Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

Pour un Afghanistan indépendant, fédéral et socialiste !

· Inprecor n° 105, 6 juillet 1981 · p. 48-53 · 6 352 mots

Afghanistan URSS et Russie Stalinisme

Résolution adoptée par le Comité exécutif de la IVe Internationale lors de sa session de mai 1981,

Nous publions ci-dessous les deux résolutions présentées au Comité exécutif international (CEI). La résolution intitulée « Pour un Afghanistan, indépendant, fédéral et socialiste! », adoptée par le par 20 voix pour ; 13 contre et 6 abstentions. C'est en avril 1978 que le Parti populaire démocratique d'Afghanistan (PPDA) renversa le régime le Daoud et s'empara du pouvoir à

Le PPDA ripostait ainsi à une nouvelle vague de répression lancée par Daoud qui accentuait depuis quelques années son cours en direction de l'impérialisme et aussi du chah d'Iran.

En effet, le 17 avril 1978, Akbar théoricien de la fraction Parcham du PPDA, était assassiné. Cet assassinat suscita le ressentiment de couches laborieuses de Kaboul. Une importante manifestation de protestation eut lieu devant l'ambassade américaine, accusant la CIA du meurtre. Le 26 avril, de nombreux dirigeants du PPDA sont parmi lesquels Babrak Karmal, Hafizullah Amin, Noor Mohammed Taraki. Le PPDA utilisa alors son implantation au sein des forces armées pour riposter et opérer un coup d'Etat victo-

Initialement, du PPDA disposait d'un soutien, ou du moins d'un préjugé favorable de la part de secteurs des masses. Y compris au Pakistan, les forces de gauche accueillirent positivement la « révolution d'avril ».

En moins de douze mois, le capital dont pouvait disposer le PPDA fut dilapidé. Toute son action se fit « par en haut», en prenant appui sur l'appareil d'Etat. Il adopta un cours propre à ce type de parti petit-bourgeois radical, stalinien par sa formation idéologique et sa pratique.

Ainsi, il tenta d'imposer, par ses méthodes bureaucratiques et de plus en plus directement répressives, des réformes progressistes qui pouvaient correspondre aux besoins et à l'attente des masses. Sous le régime d'Amin, une vague de terreur se déchaîna (quelques milliers d'emprisonnés et nombreuses exécutions), entre autres contre des du PPDA, d'anciens partisans et des gens bien disposés envers le régime en avril 1978.

Le programme d'ensemble du régime était fait de demi-mesures, appliquées dans un ordre de priorités contradictoire avec la nécessité de briser l'emcouches dominantes sur les fédéral et socialiste!

vrier 1980, pages 27 à 34). Le PPDA n'eut aucune action prod'élévation du niveau de conscience des paysans pauvres, des petits fermiers et métayers ainsi que des travailleurs agri-

Un tel effort eût été une condition indispensable pour lancer une réforme agraire, pour neutraliser et combattre la réaction et les grands propriétaires et pour forger une alliance entre les masses urbaines et la paysannerie

Par contre, il força la mise en œuvre d'une série de mesures portant sur les coutumes et l'organisation socio-culturelle des communautés villageoises. Or, la réussite de telles transformations aurait exigé du PPDA non seulement une sensibilité politique et culturelle différente, mais aussi la compréhension qu'elles devraient être subordonnées à la possibilité effective pour les masses de s'organiser et de conduire pratiquement la réforme agraire. Celle-ci aurait dû impliquer la mise en place d'un système de rurales se sont donc trouvées à la fois victimes de la politique et des méthodes de plus en plus répressives du PPDA et de l'asservissement que les chefs réactionnaires perpétuaient. Les masses furent ainsi poussées vers une résistance passive ou active que purent exploiter aussi bien les forces réactionnaires que l'impérialisme.

Le PPDA se garda de mobiliser les travailleurs de manière autonome. Il institutionnalisa un mouvement syndical, mais il lui interdit le droit de grève.

avril 1978, les propriétaires fonciers, les chefs tribaux qui étaient de fraîche date légalement propriétaires des terres, les mollahs comme les fractions islamiques intégristes pachtouns déjà opposées au régime de Daoud, entamèrent la lutte armée contre le régime et s'attaquèrent brutalement aux militants et sympathisants du PPDA. Malgré leur base d'appui sociale, ces dirigeants réactionnaires engagaient ainsi un combat contre toute réforme pour sauvegarder leur statut d'exploiteurs et d'oppres-

De ce point de vue, quand bien même la base du PPDA était réduite,

CEI, comporte une modification de la ligne adoptée par le Secrétariat unifié (SU) en janvier 1980 (Cf. résolution publiée dans Inprecor, numéro 69 du 7 féune guerre civile l'opposait au camp de

En 1979, apparurent des mouvements au sein des minorités nationales et ethnico-culturelles dans l'Hazaradjah, le Tadjikistan et le Nouristan. Ils exprimaient avant tout une opposition à l'Etat central et à un PPDA qui s'identifiait à la tradition de domination pachtoun. Que des forces sociales rétrogrades aient pu utiliser ce rejet ne change rien à leur réalité de mouvement contre une oppression nationale ou ethnico-

De plus, des organisations nationalistes et anti-impérialistes, qui plongent leurs racines dans le maoisme ou dans des courants islamiques populistes, s'engagerent des cette époque dans une lutte armée contre le régime. Un groupe maole Setham-i-Melli, avait même été représenté au gouvernement après avril 1978, mais il entra assez vite dans l'opposition. L'évolution de ces groupes rend compte de plusieurs facteurs: les répercussions du conflit sino-soviétique exacerbé par le contrôle sans cesse accru de la bureaucratie soviétique sur les rouages de l'Etat afghan; leur réaction nationaliste doublée de leur conception maoiste de la politique de la bureaucratie soviétique; la répression policière dont ils furent rapidement l'objet.

