du Parti communiste espagnol (PCE)
Une victoire à la Pyrrhus pour Santiago Carrillo
A période de débats qui, à la suite des conférences na-
_tonales et régionales, a abouti à la tenue du Xe Congres
I du Parti communiste espagnol (PCE) à la fin du mois de juillet 1981, a mis en évidence la gravité de la crise de celui qui fut le principal parti ouvrier dans la lutte contre le franquisme. Le résultat a été celui auquel on pouvait Jaime PASTOR
Mais la crise qui secoue le PCE n'en a pas pour autant été réglée. Tout au contraire, et malgré les objectifs poursuivis par la fraction dirigée par Santiago Carrillo, l'existence de différents « courants d'opinion » au sein du parti va entrer dans les faits au sein d'un parti tiraillé par des pressions contradictoires et dont la direction cherche à occuper le même espace politique que la social-démocratie. Ces affirmations pourront se vérifier à très court terme, et non seulement en Catalogne, en Euskadi ou à Madrid, mais également et surtout au sein des Commissions ouvrières (CCOO) où les 25 % des délégués de son Congrès de juin dernier qui ont voté contre l'ANE (Accord national sur l'emploi) constituent un espoir de perspective de réorientation pour de nombreux travailleurs.
LA PERIODE PRECEDANT LE CONGRES Pour les militants du PCE, il ne s'agissait plus, à l'occasion de ce Congrès, de discuter des perspectives de croissance et de montée de l'eurocommunisme, comme cela a pu être le cas au cours des années de la chute du franquisme. Aujourd'hui, la préoccupation essentielle des militants était centrée autour du bilan de l'activité passée du parti et la mise en cause de la fonction même du PCE. Pour résumer, on pouvait constater - tout comme en Italie ou en France - que l'eurocommunisme n'avait pas impliqué un renforcement des positions acquises antérieurement mais, tout au contraire, qu'il avait abouti à les rendre plus fragiles et à favoriser le développement des partis socialistes dans ses propres bastions ouvriers.
Dans le cas de l'Etat espagnol, des facteurs plus spécifiques et les caractéristiques particulières du régime bourgeois, la faible intégration du PCE dans l'appareil de l'Etat (les municipalités...), le contraste entre l'effort déployé dans la lutte contre le franquisme et les conquêtes partielles limitées obtenues (tant sur le terrain économique que sur le terrain politique), et, enfin, le poids important de la question nationale, ont fait que, malgré la
Le Xe Congrès
s'attendre : en sont capcité démontrée par la direction du PCE de gagner la confiance de la bourgeoisie et des « couches moyennes », le résultat de tout ce processus a été négatif à un double niveau : le rapport de forces électoral avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ne s'est pas ameliore et l'hégemonie du PCE sur la classe ouvriere ne s'en est pas trouvée renforcée.
Ce n'est pas par hasard si la conscience de cette impasse politique s'est reflétée dans un premier temps au sein du Parti unifié de Catalogne (PSUC). C'est précisément en Catalogne qu'on rencontre la coincidence entre le maintien d'un poids électoral plus important que dans le reste de l'Etat espagnol et une hégémonie syndicale qui n'est entamée que lentement par l'Union générale de travailleurs (UGT). La peur de voir ces positions se détériorer comme conséquence d'une politique de consensus toujours plus nefaste à l'échelle de l'Etat tout entier, a provoqué un développement des secteurs critiques, avant tout auprès d'une importante couche de militants ouvriers. Congrès du PSUC, réuni au mois de janvier 1981, a constitué une surprise pour des dirigeants comme Gutierrez Diaz et Lopez Raimundo qui, en défendant l'idée d'une « adaptation de l'eurocommunisme », avaient cru pouvoir étouffer le mécontentement de la base.
La vive réaction de la direction centrale du PCE face aux résolutions de ce Congrès ne peut être comprise que par la crainte de voir ces positions se propager au niveau de l'Etat tout entier. La tentative de coup d'Etat du 23 février 1981 semble avoir changé le cadre du débat et il ne fait aucun doute que, premier temps, elle a aidé à la « normalisation » du PSUC et au retour à la référence à l'eurocommunisme au cours de la Conférence extraordinaire du PSUC tenue au mois de juillet. Mais les facteurs de crise sont de fait beaucoup trop profonds pour que la polémique ne ressurgisse pas peu de temps après.
