Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CHINE

Un appel du RML (Hong Kong) contre la répression du mouvement démocratique

· Inprecor n° 103, 8 juin 1981 · p. 33-34 · 1 394 mots

Chine Syndicalisme

Un appel de la RML de Hong-Kong E 10 avril dernier, la direction du Parti communiste chinois (PCC) a fait arrêter Yang Jing, rédacteur de la revue Tribune du 5 avril, et l'un de ses anciens rédacteurs, Xu Wenli. Quelques jours plus tôt, le 5 avril, date du cinquième anniversaire des manifestations de la place Tien-An-Men (1), les policiers de la Sûreté avaient arrêté sur même place Tien-An-Men un distributeur de tracts dont le nom n'a pas été révélé.

La Tribune du 5 avril est la revue civile qui dispose de l'influence la plus importante dans la région de Pékin. Elle a été créée le 18 décembre 1978, et elle a publié depuis quelque 19 numéros. A la suite de la parution de son numéro 17 en mars 1980, la direction du PCC a fait pression pour que sa publication soit arrêtée. Le principal responsable de la revue durant cette période était Xu Wenli, qui est technicien en électricité. Après la suspension de la parution de la Tribune du 5 avril, Xu Wenli a insisté pour que la revue soit dissoute, mais, comme les autres rédacteurs de la revue ne s'y sont pas résignés, il a fini par quitter la revue. Ultérieurement, Xu Wenli a publié les Correspondances d'études qui est une publication de recherches sur les idées, mais dont la diffusion est restée réservée à ses plus proches amis.

Yang Jing a été le principal animateur de la revue Tribune du 5 avril à partir de sa reparution, c'est un jeune ouvrier de la métallurgie. Depuis sa reparution en novembre 1980, au moins deux numéros sont déjà parus.

L'arrestation sur ordre de la direction du PCC de ces deux figures centrales du Mouvement démocratique augure mal de l'avenir. Elle est le signe avant-coureur d'un plan répressif de plus grande ampleur qui entend s'attaquer au jeune Mouvement démocratique chinois pour l'étouffer.

On a en effet appris depuis qu'au moins huit autres personnalités du Mouvement démocratique chinois ont été arrêtées. Il s'agit de Fu Shengi, rédacteur en chef des revues la Voix de la démocratie de Shanghai et du Devoir, organe de l'Alliance nationale des revues non-officielles ; de Wang Xizhe, rédacteur en chef de la revue Bulletin du chercheur de Canton et l'un des critiques marxistes les plus systématiques du régime bureaucratique ; de He Qiu, rédacteur en chef de la Voie du peuple de Canton et l'un des fondateurs de l'Alliance nationale des revues non-officielles ; de Sun Feng (Sun Wei Bang), rédacteur en chef de l'Ecume des vagues de Qingdao (province de Shan Dong) ; de Zhang Yulin, rédacteur en chef du Cri de Wen Zhou (Zhejiang), co-fondateur de l'Alliance nationale des revues non-officielles, candidat aux élections locales ; de Zhong Yuegiu, rédacteur en chef du Cri et de la Rivière du Nord de Shan Guan (province de Guandong), candidat aux élections locales ; de Wang Yongqing, membre de la rédaction de la revue Zhi Jiang de Hengzhou et Tao Sen, dirigeant étudiant de l'Ecole normale de Chang Sha, actif durant une grève menée pour faire respecter les règles électorales par les autorités.

Selon les mêmes sources, la police a effectué des perquisitions surprises à l'Université Quing Hua et à l'Université Bei Da, les deux universités les plus prestigieuses de toute la Chine. Les étudiants des ces deux universités ont eu l'occasion de manifester leur volonté de voir se transformer le pouvoir socialiste aux cours des dernières élections des délégués du

Selon des indications convergentes, la direction du PCC a décidé de lancer ses forces de répression contre le Mouve-

Depuis le début de l'année 1981, la presse officielle du

CHINE POPULAIRE

La répression contre le

régime a accentué ses attaques contre les activités et les publications animées par les militants du Mouvement démocratique. Dans un premier temps, c'est le Quotidien de la Libération, publié à Shanghai, qui a accusé à longueur d'articies les militants du Mouvement démocratique d'organiser « les activités et les journaux illégaux (liang fai — les deux illégaux) ».

