Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Le Parti communiste français en crise à la veille de son XXIVe Congrès

· Inprecor n° 118, 8 février 1982 · p. 13-17 · 6 546 mots

France Pologne Syndicalisme URSS et Russie

à la veille de son XXIVe Congrès liant au PS — dont il sous-estima alors les et le PCF, et l'essor du mouvement

'ANNEE 1981 sera à marquer d'une pierre noire dans l'histoire du Parti communiste français (PCF). A la suite d de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la

République le 10 mai 1981, les élections législatives qui ont suivi en juin n'ont donné au PCF que 15% des voix, son score le plus bas depuis 1936. L'électorat communiste a sanctionné de la sorte la politique de division acharnée menée par ce parti depuis la rupture de l'Union de la gauche en 1977, et la responsabilité qu'il a prise dans le risque d'une réélection de Valéry Giscard d'Estaing.

Contraint d'accepter une participation gouvernementale

La réponse à cette question dépend en premier lieu de l'évolution des luttes de classe en France. Le point de départ de la crise du PCF, c'est la grève générale de

Mai 68. Pour la première fois, toute une génération a fait, à cette occasion, l'expérience de la politique contre-révolutionnaire du PCF.

Sur le plan politique, des organisations révolutionnaires qualitativement plus fortes ont vu le jour ; elles allaient contester le PCF sur sa gauche et lui disputer son label de « parti révolutionnaire ». Sur le plan syndical, la Confédération française démocratique du travail (CFDT), en captant en partie la radicalisation des couches ouvrières entrées en lutte en 1968, brisait l'hégémonie absolue de la Confédération

L'Union de la gauche et le Programme commun scellés en 1972 devaient permettre de canaliser et de dévoyer le mouvement des masses grâce à une politique de collaboration de classe. En s'alcapacités de récupération —, le PCF pensait se prémunir de toute explosion de luttes qui, par leur généralisation, mettrait à l'ordre du jour la question du pouvoir. Il pensait également bénéficier, comme par le passé, de cette politique d'alliance qui, en 1936 comme en 1945, lui avait apporté des gains notoires. C'était ne pas comprendre la profondeur des changements qui étaient en train de s'opérer dans le mouvement ouvrier en France.

L'Union de la gauche s'est traduite par une lente érosion de l'influence du PCF face au PS. La rupture du Programme commun quelques mois avant les élections législatives de mars 1978 (qui auraient pu porter le PS et le PC au gouvernement), dans un contexte de récession économique, fut justifiée par la direction comme étant due à un prétendu

« virage à droite » du PS

En réalité, la rupture avait pour but de briser la dynamique unitaire qui pou-

Le PCF en crise

polonaise. La classe ouvrière française par le PCF ? vait porter les partis ouvriers au gouvernement par la voie électorale certes, mais dans un contexte qui profitait d'abord au PS. Cette rupture a provoqué une mise entre parenthèses des luttes pour toute la période allant de 1978 à 1981. La guerre entre le PS et le PC, la division syndicale entre la CGT et la CFDT, ont incontestablement eu pour effet de paralyser la riposte ouvrière à la politique d'austérité du gouvernement Giscard-Barre.

Mais s'il y a eu, du fait de cette division, un net ralentissement des luttes, n'y a pas eu de défaite de la classe ouvrière. C'est d'abord l'absence de perspectives politiques qui permet de comprendre l'accalmie relative sur le front des luttes de ces trois dernières années. La volonté de changement, la profondeur du mécontentement, n'en étaient pas moins vivaces chez les travailleurs. La défiance des travailleurs avancés envers la politique de leurs directions est allée croissant, ce qui s'est traduit par le développement des différenciations au sein des partis ouvriers et des syndicats, tout d'abord dans la CGT « Pour l'union dans les luttes » (2).

Le 10 mai 1981, la droite était balayée, le PS triomphait et le PCF était massivement désavoué. Quelques semai-

Oil entrait au gouvernement, mais sur la base de ce qui était pour lui une défaite politique majeure.