Va prendre forme dans ce Congrès le courant « rénovateur », lié avant tout à un secteur de cadres municipaux du parti qui, de ce fait même, sont plus directement soumis à l'influence de la pression de l'appareil d'Etat et à la nécessité d'ac-
ETAT ESPAGNOL sortis vainqueurs les thèses et le rapport défendus par Santiago Carrillo, grâce au recours insistant au patriotisme de parti face aux « rénovateurs » accusés d'être des « agents de la socialdémocratie » et face aux critiques de gauche affublés sommairement du qualificatif de « prosoviétiques ». célérer le processus de social-démocratisavont surgir à Madrid, en Andalousie et au sein des Commissions ouvrières plus généralement, au sein desquelles la présence de « vieux cadres » est de peu de poids par rapport à ceux qui sont directement issus du secteur ouvrier.
Pendant ce temps, en Euskadi, l'aile Lertxundi renforcera la crédibilité de son projet en se rapprochant d'Euskadiko Eskerra et en levant bien haut le drapeau du fédéralisme, thème qui a trouvé un certain écho auprès de militants de Galice, du Pays valencien et de l'Aragon.
C'est tout cela que la direction du PCE a dû affronter au cours des conférences préparatoires réaffirmant son attachement à l'eurocommunisme tout en se refusant à légaliser l'existence « courants d'opinion ». Santiago Carrillo s'est employé à diviser les * rénovaacceptant des éléments d'autocritique sur la période de transition (du franquisme à la « démocratie ») et en défendant un certain nombre de symboles d'identité qui lui sont propres face aux droitiers et aux critiques de gauche, il a tout fait pour gagner à ses positions la ba-
Mais la Conférence de Madrid mettra en évidence la force croissante des « rénovateurs » et finira par adopter, pour la première fois au sein d'un PC d'Europe occidentale, la reconnaissance des « courants d'opinion ». Ce précédent, face à l'issue contraire de la Conférence extraordinaire du PSUC, donne une idée du niveau des tensions qu'a pu connaître le Congrès national du PCE.
LE RAPPORT DE CARRILLO
Le long rapport présenté par le secrétaire général a été symptomatique du difficile équilibre maintenu par sa politique. Tandis que dans les parties de son allocution se référant au bilan de la transition et à la ligne à mettre en œuvre, il a avancé ses positions les plus droitières, en revanche, dans les parties concernant la « fonction historique » du PCE, Santiago Carrillo n'a pas hésité à employer un langage passé de mode pour parler du « syndrome
Mitterrand » et du danger d'absorption par la social-démocratie.
Après avoir défendu l'idée de la lutte pour la paix, en marge de la formation né. cessaire d'un front anti-impérialiste mondial (notion qualifiée démagogiquement d'appui au Pacte de Varsovie), Santiago Carrillo s'est employé à affadir encore un les pauvres autocritiques qui pointent dans les thèses sur la transition. De la sorte, il a « enrichi » le débat avec une nouvelle interprétation de ce qu'a - selon lui — signifé la « rupture démocratique », non plus identifiée avec le démantèlement de l'appareil d'Etat hérité du franquisme ou avec la liberté pour les nationalités, mais uniquement par le fait , que le PC « a disposé de positions électorales plus fortes »... Il a défendu une fois de plus les Pactes de la Moncloa en affirmant que « nous n'étions pas en condition de rompre le barrage » et qu'il aurait été difficile d'aller plus loin dans la mobilisation parce que « nous nous serions affrontés avec le gouvernement et même avec le PSOE et l'UGT » (alors que tout le monde sait que même ces forces ont prétendu rejeter sur le PCE la responsabilité d'avoir signé ces pactes).
Il a révélé l'existence d'un nouveau pacte secret avec le pouvoir, reconnaissant avoir renoncé à faire de la propagande au sein des forces armées « pour respecter l'apartidisme de l'institution militaire », et il a réaffirmé que le problème de ce corps ne trouvera pas sa solution dans l'é« pénétration, inévitablement lente, de la conscience démocratique au sein des forces armées » et par la garantie du fait que les forces les plus spécialisées, les « unités d'intervention rapides, les plus efficaces, sont disposées à agir contre toute tentative putschiste » ; il a également insisté sur la nécessaire réforme des organes de direction de la Sécurité de l'Etat, mais cette pouvait être une condition préalable à l'appui par le PCE des lois « antiterroristes ». Le tout accompagné, comme d'habitude, de la proposition de formation d'un gouvernement de coalition entre l'Union du centre démocratique (UCD) et le PSOE, sur un programme qui pourrait trouver l'appui du PCE...
