Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Premières leçons de la grève à British Leyland

· Inprecor n° 113, 23 novembre 1981 · p. 19-21 · 3 391 mots

Syndicalisme Grande-Bretagne

"PRES deux jours de grève — les ler et 2 novembre der-

A niers →, les 58 000 travailleurs de la barbie Leyland.

- (BL), l'entreprise de construction automobile nationalisée, ont repris le travail, acceptant par 25 058 votes contre

19 683 (d'après les chiffres syndicaux) les dernières propositions patronales, très légèrement améliorées par rapport à l'offre initiale. Celles-ci comprennent : une hausse des salaires de base de 3,8 % assortie d'une nouvelle prime de rendement garantie de 3.75 livres (la livre vaut environ 10.50 francs français), ainsi qu'une autre prime d'une livre pour les heures

Cependant, le vote massif en faveur de la grève, l'activisme des délégués d'atelier, le soutien rapide - et inhabituel — des bureaucrates syndicaux, donnent une idée de la nouvelle disposition à la lutte chez les travailleurs qui ont déjà énormément souffert des coups d'une direction complètement inféodée à l'offensive du gouvernement conservateur de Margaret

Thatcher contre les syndicats pour en affaiblir l'influence.

Depuis sa nomination en 1977, avec

Michael Edwardes, son patron de choc, a réduit la main-d'œuvre de 72 000 travailleurs, a fait fermer 20 usines et a foulé aux pieds le code syndical établissant les normes de travail. Cela a eu pour résultat une augmentation de 30 % de la productivité, la réduction du nombre des heures de grève de 10 % à 1,5 %, et la reconquête d'une partie du marché britannique en déclin. Dans la ligne de la politique de

Margaret Thatcher qui consiste à faire payer aux entreprises nationalisées leur part de la note, British Leyland se doit de commencer à être bénéficiaire dans les deux ans qui viennent (1). L'attaque contre l'influence des syndicats ouvriers a été marquée par le licenciement d'un important dirigeant syndical, membre

Parti communiste, Derek Robinson. En l'espace de trois ans, les salaires n'ont augmenté que de 5% l'an, soit trois fois moins que l'inflation. Le succès d'Edwardes trouve son origine dans le soutien total dont il bénéficie de la part du gouvernement Thatcher, dans la progression du chômage et dans l'aide des directions bureaucratiques qui contribuent directement à casser les grèves. A quoi il faut ajouter le soutien à peine voilé des mass media dans un pays où le mouvement ouvrier n'a pas un seul quotidien de masse.

dans une large mesure, la force des délégués d'atelier s'est traditionà la British Leyland maient une augmentation de 20 %. me l'acceptation de la nouvelle offre. nellement appuyée sur une vision plutôt localiste et « économiste » de la réalité qui sous-estime la nécessité de contester les orientations de la direction syndicale, approche inadaptée quand on se heurte continuellement à la nécessité de donner réponse aux questions politiques d'ensemble comme celle de British Leyland d'une totale faillite ou de la façon dont il faut s'y prendre avec le gouvernement. Une assemblée générale de délégués d'atelier a par exemple voté il y a plusieurs années le soutien au Plan Edwardes de réduction de 50 000 emplois. L'offensive de la classe dirigeante, sous la houlette de Margaret Thatcher, a done marqué quelques points dans un secteur fortement organisé de la classe ouvrière. Cela montre la difficulté qu'il y a de préparer une réelle riposte.

Le conflit actuel n'a donc jamais été une lutte pour de meilleurs salaires seulement. Edwardes menaçait purement et simplement de liquider l'entreprise, ce qui, en tenant compte des usines de sous-traitance, aurait signifié entre 500 000 et 700 000 licenciements ... Une lettre envoyée à chaque ouvrier soulignait cette éventualité, ajoutant que tout ouvrier qui répondrait favorablement à l'appel à la grève se retrouverait en situation de rup ture de contrat et donc perdrait tous ses droits à l'indemnité de chômage dans le cas d'une éventuelle fermeture. Une telle ligne de confrontation (inimaginable il y a encore quelques années entre patrons et ouvriers) a été reprise par l'ensemble de la presse, et le gouvernement a ouvertement choisi de ne pas intervenir, laissant enten-

