gouvernement Forlani et de la Démocratie chrétienne dans son ensemble. Comment cela a-t-il commencé ? Les juges chargés d'enquêter sur le krach de la banque Sindona (1), voyant apparaître très souvent le nom d'un certain Licio
Gelli, décidèrent d'aller perquisitionner la villa de cet homme d'affaires à Arezzo. Persuadés de tomber sur une grosse affaire, les deux juges milanais sont passés outre les dispositions légales qui veulent qu'on prévienne la police locale pour effectuer une perquisition et n'ont révélé l'objectif de leur expédition aux policiers de Milan qui les accompagnaient qu'à l'approche de la villa de Gelli (il s'est avéré par la suite que les responsables de la police d'Arezzo étaient effectivement membres de la P2). Dans cette villa, les juges ont trouvé une liste de plusieurs centaines de noms de membres d'une Loge maçonnique secrète, la P2. Ils trouvèrent également de nombreux documents sur les agissements de ceux tout ce que l'Italie compte de gens importants en faisait partie : les trois responsables des services secrets, Santorito, Pelosi, Grassi ; le général Della Chiesa, chef du corps spécial anti-terroriste et responsable des carabiniers pour la région Nord ; des ex-ministres (dont celui du Budget, Stammati) ; un nombre considérable de hauts fonctionnaires, de dirigeants de banques publiques, d'entreprises publiques et privées, de la presse (le directeur et quelques grandes signatures du Corriere della Sera), de la télévision, de l'édition (dont Rizzoli, patron du groupe du même nom). Beaucoup de responsables de la Démocratie chrétienne, bien sûr, mais aussi du Parti social-démocrate (PSDI) (dont son secrétaire, Pietro Longo) et également du Parti socialiste (PSI). Seul le Parti communiste est resté en dehors du scandale. Dans les listes trouvées chez Gelli, il manquait une page sur le contenu de laquelle tout a été envisagé, et même avec li » dans tous les scandales de ces dernières années : le scandale des services secrets SIFAR, les différents scandales financiers, la bombe contre le train Italicus, l'assassinat du journaliste Pecorelli commandité par Gelli et Viezzer, exlation des noms trouvés chez Gelli a provoqué un pitoyable lavage de linge sale sur la place publique (4). Chacun utilisait la tactique qui lui semblait la meilleure : qui niant tout devant l'évidence, qui jouant l'innocent — ou l'idiot -, jurant de s'être fait entraîner dans cette affaire sans le savoir, qui, encore, re vendiquant avec arrogance la légitimité de la P2. L'affaire a aussi donné lieu à bien des règlements de compte : en effet, de nombreux cadres de l'administration, voyant depuis des années des incapables notoires leur souffler les postes qu'on n'appellera plus désormais que « les hommes de Gelli ».
Secrète (2), la Loge P2 ne l'était pas pour tout le monde. Pratiquement quelque vraisemblance, la présence de noms de la hiérarchie du Vatican (3).
D'après les révélations des juges milanais, on trouve les « hommes de Gelcolonel du SID, parce qu'il s'apprêtait à faire des révélations sur la P2. La révé
les plus importants grâce à leur appartenance à la P2, en ont profité pour se toutes parts, de dépolitiser l'affaire, de lui donner un relent de roman noir pour faire oublier le lien évident entre cette association de brigands de grands chenécessité de « moraliser » la vie politique. Le PCI ne s'est pas appuyé sur cet enième scandale - dépassant, il faut bien le dire, tous les autres — pour exiger le départ du gouvernement et proposer une alternative. Enrico Berlinguer a décrété que la « question morale » était aujourd'hui la clé de la crise italienne. Mais, s'il est juste de dénoncer la pourriture du régime démocrate-chrétien, il faut aussi rappeler que la DC n'est pas seulement le parti des scandales, de la
P2, de la maffia et des pots de vins ; c'est aussi le parti de l'austérité, des sacrimander que la politique anti-ouvrière soit menée avec « moralité ». C'est d'ailleurs pourquoi le PCI a salué favorablement la nomination de Spadolini à la présidence du Conseil : il ne représente pourtant pas un mieux pour les travailleurs parce qu'il est un homme d'Agnelli (de la FIAT) et non de Licio Gelli ...
ser de cette bande de profiteurs, en partant de la mobilisation des travailleurs des ministères, banques ou journaux concernés pour exiger le départ des hommes de Gelli, jusqu'à une mobilisation d'ensemble pour chasser le gouvernement. Et, faut-il s'en surprendre, quatre mois plus tard, l'affaire de la P2 ne fait plus la « une » des journaux ni même les pages intérieures : le Parlement discul'Etat italien. Le Grand-Orient d'Italie avait donc créé pour eux une loge secrête, la P2, qui trouvait au Vatican, il fut surpris d'y rencontrer Licio Gelli et celui-ci lui aurait dit : « Mais nous avons beaucoup de frères ici » (La Repubblica, 4 juin 1981). Dans le même journal, un député socialiste, également membre de la P2, a raconté qu'un jour Gelli lui avait montré un jeu de photos du pape Wojtyla, nu au bord de la piscine du Vatican, et lui aurait dit :
* I y a uraiment un problème de sécurité, si on peut prendre de telles photos, il doit étre d'un régime scandaleux venger.
Il est plus intéressant cependant de souligner comment on a essayé, de mins et le régime démocrate-chrétien.
Le PCI a participé à cette entreprise en présentant comme seule réponse la fices et de la répression. En ne liant pas ces deux éléments, on se limite à deDe plus, le PCI s'est contenté de demander à la bourgeoisie de s'auto-épurer, alors que seule la mobilisation des travailleurs pouvait permettre de se débarrastait encore fin septembre d'une éventuelle loi de dissolution de la P2 et, à cette séance, il n'y avait que 39 députés sur 600 ...
1. Un autre scandale de la longue liste qui a marqué le régime DC. Sindona, banquier lié à la Maffia, favorisait les exportations de capitaux et finançait grassement la DC.
2. L'appartenance à la franc-maçonnerie est interdite par la loi aux fonctionnaires de n'apparaissait pas dans ses registres.
3. Un membre démocrate-chrétien de la P2 a expliqué à la presse qu'un jour qu'il se facile d'organiser un attentat. » (La Repubblica, 6 juin 1981.)
4. Il a aussi déclenché, une fois les premiers remous passés, une véritable campagne contre les juges indépendants accusés d'étre au service du PCI ...
crise politique et économique pousse