l'électoralisme, et son refus du

« nationalisme petit-bourgeois » se transforma en abandon pur et simple du combat pour l'émancipation nationale du peuple irlandais. Issu du courant

« officiel », le Sinn Fein Workers Party (SFWP) refuse aujourd'hui de comcensé définir « la nouvelle Irlande ». Il peut être caractérisé comme une plateforme interclassiste, populiste, ménageant la propriété et l'initiative privée, respectant la loi du marché, tout en prônant un ensemble de nationalisations.

Pourtant, l'idée selon laquelle la victoire contre l'impérialisme ne suppose pas seulement de se porter à la tête des luttes (de masse et armées) dans les Six

Comtés mais d'être une direction politique pour l'ensemble des classes exploitées des Trente-Deux Comtés, commence à faire son chemin dans le mouve-

« La dimension économique et sociale de Eire Nua ». Ce document se place dans la perspective d'une lutte unifiée des masses exploitées des Trente-Deux

Comtés. Fruit d'un compromis entre la droite et la gauche, il se fixe comme objectif la défense par un système de revendications sociales et économiques des intérêts des ouvriers et des paysans pauvres, tout en restant encore prisonnationaliste irlandais années 1960 et 1970.

Dans les Six Comtés du Nord, le mouvement pour les droits civiques aboutit à une mobilisation impressionnante.

ment en 1969.

Le courant « officiel » de IRA, sous l'impulsion de membres entristes du battre pour le statut politique des prisonniers.

Le Sinn Fein (provisoire) adopta de son côté en 1970 un programme ment nationaliste.

Le Congrès de 1980 du Sinn Fein a ainsi adopté un document intitulé :

nier du caractère interclassiste du programme originel.

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