Ces organisations disposaient d'une influence effective, quand bien même elle n'était que très régionale. En effet, depuis la fin des années 1960, elles sont entrées en concurrence avec le PPDA en milieu urbain. De là, elles réussirent à gagner une certaine audience parmi les Hazaras et les Tadjiks. Elles sont à l'origine de la création, en 19781979, de regoupements et de fronts tels que la SAMA (Organisation рориlaire pour la libération des peuples de l'Afghanistan) et le Front des combattants Modjahed d'Afghanistan créé sous l'impulsion du Groupe révolutionnaire des peuples d'Afghanistan (marxiste-léniniste).

L'impérialisme, par le biais de l'Egypte, de l'Arabie Saoudite et de la dictature pakistanaise, encourageait, même si c'est de façon très limitée, la réaction basée à Peshawar (Pakistan). De plus, il cessa d'allouer de nouveaux crédits au régime Taraki-Amin.

----- photo credits and running heads -----

2

Page 49

La Chine apportera aussi son aux forces intégristes islamiques.

L'incapacité du PPDA de mettre en œuvre son programme, la résistance croissante des populations rurales comme d'une partie des masses urbaines, l'apparition de ruptures au sein de l'armée afghane, tout cela accentua l'isolement du régime. Les règlements de comptes dans le PPDA se sont accélérés entre ses deux principales fractions (Kalq et Parcham) et y compris au sein du Kalq lui-même. A leur tour, les liquidations réciproques paralysèrent l'action du régime et le déconsidérèrent encore plus aux yeux des masses. Il se trouva donc dans une impasse totale sur le plan politique et social, même s'il réussit encore, avec le concours des forces armées soviétiques, à conduire des contre-offensives militaires victorieuses, comme en octobre 1979, dans la région du Paktia.

L'intervention soviétique était devenue plus pesante après les soulèvements de Hérat (en mars 1979) et de Jalalabad et surtout la mutinerie du fort de Bala-Hissar (près de Kaboul) en août 1979. Cela aboutit à des heurts répétés entre les conseillers du Kremlin et des éléments du PPDA. C'est dans ce cadre-là que la bureaucratie jugea urgent de liquider Afizullah Amin, qui avait empêché, en septembre 1979, la réussite d'une révolution de palais devant assurer la prééminence de Taraki, protégé des Soviétiques et moins soucieux d'autonomie a leur égard. Depuis cette période, la bureaucratie soviétique était de plus en plus portée à une intervention directe, d'envergure si nécessaire, pour contrôler la situation.

En décembre 1979, dans la continuité de son orientation, le Kremlin répondit sur le plan militaire à l'échec complet de sa politique et de celle du PPDA. L'intervention massive et l'occupation soviétique de l'Afghanistan s'expliquent par plusieurs facteurs qui s'entrecroisent.

Le Kremlin cherchait à éviter que la situation ne lui échappe, que la paralysie et la faillite du régime du PPDA ne débouchent sur une dislocation de l'Etat afghan, même si aucune des forces principales ou des coalitions réactionnaires basées à Peshawar ne pouvait prétenprendre le pouvoir et contrôler l'ensemble du pays.

Cogérant de la stabilité dans une zone secouée par les développements de la révolution iranienne et minée par la crise de l'Etat pakistanais comme par l'explosivité de la question nationale (Pachtounistan, Balouchistan), la bureaucratie soviétique entendait profiter de la faiblesse conjoncturelle de l'impérialisme dans la région. Après les échecs de sa politique au Moyen-Orient, le Kremlin cherchait à prendre des gages, à asseoir ses positions géostratégiques face à l'impérialisme et à marquer un point dans sa lutte d'influence avec la bureaucratie chinoise. Cette initiative s'explique d'autant plus que l'impériaavait initié une contre-offensive sur le plan politico-militaire depuis la fin de 1977 (non-ratification des accords développement Cruise en Europe, relance de la course aux armements). La nature même de l'armement acheminé en Afghanistan, comme la mise en place d'une infrastructure lourde illustrent aussi l'objectif du Kremlin.

Le choix de ramener Babrak Karmal, dirigeant du Parcham, dans les fourgons de l'armée soviétique, et de s'appuyer sur sa faible minorité dans le parti, indique que, pour contrôler et tenter de stabiliser la situation en sa faveur, la bureaucratie était prête à franchir une étape nouvelle dans sa mainmise l'appareil d'Etat afghan et dans la détermination de toute la politique du nouveau gouvernement.

Un fait s'impose avec évidence: l'intervention, l'occupation comme politique suivie depuis lors, ont été décidées par Moscou en dehors du gouvernement afghan et de la majorité du PPDA.