LA POLITIQUE DU PCF DEPUIS LE 10 MAI Le PCF est « un parti révolutionnaire de lutte et de gouvernement », dit la direction du Parti. « Parti au gouvernement et non parti du gouvernement », précise Roland Leroy, directeur de l'Humanité (3). Parti de lutte ou de gouvernement ? s'interrogent les militants. Voilà qui montre bien la défiance confuse qui existe à l'égard du choix de la participation gouvernementale. L'évolution de la situation politique et sociale n'a pas encore permis d'en clarifier les termes. Le 10 mai 1981

FRANCE en passant sous les fourches caudines du Parti socialiste (PS)

(1), le PCF est soumis à une nouvelle épreuve depuis le 13 décembre 1981, à la suite du coup de force de la bureaucratie combinaison de ces deux événements majeurs

- la victoire électorale écrasante du PS et la contre-révolution bureaucratique en Pologne - accélère la crise du Parti. François Mitterrand a atteint son premier objectif qui était de ramener le PCF à 15 % des suffrages. Atteindra-t-il le deuxième, celui que la bourgeoisie française poursuit depuis un demi-siècle : la remise en cause de la structuration majoritaire de la n'a pas été le point culminant d'un vaste mouvement social. Après le 10 mai, cela a été « l'état de grâce » et ceci explique partiellement cela. Les travailleurs ont accordé au gouvernement le bénéfice du doute. Aujourd'hui, comme l'a dit François Mitterrand, la majorité présidentielle

« est sortie du port », elle est désormais

« en haute mer ». Les résultats négatifs pour les partis ouvriers des dernières élections partielles et la décision du Conseil constitutionnel obligeant ment à revoir et à différer son dispositif de nationalisations, marquent un léger infléchissement dans la situation politique.

Le gouvernement Mauroy n'a pas encore été confronté à de grandes luttes ouvrières, mais les pertes électorales mettent en évidence que des électeurs socialistes et communistes ont préféré d'abstenir, ce qui a fait rebondir le débat sur la politique gouvernementale. La réponse de la direction du PCF est claire : si les électeurs de gauche ne sont pas allés aux urnes,

« c'est parce que certains d'entre eux, même s'ils ne sont pas en désaccord avec la politique gouvernementale, estiment que ses fruits n'apparaissent pas encore avec ne faut pas baisser sa garde ou se tromper d'adversaire. Ce qui suppose de poursuivre la politique du changement et de resserrer l'union (4) ».

Le PCF pratique un double langage.

Il très minoritaire au gouvernement, un pied dedans un pied dehors, s'efforçant tant bien que mal de faire en sorte que la

« distinction entre Etat et Parti » ne soit pas « une figure de rhétorique (5) ». En-

1. Cf. « Déclaration commune du PS et du jours du gouvernement Mitterrand-Mauroy ».

Inprecor numéro 109, du 28 septembre 1981.

2. Jeannette Habel, « Le mouvement ouvrier francais et l'élection présidentielle », Inprecor numéro 99, du 13 avril 1981.

3. L'Humanité, 13 septembre 1981.

4. René Andrieu, l'Humanité, 19 janvier

5. Laurent Salini, Cahiers du communism-

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tre le Parti et les ministres, les tâches dif- rent » en même temps l'austérité avec le ferent : « Le parti révolutionnaire est devenu par nature un parti de gouvernement. (...) Il est à la fois lutteur et gouvernant » ... C'est ainsi que le PCF répond dans la revue théorique de son Comité central à une situation qu'il qualifie de « complexe, contradictoire, sans précédent historique (6) ». Il s'agit, pour la direction du Parti, de bénéficier de l'élan qui a porté françois Mitterrand au pouvoir en regagnant les suffrages perdus, mais sans payer le prix d'une coresponsabilité dans les mesures décidées par le gouvernement lorsqu'elles ne sont pas po-

Les contradictions inhérentes à cette situation sont importantes. En 1936, le Parti avait soutenu le gouvernement de Front populaire de l'extérieur sans y participer. Les militants ouvriers avaient encore en mémoire la participation ministérielle des dirigeants socialistes et les débats du mouvement ouvrier français du début du siècle sur cette question (7). A la différence de 1936, le PC ne s'est pas enraciné dans la classe ouvrière à la faveur d'une grève générale qui lui permette de

« à gauche » sa non-participation. Il lui faut ne pas rester isolé ou marginalisé en étant partie prenante de la volonté de changement, « en se jetant dans la mêlée ». La présence au gouvernement lui permet en partie de redorer son blason et présente de nombreux avantages.

