Petr Uhl vu par Le 8 octobre dernier, notre camarade Petr Uhl passait son quarantième anniversaire en prison. L'un de ses compagnons de lutte et ami, Jaroslav Suk, aujourd'hui en exil en Suède, a récemment rédigé pour la revue oppositionnelle Listy dirigée par Jiri Pelikan, un article biographique concernant Petr Uhl.
Jaroslav Suk rappelle tout d'abord comment Petr Uhl, gagné au marxisme lors de ses études dans les années 1960, de passage en France « devient marxiste révolutionnaire et se rapproche de la IVe nationale. (...) Après l'occupation soviétique en août 1968 et la grève étudiante de novembre de la même année, il fonde avec d'autres militants le Mouvement de la jeunesse révolutionnaire (HRM). (...) Le 15 décembre 1969, Petr Uhl est arrêté avec d'autres militants du HRM. Il restera 18 mois en détention préventive et sera condamné à 4 ans de prison dans l'un des tout premiers procès politiques d'après 1968. (...) Après sa libération en 1973, Petr Uhl continue son activité politique et devient un militant important et infatigable de l'opposition tchécoslovaque, plus précisément de son aile gauche. » Ainsi, « il était là quand naquit la Charte 77 et il est aussi l'un des fondateurs du VONS, le Comité de défense des personnes injustement persécutées ».
A cause de son activité militante, Petr Uhl fut souvent l'objet de persécutions policières, même avant la création de la Charte 77. « Quand il a signé la Charte 77, l'agressivité de la police et des autorités tchécoslovaques s'est encore accrue. Ils lui ont retiré son permis de conduire et coupé le téléphone (bien que sa femme était sur le point d'accoucher). » Il fut licencié de son travail sous prétexte que « la direction avait perdu sa confiance en lui, après qu'il eut signé la Charte 77».
Il sera arrêté à nouveau le 19 mai 1979 et condamné avec six autres membres du VONS. Il écopera de la plus forte peine : 5 ans de détention à la son ami et compagnon de lutte Jaroslav Suk qui en veulent à sa vie. »
Uhl, nar. 8.10.1941, PS 1/6, prison de Mirov, « l'une des prisons les plus dures de Tchécoslovaquie aujourd'hui » précise Jaroslav Suk.
« Il est évident que son emprisonnement aura des conséquences sérieuses pour sa santé, car Petr Uhl est contraint de travailler sur de la bakélite et de l'aluminium dans une atmosphère très poussiéreuse et bruyante. Il est constamment l'objet de sanctions — il est souvent obligé d'endurer la faim et de rester dans une cellule sombre et humide. (...) Et par-dessus tout cela — comme si ce n'était pas suffisant - il y a un groupe de membres de la police secrète et de gardiens rappelle Jaroslav Suk, Petr Uhl, conscient de ce danger, a mis en garde sa femme contre tout simulacre de suicide. Une preuve de la réalité de ces persécutions réside dans les nouvelles allégations policières. En effet, « la police prétend qu'elle a un nouveau témoin qui peut confirmer que Petr Uhl a préparé une déclaration qu'il a l'intention de faire sortir en fraude de prison pour l'envoyer à
(...) Cette accusation de faible d'esprit pourrait coûter à Petr Uhl trois nouvelles années de
« (...) Petr Uhl s'est toujours fait l'avocat du point de vue suivant lequel la mobilisation et l'activité des masses doivent être au centre de l'attention des membres de la Charte. Il s'est opposé à tout communiqué pouvant être interprété comme le signe d'une démobilisation. Il désirait que tous les documents de la Charte 77 et du VONS expliquent le visage réel du régime tchécoslovaque, révèlent ses contradictions fondamentales et ses injustices. (...) En dépit de son attitude sans concessions sur ces points, il a une quantité d'amis qui lui témoignent leur affection, car c'est un démocrate jusqu'au bout des doigts ».
Pour manifester votre solidarité avec Petr Uhl, vous pouvez lui écrire à l'adresse suivante Petr
8953 Mirou, Tchécoslovaquie, ou alors écrire à sa femme, Anna Sabatova, Anglicka Ulice c : 8, 120.00 Praha 2, Tchécoslovaquie.