Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Premières brèches dans l'appareil répressif

· Inprecor n° 102, 25 mai 1981 · p. 20-22 · 3 256 mots

Cyril Smuga était le pseudonyme de Jan Malewski, coéditeur de l'Inprekor polonais (1981-1990) et directeur d'Inprecor à partir de 1998.

Pologne Syndicalisme Stalinisme France

Premières brèches dans l'appareil répressif face au mouvement ouvrier indépendant

POLOGNE

APPARITION massive d'un mouvement ouvrier indépen-

dant a modifié les rapports de forces en Pologne. Privée de son principal atout - l'atomisation et la passivité de la classe ouvrière —, la bureaucratie a été obligée de céder, de reculer, et même de lâcher ceux des siens que le mouvement des Cyril SMUGA

On peut facilement comprendre que l'appareil répressif — la milice (MO), le service de sécurité (SB — police politique) et l'armée —, au vu de son importance pour le maintien de la domination de la bureaucratie, mais aussi parce que son attitude peut être décisive dans l'issue de la lutte acharnée que se livrent les cliques adverses au sein du POUP et de l'appareil d'Etat, a été d'emblée placé au centre de toutes les convoitises.

Le débat qui en a résulté a, à son tour, contribué à rendre ces institutions plus perméables à la pression des masses. Cela d'autant que la suppression de fait du monopole de la censure (plusieurs dizaines de bulletins syndicaux locaux, pard'exemplaires, paraissent sans être soumis à la censure, et « Solidarité » a mis la main sur les radios et les journaux internes des entreprises...) ne permet plus à la bureaucratie de cacher plus longtemps ses méfaits. Ainsi, les fonctionnaires de MO et SB impliqués directement dans les mauvais coups, se voient régulièrement dénoncés nommément et deviennent les cibles de la colère populaire.

Dans l'armée formée en grande partie de conscrits, et qui a vu depuis huit mois arriver plusieurs dizaines de milliers de jeunes qui ont pris part aux mobilisations de masse depuis août 1980, les tensions n'ons pas manqué d'apparaître — notamment des revendications contre les méthodes très hiérarchiques et la discipline tâtillonne, devenues d'autant plus insupportables que, en dehors des casernes, les travailleurs ont maintenant la tête haute. La nomination du général Jaruzelski, qui était le chef de l'armée, au poste de Premier ministre et ses proclamations verbales sur le « renouveau », en plaçant la « grande muette » à l'avant-scène politique, n'ont fait que renforcer les aspirations démocratiques et égalitaires des hommes de troupe.

La grève générale de la Baltique d'août 1980 a donné le signal des premières tentatives de fraternisation entre les soldats et les travailleurs en lutte. A Gdansk, a Szczecin ou à Gdynia, le souvenir de la répression sanglante - à laquelle des unités de l'armée ont pris part — de la

L'armée, la milice et la police politique

totalité des privilèges acquis. grève de décembre 1970, poussait naturellement les travailleurs à se préoceuper de l'état d'esprit de la troupe.

Ainsi, dès les premiers jours du moules travailleurs des ports de Gdansk et de Gdynia ont entrepris la diffusion de leur bulletin de grève parmi les marins et les soldats de la défense côtière. Tout en suivant ainsi jour après jour l'évolution de la lutte, les soldats ont mis en place les premiers liens informels et leurs premières structures de discussion. Et on a même vu des officiers diffuser à Gdansk un tract en solidarité avec les grévistes...

Ce premier mouvement n'a cependant pas dépassé, en règle générale, le stade de la sympathie passive et du refus de se laisser utiliser contre les grévistes. Après la signature de l'accord du 31 août, ce qui est devenu « Solidarité » a cessé de se préoccuper de ce qui se passait dans les casernes, et la hiérarchie militaire a pu étouffer tout signe d'« agitation ». Seules les organisations du parti dans l'armée, de par leurs relations organiques avec les comités départementaux, pouvaient rester en liaison avec I'« extérieur ». Mais ce lien demeurait aux mains de l'appareil.

