Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Ce qui nous sépare de Tony Benn

· Inprecor n° 106, 20 juillet 1981 · p. 10-12 · 3 247 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme Femmes Irlande

Ce qui sépare les Phil HEARSE Brian HERON

Socialist Challenge, hebdomadaire de l'International Marxist Group (section britannique de la IVe Internationale) soutient la campagne de Tony Benn à la vice. présidence du Parti travailliste.

Comme il le fait remarquer justement dans son interview, la campagne a ouvert le débat, notamment dans les syndicats, sur la question de la ligne politique et de la démocratie dans le Parti travailliste, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter.

Mais nous pensons que le programme de Tony Benn est absolument inadéquat, tant du point de vue de la marche à suivre immédiate pour le mouvement ouvrier britannique dans sa lucte contre le gouvernement tory, que d'un plan à long terme pour parvenir au socialisme.

Le soutien apporté à la campagne de Tony Benn doit done s'accompagner d'une critique de son programme et de la présentation d'axes politiques socialistes fondés sur la capacité de la classe ouvrière à mener à bien cette politique.

QUEL ROLE

DES DIRECTIONS OUVRIERES ?

Tony Benn expliaur que, selon lui, le des dirigeants r maillistes est de « soutenir les luttes » et on te les initier » ou de les « dé lencher . Les lirigeants du mouvement lit-il. devaient « analyser, expliquer ei sout nir », mais pas appeler directement à l'action de masse de la classe ouvriere.

Selon nous, c'est une carirature du rôle que devraient jouer les directions de marxistes révolutionnaires britanniques de Tony Benn la classe ouvrière. Il est faux de déclarer aux travailleurs qui doivent faire face aux attaques des conservateurs et aux licenciements massifs : « Faites vos petites affaires et, si vous choisissez l'action, nous vous soutiendrons. » Il faut donner au mouvement une perspective autour d'acbrèche les attaques de la classe dirigeante.

Les travailleurs confrontés à des licenciements dans une usine seront moins disposés à s'engager dans une action militante, comme par exemple la grève avec occupation, si personne d'autre dans le pays n'est prêt à prendre une initiative identique. Le Parti travailliste et les syndicats peuvent jouer un rôle irremplaçable en généralisant et en popularisant les moyens de lutte les plus efficaces.

Bien sûr, personne ne l'ordre à un groupe de travailleurs d'agir. Ceux-ci ne s'engageront dans la lutte de masse que s'ils sont convaincus que c'est la meilleure façon d'aller de l'avant. Mais, si les dirigeants travaillistes parcouraient le pays en défendant activement ce type d'actions pour préparer le mouvement ouvrier à renverser le gouvernement tory, s'ils organisaient des actions communes entre le Parti travailliste et les syndicats, le rôle des militants qui veulent se battre ne pourrait qu'en être renforcé.

C'est la classe ouvrière qui doit déte nir le pouvoir et la souveraineté, et non le

Les députés qui prétendent représenter les intérêts de la classe ouvrière devraient être responsables devant le mouvement ouvrier et non pas devant l'Etat. Permettre que cette souveraineté del'apanage de l'Etat capitaliste - même avec un gouvernement socialiste à sa tête - c'est donner à son propre bourreau le pouvoir de vie ou de mort.

Les doutes qu'émet Tony Benn sur la valeur des actions de masse menées par la classe ouvrière comme force motrice de la marche au socialisme se répercutent sur ses positions sur la construction du socialisme.

Tout d'abord, il est extrêmement réservé sur la nationalisation des grands monopoles, des banques et des établissements financiers, qui serait le premier train de mesures qu'un gouvernement travailliste devrait prendre s'il veut s'engager dans la voie du changement socialiste.

Il est bon que Tony Benn soutienne la clause 4 des statuts du Parti travailliste qui s'engage à prendre le contrôle des sphères dirigeantes de l'économie. Mais lorsqu'il ajoute que « l'expérience de l'administration créera la voie du ment », il suggère ainsi une stratégie gra-

Précédemment, Tony Benn a associé son nom à la notion d'accords de planification avec les grands monopoles, ce qui impliquerait qu'un gouvernement travailliste pourrait collaborer avec des firmes pour planifier les investissements, mais sans jamais aboutir à leur nationalisation.