Le 8 janvier, c'était au tour du Quotidien du Peuple, publié à Pékin, de consacrer son éditorial à une attaque en règle contre le Mouvement démocratique, accusé de mettre en péril « la stabilité et l'unité » du pays. Cet éditorial écrivait : « Il existe une infime minorité de personnes qui ont recours aux méthodes du "libre exposé des opinions et des critiques; au grand débat et au dazibao (3) ", qui utilisent la méthode de jeter dehors les membres du comité du parti " pour avoir la dé-

, qui utilisent les méthodes de rédiger des pétitions, d'organiser des ligues, de publier des déclarations et même de faire la grève du travail ou des cours pour lutter " pour la démocratie et la liberté ". Cette minorité propose en réalité le même système que celui de la Révolution culturelle, elle est favorable à l'agitation et aux troubles. » Cet éditorial a même reproché au Mouvement démocratique d'avoir appelé à « renverser le pouvoir du socialisme ».

Le numéro 7 de la revue Huong Qi publié au mois d'avril a même dénoncé les revues civiles pour avoir publié des « points de vue contre-révolutionnaires », qui se voient accusées dans le même article de « tenir des réunions secrètes, de former des ligues, de publier des revues clandestines et de favoriser les troubles ».

Tous ces éléments donnent à leur manière une indication de l'accentuation du mécontentement au cours de ces six derniers mois en Chine. Selon les informations qui ont pu parvenir à notre connaissance, les zhi quing (les jeunes éduqués) de Shanghai et de Xin Jiang, les étudiants des écoles normales de Chang Sha et de Henan, les ouvriers de Tai Yuen, Shanghai, Wuhan et Chang Sha, sont entrés en lutte sur la base de leurs propres revendications : les étudiants ont mené des grèves des cours tandis que les ouvriers demandaient la constitution d'un Syndicat indépendant sur le modèle polonais de « Solidarité ».

C'est l'ensemble de ces facteurs qui ont décidé la direction du PCC à considérer que le moment était venu d'éliminer les militants qui peuvent être le ferment d'une telle vague de mécontentement. La répression contre le Mouvement démocratique a été ordonnée directement par le Comité central du PCC. Dans son document numéro 9, le Comité central du Parti communiste chinois demande à tous les comités de

1. Le 5 avril 1976, a l'occasion de la Fête des morts, la foule rassemblée à Pékin sur la place Tien-An-Men pour commémorer le souvenir de l'ancien Premier ministre Zhou Enlai s'était violemment heurtée au service d'ordre. Ce jour est devenu depuis la date anniversaire du Mouvement démocratique chinois.

2. Au cours des 12 derniers mois, des élections à des assemblées représentatives locales se sont déroulées et ont donné pour la première fois l'occasion, dans un certain nombre d'endroits, à des candidats « non-officiels » de se présenter et de mener campagne sur leur propre

Ces candidatures « libres » ont souvent reçu un appui massif de la part des électeurs.

3. Les dazibao sont les affiches murales, les journaux placardés sur devenus célèbres durant la Révolution culturelle. Ils ont été à plusieurs reprises utilisés par les éléments contestataires pour faire connaître leurs idées. Mao Zedong avait fait inscrire dans la Constitution chinoise les « Quatre grandes libertés ». dont celle de l'affichage des dazibao. Le nouveau gouvernement a fait supprimer ce passage

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province du parti d'organiser des équipes de travail pour procéder à des investigations et à des contrôles dans toutes les unités de production. Tous ceux qui ont participé à des réunions d'« organisations illégales » ou qui les ont aidées, tous ceux qui ont été vu en train de lire des « revues illégales », doivent être contrôlés, et les informations les concernant doivent être centralisées et transmises aux instances supérieures. Toutes les activités liang fei (les deux illégaux) doivent être réprimées sans délai, et les contrevenants doivent étre arrêtés secrètement.

Dans le cadre de la campagne nécessaire pour défendre de la IVe Internationale à Hong-Kong.

menacé.

ceux qui ont été emprisonnés pour avoir publié des revues civiles, nous publions ci-après une déclaration de l'organisation Revolutionary Marxist League (RML), organisation membre

Cette déclaration, publiée avant la dernière vague de répression lançait déjà un cri d'alarme et appelait l'opinion publique internationale à défendre le Mouvement démocratique

L. BAI 10 mai 1981.

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