1. Le Morning Star, quotidien du PC britannique, du 9 novembre, cite Patrick Jenkin, secrétaire d'Etat à l'Industrie : « Le gouvernement a l'intention de vendre l'industrie nationalisée, y compris British Leyland, au secteur privé dès qu'elle sera rentable. » Commentaire de Jack Adams. dirigeant syndical de Longbridge : « British Leyland a reçu des subventions três importantes pour pallier aux années de laisser-aller, les travailleurs ont accepté les réductions massives d'effectifs et de salaires de misère ; tout ça va être jeté à la poubelle et la

GRANDE-BRETAGNE supplémentaires et le travail posté en 3 x 8 correspondant à une augmentation d'à peu près 5,1 %. Les travailleurs récla-

Les patrons ont d'autre part accepté le principe d'une participation accrue des syndicats dans certaines instances de l'entreprise, la mise sur pied d'un nouveau système de négociation et le réajustement du système de primes.

Les bureaucrates syndicaux ont pris ces vagues promesses pour un véritable changement d'attitude, justifiant par la-mêdre qu'il s'accomoderait de la liquidation.

Edwardes, né et éduqué en Afrique du

Sud, qui vient de s'octroyer une augmentation de salaire de 38%, a refusé toute négociation sur une augmentation supérieure à 3,8% du salaire de base. En dépit de cette énorme pression exercée sur chaque travailleur, le vote a montré que plus de 80% des travailleurs rejetaient cette offre. Un autre facteur qui peut expliquer le résultat du vote est lié au désir de s'élever contre la détérioration continuelle des conditions de travail et contre le style arrogant et brutal de la direction. Poussés par ce sentiment et piqués au vif par l'attitude de la direction de British Leyland, les bureaucrates syndicaux ont déclaré la grève officielle, ce qui est une également différente de l'ordinaire.

Le gouvernement tout comme la direction de British Leyland ont été surpris par l'ampleur du vote en faveur de la grève. On a fait appel à l'ACAS (Arbitration and Conciliation Advisory Service) (2)

pour amener les partenaires sociaux à la table des négociations. Les discussions, engagées juste avant la grève, exeluant toute participation des représentants des délégués d'atelier, ont abouti après plusieurs heures à une nouvelle offre, quoique trop tardivement pour empêcher que ne commence la grève. La nouvelle offre mentionnée plus haut a réussi à diviser les syndicats. Le syndicat des plus qualifiés, le AUEW et sa direction droitière - en la personne de Terry Duffy — a recommandé l'acceptation de l'accord. De son côté, le syndicat des travailleurs non qualifiés, T& GWU, sous la firme sera restituée à ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise initiale. »

2.

ACAS, agence indépendante, financée par l'Etat.

composée de spécialistes des questions sociales (anciens bureaucrates syndicaux, directeurs du personnel, universitaires) : elle est chargée de régler les conflits sociaux et de faire redémarrer les négociations entre partenaires sociaux quand elles sont bloquées. Plusieurs des grands conflits de ces dernières années en Grande-Bretagne ont été arbitrés par ACAS, comme la grande grève de la sidérurgie de 1980.

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direction du travailliste de gauche Alex Kitson, rejetait l'offre ... tout en ne faiaucune recommandation, laissant simplement aux travailleurs le soin de décider par eux-mêmes. Avant que ne se tienne l'assemblée générale du troisième jour de la grève, les délégués d'atelier se sont rencontrés et ont rejeté l'offre par 238 voix contre 12.