Ne serait-ce que sur ce plan, aucune analogie n'est possible avec l'aide apportée par les troupes cubaines et soviétiques à des régimes comme ceux de l'Angola et de l'Ethiopie. Dans ces pays, un processus révolutionnaire autonome se développait avec des mobilisations de masse. L'aide était réclamée par les régimes en place qui devaient faire face à une intervention militaire sud-africaine pour l'un et à une guerre avec la Somalie pour l'autre. Malgré la dépendance militaire, même importante, le Kremlin ou la direction cubaine devaient rendre politiquement des comptes de leur acd'une autonomie. Cette aide était aussi accueillie, à des degrés divers, par les masses combattantes comme une contribution à leur lutte.

Dans le cas de l'Afghanistan, la bureaucratie soviétique a montré son action que, pour poursuivre ses objectifs propres, elle n'hésite pas à refuser toute parcelle de souveraineté politique et tout droit à l'autodétermination des peuples de ce pays semi-colonial. Qu'il y ait eu violation de la souveraineté politique, cela ne fait aucun doute. Or, du point de vue des intérêts généraux et particuliers de la révolution prolétarienne, une telle orientation et une telle initiative ne peuvent se justi-

L'occupation militaire de l'Afghanistan ne peut être soutenue au nom de la défense de l'URSS. A aucun moment les développements des affrontements de classes en AfghaAfghanistan de forces suceptibles de s'attaquer à l'URSS ou sur un conflit généralisé impliquant l'impérialisme et mettant en cause les fondements sociaux de l'Union soviétique. La politique passée et présente du Kremlin envers les pires régimes capitalistes et dictatoriaux à ses frontières (l'Afghanistan de Daoud, l'Iran du chah ou la Turquie) et, en retour, l'attitude de ces derniers envers l'URSS confirment cette appréciation.

Par ailleurs, l'occupation soviétique développe des effets négatifs au niveau des positions internationales du prolétariat. En balayant le droit à l'autodétermination des peuples d'Afghanistan et en intervenant militairement dans un pays à structure essentiellement rurale et trés arriérée, la bureaucratie élève un nouvel obstacle de poids sur la voie de la révolution permanente dans toute une région.

En effet, là, la question de l'oppression nationale ne peut pas être séparée, encore moins opposée, à des processus de lutte de classes; au contraire, elle est un élément important dans la mobilisation anti-impérialiste et anticapitaliste. L'action de la bureaucratie du Kremlin porte un coup grave à l'unité internationale du prolétariat.

L'occupation par les troupes du Kremlin devient une arme aux mains de la réaction pour opposer le «socialisme» à la lutte pour l'émancipation nationale et les droits démocratiques. C'est précisément sur cette base que se greffent les tentatives de directions nationalistes bourgeoises et de secteurs islamiques hyper-nationalistes et réactionnaires de redorer leur blason auprès des masses laborieuses.

L'invasion de l'Union soviétique désoriente politiquement les travailleurs à l'échelle internationale en portant un nouveau coup à l'idée d'internationalisme prolétarien, au nom duquel la bureaucratie se permet, sans vergogne, de justifier sa politique en Afghanistan. Elle facilite aussi la campagne antimarxiste et anticommuniste de la bourgeoisie. Elle sert de prétexte à l'impérialisme pour justifier sa politique de réarmement et chercher à désamorcer une opposition de masse aux dépenses militaires. Elle lui permet de réclamer la légitimité pour ses projets interventionnistes au Moyen-Orient, en Iran et en Amérique centrale.

La défense des fondements sociaux de l'Etat ouvrier soviétique se trouve, en fait, affaiblie par l'intervention du Kremlin. Car cette défense n'est pas seulement militaire, elle repose aussi sur l'activité et le niveau de conscience des masses laborieuses à l'échelle internationale, en particulier dans les métropoles impérialistes.

Ainsi, du point de vue de la défense de l'Etat ouvrier comme des répercussions sur le niveau de conscience et d'organisation du prolétariat mondial, l'intervention soviétique ne peut qu'être condamnée. Certes, une fois entrées massivement, les troupes soviétiques, qui supportent l'essentiel de l'effort de guerre, se trouvent «aux côtés» du régime de Babrak Karmakdans les affrontements qui l'opposent, entre autres, aux forces réactionnaires.

Page 50

Mais l'évolution de la situation démontre que la place «objective» des troupes soviétiques ne peut être invoquée pour abandonner la défense du droit à l'autodétermination pour les peuples d'Afghanistan ou pour présenter la présence des troupes de PURSS comme un «moindre mal». a) La montée généralisée de la résistance dans la plus grande partie des 28 provinces pachtouns et non pachtouns de l'Afghanistan a pris son essor en se plaçant sous le drapeau du combat contre l'occupant soviétique. Elle s'inscrit dans la continuité d'une tradition ancestrale de lutte pour l'indépendance. Elle exprime aussi le rejet massif d'un gouvernement qui a ouvertement perdu toute autonomie face à l'URSS. Ce rejet s'imbrique avec les conflits permanents l'Etat central qui marquent de leur empreinte toute l'histoire de l'Afghanistan. Enfin, les chefs traditionnels et réaction. naires ont pu exploiter ce mouvement d'ensemble contre l'occupant pour camoufler, sous le masque de la lutte contre les «chouravis» (les Soviétiques), la défense de leurs intérêts propres, de leur opposition farouche à toutes réformes progressistes. Le type d'affrontement imposé par l'occupation des troupes soviétiques renforce les règles ancestrales du tribalisme, avec toutes ses hiérarchies, et la notion d'appartenance au même groupe ethnique. La réaction trouve là un champ d'action favorable à ses projets.