Le plus frappant, c'est qu'il considère la nationalisation des secteurs clés de l'é. conomie sous la forme d'un processus s'étalant sur plusieurs années. Ce serait une stratégie désastreuse. Pour assurer le plein emploi, il faut que la classe ouvrière contrôle, dès le début, les institutions financières, les sphères dirigeantes de l'industrie et les principaux circuits de distribution.

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La classe dirigeante et les multinationales prendraient avantage du moindre reparce qu'elles continueraient contrôler l'économie, pour saboter les mesures prises par un gouvernement de gauche. La fuite des capitaux s'intensifierait ; il y aurait grève des investissements ; les multinationales transféreraient leurs unités de production vers d'autres pays « plus sûrs » ; les compagnies immobilières et les banques refuseraient de financer les investissements. Et elles bénéficieraient de l'aide et du soutien de l'appareil d'Etat capitaliste.

Plus important encore est que ces forces mettraient à profit le moindre signe de relâchement pour lancer une contre-offensive d'envergure afin de déstabiliser politiquement le gouvernement et d'essayer de le renverser.

Le seul moyen de gagner et de conserver le soutien populaire - comme l'expérience de tous les gouvernements de " gauche » l'a montré, en France en 1936, en France de nouveau au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en

Tony Benn se prononce avec énergie contre toute action revendicative qui viserait à renverser les conservateurs. Il ajoute équivaudrait d'Etat » et qu'il faut miser sur la persuasion et le « soutien massif ». En conséquence, il nous faudrait attendre les élections législatives de 1984...

C'est un faux problème. Pour menacer les conservateurs, il faudrait une vague mouvements de grève conduisant à une grève générale et englobant des centaines de millions de travailleurs. Elle devrait, pour être efficace, amener à la lutte des millions de travailleurs. Les idées politiques cireuleraient rapidement dans un tel climat d'effervescence ; c'est bien différent d'un « coup d'Etat » mené par une

Les conservateurs nant faire face à une vague d'impopularité sans précédent. C'est par millions que les travailleurs les haissent, et c'est ce qui a abouti à leur cuisante défaite aux élections locales de mai dernier. Ils n'ont plus de mandat pour poursuivre leur politique de liquidation de l'industrie britannique et de licenciements massifs.

L'argument de Tony Benn est que toute action revendicative employée à des fins politiques remettrait en question les normes du jeu politique et les règles de la démocratie parlementaire.

Mais il souligne lui-même que la classe dirigeante ne dépend pas en premier lieu du Parlement et des élections. Alors pourquoi les ouvriers devraient-ils subir la loi des patrons ?

Dans l'argumentation de Tony Benn, la mobilisation des travailleurs reste subordonnée à la Constitution et à la machine d'Etat de la classe dirigeante. L'expérience de Santiago du Chili a montré que les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres organisations pour mettre en œuvre des mesures socialistes, que

Italie et au Chili — serait de s'assurer que les acquis de la classe ouvrière soient établis de façon irréversible. Cela implique une stratégie de centralisation du pouvoir dans les mains des organisations ouvrières.

L'idée selon laquelle le rôle des travailleurs est de mener les actions revendicatives tandis que la tâche du Parti travailliste serait de les soutenir, est la répétition classique de la vieille division entre l'action revendicative et l'action parlementaire - qui a miné le mouve-

June situation telle que celle que nous avons décrite, les travailleurs devraient imposer leur contrôle sur la production pour répondre au sabotage des patrons. Les demandes d'ouverture des livres de compte, afin de rendre publiques les tentatives de sabotages, le véto imposé sur les décisions patronales, la mise sur pied d'un plan national élaboré par les syndicats sur la base de telles mesures sont les mesures complémentaires qu'il est essentiel de prendre pour contrecarrer la réaction au niveau de l'Etat. ACTION REVENDICATIVE POUR RENVERSER LE GOUVERNEMENT CONSERVATEUR ce soit pour combattre aujourd'hui les conservateurs, ou pour appliquer la législation d'un gouvernement socialiste

Sans de telles mesures, l'« expérience de gouvernement » créerait la confusion et la désorganisation dans le mouvement ouvrier et permettrait à la droite de reprendre l'initiative.