Dans la milice (MO), c'est également dès août 1980 que les premiers signes d'insubordination sont apparus. Loins d'être généralisés, ils témoignaient avant tout de l'inquiétude des flics de base face à la force du mouvement et aux risques d'une confrontation généralisée dont l'issue leur paraissait incertaine. Ainsi à Lublin, où une grève générale avait permis dès juillet aux travailleurs de s'emparer localement des syndicats officiels, une délégation de miliciens est venue annoncer au Comité de mobilisation - qui préparait la grève au cas où la bureaucratie tenterait de réprimer le mouvement sur la Côte que la milice était au courant de leurs préparatifs et qu'elle ne les réprimerait pas. Les flics ont ajouté qu'ils n'avaient pas l'intention de réprimer une grève générale, si elle éclatait.

Plus faible encore que dans l'armée, cette contestation n'a pas eu de suite après le 31 août, cela d'autant que l'immense majorité de l'encadrement a pris fait et cause pour l'aile la plus conservatrice de la bureaucratie, craignant de faire les premiers les frais d'une épuration, même limitée, qui suivrait inévitablement masses mettait en cause. Les premières réactions ne se sont pas faites attendre : alors qu'une partie de l'appareil cherchait à biaiser, quitte à en sacrifier certains, une autre choisissait l'affrontement avec « Solidarité », unique moyen de défendre la toute politique de réforme impulsée et contrôlée d'en haut.

Si les changements à la tête de l'appareil après le 31 août - le départ d'Edward Gierek (malade) et son remplacement par le flic en chef, Stanislaw Kania - ont été des plus timorés pour maintenir l'équilibre entre les cliques, ils ont néanmoins ouvert la voie à toute une série de remises en cause. Reculant, attaqué de partout, l'appareil central a dû se défendre en ressoudant autour de lui tous ceux que le mouvement des masses menaçait, tout en étant obligé d'admettre ce que tout le monde savait. Ainsi, les dirigeants se sont livrés à une intense campagne d'explications, en particulier auprès des cadres de l'armée et des forces de l'ordre (voir l'intervention de Andrzej Zabinski, membre du Bureau politique du POUP que nous publions plus loin).

Mais la reconnaissance même de l'énormité de la corruption, qui a pu entraîner une limitation au moins temporaire de celle-ci, a atteint le ciment le plus sûr qui faisait de la milice (MO) et de la police politique (SB) les défenseurs incondide l'ordre établi. Cela d'autant que, devant la pression du mouvement des masses, nombre de fonctionnaires ont été à nouveau abandonnés à la vindicte populaire, lâchés en quelque sorte...

« SOLIDARITE » S'ADRESSE

AUX MILICIENS Après la provocation de Bydgoszcz

- attaque par les flies d'une réunion commune de « Solidarité » et des conseillers municipaux, au cours de laquelle plusieurs syndicalistes ont été sérieusement blessés —, et alors que « Solidarité » préparait la grève générale, le syndicat a été obligé de se préparer à l'affrontement. Il s'est ainsi adressé, dans plusieurs appels, aux fonctionnaires de MO et de SB.

Ainsi, le MKZ de « Solidarité » de Gdansk disait aux miliciens: « Nous ne pouvons pas diviser la société. On ne peut accepter que différents groupes sociaux se haissent mutuellement et se combattent. » Celui de Katowice renchérissait : « Ne soyez pas un outil aveugle de la terreur. Nous sommes une seule nation, et personne ne pourra nous diviser. » Le MKZ de Szczecin expliquait : « Nous voulons

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que ce soit notre milice et notre service de sécurité, nous voulons vous croire. (...)