Après cette première partie de défense à outrance de la politique d'appui au régime et à de nouveaux pactes sociaux comme l'ANE, Santiago Carrillo est passé à l'analyse de la crise du parti, rejetant la responsabilité essentielle de cette crise sur tous ces cadres qui se retrouvent aujourd'hui au sein des institutions et qui ont abandonné le travail à la base et dans les cellules ; les tendances centrifuges seraient la conséquence de cette politique menée « en haut » et « pour le haut » et des erreurs des « organes de direction intermédiaires ». Rejetant la faute sur une partie de l'appareil, celle qui est la plus liée aux « rénovateurs » ou, dans le cas du PSUC, celle qui est la plus liée aux Commissions ouvrières, Santiago Carrillo s'est engagé à fond contre la légalisation des tendances, en ayant recours à des arguments tirés de l'arsenal du stalinisme. Selon Santiago Carrillo, Lénine n'a reconnu les tendances en 1917 que pour les interdire fermement en 1921; son argumentation soulignait que l'existence tendances serait « l'application du jeu parlementaire au sein du parti » (réponse qui reflète, au passage, jusqu'à quel point on embellit le Parlement « démocratique » et qui met en évidence la peur bureaucratique devant le pluralisme au sein du mouvement ouvrier et entre les forces politiques qui l'organisent).
Le thème de la « rénovation » de l'appareil a également été abordé dans son rapport, mais du point de vue de la fraction dominante en son sein : la compétence, certes, mais également la « sécurité » la « loyauté » doivent être des teurs entrant en ligne de compte pour la sélection des dirigeants. Et dernier argument, spécialement démagogique dans la bouche de quelqu'un qui a rallié le stalinisme en plein déroulement des procès de Moscou au cours des années 1930 : l'élimination de la « vieille garde » entraînerait la bureaucratisation du parti, comme l'a démontré l'exemple de l'URSS... (1)
Mais ce fut sur le terrain de la défense des signes d'identité du PCE que le secrétaire général est parvenu à consolider un accord majoritaire : la revendication de la Révolution d'Octobre, de la rupture d'avec la social-démocratie après la Première Guerre mondiale, gnée de la défense de l'eurocommunisme en tant que parti « indépendant, de gouvernement et de combat, défenseur de la paix et d'un nouvel ordre politique et économique international». Cela dit, Santiago Carrillo n'a pas parlé explicitement de la nécessité de dépasser la scission des années 1920 mais de la nécessité de s'orienter vers « une nouvelle formation politique », du style du travaillisme britannique. Le « syndrome Mitterrand » avait été battu en brèche...
Les interventions critiques peu nombreuses à la suite de ce rapport. Si les « rénovateurs » se sont manifestés en opposition à la partie du rapport traitant de la question du parti et des tendances, ils n'ont pas manqué de signaler leur accord avec la ligne politique ; pour ce qui est des interventions des critiques de gauche, elles furent plus nombreuses au sein des délégations qu'en session plénière, du fait de leur sous-représentation à ce niveau. Alfred Clement, en leur nom à tous, a eu l'occasion de manifester son désaccord avec les Pactes de la Moncloa, avec l'Accord national sur l'emploi, avec la politique de collaboration, avec la Réforme en somme. Il faut constater, néanmoins, que malgré le fait qu'ils aient réclamé une démocratie interne plus effective et plus large, les camarades critiques du PSUC n'ont pas défendu la reconnaissance des tendances (2), abandonnant ainsi complètement cette bataille aux « rénovateurs ». Pour ce qui est des « léninistes », ces derniers se sont contentés de signaler leurs désaccords sur des points secondaires, sans entrer dans les questions de « rénovation » ou « fédéralisme », dans le but de ne pas briser le pacte de non-agression signé avec Santiago Carrillo en échange du fait qu'il leur était reconnu un statut spécial par rapport au PCE. Lertxundi, d'Euskadi, d'Euskadi, est apparu en revanche comme le porte-parole des « rénovateurs » et le défenseur passionné du fédéralisme (3).
Après la discussion et la réponse du rapporteur, le rapport a été adopté par près de 70% pour, et 5% seulement contre (les critiques de gauche) et 25 % d'abstention (les « rénovateurs » et les nationalistes).
Nicolas Sartorius a présenté les thèses dans la ligne du rapport présenté par Santiago Carrillo. Malgré les quelques discussions soulevées dans certaines commissions, il n'y a pas eu beaucoup de nouveautés par rapport au projet initial.
