Le texte des « 10 commandements pour les conseils ouvriers aujourd'hui » que nous publions ci-dessous a paru dans le premier numéro du bulletin Samorzad (Autogestion), publié
1.- Ne t'engage pas dans la gestion active si tu ne disposes pas d'informations complètes, fiables et compréhensibles pour les travailleurs sur l'état de l'entreprise.
2.- Exige de la direction qu'elle établisse un rapport sur l'état de l'entreprise, et contrôle-le avec l'aide de tes propres experts. Si la direction boycotte cette revendication, attelle-toi à la tâche et rédige ce rapport toi-même.
3.- N'encourage pas les travailleurs à faire des efforts de production supplémentaires si cela implique la violation d'un quelconque des points des accords d'août-septembre 1980 ou une absence de contrôle de la part du conseil ouvrier sur l'utilisation de la production de l'entrepri-
4.- Rappelle-toi que le gouvernement a entrepris une action intensive pour réorganiser et renforcer le système de gestion autoritaire et centralisée sous couvert du prétendu « Programme pour sortir de la crise » et pour créer ce qu'il appelle des entreprises indépendantes et autofinancées (selon la version gouvernementale). Exemple : a) Le président de la Commission du Plan enquête sur les prévisions de production pour 1982 dans le cadre des prétendues entreprises autofinancées. Or, nous savons bien que l'« indépendance » et l'« autofinancement » dans la version gouvernementale signifient le cloisonnement et la concentration des directives et décisions essentielles entre les mains de « commissions spéciales du gouvernement ». b) Les Associations industrielles (1) envoient leurs propres projets de coopérachangement de nom et de schéma organisationnel, tendent à perpétuer l'ancien
5.- Rappelle-toi qu'en signant à la légère des « accords » ou des « résolucions communes » avec la direction, tu freines l'instauration d'un système d' autogestion authentique et que tu aides ainsi à maintenir l'ancien système. Donc, ne te laisse pas prendre aux tentatives de l'administration de l'entreprise visant à établir une position commune entre la direction et les conseils ouvriers dans toutes les questions où tu n'es pas sûr de toi ou
Les 10 commandements pour les conseils ouvriers élaborés par le "Groupe de Lublin"
pelé couramment en pour lesquelles tu ne disposes pas d'informations suffisantes, surtout s'il s'agit : a) d'associations - ou d'unions - industrielles inter-entreprises, d'organes traux, etc. ; b) du plan de l'entreprise pour 1982 ; c) d'une coopération imposée de l'extérieur ou de la répartition du matériel, des matières premières et de l'énergie ; d) du « nouveau » système économique d'autofinancement dans la prétendue entreprise indépendante (selon la version gouvernementale de la réforme de l'entreprise).
6.- On ne peut cependant rester les bras croisés et dire systématiquement « non ». Tu peux dès aujourd'hui faire les choses suivantes : a) élire un directeur compétent ; b) cesser de verser l'argent qui allait jusqu'ici aux Associations et centrales industrielles à condition d'avoir l'appui des autres conseils ouvriers de ta région et de ta branche industrielle et de ne pas paralyser les entreprises en coupant ces liens de coopération (2) ; c) constituer ton propre groupe d'experts et demander à cet effet l'aide de Solidad) contrôler le profil de production de l'entreprise, en exigeant des changements tenant compte en particulier des besoins de l'agriculture ; e) contrôler à qui va la production de ton entreprise et vérifier qu'il n'y ait pas de gaspillage ; f) contrôler l'activité de la maîtrise ; et si tu constates un gaspillage de matières premières, de machines ou d'autres moyens de production, agis immédiatement sans en demander l'autorisation, n'aie pas peur d'enfreindre les règlements s'ils conduisent à des gaspillages ou à des pertes.
7.- Organise dans ta région une commission régionale de coopération pour l'autogestion.
8.- Rappelle-toi que, pour sortir de la crise et réussir la réforme économique basée sur l'autogestion, il ne suffit pas d'avoir de bonnes lois, pour lesquelles nous luttons ensemble aujourd'hui, mais que cela dépend de ta capacité à gagner tous les travailleurs de ton entreprise à l'idée de l'autogestion.
à Lublin le 3 septembre 1981 par le Groupe pour une initiative inter-régionale de coopération des conseils de travailleurs, apPologne « Groupe de Lublin ».
9.- Rappelle-toi que la coopération entre les conseils ouvriers, Solidarité et tous les organes authentiques d'autogestion est la condition pour créer au Parlement et dans les parlements régionaux une seconde Chambre économique (« Chambre de l'autogestion ») qui décidera des orientations du développement socio-économique du pays et des régions.
10.- Rappelle-toi que, par ton activité pratique, tu instaures une loi qui ne sera adoptée comme telle par la législation de la République populaire de Pologne que si tu luttes sans répit pour l'imposer.•
Groupe de travail pour les initiatives de coopération inter-régionale entre les conseils ouvriers
Lublin, 6 août 1981. 1. Associations industrielles qui, dans le système actuel, sont des organes totalement bureaucratiques et dont les entreprises dépendent, tant en ce qui concerne l'approvisionnement en matières premières qu'en pièces de rechange, etc.
2. A l'heure qu'il est, les entreprises sont obligées de verser des sommes très importantes à ces Associations industrielles pour les services qu'elles sont censées leur rendre. Et qu'elles ne leur rendent pas dans les faits puisque les usines se trouvent sans cesse à court de matériaux et de pièces de rechange. C'est pourquoi il existe actuellement une proposition au sein du mouvement pour l'autogestion - de cesser de leur verser de l'argent ou de ne le faire que pour les services effectivement rendus.
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