C'est de façon assez inattendue que la militante irlandaise Bernadette Devlin Mc Aliskey est arrivée à Paris le 10 septembre. Le jour même, alors qu'elle arrivait en Espagne pour effectuer une tournée de meetings (1) organisés par la LKI (organisation de la LCR au Pays basque), un officier de police quelque peu embarrassé lui a enjoint, à l'aéroport de Barcelone, de quitter le pays.
Manifestement, comme elle l'a expliqué plus tard, la décision avait été prise par le gouvernement central de Madrid et non par les autorités de la généralité de Catalogne. Ironie du sort, Bernadette Devlin était expulsée le jour même où le célèbre tableau de Picasso Guernica arrivait en Espagne sous forte escorte policière. Dans l'esprit du pouvoir, le retour de ce tableau réalisé à la gloire du peuple Bernadette Deulin. (DR)
combattant d'Espagne et notamment de la population de Guernica massacrée par les fascistes lors de la guerre civile espagnole, devait symboliser le « retour de la démocratie en Espagne ».
Mais l'arrivée de Bernadette à Paris coincidait aussi avec le départ de François Mitterrand pour Londres où il devait avoir ses premiers entretiens avec Margaret Thatcher.
Lors d'une conférence de presse organisée à Paris par la LCR et présidée par sition en faveur des prisonniers politiques irlandais ». Elle a également appelé « le mouvement syndical français, qui a déjà exprimé sa solidarité avec le peuple irlandais, à isoler politiquement et économiquement la Grande-Bretagne, afin de lui faire prendre conscience de l'horreur de sa politique ».
Interrogée sur les raisons de son expulsion d'Espagne, Bernadette Devlin a donné à la presse deux hypothèses qui d'ailleurs ne s'excluent pas : « Soit les Espagnols, qui veulent entrer dans le Marché commun, ont voulu faire plaisir à leurs futurs partenaires, soit ils ont voulu rassurer les milieux d'extrême droite ». Bernadette a aussi tenu à saluer la LCR de l'Etat espagnol et la LCR française pour l'avoir aidée à poursuivre ses activités de solidarité malgré son expulsion. « Le travail de solidarité ne doit pas être arrêté par les frontières » a-t-elle précisé.
Le lendemain de sa conférence de presse réalisée à Paris, Bernadette Devlin réussissait à retourner en Espagne, le 11 septembre, à l'occasion de la journée nationale catalane, la Diada. C'est devant plusieurs milliers de personnes qu'elle a répondu aux accusations de terrorisme formulées à son encontre par les autorités espagnoles : « Les soldats britanniques sont les terroristes et c'est le gouvernement britannique qui en fait l'apologie. » Le jour même, des militants des Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) et de la LCR occupaient le consulat britannique à Paris en solidarité avec la lutte des prisonniers des Blocks-H. •
15 septembre 1981. 1. C'est en tant que personnalité importante du mouvement de soutien aux prisonniers irlandais des Block-H et du fait des similitudes de leur lutte avec celle des prisonniers basques de Puerto de Santa Maria et d'autres prisons, que nos camarades de la LKI avaient invité Bernadette Devlin à participer les 12 et 13 septembre à des meetings à Bilbao et Donosti. La LKI a aussi édité 10 000 affiches portant le mot d'ordre : « Puerto de Santa Maria - Blocks H: prisons d'extermination ! »
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