Résolution rejetée par le Comité exécutif de la IVe Internationale lors de sa session de mai 1981, par 24 voix contre; 9 pour et 6 abstentions. L'attitude de la IVe Internationale face aux événements de décembre 1979 en Afghanistan avait été fixée en fonction d'une série d'analyses et d'appréciations politiques qui peuvent être synthétisées comme suit: a) Le coup d'Etat du 27 avril 1978, qui renversa le régime de Daoud, fut organisé par une fraction d'officiers liés au PPDA et par le PPDA lui-même. Il avait été accueilli favorablement par la bureaucratie soviétique qui voulait renforcer son influence politique et ses positions stratégiques dans une région particulièrement explosive. Le coup d'Etat avait été précédé par des manifestations de masse qui, pourtant, à elles seules, ne furent pas le facteur déterminant pour le renversement de Daoud. b) Le PPDA était l'expression surtout de couches de «classes moyennes» et de petite bourgeoisie urbaine et jouissait d'une certaine influence parmi les étudiants. Fortement marqué par une idéologie stalinienne, il avançait la perspective stratégique d'une «révolution démocratique et nationale ». Dès son avènement au pouvoir, il lançait une série de réformes démocratiques impliquant notamment une réforme sur le commerce extérieur, la suppression de mœurs la limitation de l'emprise des mollahs, l'organisation syndicale de la classe ouvrière (bien que sans reconnaissance du droit de grève). Ces réformes, malgré leurs limites, ne pouvaient que provoquer des bouleversements déchirants dans une société qui restait parmi les plus arriérées du monde.
La direction du PPDA conçut sa politique comme une «révolution par en haut». Elle ne stimula aucunement une véritable mobilisation de masse pour appliquer d'une façon efficace et conséquente les réformes adoptées et pour briser la résistance de classes dominantes réactionnaires. Dans la mesure où elles se traduisirent dans la pratique, les réformes furent réalisées bureaucratiquement, sous le contrôle de l'appareil de l'Etat et avec l'emploi dès le début de méthodes répressives. Surtout dans les campagnes, de telles méthodes ne pouvaient qu'avoir des effets négatifs. D'un côté, elles empêchaient d'aborder les problèmes ardus que la réforme posait, dans des termes réalistes, en tenant compte des intérêts spécifiques de différents secteurs de la paysannerie. D'un autre côté, l'absence de mobilisation facilitait la campagne politique et idéologique contre les réformes menée par les classes possédantes. Tout cela était le résultat aussi bien des fausses conceptions héritées du stalinisme que du fait que le PPDA, dont la composition était très majoritairement urbaine, apparaissait dans les campagnes comme une force venant de l'extérieur.
Il faut ajouter que les difficultés d'application de la réforme agraire à l'échelle du pays étaient aggravées par la composition ethnique majoritairement pachtoune du PPDA et en particulier de ces officiers qui avaient été la force motrice du coup du 27 avril, et par l'incapacité du groupe dirigeant de donner une solution démocratique aux problèmes que créait l'existence d'une série d'ethnies et de nationalités minoritaires.
Toutes ces erreurs et ces contradictions ont pesé lourdement dès le début en rendant très précaire la situation du nouveau régime. Elles furent à l'origine, quelques mois à peine après le 27 avril, d'une nouvelle vague de luttes fractionnelles dans le PPDA, non seulement entre les ailes traditionnelles Parcham et Kalq, mais au sein même de celles-ci. Cela comporta inévitablement un affaiblissement ultérieur aussi bien de l'appareil de l'Etat et de l'administration que de l'armée elle-même. Ainsi, le nouveau régime ne pouvait compter que partiellement sur ceux qui auraient dû être, selon sa conception, les instruments essentiels de la «révolution démocratique et nationale ». c) Ainsi, ce qui s'était passé à l'occasion d'autres tentatives de renouveau de la société afghane, se produisit encore une fois: le pouvoir central, dépourvu d'assises réellement démocratiques, s'avéra inres conservatrices et réactionnaires des tribus. La responsabilité historique écrasante de la direction du PPDA réside justement dans cet échec qu'il subissait parce qu'il n'avait pas voulu lutter pour la destruction du vieil appareil d'Etat et pour la construction d'un Etat qualitativement nouveau et qu'il n'avait pas mobilisé ni organisé les masses dans des organismes démocratiques révolutionnaires.