Les arguments de Tony Benn sur l'Etat ont de surcroît une faiblesse majeure. Au cours de l'interview, Socialist Challenge a souligné que n'importe quel gouvernement de gauche qui essaierait de mettre en œuvre des mesures socialistes devrait inévitablement affronter l'actuel appareil

Tony Benn nous dit que cela équivaudrait à reconnaître le caractère inévitable de la violence ; et que s'il y croyait, il renoncerait sur le champ à la politique et prendrait lui aussi son fusil.

Il y oppose le « soutien public de masse » et la « détermination » d'un gouvernement socialiste. Ce type de scénario met les choses complètement sens dessus-

Au Chili, en 1973, le gouvernement de Salvador Allende jouissait sans aucun doute d'un soutien de masse dans l'opinion publique. Huit jours exactement avant le coup d'Etat, une manifestation d'un million et demi de travailleurs avait eu lieu à Santiago pour soutenir le gouvernement contre la réaction. Mais, malgré le soutien de masse dont il disposait, le gouvernement a été facilement renversé par les forces armées.

Pour les communistes révolutionnaires, l'impossibilité d'éviter une confrontation avec la classe dirigeante - qui, comle le dit Tony Benn, gouverne directement au travers de son contrôle des institutions décisives (armée, police, cours de justice, grands monopoles) et non par le seul intermédiaire du Parlement - signifie que les travailleurs doivent se préparer à l'avance pour cet affrontement inévitable.

Tony Benn nous dit qu'il soutiendrait toute action de masse visant à restaurer la démocratie contre un coup d'Etat militaire. Mais il serait alors trop tard.

Se préparer à l'affrontement signifie organiser le contrôle ouvrier sur les usines des le début. Cela signifie briser l'appareil policier, l'armée, l'appareil judiciaire et la administration. Et si cela n'est pas fait, ces institutions freineront du mieux qu'elles pourront la marche au socialisme.

Et cela signife aussi organiser, comme partie intégrante d'une stratégie socialiste, les travailleurs pour qu'ils résistent à toute tentative de coup d'Etat, par la for-

L'« affrontement décisif » ne signifie pas nécessairement la violence de masse. En Grande-Bretagne, les forces armées et la police comptent environ 250 000 personnes. La classe ouvrière, elle, se compte par millions. Aucun coup d'Etat ne pourrait réussir si ces millions étaient mobilisés et prêts à utiliser l'arme de la grève, les manifestations de rue gigantesques, et si nécessaire employer la force pour l'en-

Mais aucune de ces formes de résistance ne pourraient avoir lieu si la classe ouvrière s'était entendue dire par ses directions que de tels événements sont invraisemblables ou impossibles.

Le fait que ce soit la ligne de l'actuelle direction du mouvement ouvrier ne fait que souligner la nécessité pour la base de ce mouvement de poursuivre le processus de transformation de leurs organisations en faisant en sorte que la direction soit responsable devant la base, et en construisant une direction alternative liée la lutte des classes plutôt qu'à la collabo-

LE CONTROLE DES IMPORTATIONS La version Tony Benn de la « stratégie économique alternative » (AES) n'est rien d'autre qu'un programme de réforme institutionnelle du capitalisme. Selon Tony Benn, il faut relancer l'économie, conclure des accords de planification avec les capitalistes ; pour combattre les effets inflationnistes inévitables d'un gramme, il faut adopter certains mécanismes anti-inflationnistes qui vont d'une « politique volontariste des salaires » au contrôle des importations.