A ce niveau, il est patent que l'intervention et l'occupation par l'armée du Kremlin favorise la contre-révolution. b) L'opposition à la présence de l'armée soviétique est quasi unanime. Les troupes russes n'ont reçu aucun appui de la part de la population ou de secteurs ayant une importance sociale réelle. Des secteurs de la population jusqu'alors plus ou moins favorables, neutres ou passifs, rejoignent à divers degrés la résistance.

La rébellion n'est pas restée localisée, même si elle est liée aux particularismes régionaux et tribaux. Son extension géographique et l'appui massif qu'elle trouve dans la population expliquent qu'une différenciation se soit assez vite opérée entre la «résistance intérieure», largement spontanée, et les mouvements politiques islamiques basés à Peshawar, parfois depuis plus d'une décennie. Ces derniers agissent d'ailleurs avant tout dans les zones frontières et pachtouns et restent très divisés. Parmi eux, l'organisation intégriste la plus importante est représentée par le Parti islamique d'Afghanistan (Hezb-i-Islami) de Gulbudin Hekmatiar, qui refusa de participer à «l'Alliance islamique». Celleci a réuni initialement cinq mouvements plus faibles: le Front pour la libération de l'Afghanistan, dirigé par l'Imam Seghbatullah Mujaddedi; le Mouvement pour la révolution islamique de Mohammad-Nabi Mohammadi; le Front de libération nationale (ou Pacte d'union islamique) du grand propriétaire Sayed Ahmed Gilani; le Rassemblement islamique Rabbani et, enfin, une aile du Parti islamique conduite par le vieux dirigeant islamique Mohammed Younus Khales. Ces deux mouvements ont rompu avec l'Alliance islamique et cherchent rapprocher de Hekmatiar.

Mais la résistance ne peut être circonscrite à l'activité de ces organisations. Les minorités opprimées non pachtouns ont d'emblée pris un poids prépondérant dans la résistance armée intérieure. Les Hazarah, minorité chiite d'origine agriculteurs misérables des montagnes ou porte-faix des villes, corvéables et taillables à merci par les Pachtouns, ont libéré les armes à la main leur région. Ils ont instauré une administra-

Les Nouristani, minorité ethnicolinguistique, ont fait de même. Dans le Badakhstan, les Tadjiks, minorité rassemblant environ 30% des populations de l'Afghanistan, se sont affrontés sur une grande échelle avec les colonnes soqui cherchaient à occuper leurs vallées. De même, le gros des Balouches (1), certes très minoritaires en Afghanistan, mais jusqu'alors plus ou moins favorables à un régime qui, pour ses intérets propres dans la région (avant tout les effets de la lutte des Balouches sur le Pakistan), leur laissait une certaine liberté d'action, s'opposent aujourd'hui à Babrak Karmal et aux forces soviéti-

La résistance s'est aussi traduite par des grèves, des manifestations et un appui ouvert aux résistants dans les villes de Hérat, Kandahar, Kaboul et Ja-

Qui forme le gros des rangs de cette « résistance intérieure » et qui est frappé par la répression soviétique? Pour l'essentiel ce sont des paysans pauvres dont les dirigeants sont le plus souvent, certes, des notables et des chefs traditionnels. S'y rallient des secteurs de la petite bourgeoisie traditionnelle, des intellectuels (accélération de l'exode), des fonctionnaires (grève de février 1980) et des couches salariées et plébéiennes urbaines. Parmi les étudiants et lycéens où le Kalq et le Parcham puisaient traditionnellement leurs forces, un fort mouvement d'opposition s'est manifesté, avec des heurts violents. En avril-mai 1980 à Kaboul, étudiantes et étudiants qui manifestaient pour le retrait des troupes soviétiques furent brutalement réprimés par les milices du PPDA, les soldats de l'armée afghane ayant refusé

Dans un pays comme l'Afghanistan, une classe ouvrière extrêmement faible doit savoir gagner à elle ces forces. Sans elles, à plus forte raison contre mations sociales, pour ne pas parler de lutte pour la révolution socialiste, est condamnée dès le départ.

c) L'expérience des masses sous les gouvernements Taraki et Amin, les méthodes utilisées par le PPDA et les conseillers soviétiques, les modalités de l'interl'occupation soviétique elle-même et les objectifs poursuivis par la bureaucratie, font que I' «Armée rouge» ne pouvaient et ne peuvent pas devenir l'instrument d'un combat efficace D'autant plus qu'un tel combat ne peut se gagner sur le seul terrain militaire.