Cependant, les délégués n'ont pas plus donné de recommandation expresse en faveur d'une poursuite de la grève, tout en précisant que l'offre devrait être rejetée. Le compte-rendu de l'assemblée générale reproduit dans Socialist Challenge du 5 novembre 1981 indique que l'orientation donnée au mouvement par les délégués était loin d'être ferme. La campagne des délégués menée par voie de tract pour le rejet a été très inégale. Plusieurs usines, où la gauche la plus militante ou révolutionnaire dispose d'une certaine influence, comme celles de Cowley et de Coventry, ont voté pour la poursuite de la grève. La division entre la direction à la base et la bureaucratie syndicale s'est traduite dans les faits par l'occupation des bureaux de PAUE à Birmingham par les délégués d'atelier ve. nus manifester leur désaccord avec les dé. cisions de la direction.

Une fois de plus, les mass media ont fait donner la grosse artillerie pour obtenir l'arrêt de la grève. La direction de la British Leyland s'est offerte des pages entières de publicité dans les quotidiens nationaux britanniques pour souligner que * Votre vote décidera de la poursuite ou non des activités de British Leyland! ». Des informations publiées dans le quotidien de Londres The Guardian, le 4 novembre, laissaient entendre que ce battage publicitaire, combiné au fait que la grève n'avait pas le soutien officiel de la direction des syndicats, a joué un rôle important dans l'acceptation à contre-cœur de l'offre patronale par les travailleurs. Le vote a été clairement majoritaire et sans appel quoique non unanime. La presse bourgeoise « sérieuse » (Times, The Guardian, Financial Times) ne s'y est pas trompée quand elle explique que le résultat du vote traduit la peur ressentie par les travailleurs de la liquidation soutenue par le gouvernement, dans une région où le taux de chômage est déjà supérieur à 10%. Cette préoccupation n'aurait pas nécessairement primé si le soutien officiel syndical s'était manifesté d'une façon unitaire. Beaucoup de travailleurs étaient prêts à lutter, mais cette lutte était en train d'avoir de telles répercussions politiques nationales qu'ils voulaient être sûrs de pouvoir compter sur le soutien jusqu'au bout des dirigeants de leurs syndicats. Cependant, la nouvelle combativité des délégués, qui n'avaient pas agi de cette facon depuis fort longtemps, et l'amertume réelle entraînée par l'acceptation « à contre-cœur » ont amené le Financial Times du 5 novembre à souligner que cela ne saurait constituer « une victoire éclatante », « tout au plus un répit », « au prix d'une certaine bassesse morale » ...

La rancœur et la nouvelle attitude des travailleurs ont amené, une semane seulement après la reprise du travail, es ouvriers de l'usine de Longbridge, la plus importante du groupe British Leyland, à cesser le travail. Et ce après l proposition patronale de supprimer 11 minutes de temps de repos visant à faciliter l'introduction de la semaine de 39 heures. Ce conflit a le soutien du syndicat concerné.

Assurément, l'arrêt de la grève a de multiples implications, à la fois quant à l'évaluation du succès de l'offensive anti— avec aujourd'hui la proposition de mise en œuvre de lois anti-syndicales - et quant à la bataille pour les nouvelles né. gociations salariales et la capacité de riposte du mouvement ouvrier.

Alan Thornett, marxiste révolutionnaire et dirigeant d'atelier à l'usine de Cowley, a clairement expliqué le lien existant entre la lutte à la British Leyland et la bourgeoisie contre syndicale et les droits légalement reconnus : « La pression de la base pour obtenir plus de fric est énorme, mais c'est également une réaction contre le caconservateur. Les mesures draconiennes qu'il menace d'imposer aux syndicats nous ramènent à l'époque de Taff Vale (législation anti-syndicale abrogée depuis lors) et créent une situation de rupture ouverte entre la direction de British Leyland et les syndicats ... Ce que British Leyland dit, c'est que nous n'avons pas le droit de faire grève, que nous serons dans une situation de rupture de contrat le ler novembre. S'ils nous licencient dans de telles conditions, ce qui est en jeu est notre droit d'avoir un syndicat. »

Norman Tebbet au poste ministre du Travail en remplacement de James Prior - jugé par trop modéré pour rédiger le nouveau projet de loi anti-syndicale. La nouvelle loi rendra passible de poursuite judiciaire tout syndicat pour rupture de contrat en cas de grève, qui pourrait amener la confiscation syndicaux pour régler les « dommages » occasionnés ... La notion de conflit syndical sera redéfinie afin d'empêcher les piquets de grève de soutien. Une autre clause elle, prévoit d'affaiblir le système du closed shop (3), laissant aux patrons une marge de manœuvre plus grande pour licencier les travailleurs La mise sur pied d'un fonds financé par l'Etat pour les votes à bulletin secret lors de la grève est également à l'étude.