Dans ces conditions, les forces réactionnaires purent passer à la contre-attaque non seulement en s'opposant aux réformes, mais en déclenchant une véritable guerre civile. Elles se basaient fondamentalement sur les vieilles structures et les vieux particularismes. la mesure où le régime issu du 27 avril ne réussissait pas à ébranler ces structures traditionnelles de l'intérieur (ce qu'il n'aurait pu faire que par des mobilisations des masses impliquant une politisation de celies-ci), les facteurs traditionnels ethniques, tribaux et dans une large mesure religieux, ne cessaient de jouer puissamment en contribuant à déterminer le rapport de forces dans la guerre civile qui se développait.
Ce clivage s'était produit, essentiellement, déjà au cours de l'année 1979, à savoir avant l'intervention soviétique. Il n'était donc pas provoqué par l'attitude de différentes forces politiques et sociales face à cette intervention, mais par leur attitude face aux réformes esquissées par le nouveau régime et à leur dynamique possible. Toute négation ou sous-estimation de cette donnée primordiale implique une incompréhension ou une falsification de la genèse du conflit et de son contenu social fondamental.
L'élargissement progressif front réactionnaire était facilité par les limites des réformes et par des aspects contradictoires de la réforme agraire et donc la difficulté pour des couches paysannes d'en saisir la portée, par les méthodes bureaucratiques du groupe dirigeant, par l'exploitation des sentiments anti-pachtouns parmi les autres ethnies ou nationalités, par l'appel à la défense des traditions religieuses. En ce qui concerne ce dernier facteur, il faut souligner la différence capitale avec l'Iran. En Iran, l'idéologie religieuse a été exploitée en fonction d'un mouvement de masse puissant qui se mobilisait contre l'autocratie du chah et contre l'impé-
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I
rialisme et elle a objectivement joué, pendant toute une étape, un rôle de ciment idéologique de ce mouvement. En Afghanistan, la religion a été exploitée pour mettre sur pied et armer idéologiquement un front d'opposition à des réformes démocratiques et pour maintenir surtout les masses paysannes dans un état de soumission aux autorités tribales, aux propriétaires et aux mollahs. Ce n'est pas par hasard, d'ailleurs, que l'opposition - composée dans sa très grande majorité par des forces réactionnaires et ultra-réactionnaires - a établi des liens avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite, qui ne sont certainement par les champions d'un islamisme «progressiste », outre l'Egypte, dont le rôle au Proche-Orient, à cette étape, n'a pas besoin d'être illusd) La guerre civile s'aggravait surtout à du printemps quelques succès militaires partiels du gouvernement en automne de la même année, elle évoluait en faveur des forces réactionnaires. Fin décembre, le groupe dirigeant autour d'Amin est désormais incapable de contrôler la situation et se précise le danger d'un renversement du régime par l'opposition contre-révolutionnaire, en liaison avec des gouvernements parmi les plus réactionnaires de la région et, par leur intermédiaire, avec l'impérialisme. Celui-ci n'était pas
Men condition de lancer une contre-attaque dans la région après l'échec subi en Iran, mais il était prêt à tout mettre en œuvre pour exploiter une situation favorable se créant indépendamment de son initiative di-
C'est dans ce contexte que le décidait d'intervenir tairement et de remplacer Amin par Karmal, en redorant le blason du Parcham. Sa politique en Afghanistan avait été dictée, dès le lendemain du 27 avril 1978, par la préoccupation de renforcer ses positions dans la région, tout en évitant des affrontements majeurs. C'est pourquoi, tout en soutenant le gouvernement du PPDA, il avait suggéré des solutions modérées, en prônant des ouvertures et même en recommandant à un moment donné un ralentissement du rythme d'application de la réforme agraire. De ce fait, il avait contribué à l'évolution négative de la situation. Face à la menace concrète d'un écroulement du régime avec des conséquences déjà défavorables pour ses propres positions, il choisissait le recours ultime de l'intervention militaire.
Dans sa résolution du 26 janvier 1980, le Secrétariat unifié de la IVe Internationale affirmait sans ambiguité aucune que les marxistes révolutionnaires ne prenaient aucune responsabilité pour l'action du Kremlin à laquelle ils refusaient «le moindre soutien politique ». Il réitérait qu'il ne pouvait y avoir «aucune treve ni union sacrée avec la bureaucratie soviétique, dont la politique contre-révolutionnaire discrédite le socialisme et constitue un obstacle majeur pour le développement de la révolution mondiale ». Mais il expliquait en même temps qu' « indépendamment des buts spécifiques qu'elle poursuit, son intervention place la bureaucratie soviétique dans d'avoir à combattre les forces d'un bloc social réactionnaire qui n'ont rien à voir avec un mouvement de libération natioqui luttent pour maintenir leurs privilèges et supprimer toutes les conquêtes des masses ». C'est sur la base de cette considération et de l'appréciation des conséquences prévisibles d'un renversement du régime du 27 avril que la IVe Internationale ne lança pas le mot d'ordre du retrait des troupes soviétiques.
