« Les universités populaires devraient se tenir sur les lieux de travail...»
Le point de vue de la Commission ouvrière de l'usine Ursus
Varsovie —, lors du ler Congrès des universités ouvrières tenu à Torun le 22 mars
E
1981. A. ACHMATOWICZ
1.- Le point de vue qui dominait jusqu'à maintenant, c'est que l'éducation n'appartenait pas à la sphère de la production, ce qui a eu pour conséquence qu'on n'y a pas accordé beaucoup d'importance.
2.- Dans le système social en vigueur jusqu'à présent, l'éducation extrascolaire - et donc l'éducation ouvrière -était largement dévalorisée.
3.- Cet état de fait a eu pour effet que l'élargissement des connaissances n'était pas reconnu comme un élément de la formation de la personnalité.
4.- Ce phénomène a entraîné l'atrophie du développement culturel de la société : la création est devenue l'apanage de spécialistes, empêchant toute relation subjective à la culture de la plupart des gens.
5.- Les transformations en cours dans la situation politique et sociale ont eu pour conséquence un changement d'attitude vis-à-vis des problèmes de l'éducation et de la culture.
6.- L'accroissement de la conscience sociale a rendu complètement anachronique l'idée selon laquelle l'éducation serait quelque chose de secondaire pour les gens du commun. L'usine URSUS (DR)
XPOSE fait au nom de la Commission syndicale d'entreprise d'Ursus — la principale usine de fabrication de tracteurs de Pologne, située dans les faubourgs de
7.- L'activité des syndicats indépendants dans le domaine de l'éducation et de la culture constitue un secteur décisif du développement culturel en Pologne.
8.- Le système de formation mis en place par les syndicats devrait être un forum permanent tendant à l'élargissement et à l'approfondissement du savoir.
9.- La participation aux initiatives prises par les syndicats dans le domaine devrait être considérée comme partie intégrante de l'activité syndicale.
10.- Il existe aujourd'hui au sein de l'intelligentsia une tendance à se mettre au service des aspirations au savoir et à l'éducation qui existent dans la classe ouvrière.
11.- L'éducation ouvrière devrait être : a) un système d'éducation plus souple, accessible à tous et bénéficiant des méthodes d'éducation les plus attrayantes ; b) un moyen d'épanouissement de la personnalité intéressant tout le monde, y compris ceux qui ne sont pas membres du syndicat ; c) une manière pour ceux qui y prennent part de se réaliser en donnant toute leur place aux diverses activités culturelles, et une manière de répondre aux aspirations SUS
SKA 8439 des gens telles qu'ils les formulent eux-mêmes; d) une façon de mettre en œuvre les besoins du mouvement syndical en matière de formation.
12.- L'ensemble des activités d'éducation devrait se dérouler dans le cadre des entreprises et autres institutions ; pour ce faire, les organisations syndicales devraient jouir d'une totale indépendance et n'être soumises à aucune espèce de directives.
13.- Il est nécessaire de mettre en place - toujours à l'initiative des syndicats —, à l'intention des petites entreprises ou autres institutions qui ne disposent pas des moyens de satisfaire les aspirations en matière d'éducation de leurs membres, les moyens de répondre à leurs besoins.
14.- Un tel systeme d'éducation devrait pouvoir s'appuyer sur les organismes d'éducation déjà existants - et en premier lieu sur l'Association libre de l'Université populaire de Pologne - et travailler en liaison avec les organismes scientifiques, culturels et d'éducation ; pour la mise en place d'un tel système, il faut : a) une équipe de personnes capables de remplir les fonctions de coordinateurs de l'ensemble des activités, de conférenciers, de chercheurs, etc. ; b) un groupe d'élaboration et d'analyse pour élaborer les programmes et analyser les résultats obtenus par les diverses expériences, ete. ; c) un groupe technique ayant à sa disposition le matériel nécessaire à la mise en œuvre des activités culturelles et d'éducation.
15.- Un département d'édition indépendant de la censure est indispensable pour se donner les moyens de diffuser le contenu et les expériences des activités des syndicats indépendants en matière de culture et d'éducation.
16.- Un des problèmes essentiels à résoudre est de trouver les cadres capables de mettre sur pied et de diriger ce type d'activités syndicales.
17.- Il faudra imaginer d'autres formes d'organisation là où il n'existe aucun centre culturel ou scientifique au niveau local.
18.- Le savoir et la culture doivent être mis à la disposition de tous pour aider à l'épanouissement de la personnalité propre de chacun.
A. ACHMATOWICZ Commission syndicale d'Ursus Torun, le 22 mars 1981.