Nous voulons nous sentir

C'est cela que nous attendons de vôtre part. »

A Kalisz, les militants de « Solidarité » sont allés plus loin en tentant, dans une adresse aux miliciens, de leur donner des éléments de réflexion sur leur condition : « Fils d'ouvriers et de paysans, vous travaillez et vivez dans des conditions un tout petit peu meilleures que le reste de la société. C'est pourquo une barrière vous sépare des autres travailleurs. Cette barrière a été construite par ceux qui veulent continuer à vous utiliser pour tuer et pour réprimer les ouvriers ! » Et l'appel se terminait par cette assurance : « Dans la lutte pour la démocratisation dans vos vous pouvez compter sur notre rangs, aide. »

Alors que les fonctionnaires de la milice (MO) et du SB redoutent tout autant que l'issue d'un évenduel affrontement

Quatrième

Internatio

EDITORIAL

Espagne : signal d'alarme...

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THANOU

FRANCE en sécurité.

Dans plusieurs

Gdansk.

vendications : « Nous geons aussi que

ROUGE nale avril-mai-Juin 1981

Ernest Mandel et John Ross - Nécessité d'un organisation internationale

..........

Fitzroy Ambursley - L'échec du socialisme démocratique à la Jamaique et

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BELGIQUE généralisé qu'ils ne fassent les frais d'un compromis à l'heure où il faudra désigner les coupables..., ces arguments ont porté.

commissariats, les miliciens ont tenu des réunions et ont adopté politie des résolutions témoignant de leur désarroi et de leur volonté de s'en sortir. Ce fut notamment le cas à Bydgoszcz et à qu'on explique Dans une résolution de leur cellule rende du parti, contresignée par les sans-parti, les flics du commissariat numéro 2 de Gdansk écrivent : « Les fonctionnaires de la milice (MO) ne pevent accepter l'opposition des organes de la milice à la société. MO agit au nom de la volonté de la nation et est au service de celle-ci. » Et ils tions mises poursuivent en avançant une série de reexigeons que les événements de Bydgoszcz soient expliqués, que les responsables de 'utilisation injustifiée des forces de la milice soient identifiés et sanctionnés. (...) Nous exi-

Solidarité " cesse les CHAQUE SEMAINE EN VENTE DANS LES KIOSQUES AUTOGESTIONS revue trimestrielle numéro spécial POLOGNE : LA BRECHE ? • Articles de. J.Kuron, K.Modzelewsk1 , W. Kuczynski, etce Documents inédits • Débat avec K Pomian, .Singer et A .Smolar• Editions PRIVAT, 14 rue des Arts, 31,000 Toulouse. Abonnements 1981 : 100 F. (indiv.) et 120 F. et 110 F. (inst.) Etranger.

attaques contre nous et que ceux qui s'en sont rendus coupables soient sanctionnés. (...) Les responsables du désastre économique et de la crise sociale dovent répondre de leurs méfaits. Les activités tendant à dresser la société contre la milice dovent cesser. » Et enfin, ce point : « Nous exigeons les raisons et qu'on public l'existence de privilèges dits "de fonction" de certains milieux. »

Si nombre de ces revendications sont 'inspiration corporatiste, d'autres portent directement la marque des revendica-

Men avant par le mouvement des masses. Elles témoignent done de la gravité de la crise institutionelle qui touche aujourd hui la Pologne. Cela d'autant que les miliciens du Commissariat numéro 2 de Gdansk, en avançant leurs revendications, annonçaient qu'ils « seront obligés de cesser leurs activités » si les autorités

Nº 5 printemps 81 (inst.) France. 110 F (indiv.) Prix au numiro : 30 F. Vendue en librairie

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ne les satisfaisaient pas. Et cet ultimatum devait expirer le ler avril, c'est-à-dire au lendemain du début de la grève générale prévue par Solidarité...

Les récents événements survenus à Otwoch, dans la banlieue de Varsovie, où des centaines de manifestants se sont regroupés à deux reprises aux abords d'un commissariat après que des miliciens aient exercé des brutalités contre deux ivrognes — et où seule l'intervention des militants de « Solidarité » de Varsovie, en particulier des deux « bêtes noires » de la police, Jacek Kuron et Adam Michnik (1), a pu empêcher le lynchage des miliciens —, ne peuvent que renforcer de tels courants dans la milice (MO). En effet, la preuve a été faite que, alors que l'exécution des ordres venus d'en haut et la parti. cipation à la répression font des miliciens des boucs émissaires commodes pour la bureaucratie, seul « Solidarité » est capable d'assurer leur sécurité...