L'intervention militaire de l'URSS aurait pu créer des conditions plus favorables aux forces progressistes, si le groupe dirigeant du régime avait adopté une orientation politique radicalement différente suivie jusqu'alors. L'armée soviétique et les forces armées afghanes — comme le soulignait la résolution de janvier 1980 - n'auraient pu infliger une défaite aux ennemis des intérêts des masses paysannes et ouvrières, qu'à condition fussent consolidées les conquêtes des travailleurs, que fussent prises des mesures sociales et démocratiques radicales et que les masses fussent organisées et armées pour les défendre.
Ce n'est pas le chemin qui a été pris. Le gouvernement combinait des tentatives de compromis et des ouvertures vers des forces conservatrices avec de nouvelles mesures de répression peu après la libération d'une partie des prid'une guerre civile où l'armée soviétique jouait un rôle de plus en plus grand, les ouvertures aux forces conservatrices ne pouvaient avoir aucun écho réel. D'autre part, le maintien d'un régime répressif violant les droits démocratiques les plus élémentaires, la difficulté extrême d'assurer une amélioration quelconque du niveau de vie des travailleurs et les frictions découlant inévitablement de la présence d'un fort contingent de militaires étrangers, provoquaient des tensions graves même dans des secteurs qui auparavant avaient constitué la base du régime ou, pour le moins, n'avaient exprimé aucune hostilité envers
Comme résultat de tout cela, l'opposition réactionnaire s'est ultérieure. ment renforcée en faisant de la lutte anti-URSS son ciment idéologique sans qu'aucune mesure politique concrète puisse contrecarrer cette entreprise; le mouvement centrifuge des ethnies et des nationalités s'est amplifié davantage; des lieu même dans les villes, y compris parmi des couches petites-bourgeoises et parmi les étudiants.
Ainsi, non seulement le gouvernement a été incapable de regagner le terrain perdu, mais il s'est encore affaibli, même au niveau des appareils, à la suite, entre autres, des conflits sanglants entre les deux fractions du PPDA. Cela ne pouvait qu'accentuer sa dépendance politique et militaire par rapport à l'URSS, et donc faciliter ultérieurement la propagande réactionnaire et augmenter la méfiance au niveau des masses.
Du point de vue international, la bureaucratie soviétique s'est enfoncée dans une entreprise qu'elle ne peut espérer mener à bien à court terme et qui risque de lui être préjudiciable dans d'autres secteurs du monde. L'impérialisme, par contre, a vu s'accroître ses marges de manœuvres dans une région où il se trouvait, et se trouve, dans une situation difficile, commencer a esquisser - ne fut-ce que très partiellement - une politique offensive et, surtout, espérer exploiter à son avantage, encore plus qu'en 1978 et
1979, un écroulement éventuel du dans des conditions sensiblement plus favorables aux forces contre-révolution-
III Les forces qui s'opposent au régime sont très différenciées aussi bien politiquement et idéologiquement que socialement. Elles regroupent, grosso modo, trois composantes: leur centre dans l'émigration au Pakistan, mais qui operent aussi au pays, malgré les difficultés qu'elles rencontrent dans leur rapport avec l'intérieur et l'incapacité de développer une action concertée sur une échelle générale (organisationnellement, divisions semblent s'être aggravées dans la dernière période):
- les fronts englobant des ethnies ou nationalités, dont les principaux sont ceux des Hazaras et du Nouristan, qui ont leur propre dynamique et regroupent - malgré leurs divisions intestines — la majorité incontestable des populations de ces régions;
- les organisations qui ne s'identifient ni avec les uns ni avec les autres, notamment la SAMA, le Front des combattants Moudjahed et des groupes Kala d'opposition. Cette troisième composante opère surtout dans les villes.