Les Soviétiques et Karmal, pour tenter de conquérir une certaine base, recherchent l'alliance de chefs traditionnels et des mollahs, quitte à les acheter! Une telle allégeance ne peut qu'être fragile! Pour amadouer des fractions de la bourgeoisie commerçante, le gouvernement a retourné aux corporations de marchands une vingtaine d'entreprises étatisées d'import-export. Ils ont rendu à des bourgeois les biens qui leur avaient été confisqués. Les projets de réforme agraire sont non seulement révisés en baisse mais minés des le départ par l'absence de tout soutien de masse, voire même par l'incapacité gouvernementale de contrôler le territoire. Des terres sont restituées à des chefs tribaux expropriés lors de la phase de la réforme agraire.

Loin de ressouder les rangs du PPDA - dont lui attribuent au maximum 5 000 mem-

-, l'intervention et l'occupation ont accentué les conflits entre Kalq et Parcham. Babrak Karmal «unifie» le PPDA en liquidant et en limogeant les opposants dont beaucoup avaient refusé l'intervention et continuent à s'opposer à la présence des troupes soviétiques. Depuis juin 1980, nombreux les ministres, fonctionnaires et militaires du Kalq exécutés ou mis sur la touche. Dans son discours de 1981, pour l'anniversaire «révolution d'avril», Karmal proféra de nouvelles menaces contre les kalqi.

Les tensions extrêmes entre parchami et kalqi ont contraint pousser sans cesse le projet, par ailleurs difficile, de constitution d'un front naproposé des janvier 1980 par Elles lacèrent également l'appareil d'Etat et poussent Karmal à vouloir réaliser la quadrature du cercle: prétendre prendre en mains l'appareil d'Etat avec sa seule fraction

L'armée n'échappe pas à la crise généralisée du régime et de ses institutions. Des officiers kalqi résistent aux ordres, désertent ou même rejoignent la résistance. Des officiers nationalistes qui s'étaient ralliés à la «révolution d'avril» font de même, largement suivis par les soldats. La crise de la conscription s'y ajoute. La jeunesse n'est pas encline à faire son service militaire. Le régime est contraint de créer un véritable système de mercenariat, aussi bien pour l'armée que pour les « milices » du Parcham, fondé sur des privilèges matériels. Un soldat engagé reçoit une solde de 3000 afghani par mois, alors qu'un ouvrier en tou-

----- photo credits and running heads -----

4

Page 51

che environ 900. Tout cela n'a pas empêché l'effritement continu des forces de l'armée afghane.

Les déchirements de l'appareil d'Etat afghan et du PPDA, l'isolement social croissant du régime mis en place par le Kremlin, son incapacité à mettre en œuvre une politique propre de réformes et, y compris, à canaliser efficacement l'aide matérielle de l'URSS, contraignent les Soviétiques à se substituer de plus en plus à un fantomatique appareil d'Etat afghan. En juillet 1980, l'Afghanistan est divisé en sept régions militaires, avec à leur tête un général sovié-

Les Soviétiques exercent un contrôlent direct au plan administratif, institutionnel, militaire et y compris dans le secteur économique étatisé. L'URSS a la haute main sur l'extraction minière et celle du gaz. Le gouvernement Karmal est de plus en plus la façade des autorités d'occupation dont l'action est, pour l'essentiel, réduite à l'exercice de la répression (bombardements, cements de population, etc.). En avril 1981, les quatre régiments de l'armée afghane stationnés à Kaboul sont rempar des troupes de l'URSS. Dans ces conditions et compte tenu de ses intérêts matériels et politiques, il est inévitable que le Kremlin s'oppose non seulement à une mobilisation indétoute activité indépendante d'une direction se situant dans le camp opposé à la réaction. De là découle la mise sous tutelle de l'armée afghane et le refus de laisser la libre disposition de certains types d'armes à des secteurs kalqi de l'armée dont l'allégeance n'est pas assurée. Cette logique substitutiste pousse Kremlin à développer un système de contrôle policier y compris dans les rangs mêmes du PPDA et de ses partisans.

L'intervention l'occupation s'avèrent done des obstacles au renforcement du mouvement des ouvriers et des paysans, à l'émergence d'une direction capable de conduire un combat social, politique et militaire contre la réaction. Ainsi, rien ne justifie l'abandon de la défense du droit à l'autodétermination, qui prend tout son sens concret dans cette situation où les Soviétiques se sont substitués de fait au PPDA et décident pratiquement de tout. Ce principe est l'un des éléments incontournables de toute stratégie de lutte contre la réaction et l'impérialisme, en Afghanis-

Pour gagner le combat contre toutes les forces de la réaction, contre les mouvements islamiques intégristes et autres à Peshawar et celles qui captent et organisent d'amples secteurs de la « résistance intérieure », il ne suffit pas de leur infliger une série de pertes militaires à l'occasion d'une de leurs offensives, d'opérer des ratissages dans une vallée ou, encore moins, de bombarder les banlieues d'une ville! En effet, la question décisive est celle de la capacité des forces réactionnaires à trouver des réserves et un appui dans les masses pour se réorganiser, pour relancer des offensives et assurer leur emprise politique. L'issue de telles batailles ne peut être déterminée uniquement militairement mais socialement et politiquement, en retirant leur potentiel aux forces dirigeantes de la réaction.