Le fait qu'au début la bureaucratie syndicale ait soutenu une grève nationale et qu'elle vante les mérites du nouvel accord indique qu'elle est préoccupée par la façon dont les patrons de British Leyland ont implicitement refusé de reconnaître leur rôle à la table des négociations ; ce qui menace la position même des syndicats dans les relations entre partenaires sociaux en Grande-Bretagne. Margaret Thatcher serait favorable à l'utilisation dans d'autres secteurs de méthodes identiques, si cela était possible. Dans ce sens, les méthodes à la Edwardes constituent un test. Pourtant, la réponse de la presse bourgeoise « sérieuse » a été d'utiliser l'exemple de la British lancer un appel à la modération dans la législation concernant les syndicats ; ainsi, le Financial Times du 5 novembre : « Dans le cadre de la réforme de la loi syndicale, nous recommandons la prudence. » Des méthodes par trop brutales pourraient conduire à des explosions et forcer la bureaucratie syndicale à prendre une « fausse » position dure, alors qu'elle contrôle parfaitement la base. Et l'un des patrons à la tribune du Congrès annuel de la Confédération of British Industry (CBI -Confédération du patronat britannique) de souligner l'importance de maintenir de bonnes relations avec des dirigeants syndicaux comme Terry Duffy de l'AEUW. Ce dernier a en effet très largement contribué à briser la grève de la British

En ce qui concerne la stratégie du gouvernement Thatcher dans les négociations collectives, l'issue de la grève de la British Leyland lui donne l'avantage ; il n'en demeure pas moins que l'on assiste pourtant à une remontée de la combativité ouvrière. Les prochains sur la liste sont les chauffeurs de camions citernes dont les exigences - comme dans le cas de la British Leyland - contiennent à elles seules les germes d'une grève nationale mouvement ouvrier en conflit direct avec le gouvernement. Ce dernier a mis en place des dispositifs d'urà une éventuelle grève. Il fera appel à l'armée si cela est né cessaire. Si la distribution d'essence venait à être interrompue, l'industrie serait paralysée en quelques semaines. Une compagnie pétrolière a déjà accepté de payer les 11 % d'augmentation réclamés par les travailleurs, rendant la situation plutôt favorable pour les luttes à venir. En outre, on

Kitson, le dirigeant T & GWU, est très amer après la défaite à la British Leyland (dont il porte en partie la responsabilité) et qu'il veut soutenir totalement une grève pour « compenser » l'échec de celle de British Leyland. Dans une interview au Sunday Times du 8 novembre, il parle même d'une grève qui obligerait le gouvernement à organiser des élections anticipées ou à rectifier en profondeur son orientation économique. Les résultats de la grève de la British Leyland vont peser lourd sur les négociations en cours chez Ford et assurément encourager les patrons à rejeter la revendication syndicale de 20 livres d'augmentation. Les mineurs, les travailleurs du service eaux, les ouvriers agricoles, les enseignants, les employés du secteur publie ont tous des revendications salariales qui vont au-delà de la barre des 4 % imposés par Margaret Thatcher.

Il est clair que le fossé traditionnel qui existait entre lutte politique et lutte économique est en train de diminuer aujourd'hui en Grande-Bretagne. Toute grè-

. Closed shop, système selon lequel tou

ravailleur ne peut travailler pour un employeu que s'il est syndiqué.