L'origine maoiste de certains groupes ne représente pas à elle seule une preuve qu'ils puissent être considérés comme partie intégrante du mouve-
ment ouvrier et encore moins que leur opposition au régime ait une orientation révolutionnaire. Dans une série de pays, l'idéologie maoïste n'a été qu'un nouvel avatar de l'idéologie petite-bourgeoise.
par ailleurs, a amené parfois certaines de ces organisations à se placer d'un point de vue encore plus opportuniste que celui des fractions pro-soviétiques. La présence d'éléments et de groupes maoïstes ou maoïsants dans l'opposition afghane ne prouve donc aucunement que celle-ci est progressiste. Elle indique front d'opposition est aujourd'hui encore plus hétérogène qu'il ne l'était au début. C'est pourquoi il a pu et il pourra avoir un écho dans certaines couches petites-bourgeoises des villes.
Mais aucune analyse détaillée sur les différentes composantes de l'opposition ne saurait effacer la donnée essentielle: les composantes qui ont une prépondérance écrasante et qui jouent le rôle dirigeant dans la guerre civile, contre le régime et dans les opérations militaires contre l'armée soviétique, sont conservatrices ou carrément réactionnaires. La troisième composante ne représente qu'une minorité
A cause d'un tel rapport de forces - difficilement contestable -, un écroulement du régime impliquerait à l'étape actuelle la prédominance des forces qui se sont levées contre le nouveau régime dès le lendemain du 27 avril 1978 parce qu'elles se considéraient lésées ou menacées dans leurs intérêts fondamentaux. Il n'y a aucun élément peu sérieux qui puisse permettre d'avancer l'hypothèse contraire.
On peut s'interroger sur les différentes solutions possibles dans ce cadre, sur le poids des différentes organisations ou des différents fronts, sur le rôle que pourront jouer respectivement les forces de l'intérieur et celles de l'extérieur. En gros, on peut concevoir deux
- la restauration d'un régime central conservateur ou ultra-conservateur, basé sur un compromis entre les différentes composantes régionales ou ethniques, chacune d'elles jouissant d'une très grande liberté d'action dans sa zone, ce qui représenterait donc, même sous l'angle de la structuration du pouvoir, un retour au passé;
- une situation de chaos généralisé où se côtoieraient et rivaliseraient entre eux des potentats locaux.
L'une et l'autre solutions seraient objectivement une régression par rapport au régime issu du coup d'Etat du 27 avril. Les réformes mêmes les plus modérées seraient balayées. Les forces politiques progressistes n'auraient certainement pas une plus grande liberté d'action: elles seraient, au contraire, frappées par une dure répression.
Une telle appréciation sur la dynamique de la situation se base, en premier lieu, sur l'analyse de la nature politico-idéologique des forces qui prédominent dans l'opposition. Mais elle se justifie encore plus en partant de l'analyse de leur nature sociale. Dans le cadre de structures tribales et semi-féodales ou, en tout cas, pré-capitalistes, et dans un contexte politique tel qu'il seformations d'opposition existantes, la dynamique sociale, en elle-même, jouerait dans un sens conservateur. Les forces politiques progressistes — très minoritaires - ne seraient aucunement en condition de la contrecarrer. Par ailleurs, dans l'hypothèse d'un éclatement du cadre de l'Etat afghan, il n'y aurait pas un épanouissement de nationalités indépendantes au sein desquelles se développeraient des différenciations sociales objectivement positives, mais lemergence d'Etats ou d'embryons d'Etats, sur une base tribale ou de toute façon extrêmement arriérée, dépourvus de toute indépendance réelle, et donc condamnés à devenir des instruments, directs ou indirects, des régimes réactionnaires de la région et, en dernière instance, de l'im-
Celui-ci a eu jusqu'ici des difficultés sérieuses à exploiter à son avantage la situation en Afghanistan. Au moment de l'intervention soviétique, il n'a pas pu lancer une contre-attaque; il s'est limité à déclarer qu'il n'aurait pas permis que l'URSS touche à d'autres pays de la région et, en premier lieu, au Pakistan. Il n'a marqué des points que sur le terrain de la propagande. Mais, dans le cas d'écroulement du régime du PPDA et de succès des forces réactionnaires, il s'efforcerait par tous les moyens d'exploiter la situation favorable pour consolider un régime ou des régimes réactionnaires et pour élargir ses positions strategiques, en compensant, ne fut-ce que partiellement, le recul qu'il subit en Iran. avril marquerait donc, dans le contexte donné, une évolution du rapport de forces défavorable à la révolution sous l'angle aussi bien de la dynamique interne que de la dynamique internationale.
L'attitude des marxistes à la présence des troupes soviétiques ne saurait faire abstraction d'une telle appréciation.