Ce programme est assez souple et peut recueillir le soutien de toutes les ailes du mouvement ouvrier, y compris celui de Denis Healey, son principal opposant dans la course à la vice-présidence du

Denis Healey minimise les aspects qui dans la « stratégie économique alternative » favorisent la classe ouvrière : coupes dans les crédits de défense, réduction du temps de travail sans perte de salaire, ete. Healey peut mettre l'accent sur l'aspect essentiel de l'AES qui est la défense intransigeante du capitalisme, et le princi pe de la collaboration entre le mouvement ouvrier et les patrons dans le but de

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restaurer les profits de la classe dirigeante britannique.

C'est une bonne chose que Benn rejette le protectionnisme commercial comme stratégie pour résoudre la crise. Mais néanmoins ses déclarations demeurent

Il explique qu'il faudrait une planification du commerce extérieur établie par les syndicats pour protéger l'industrie nationalisée, ce avec quoi nous sommes d'accord, pourvu que cela signifie clairement que soit institué le monopole d'Etat sur le commerce extérieur, sous un gouvernement socialiste, dans lequel les secteurs clés de l'industrie seraient nationalisés et sous contrôle ouvrier.

S'il rejette le contrôle des importations sous le capitalisme, pas de problème ; mais qu'il le dise clairement aux dirigeants des syndicats qui misent à fond sur l'alliance avec la CBI (Confederation of British Industry) et les patrons pour réussir à limiter les importations.

Nous pensons que l'alternative existe, c'est celle du partage du temps de travail et de la semaine des 35 heures tout de

L'OTAN

ET LES ARMES NUCLEAIRES

Rien dans l'argumentation de Tony Benn n'est plus illogique que sa position sur les armes nucléaires et l'OTAN

Si la Grande-Bretagne était un membre « non nucléaire » de l'OTAN, nous serions en fait toujours dépendants du parapluie nucléaire américain, comme c'est le cas du Canada. Il serait impossible de se séparer de la sphère d'influence politique américaine, tant que nous membres de l'OTAN, que nous ayons ou non des armes nucléaires.

Les enjeux, ici, sont de taille. L'OTAN est une alliance impérialiste. Il est hors de question de concevoir une alliance entre une Grande-Bretagne socialiste et le gendarme international qu'est l'impérialisme américain. Même s'il était souhaitable d'avoir une forme ou une contre l'Union soviétique - ce qui n'est pas le cas —, il serait impossible de la conclure avec une force anti-socialiste et anti-ouvrière dans son essence même.

Une Grande-Bretagne socialiste pourrait survivre qu'en développant une politique socialiste internationale qui devrait comprendre un élargissement échanges commerciaux et l'établissement de relations différentes avec l'Union so-

Dans ce cadre, il est évident que les forces de P'OTAN seraient utilisées pour menacer et détruire une Grande-Bretagne socialiste. Aucune alliance n'est concevable entre le socialisme et l'impérialisme. Pas de socialisme qui complote avec l'impérialisme contre l'Union soviétique.

Nous soutenons le refus des missiles de croisière (cruise missiles) dent ainsi que la revendication du démantèlement des bases américaines. Mais nous sommes irrémédiablement opposés à toute idée d'« une politique de défense non nucléaire » si cela signifie une alliance avec l'impérialisme. Une politique de défense socialiste devrait être dirigée contre l'impérialisme.

EMBAUCHE PREFERENTIELLE

ET AVORTEMENT Nous sommes en désaccord profond avec Tony Benn en ce qui concerne sa position sur l'embauche préférentielle et l'a-

Il explique que, bien qu'il soutienne la politique défendue par le parti sur l'avortement libre et gratuit, il refuse d'engager quelque action que ce soit contre les députés qui, sur ce « problème de conscience », votent « contre » au Parle-

Cela est en contraste avec la position défendue par la Campaign for Labour Party Democracy (CLDP - Campagne pour la démocratie dans le Parti travailliste) qui a proposé que le vote sur l'avortement soit l'une des conditions sine qua non pour pouvoir se représenter aux élections parlementaires. Nous pensons que l'avortement est un enjeu de classe, l'un droits démocratiques fondamentaux que les députés travaillistes doivent défen-

En Italie, le récent référendum sur l'avortement est devenu un test du rapport des forces entre le mouvement ouvrier et les forces de la réaction. En Grande-Bretagne, toute équivoque au sein du mouvement ouvrier ne peut que mener à une division désastreuse qui aboutirait à gaspiller et à disperser les forces du mouvement