La prolongation par les forces du Pacte de Varsovie des manœuvres militai. res Soyouz-81 (2) sur le territoire polonais, les menaces à peine voilées de recours à l'intervention militaire, ont poussé le syndicat « Solidarité » à s'adresser aux soldats, à notre connaissance pour la première fois depuis août 1980. Le Comité central de grève a ainsi demandé à tous les MKZ de lancer des appels aux soldats.

Celui de Szezecin écrivait : « Le pouvoir veut nous diviser. (...) Nous pensons que vous ferez tout pour que le sang ne

Le MKZ de Wroclaw, dans une longue analyse de la situation en cas de déclenchement de l'état d'urgence ou d'intervention étrangère, demandait de « tout mettre en œuvre pour s'y opposer ». Les indications des tâches revenant aux soldats et aux fonctionnaires de MO et de SB étaient les suivantes : « Si les centres de décision sont dans les mains des forces anti-nationales, chaque soldat ou milicien doit leur opposer une résistance. Les fonctionnaires de la milice (MO) et de la sécurité (SB) doivent détruire tous les documents permettant l'extermination des Polonais. (...) Toute autre attitude serait un crime et constituerait un acte de tra-

Cette sollicitude, qui faisait écho aux rumeurs (répandues mais non confirmées) concernant un appel de 81 officiers généraux, qui auraient annoncé qu'ils étaient à s'opposer à toute intervention étrangère, et avec le foisonnement des motions émanant des structures de base du parti (y compris dans l'armée) geant que la crise soit résolue politiquement, a conduit à l'apparition même de l'armée — de réunions de discussions sur le rôle de celle-ci et sur la situation faite aux soldats.

Cela d'autant que les récentes manœuvres militaires leur ont permis de comparer leur situation à celle des autres soldats du Pacte de Varsovie. Ainsi, près de Tarnobrzeg, les manœuvres ont-elles dégénéré en bataille rangée entre soldats soviétiques et polonais. Motif : la pitance des premiers étant de bien meilleure qualité que la leur, les soldats polonais voulaient faire une cuisine commune... S'il n'y a pas eu de morts à cette occasion, cela n'est dû qu'au fait que les deux camps n'avaient pas de munitions pour

La différence de traitement des soldats des armées alliées du Pacte de Varsovie avait d'ailleurs favorisé le développement d'un vaste commerce de troc, dans lequel les soldats polonais étaient victimes des échanges inégaux : près de Kielce, les Soviétiques proposaient de l'or à la population en échange d'alcool à 95 degrés ; près de Myslenice, un demi-litre de vodka se négociait contre un sac à dos plein de conserves à base de viande (produits en Pologne, mais qu'on ne peut trouver ni dans les magasins publics ni dans les cantines de l'armée polonaise). Et 40 litres d'essence soviétique valaient une bouteille

Cette fois-ci, le dernier compromis signé entre « Solidarité » et le gouvernement n'a pas suffi à mettre fin au mouvement d'opposition dans les casernes. Les organisations du parti et de la jeunesse — le service militaire est un canal privilégié de recrutement pour le POUP — se sont emparées du débat préparatoire au prochain Congrès du POUP, et ont commencé à mettre en avant leurs propres revendica-

Le mouvement a pris de l'ampleur, comme en témoigne un article paru dans Zolnierz Wolnosci, le quotidien de l'armée, qui s'est jusqu'ici fait remarquer par sa stricte orthodoxie stalinienne, comme si rien n'avait changé depuis le mois d'août 1980. Ce quotidien fait état du développement d'une « large discussion » parmi les soldats et les officiers au sujet des « lacunes et difficultés » de l'institution militaire... « Aujourd'hui, écrit Zolnierz Wolnosci dans un long article, on ne rencontre plus de ces mises en scène de conférences et débats, on ne désigne plus ceux qui vont prendre la parole et on ne prépare plus les interventions à l'avance. Néanmoins, nous n'avons pas encore su certaines méthodes (...) de manipulation des organisations du par-