Les marxistes révolutionnaires -faut-il le rappeler - ne s'opposent pas par principe à l'intervention militaire d'un Etat ouvrier au cours d'une guerre ou d'une guerre civile pour aider à la défense ou la victoire d'une révolution. Ils n'acceptent pas le principe de la «non-intervention d'autres pays» que prônent de façon hypocrite les bourgeois et les réformis-
Ils n'ignorent pas d'ailleurs qu'une tion bureaucratique n'a pas les mêmes motivations ni la même dynamique que l'intervention d'un Etat ouvrier par des révolutionnaires. conscients des contradictions qu'aurait engendrées l'intervention du Kremlin, ils affirmaient qu'ils «ne prenaient aucune responsabilité pour l'intervention militaire du Kremlin » et qu'ils en condamnaient «l'orientation d'ensemble ».
C'est pourquoi ils estimaient, et ils estiment à plus forte raison aujourd'hui, qu'une tâche essentielle de la lutte des masses et des révolutionnaires afghans est de créer les conditions d'un retrait de l'armée soviétique d'Afgha-
Notre position changerait dans le cas d'un changement du rapport de forces, et donc de la dynamique de la situation; plus précisément, dans le cas où le retrait des troupes n'impliquerait pas nécessairement une victoire des forces réactionnaires et une répression contre ceux qui s'opposent au régime de Kaboul et à la bureaucratie soviétique d'un point de vue révolutionnaire ou progressiste, et dans le cas où existerait dans la région une situation empêchant naires indigenes d'exploiter en leur faveur le départ des soldats soviétiques.
L'attitude de la IVe Internationale sur les événements d'Afghanistan ne peut être critiquée et rejetée d'une façon conséquente qu'en caractérisant la guerre comme guerre de libération nationale et non comme guerre civile, et donnant donc la priorité à la question nationale.
Pour les marxistes révolutionnaires, la question nationale ne représente pas une priorité absolue, mais elle est subordonnée aux intérêts du développement de la révolution prolétarienne à l'échelle nationale et internationale. rejettent la thèse de l'autodétermination aux travailleurs, Boukharine dans une polémique célèbre avec Lénine. Ils se battent pour le droit à l'autodétermination des peuples, dépendamment de la nature sociale de la direction du mouvement national à une étape donnée, en partant de l'idée que la création d'un Etat national est historiquement progressiste, une différenciation sociale au sein des ationalités concernées et que la lutt our lindependance en elle-meme es un facteur d'affaiblissement du système cas de l'Afghanistan, l'étape actuelle, il faut d'abord rappeler que la lutte contre le régime a été déclenchée avant l'intervention militaire du Kremlin, par l'initiative, comme le soulignait la résolution du Secrétariat unifié de janvier 1980 d' « un bloc de forces qui luttent pour maintenir leurs privilèges et détruire toutes les conquêtes des masses» et «n'ont rien à voir avec un mouvement de libération natio-
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nale ». En deuxième lieu, comment se poserait plus concretement cette question nationale? Faut-il revendiquer l'indépendance de l'Etat national afghan préexistant qu'aurait supprimé l'intervention soviétique? Faudrait-il se prononcer pour la création d'une série de nouveaux Etats nationaux correspondants aux différentes ethnies ou nationalités minoritaires? Faudrait-il prendre position pour un déchirement de l'Afghanistan et une recomposition nationale et étatique dans la région tout
Pour nous, il ne s'agit pas d'avancer toute sortes d'hypothèses. Il s'agit de juger en partant du contexte réel et des perspectives concrètes à cette étape. La réalité est que, pour la grande majorité des forces qui dominent l'opposition, comme le disait le texte du SU, «la revendication de la souveraineté nationale afghane n'est qu'une couverture démocratique aux projets de la réaction et de l'impérialisme ». La perspective la plus concrète retour à l'Afghanistan d'avant 1978 ou de son éclatement dans une série d'Etats ou de pseudo-Etats, basés plus sur des ethnies que sur des nationalités et destinés, dans le contexte donné, à devenir des instruments, directs ou indirects, de l'impérialisme.
Le problème qui se pose est celui de savoir comment développer des luttes sociales et politiques indépendantes de la direction du PPDA et de la bureaucratie soviétique et de contrecarrer sur ce terrain les répercussions négatives de la présence des forces militaires de l'URSS. Dans ce cadre, il faudra se battre pour le respect des démocratiques de toutes les ethnies et minorités nationales. Le retrait des troupes devra être exigé dès qu'une nouvelle situation se sera créée et que ce retrait n'impliquera pas automatiquement une victoire des forces réactionnaires et un succès pour l'impérialisme dans la région.