Pour conduire et organiser la bataille contre la réaction, il faut disposer d'une base sociale parmi les couches urbaines les plus susceptibles de fournir un appui à une politique de réformes démocratiques et de transformations sociales. Mais, sans alliance avec la paysannerie pauvre et les nationalités opprimées, l'impasse surgit presque aussitôt. Se pose donc le problème crucial du développement de la lutte de classes dans les campagnes. Comment, actuellement, forger un début d'unité entre les masses exploitées et opprimées des villes et des campagnes sans combiner la défense du principe d'autodétermination et un programme de transformations sociales et d'organisation indépendante?

Plus concrètement, dans l'Afghanistan d'aujourd'hui, se superposent deux aspects de l'autodétermination nationale: d'une part, la défense de la souveraineté politique et de l'indépendance face à l'occupation soviétique et, d'autre part, les droits et les aspirations des minorités nationales opprimées dans le cadre de l'Etat afghan et de la région

Le problème de la combinaison de ces taches, qui conditionne la possibilité de défaire la réaction, est objectivement posé par le cours des événements. En effet, le mouvement de résistance à l'occupation inclut des forces sociales tendanciellement contradictoires et une polarisation politique, certes limitée, existe dans la résistance.

La césure entre une résistance intérieure fragmentée et la « résistance extérieure » rend compte de la méfiance envers des organisations islamiques intégristes pachtouns qui veulent imposer leur loi à toute la résistance. L'adhésion massive des minorités nationales à la résistance épouse et même réactive les structures tribales traditionnelles, mais elle stimule à son tour la lutte d'émancipation qui peut prendre appui sur un armement massif et la création de zones libérées. Enfin, tout combat prolongé ne peut que faire ressurgir et mûrir des contradictions entre les notables, les propriétaires terriens et les paysans pauvres.

En outre, des organisations telles que la SAMA ou le Front des combattants Modjahed, même si leur audience est limitée et si elles sont en butte à une rude répression de la part du régime Karmal, s'affrontent souvent organisations islamiques intégristes. Ces heurts se produisent à partir de luttes d'influence sur tel ou tel secteur de la résistance, mais aussi à partir d'une

Centre leurs plates-formes politiques et sociales respectives. Dans le mouvement d'ensemble contre l'occupant soviétique, les conflits sociaux propres à un pays comme l'Afghanistan creusent lentement leur chemin.

Aujourd'hui, il y a un déplacement, au moins initial, des conflits sociaux dont la ligne de clivage ne se superpose plus seulement avec celle séparant le PPDA et la réaction. Ils se situent de même dans le mouvement de résistance face à l'occupant sous la forme d'une polarisation sociale, ethnico-nationale et, y compris, politique.

La crise du PPDA et l'opposition de fractions kalqi sont largement déterminées, à l'étape présente, par l'interaction entre la réduction extrême de la base sociale du régime de Karmal, le développement et l'ampleur de la résistance intérieure à l'occupation russe et l'expression au sein de ce mouvement d'ensemble de conflits sociaux. Sur cet arrière-plan, les heurts traditionnels entre cliques du PPDA sont encore exacerbés.

Dans ce contexte, les marxistes révolutionnaires définissent leur ligne à partir de la défense des intérêts des ouvriers et des paysans, de la lutte pour défaire la réaction et l'impérialisme. Ils le font en tenant compte du niveau de conscience des masses, de l'organisation sociale que l'histoire leur a léguée comme de leurs expériences récentes. L'organisation et la mobilisation indépendantes des masses sont la seule assurance effective d'une défense de leurs acquis, aussi petits soient-ils, de la conquête des droits démocratiques et de réformes et transformations sociales, comme d'un combat efficace contre la réaction et ses appuis internationaux.

Mais un obstacle gigantesque se dresse sur cette voie si ceux qui défendent les intérêts des masses ne se prononcent pas clairement pour le droit à l'autodétermination des peuples d'Afghanistan, pour le respect de la souve raineté politique du pays.

Il serait radicalement faux de rejeter cette approche sur le droit à l'autodétermination en lui opposant, exemple, le droit à « l'autodétermination des travailleurs des villes et de la campagne », sous prétexte de la nature rétrograde de très larges secteurs de la résistance. Une telle opposition ne tient tout simplement pas compte des difficultés avec lesquelles la différenciation des classes s'opère au sein de telles formations sociales et des voies sinueuses qu'elle peut emprunter. En réalité, avancer un tel mot d'ordre revient tout simplement à nier l'effet régressif provoqué par l'intervention soviétique sur la différenciation des classes en Afghanistan.

Gagner une influence parmi les masses laborieuses urbaines pour empêcer leur contrôle par les forces réactionnaires est vital pour que se précipite cette différenciation sociale. Pour cela, il est primordial d'avancer des revendications démocratiques et sociales, de défendre les acquis et de se prononcer contre la mainmise de l'URSS. Une telle approche peut, y compris, fournir une issue à ceux qui ont sou-

----- photo credits and running heads -----

6

Page 52

tenu le régime et diverses de ses mesures progressistes (malgré les modalités de leur application), mais qui s'en détachent et refusent de cautionner la politique de l'URSS.

La combinaison de la lutte pour l'autodétermination et pour des revendications démocratiques et sociales est, dans le combat contre la réaction, un levier qui peut d'ores et déjà trouver des points d'appui concrets dans le mouvement réel d'opposition et de résistance à l'occupation.

