Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SALVADOR

Une nouvelle bataille des crédits se profile

· Inprecor n° 110, 12 octobre 1981 · p. 27 · 855 mots

El Salvador

Une nouvelle bataille de crédits se profile

LATIN AMERICA WEEKLY REPORT

Il est presque certain que le gouvernement ouest-allemand ne va pas suivre l'exemple franco-mexicain et reconnaître la représentativité des forces d'opposition regroupées au sein du FMLN-FDR au Salvador. Mais il est également probable que Bonn va continuer de maintenir ses objections d'ordre technique à l'octroi de nouveaux prêts au gouvernement salvadorien de la part des différents organismes internationaux auxquels le gouvernement ouest-allemand participe. Il est presque certain que le lobby constitué par l'Allemagne de l'Ouest, le Danemark, le Mexique et le Canada, qui avait bloqué un crédit de 45,4 millions de dollars au niveau de la Banque internationale de développement (BID) l'année dernière, et qui peut compter désormais sur le soutien français, va insister pour faire entendre toutes ses obiections à l'octroi par le Fonds monétaire international (FMI) d'un crédit stand by de 120 millions de dollars pour un an que les Salvadoriens escomptaient arracher des négociations qui devaient se tenir à la fin du mois de septembre lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale.

L'accès au crédit international est vital à la fois pour la survie du gouvernement et pour mettre en œuvre la nationalisation des banques qui fait partie du train de réformes fondamentales adoptées l'année dernière et par le biais desquelles le gouvernement exerce une influence croissante sur le secteur privé, en particulier agricole.

Les producteurs privés du sucre, qui continuent de posséder plus de la moitié des plantations, expliquent que les banques contrôlées par l'Etat ne fournissent plus de prêts automatiques pour financer leurs récoltes. Traditionnellement, la garantie de ces prêts était constituée par l'estimation de la récolte elle-même, mais les banquiers expliquent que cela ne suffit plus... Aussi la Compagnie de commercialisation d'Etat a-t-elle accepté, il y a quatre mois, de boucher le trou. Mais, en retour, elle a demandé le droit d'intervenir et de s'approprier la récolte si elle juge qu'une mauvaise gestion lui fait courir un risque de perte. Les producteurs privés ont déjà exprimé leurs craintes que ces conditions ne constituent qu'une couverture à une politique de nationalisation.

La production sucrière, qui se trouve principalement développée sur la côte Ouest, relativement calme, n'a pas été trop affectée par la guerre civile. La production a décliné de façon constante depuis 1977, lorsque les planteurs ont réduit les surfaces ensemencées à cause des faibles cours mondiaux. La surface plantée a baissé très fortement en 1978-1979 et en 1979-1980, pour se stabiliser en 1980-1981. La production de sucre de canne brut est passée cette année de 3,4 millions à 3,9 millions de quintaux.

Il faut des gardes armées pour protéger les coupeurs de canne des attaques des guérilleros, qui ont interrompu la coupe dans la région de Suchitoto ; mais, en définitive, 5 % seulement de la récolte n'a pas été coupée.

La récolte de café n'a également été que peu affectée par l'activité de la guérilla, mais elle a surtout été touchée par le mauvais temps, l'absence de crédits et le mécontentement provoqué par la baisse des ventes. Le secteur privé, qui contrôle plus de 70% de la production nationale, explique qu'il a vendu le quintal à 100 dollars à l'organisme commercial d'Etat « Incafe », alors que ses coûts de production sont de 140 dollars par quintal... Il reconnaît que le bas niveau des cours mondiaux entre pour une part dans ses pertes mais insiste sur le fait que le gouvernement devrait lever la taxe d'exportation qui touche ce secteur.

Le gouvernement dépend de ces taxes qui représentent presque un tiers de ses ressources fiscales, il n'est donc pas en

GUATEMALA

*Cerron Grand Santa Ana Ahuachapán Cuchitotod

Guazapa Soyapango

Acajutla

:PACIFIC OCEAN S mesure de satisfaire les revendications des planteurs. « Incafe » est elle-même déficitaire, pour près de 100 millions de dollars selon l'association des planteurs, et a dû contracter des emprunts garantis sur les stocks de café qu'elle possède dans ses entrepôts à l'étranger, faute de le vendre. Selon les planteurs, ces fonds servent à financer le gouvernement et non à les rétribuer...

Le coton, qui constitue l'autre culture d'exportation du pays, a été de la même façon plus touché par la baisse des cours mondiaux et l'étranglement du crédit que par la guérilla. Les banques internationales qui ont fourni 98 millions de dollars de crédit pour la récolte de 19791980, n'ont rien accordé l'année dernière, et la récolte de cette année va se ressentir de cette coupe sombre dans les crédits. La production a fortement baissé pour tomber à 199 226 balles de coton et on s'attend à ce qu'elle baisse encore pour la récolte qui va commencer et qu'elle ne soit plus que de 160 000 balles. On estime que la surface ensemencée est la plus ré. duite de ces vingt dernières années. Les exportations représentent environ les deux tiers de la production totale et représenteront moins de 30 % des niveaux atteints au milieu des années 1970.

LATIN AMERICA WEEKLY REPORT

18 septembre 1981. CHALATENANGO PROVINCE HONDURAS * Chalatenango resa 5 Nov Cerron Grande Perquin hydroelectric station

MORAZAN PROVINCE •Gotera

San Vicente

•San Miguel •Usulutăn La Unión

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