La thèse sur la période de tion fut approuvée avec quelques amendements présentés lors de la Conférence du PSUC et qui sont plus des autocritiques sur le Pacte de la Moncloa et les limitations des pactes municipaux passés avec
La thèse concernant la stratégie de la gauche, présentée par Pilar Bravo, s'efforça de souligner le rôle des mouvements sociaux, comme le mouvement féministe ou le mouvement anti-nucléaire, mais sans remettre en cause la politique « concentration démocratique » et la voie parlementaire comme axe politique.
Les thèses sur la crise économique, la politique syndicale et la transformation démocratique de l'Etat ne furent substantiellement modifiées, bien que, malgré tout, certains amendements refusés soient significatifs, comme par exemple celui proposé par Antonio Romero, dirigeant des Commissions ouvrières des zones rurales de l'Andalousie, exigeant une réforme agraire qui passerait par de larges expropriations de latifundia (et qui ne fut pas acceptée avec l'argument curieux selon lequel « si l'on respectait la Constitution, qui consacre la liberté du marché, ces expropriations coûteraient de telles sommes d'argent qu'elles bloque-
1. Cet argument ne devait pas constituer un obstacle pour que, par la suite, au moment de l'élection du Comité central et du Comité exécutif, Santiago Carrillo se montre disposé à procéder à une purge, non seulement parmi les dirigeants qui ont appartenu à la même promotion que lui (comme c'est le cas pour Federico Melchior, ancien dirigeant des Jeunesses socialistes au cours des années 1930, et principal res ponsable du désastre de la tentative de sortir Mundo obrero quotidiennement l'an passé), mais aussi parmi les « vieux cadres » critiques, accusés de « prosoviétisme », comme Pepe Ardiaca ou Victor Diez Cardiel.
2. Il faut dire, néanmoins, que le secteur critique de Madrid, quant à lui, a voté en faveur de la reconnaissance des « courants d'opinion » lors de la conférence provinciale et que des militants d'autres régions ont voté également dans
3. Dans le cas du secteur du PC d'Euskadi représenté par Lertxundi, sa convergence avec les « rénovateurs » ne signifie pas qu'il existe une identité politique entre eux sur tous les thémes. La recherche d'un eurocommunisme adapté à la situation de conflit que connaît l'Euskadi l'a amené à mettre l'accent sur les erreurs de la politique du consensus qui n'avaient pas été relevées par les « rénovateurs ». exemple, dans sa réponse au rapport de San-
Carrillo, Lertxundi a dénoncé le qu'« on avait fait une politique de caution, mais il manque une réforme démocratique des appa-
raient les investissements absolument nécessaires aujourd'hui dans les campagnes espagnoles », selon les propres paroles de Anselmo Hoyos), et celui sur l'énergie nucléaire, qui vit s'affronter des opinions divergentes et qui aboutit à la convocation d'une conférence nationale dans les douze mois qui viennent.
LA THESE SUR LE PARTI ET SUR LES STATUTS C'est sur ce terrain que les « rénovateurs » et les officicialistes se sont affrontés le plus ouvertement. Les premiers pré. sentèrent un amendement global qui était un bilan du parti qui insistait sur la préoccupation de ses auteurs pour la montée de « tendances sectaires et dogmatiques », reflétées, selon eux, par le Ve Congrès du PSUC. Cet amendement soulignait la perte d'influence du parti et en situait les causes dans la conception du type de parti et dans ses implications tant dans la séparation base/parti comme de la déconnexion parti/société. La proposition était d'encourager la liberté d'expression et de débat, par le biais de la reconnaissance des courants d'opinion (présentés comme bien différents des « tendances » et des « fractions organisées »), redéfinissant les structures de base (agrupacion) et la territorialisation, établissant le caractère fédéral et renouvelant l'équipe de direction (avec la représentation proportionnelle
En plus des réponses déjà formulées par Santiago Carillo, Jaime Ballesteros et d'autres dirigeants au cours des sessions précédentes, l'intervention du porte-parole de la position officielle, Cazcarra, est à relever car, à part la qualification démagogique de social-démocrates pour tous les « rénovateurs », il a utilisé un vieil argument stalinien contre les tendances : selon lui, qui fut limogé de la direction du PC d'Aragon il y a déjà quelque temps, il n'est pas possible de distinguer l'opinion de l'action : « Je veux expliquer que, pour un marxiste, l'opinion est action et transformation. Organiser les opinions signifie, dans ce sens, organiser les actions. Le PCE entend n'avoir qu'une seule action et non pas plusieurs. Si nous acceptions d'organiser les opinions, en fait nous serions en train de construire plusieurs partis en un seul, et cela n'est pas démocratique, parce que notre raison d'exister est d'être capables de transformer cette société. » C'est-à-dire que l'unité tion est confondue avec l'unité d'opinion, ce qui n'est pas autre chose que le mono-
Le vote sur ce point n'apporta pas d'autre surprise que l'abstention de la majorité des délégués du PSUC, tant par rapport à la position officielle que par rapport à celle défendue par l'amendement des « rénovateurs ».