Réaffirmer le droit à l'autodétermination des peuples d'Afghanistan et à la souveraineté politique est aussi une condition indispensable dans les circonstances actuelles, pour être entendu par les minorités nationales opprimées. Ces dernières se battent et se heurtent aux Soviétiques et aussi, parfois, aux forces islamiques intégristes et centralistes pachtouns. C'est le seul biais pour défendre les intérêts des couches exploitées au sein de ces minorités, pour y. accélérer la polarisation de classes et, en dernier ressort, unifier dans leur lutte d'émancipation sociale les masses exploitées et opprimées de l'Afghanistan tout entier.

Seuls le développement et la défense d'une telle stratégie peuvent permettre d'aider la clarification politique et idéologique d'organisations telles que la SAMA ou le Front des combattants Modjahed. Seuls ils permettent de combattre toute orientation aboutissant à liquider leur indépendance contre l'occupant», d'autant plus forte étant donné les traits fortement nationalistes et aussi maoïstes qui les marquent. Ces organisations maintiennent un programme dont le contenu social est au moins aussi avancé que le programme du PPDA. Elles pourraient devenir un pôle d'opposition actif aux forces intégristes islamiques ou pro-impérialistes.

La mobilisation et l'organisation indépendantes des masses sont donc conditionnées, sur le plan subjectif, par la question de l'autodétermination, par le refus de soutenir tout maintien de la présence des troupes d'occupation. A cause de la nature même de la bureaucratie soviétique, hypothétique, masse autonome, rection propre, luttant pour des transformations sociales radicales, se heurterait aux forces militaires et policières du Kremlin. Trotsky, à propos de l'intervention russe en Finlande, avait souligné avec force cette concrétisation parde la politique contre-révolutionnaire du stalinisme.

L'impérialisme, avant tout les Etats-Unis, a accentué son effort de présence directe et d'intervention dans la région. Il s'évertue à consolider la dictature de Zia-ul Haq au Pakistan. Il a accru son soutien aux forces de la résistance afghane basées à Peshawar.

Les intérêts et la politique de l'impérialisme vont totalement à l'encontre non seulement des droits démocratiques et des intérêts sociaux des travailleurs et des paysans, mais aussi des droits à l'autodétermination et à la souveraineté politique des peuples opprimés des Etats semi-coloniaux de la région. Une victoire des forces réactionnaires et de l'impérialisme serait aussi un coup porté contre ces droits en Afghanistan. Les directions réactionnaires, au nom du « nationalisme », cherchent à brader la lutte des peuples afghans à l'impérialisme en d'une indépendance Cela facilite à son tour les projets impé-

• Pour cette raison, toute défense réelle des intérêts des travailleurs et des paysans comme des peuples d'Afghanistan, passe par une lutte intransigeante contre les forces réactionnaires afghanes et contre l'impérialisme.

Dans cette partie du monde, le processus de révolution permanente mêle étroitement la lutte pour l'émancipation nationale et sociale. Pour que les masses regardent vers le socialisme en cherchant une solution aux problèmes qu'elles rencontrent dans leur combat, il est nécessaire que le prolétariat révoludéfende sans ambiguité leur droit à l'autodétermination et à la souveraineté politique. C'est même la condition pour que des solutions socialistes et fédératives acquièrent un écho dans l'avant-garde combattante de ces pays.

Le mouvement ouvrier des pays impérialistes se doit de soutenir ces revendications pour l'émancipation tionale et sociale contre l'impérialisme. C'est un élément supplémentaire pour stimuler le développement d'une conscience socialiste dans les mouvements autochtones de luttes anti-impérialistes.

Une position claire du mouvement ouvrier à l'échelle internationale, contre les menées impérialistes et réactionnaires et pour le droit à l'autodétermination en Afghanistan et dans la région, prend toute son importance en relation avec le retrait des troupes soviétiques. Elles est un des instruments politiquement les plus efficaces pour neutraliser les manœuvres de Zia; cela d'autant plus que le régime pakistanais est miné par des luttes d'émancipation nationale. Elle permet d'affaiblir les directions des forces intégristes, qui commencent à être déconsidérées par leurs méthodes, et de favoriser les organisations qui se battent pour les droits sociaux et natio-

Tout laisse supposer que s'ouvrirait, après un retrait des troupes de PURSS, une nouvelle phase de crises de luttes entre différents groupes et nationalités. Dans ce cadre pourraient se produire des différenciations politiques et sociales. De plus, rien n'indique qu'un mouvement réactionnaire pachtoun puisse assurer sa pondérance, prendre le contrôle de tout le pays et y imposer son autorité. Les minorités sont peu prêtes à accepter un pouvoir central à Kaboul, d'autant plus qu'elles sont armées et ont commencé à libérer leur territoire.