Le droit à l'avortement est attaqué à intervailes réguliers. La dernière fois, le Trades Union Congress (TUC) a pris la tête d'une importante manifestation contre le projet Corrie de limitation des droits à l'avortement. La politique du mouvement ouvrier devrait être de défendre la loi de 1967 et de lutter pour la mise en place de structures et de vote de crédits allant dans le sens d'un véritable droit des femmes de

Tony Benn esquive la question du soutien à l'embauche préférentielle avec l'argument selon lequel il y a, après tout, des Noirs de droite et des femmes opposées à l'avortement... Bien sûr c'est vrai. Mais cela ne répond pas au problème.

Ces secteurs de la société subissent une discrimination structurelle. Leur affiliation au Parti travailliste sera l'expression de la radicalisation dans le parti. Un nombre accru de Noirs et de femmes ne signifiera pas un parti plus droitier, mais au contraire un parti plus radical.

L'IRLANDE

La question du statut politique pour républicains concentre toutes les questions que pose la lutte en Irlande du Nord. Mais Tony Benn n'appuie pas leurs revendications.

Le soutien aux grévistes de la faim a montré au monde entier la nature politique de la lutte ; il a également montré que les détenus républicains de la prison de Long Kesh sont des prisonniers d'une armée en lutte pour la libération nationale.

L'Etat fantoche d'Irlande du Nord et ses Six Comtés, mis sur pied par l'impérialisme britannique, est rejeté par un grand nombre de ses citoyens qui sont partisans d'une Irlande unifiée. Cela peut clairement se voir au travers de l'élection de Bobby Sands et des résultats aux récentes élections locales.

L'avenir de l'Irlande appartient au peuple irlandais lui-même. L'Etat britannique n'a aucun droit d'emprisonner les combattants de la liberté irlandais, d'occuper militairement quelque partie que ce soit du sol irlandais, ou d'y envoyer des troupes, même si cela se faisait sous les auspices des Nations Unies.

Le silence de la gauche travailliste sur la grève de la faim et le soutien sans réserve apporté aux conservateurs par la direction travailliste est un scandale et une

Il est bon que Tony Benn s'en soit pris à la politique bipartisane de la direction de son parti. Il a un comportement préférable à celui de beaucoup d'autres. Mais il évite toujours de se prononcer sur la question vitale du soutien à l'aspect clé de la lutte en cours dans le nord de l'Irlande, ainsi que sur le problème fondamental du droit du peuple irlandais à décider de son destin.

AGIR SEPAREMENT, FRAPPER ENSEMBLE Bien que Socialist Challenge soit d'accord avec certains des points du programme de Tony Benn, il est clair, d'après ce que nous venons d'exposer, que nous pensons qu'il est erroné d'un point de vue général. Néanmoins, la campagne de Tony Benn pour la vice-présidence du Parti travailliste a le mérite inestimable de croiser le fer avec l'aile droite du parti, et d'organiser la lutte de la gauche pour démocratiser le Parti travailliste et les syndi-

Cette campagne crée les meilleures conditions pour un débat sur la politique socialiste auquel peut prendre part l'ensemble du mouvement ouvrier.

Dans la lutte contre l'aile droite, contre les agents du capitalisme dans le mouvement ouvrier, nous serons au coude à coude avec ceux qui appuient Tony Benn. Mais si nous voulions aller plus loin après la défaite de l'aile droite, vers le socialisme, il nous faudra une stratégie différente de celle que propose Tony Benn, qui ne met pas en avant une stratégie qui vise à écraser les conservateurs, ou à mettre le socialisme à l'ordre du jour.

Il nous faut un programme pour l'action de masse et pour la révolution socialiste. C'est pour cela que Socialist Challenge mènera le combat aux côtés de Tony Benn contre l'aile droite du Parti travailliste, mais en développant ses propres mobilisations, avec son propre programme et sous son propre drapeau.

Phil HEARSE Brian HERON « Socialist Challenge », 4 juin 1981.

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