Un tel aveu montre bien que la hiérarchie a été débordée, et qu'elle doit même l'admettre. « Dans l'armée, qui s'appuie sur une structure hiérarchique, écrit le quotidien, un soin tout particulier doit être consacré au renforcement des principes d'égalitarisme au sein du parti (...) indépendamment du grade de ses mem-

L'organe de la hiérarchie militaire, inspiré probablement par ceux qui dans l'armée suivent le général Jaruzelski, Premier ministre, appelle de ses vœux le débat : « Un tel débat est d'autant plus nécessaire qu'au sein de l'armée, aussi, la

"renouveau socialiste" (...) peut être interprétée de plusieurs manières. » La première manière serait celle d'« une partie, restreinte il est vrai, des cadres qui ne perçoivent pas le besoin de "renouveau". Ce qui signifie, on s'en serait douté, que le général Jaruzelski doit, dans l'armée aussi, faire face à l'opposition d'une fraction « dure ». Mais c'est la seconde « déviation » critiquée par le de l'armée qui témoigne de "renouveau" ». Ce qui signifie, on s'en serait douté, que le général Jaruzelski doit, dans l'armée aussi, faire face à l'opposition d'une fraction « dure ». Mais c'est la seconde « déviation » critiquée par le quotidien de l'armée qui témoigne de l'ampleur véritable de la crise : il s'agirait « des jeunes moins expérimentés qui voudraient tout changer sans toujours prendre en compte la spécificité des forces ar-

Et Zolnierz Wolnosci appelle de ses vœux, pour mieux couper l'herbe sous les dangereuse opposition, la consiste à « réduire la distance entre les supérieurs et les subordonnés, en combattant fermement les reliquats du caporalisme, et en ayant recours à la consultation collective avant de prendre les déci-

« SOLIDARITE » DEVANT UNE LOURDE RESPONSABILITE

L'apparition de tous ces remous au sein même des piliers de l'ordre bureaucratique exige une attitude nouvelle de la part des travailleurs. Jusqu'ici, en dehors des périodes où l'affrontement était immédiatement à l'ordre du jour, « Solidarité » s'est désintéressé des revendications des soldats et des miliciens.

En particulier, si le syndicat s'est battu pour que le personnel civil de l'armée et de la milice puisse se syndiquer, il n'a pas avancé l'exigence du droit d'organisation syndicale pour les travailleurs sous l'uniforme ni pour les fonctionnaires des forces de l'ordre. Cela un nom du « respect de la légalité » - la loi ne prévoit pas le droit d'organisation syndicale pour ces catégories —, et parce que « Solidarité » ne connaissait pas de précédents dans d'autres pays socialistes. Enfin, nombre de travailleurs appréhendaient de voir se corporatistes, pourraient souder les rangs de la police et de l'armée sous le drapeau de la lutte contre « Solidarité ».

L'apparition aujourd'hui de courants critiques au sein de ces institutions, démontre que de telles craintes n'étaient pas fondées. Et rien ne doit s'opposer à ce que, à l'image des soldats de certains pays européens (aux Pays-Bas en particulier) et comme les policiers de la majeure partie des pays occidentaux, ces travailleurs puissent aussi se syndiquer en Pologne. Et il revient à « Solidarité » de veiller à ce que ce droit permette au plus grand nombre de rejoindre ses rangs et non ceux de syndicats croupions corporatistes. Pour cela, la mobilisation active des travailleurs est la meilleure garantie.

Cyril SMUGA 13 mai 1981. 1. Inprecor a publié dans son numéro 97. du 16 mars 1981, « Halte aux menaces contre Jacek Kuron et Adam Michnik ! »

2. Soyouz est la traduction russe de « soli-

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