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autogestions

ve nationale met en jeu la question de la

You de la restructuration de toute entreprise en lutte, et tend à amener le mouvement ouvrier à refuser les plans gouvernementaux sur les salaires ou sur I'« assainissement » et la restructuration de l'économie. Il est également hors de doute que le conflit qui oppose la droite et la gauche au sein du Parti travailliste se répercute dans les syndicats. Pendant la grève de la British Leyland, c'est Terry Duffy qui a ouvertement joué le rôle de premier traître à la classe ouvrière. Il a par ailleurs été l'un des architectes de la victoire de Dennis Healey et de l'aile contre Tony Congrès du Parti travailliste. Le rôle de Michael Foot, dirigeant du Parti travailliste, de Hattersley et d'autres dirigeants du centre-droit, n'en est pas moins révéla-

Ces derniers ont continuellement essayé de s'ériger en arbitres et de concilier les positions en présence lors du conflit à la British Leyland, sans pour autant soutenir la lutte des travailleurs.

Cependant, bien qu'il y ait une influence idéologique et même des liens avec le courant de Tony Benn parmi la couche des militants des délégués d'atelier, il faut dire que la gauche travailliste s'est montrée très réservée pendant la grève. Elle n'a pas fait la moindre décla ration publique allant dans le sens du lancement d'une campagne de solidarité de l'ampleur de la campagne qu'elle a menée pour la course à la vice-présidence du Parti travailliste. Il existe une grande difrevue trimestrielle autogestions autogestion.

M.

Adresse:

Désire s'abonner à autogestions pour 1981 et règle ci-joint la somme de :

férence entre l'influence croissante de la gauche dans les sections locales du Parti travailliste et l'implantation plus faible de la gauche dans les sections syndicales. Bien que Tony Benn soit intervenu dans les congrès syndicaux de cet été pour la campagne à la vice-présidence, il a montré beaucoup plus de réticence à organiser activement des tendances contre la droite dans les syndicats qui pourraient être actives dans des conflits du travail comme celui de la British Leyland et dans des campagnes pour réclamer la démission des directions traîtres. Pour batte la droite dans le Parti travailliste, Tony Benn aura besoin d'une majorité au sein des syndicats. Mais il semble qu'il soit plus favoà la construction d'alliances avec les bureaucrates de gauche — au niveau des directions centrales et intermédiaires (y compris avec le PC) - qu'à l'organisation d'un courant militant autour de son programme politique réformiste de gauche. Pourtant, à British Leyland, il est évident que le conflit qui oppose la droite et la gauche du Parti travailliste a eu des retombées au sein des délégués d'atelier. Il existe également un intérêt certain pour les solutions politiques d'ensemble. Pour les révolutionnaires qui organisent la lutte contre la droite dans le Parti travailliste et dans les syndicats, la priorité est d'entraíner dans la lutte le courant dirigé par Tony Benn et de participer à des fronts larges « lutte de classes » contre la droite travailliste dans les syndicats, renforçant par là-même la bataille au sein du Parti Présente, analyse et compare régulièrement tout ce qui se fait et se dit sur l'autogestion, des anticipations les plus audacieuses aux expérimentations sociales les plus ponctuelles. Abonnements

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F. Signature

La grève à la British Leyland traduit les contradictions de la polarisation politique en Grande-Bretagne aujourd'hui. Le résultat de la grève constitue un recul significatif pour la classe ouvrière qui a subi une série de revers ces dernières années, mais sans pour autant constituer une défaite écrasante qui pourrait laisser dire que la classe ouvrière dans son ensemble bat en retraite.

Le résultat de cette lutte, il est vrai, rend la situation plus favorable à Margaret Thatcher pour maintenir la barre des 4%; mais elle ne pourra l'imposer sans difficultés à tous les secteurs de la classe ouvrière dans les négociations salariales à venir. Sa marge de manœuvre est limitée par la menace électorale que représente le Social Democratic Party (SPD - Parti social-démocrate) qui compte maintenant plus de 20 députés. Cette menace s'ajoute à celle que représente l'opposition interne du Parti conservateur, animée par l'ancien Premier ministre Edward Heath et les 30 à 60 députés qui le soutiennent. Finalement, toute une série d'indications laissent entrevoir qu'au lendemain même de la grève à la British Leyland, la combaticonduire à exiger la démission des directions syndicales droitières.

Dave HAYES 11 novembre 1981.

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