L'impérialisme hésite à augmenter qualitativement son aide aux organisations de la résistance basées à Peshawar, car il sait fort bien, et Zia de même, que cela peut aboutir à armer des mouvements rebelles aux allégeances éphémères. Les fusils fournis aujourd'hui à certaines forces pachtouns pourraient se retourner contre Islamabad demain, ou se

Un retrait des troupes soviétiques mettrait sans doute en danger les partisans du régime en place et les éléments progressistes qui lui étaient liés. La politique du Kremlin aura contribué à faire s'empirer leur position face à la réaction. La question effective des risques encourrus par des membres du PPDA et des supporters du régime installé en avril 1978, ne peut être abordée qu'en rapport avec l'ensemble des effets négatifs de la permanence des troupes soviétiques sur le développement des luttes au plan national et international. Se prononcer pour le retrait des troupes soviétiques ne s'oppose en rien à une défense inconditionnelle des militants et sympathisants du PPDA contre

Les marxistes révolutionnaires ne confondent pas le principe de l'internationalisme prolétarien, l'aide effective aux combattants d'une révolution en cours. avec l'intervention militaire d'un Etat ouvrier présentée fallacieusement comme une «extension du socialisme», alors qu'elle empêche toute possible activité indépendante des masses. Ces deux conceptions opposées recoupent, en dernière analyse, la différence entre une ligne de défense de la révolution permanente et le soutien à une politique de «construction du socialisme dans un seul pays».

C'est pourquoi les marxistes révolutionnaires dénoncent toute orientation qui considérerait une perspective d' « assimilation structurelle » comme un «moindre mal» ou un « progres historique ». Le critère essentiel pour déterminer leur attitude ne peut être le changement des rapports de propriété en Afghanistan, mais les effets de la politique de la bureaucratie d'une triple point de vue: l'évolution de la conscience et de l'organisation du prolétariat mondial, l'élévation de la capacité de ce dernier de défendre ses conquêtes et son aptitude à en effectuer de nouvelles.

Si l'hypothèse d'une « assimilation structurelle » ne peut être écartée, il n'en reste pas moins qu'actuellement le Kremlin fait simultanément des ouvertures en direction des chefs traditionnels et conduit une occupation militaire. Une annexion et une «assimilation structurelle » impliquent un choc frontal avec la quasi-totalité de la population. Comme les précédents historiques prouvent, les effets d'un tel processus seraient extrêmement négatifs du point de vue des développements des luttes de

----- photo credits and running heads -----

7 8

Page 53

classes dans toute la région et de l'activité ainsi que de l'élévation de la conscience des masses en

A cet égard, la politique suivie en Afghanistan par la direction tranche du tout au tout avec la politique défendue par Lénine qui insistait qu'au sein même de l'ancien Etat tsariste, il fallait «reconnaître à chaque nation le droit à l'autodétermination, tribuera à l'émancipation des travailleurs».

Ce droit, les marxistes révolutionnaires continuent à le défendre pour les minorités nationales en URSS, dans le cadre plus général de la lutte pour la révolution politique. Ils comprennent les liens qui s'établissent entre cette revendication mise en avant en URSS et celle avancée aujourd'hui en Afghanistan et dans la région. C'est pourquoi, en URSS, ils se prononceront pour le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan.

Plus généralement, ils dénoncent les méthodes barbares utilisées par la bureaucratie soviétique en Afghanistan. Cette dénonciation facilite en réalité la bataille pour réhabiliter auprès des travailleurs l'idée de la défense des fontie -

Afghanistan.

lisme.

Les marxistes

Brejnev me ce qui conpines, en Amérique centrale!

et pour l'Afghanistan.

nonce:

- Contre dans la région !

dements sociaux de PURSS - qui ne périalistes !

se confondent pas avec la bureaucracontre les menées de l'impériarévolutionnaires feront campagne pour dévoiler l'hypotature de Zia !

crisie de l'impérialisme qui, tout en se faisant le «défenseur de la liberté du peuple afghan », apporte son appui aux forces réactionnaires de même qu'il arles dictatures criminelles dans la région, en Corée du Sud, aux Philip-

Ils s'opposent à toute orientation de soutien indifférencié à la «résistantique !

ce afghane». Ils axeront leurs initiatives sur les thèmes suivants: contre toute intervention impérialiste dans la région;

pour le soutien aux travailleurs et paysans et aux organisations qui luttent ghanistan !

contre la réaction et contre la répression soviétique; pour la défense du droit des peuples afghans à l'autodétermination la souveraineté politique de

La IVe Internationale se pronl'intervention impérialiste

- Pour le démantèlement des bases im- Pour le soutien aux luttes des masses laborieuses pakistanaises contre la dic- Pour le soutien aux revendications démocratiques et sociales des paysans et travailleurs d'Afghanistan !

Pour la défense intransigeante du droit à l'autodétermination ! - Pour le soutien aux organisations progressistes dans leurs combats contre la réaction et contre la répression sovié- Contre toutes mesures de terreur prises par la réaction à l'encontre des militants et sympathisants du PPDA ! - Pour la fin de l'occupation et le retrait des troupes soviétiques de l'Af-

Pour un Afghanistan indépendant, fédéral et socialiste !

Comité exécutif international (CEI) de la IVe INTERNATIONALE 12 mai 1981. 1. Cf. Gérard Chaliand, le Nouvel observateur, 12 juillet 1980 et J-C. Blanc, les Temps modernes, juillet-aout 1980. Kaboul, la capitale au centre d'une vallée fertile. (DR)

Une erreur sur cette page ?