Une fois tranché le thème le plus problématique du Congrès, on aborda la question des statuts, avec l'approbation de certains amendements faisant quelques concessions aux « rénovateurs » (liberté d'expression dans le cadre des canaux organisationnels et... des organes de presse), en même temps que l'on ratifiait le rejet de l'activité fractionnelle et les tendances organisées, « qui sont contraires à la cohésion, à la discipline et à l'authentique expression démocratique ». Les délégués du PSUC, de leur côté, voyaient leur comportement tout au long du Congrès récompensé par un amendement qui disait : « Le PSUC, parti des communistes catalans, pour satisfaire à la double condition d'être à la fois un parti national catalan et du fait des circonstances historiques qui ont présidé à sa formation, est un parti indépendant, fraternellement uni au PCE. » Rédaction qui, comme il est aisé de le remarquer, évite de pouvoir être employée pour lEuskadi ou la Galice, dans la mesure où ces deux nationalités ne satisfont pas à ces deux conditions spécifiques... L'ELECTION DE LA DIRECTION
Après d'apres discussions au sein de la commission des candidatures et en séance plénière du Congrès, mais à huis-clos, se déroula l'élection du Comité central : Dolores Ibarruri, la Pasionaria, Marcelino Camacho et Nicolas Sartorius eurent le plus grand nombre de voix, tandis que Santiago Carrillo n'arrivait qu'au quinzième rang (300 délégués ne votèrent pas pour lui, c'est-à-dire 35 % des délégués au Congrès) et les « rénovateurs » furent élus au nombre de 15 (trois de plus que sur la
Quatrième
Internationale
SOMMAIRE
EDITORIAL: L'élection de Mitterrand ......... Daniel Bensaid - Les thèses "orthodoxe" ou mythologie sectaire?...... Manuel Aguilar Mora - Echec du nationalisme bourgeois au Mexique Oliver MacDonald - Pologne : regards sur la révolution politique Franco Turigliatto - Forces et faiblesses de l'avant-garde ouvrière en Italie Claude Gabriel - Y a-t-il un "modèle de partis léninistes" en Afrique noire?... Livio Maitan - Réponse à trois questions posées par le camarade Petr Uhl ..... ARCHIVES DU MARXISME: Wang Fan-hsi - Un communiste chinois à Moscou (1927-1929) NOTES DE LECTURE : State .. juillet-août-septembre 1981 liste officiellement proposée), les critiques de gauche ont eu un élu qui s'ajoute aux 11 du PSUC.
La liste des dirigeants membres de l'ancien Comité central et qui n'ont pas été réélus est importante, mais il ne faut pas masquer le fait qu'il s'agit d'une « rénovation contrôlée » par la fraction dirigeante avec Santiago Carrillo à sa tête. Cela a pu se vérifier ultérieurement, quand il s'est agi d'élire le Comité exécutif et le secrétariat, organes où la présence des « rénovateurs » a été pratiquement annulée, malgré le fait que tous aient montré leurs bonnes dispositions en élisant Santiago Carrillo au secrétariat général.
La composition de ces organes de direction met ainsi en évidence un nouveau rapport de forces entre les différentes ailes du PCE : tandis que l'appareil proprement dit est parvenu à recueillir l'appui des principaux dirigeants des Commissions ouvrières à l'échelle de l'Etat, qu'il leur a assuré une importante représentation au niveau de la direction, il n'en a pas été de même pour les cadres impliqués dans le travail au niveau des municipalités qui ont été pratiquement écartés.
Jaime PASTOR Madrid, 15 août 1981. 3 du Comité international: trotskysme
11 31 49 59 71 79 89 Julij Martov : Bolscevismo mondiale; Coyoacan, revista marxista latinoamericana; lan Gough : The Politic Economy of the Welfare
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