IV Les marxistes révolutionnaires doivent se placer sur le terrain de la lutte des classes internationale, de l'organisation propre des ouvriers et des paysans, dans une perspective de lutte conséquente pour des objectifs démocratiques et débouchant sur la formation d'un Etat ouvrier. Ils luttent pour que cette formation soit le résultat de la lutte des masses et de leur organisation démocratique-révolutionnaire indépendante. Ils luttent pour que l'impérialisme soit obligé d'arrêter ses manœuvres et son aide aux forces réactionnaires et de démanteler ses bases dans la région. Ils ne misent aucunement sur une perspective de destruction des rapports de production capitalistes et précapitalistes par un processus d'assimilation structurelle à P'URSS.
Ils ne cachent pas la difficulté extrême d'accomplir les tâches des révolu-
TURKOMAN UZBEK • Herat HAZARA AIMAO PUSHTUN BALUCH BRAHUI tionnaires dans un pays économiquement et socialement très arriéré où la classe ouvrière a un poids spécifique minime et où les paysans n'ont pas brisé le carcan des structures tribales, où l'idéologie religieuse pèse lourdement dans un sens conservateur, où les organisations du mouvement ouvrier n'ont qu'une histoire récente et où les méfaits de la direction du PPDA et de la bureaucratie soviétique ont créé des obstacles suplémentaires puissants à la prise de conscienpolitique des masses.
A l'étape actuelle, ils lutteront — les droits démocratiques; l'organisation du mouvement ouvrier sans limitations aucunes;
l'affirmation des minorités nationales.
Dans cette optique, ils sont pour le maintien de toutes les réformes progressistes adoptées depuis avril 1978 et pour leur approfondissement et ils luttent contre toutes les forces qui veulent annuler les réformes et restabiliser le pays sur une base conservatrice. Cela ne les empêche pas de lutter pour la défense des intérêts spécifiques des ouvriers et des travaileurs en général, qui ne saurait être sacrifiée à aucune considération tactique. Tout abandon ou affaiblissement de cette lutte créerait des obstacles supplémentaires dans la bataille pour les objectifs démocratiques et pour sa transcroissance socialiste. Dans le cas où des conflits se produisent entre des travailleurs en lutte et l'armée soviétique, les marxistes révolutionnaires se inconditionnellement côté des travailleurs, en développant en même temps une propagande de clarification politique auprès des soldats sovié-
Lutter avec de telles perspectives signifie concrètement lutter construction d'une force politique qui combat contre le gouvernement de Kaboul d'un point de vue diamétralement opposé à celui des forces réactionnaires,
TADZHIK • Kunduz
Sharif
NURISTANI
OF PAKISTAN
PUSHTUN AREA
Carte des nationalités d'Afghanistan. (DR) qui actuellement sont la grande majorité de la résistance armée. d'une telle force est vitale pour éviter que la crise du régime et/ou le retrait des troupes soviétiques une victoire de la réaction et un rendans la région. Pour toute une période, l'activité des révolutionnaires devra se concentrer prioritairement dans des couches de la classe travailleuse et dans la petite bourgeoisie urbaine. 1O vront dénoncer toutes les action- Les marxistes révolutionnaires dede l'impérialisme visant à reconstruire un bastion stratégique dans la région. Ils dénonceront les campagnes hypocrites de ceux qui font semblant de s'indigner de l'intervention de l'URSS en Afghanistan alors qu'ils soutiennent dans d'autres parties de l'Asie, en Afrique et en Amérique latine, des forces et des régimes qui organisent des massacres frisant le génocide. Ils appelleront à des campagnes contre la politique de réarmement de Washington et de ses alliés et pour le démantelement de toutes leurs bases militaires. Ils aideront la lutte des masses contre les régimes réactionnaires de la région et en premier lieu contre le sinistre régime de Zia au Pakistan.
- Pour la défense des réformes démocratiques adoptées après avril 1978 et pour leur approfondissement!
- Pour l'organisation sans limitation aucune du mouvement ouvrier!
- Pour le respect des droits des minorités nationales!
- Contre la présence de l'impérialisme dans la région et pour le renversement des régimes réactionnaires à sa solde!
Comité exécutif international (CEI) de la IVe INTERNATIONALE 12 mai 1981.