Etre un parti de gouvernement, c'est bénéficier d'un certain nombre de prébendes dans l'appareil d'Etat, c'est retirer pour la gestion des municipalités communistes des avantages non négligeables dans la perspective des prochaines échéances électorales (élections cantonales en mars 1982, élections municipales en 1983). Il faut amorcer la remontée du Parti en s'incrustant dans les entreprises nationalisées, en construisant un réseau associatif et municipal solide. Pour cela, les ministres communistes sont des atouts.

Le PCF peut tirer de cette situation des avantages multiples dans ses rapports avec la classe ouvrière, en particulier dans entreprises nationalisées (d'où bataille qu'il engage sur leur gestion), et en faire bénéficier la CGT. Le ministre Santé a fait une tournée dans les grandes entreprises industrielles pour y examiner les problèmes posés par le manque d'hygiène et de sécurité du travail. Le ministre des Transports a demandé - après la mort cheminots en Côte-d'Or près d'une gare de triage - que soient tirées, « en concertation avec les représentants du personnel, des conclusions concrètes visant à renforcer la sécurité et que soit envisagée la création d'une commission mixte nationale d'hygiène et de sécurité afin d'élargir le rôle et les attributions des délégués à la sécurité (8) ». Les ministres communistes apparaissent ainsi comme les défenseurs des travailleurs, mais aussi comme des gestionnaires sérieux et responsables qui à l'origine changements réels et qui font avancer les

Le revers de la médaille, c'est qu'évidemment, ces bons gestionnaires « cogé-

PS. La hausse des prix, la faiblesse des augmentations de salaires, la hausse des tarifs publics — en particulier des transports -, le développement du chômage, le rétablissement de la surcotisation de 1% sur les salaires pour la Sécurité sociale, l'impôt sur la fortune réduit comme une peau de chagrin, tout cela n'est guère populaire chez les travailleurs ni auprès des militants communistes qui se demandent ce que leurs ministres vont faire dans un gouvernement qui n'est « qu'une bouée de sauvetage pour le capitalisme (9) ».

GERER LA CRISE? Ce qui est en cause, ce sont les liens du PC avec la classe ouvrière. Ne pouvant s'affirmer comme parti de lutte, le PC est contraint, comme parti de gouvernement, à une gymnastique incommode : il doit se différencier du PS et apparaître comme un partisan résolu et énergique du changement, un adversaire de la droite qui fait contrepoids aux partisans d'un compromis avec elle. Cela se traduit par un radicalisme verbal (10), une surenchère apparemment « gauche » et l'abstention des députés communistes au Parlement sur certains votes mineurs. C'est ainsi que la CGT a critiqué le contenu trop mince de l'ordonnance sur la durée légale hebdomadaire du travail (ramenée à 39 heures au 1er février 1982). Henri Krasucki, membre du Bureau politique (BP) du PC et secrétaire de la CGT, réclame la fin du paritarisme dans les conseils d'administration des caisses pour que la gestion de la Sécurité sociale soit rendue aux représentants des salariés. Il a critiqué le gouvernement qui a décidé le report des élections aux conseils d'administration de ces caisses, privant ainsi la CGT de positions institutionnelles dont elle a besoin. Il a menacé les patrons en ces termes : « S'ils ne sont pas capables d'assurer l'emploi (...), au nom de quoi resteraient-ils des patrons ? (...) Les travailleurs ne seront pas les orphelins éplorés d'un capitalisme défaillant. » Ainsi, la CGT - selon Henri Krasucki —, hausse le ton ... Mais il ne s'agit que du ton. Dans les grandes entreprises, là où la CGT est majoritaire, comme à la Régie Renault (RNUR), les travailleurs ont fait l'expérience d'une CGT qui, lors des luttes, était aux avant-postes de la fin des grèves et de la reprise du travail.

En jouant sur tous les tableaux, la direction du PCF espère ne pas être trop compromise par la politique gouvernementale tout en ayant les avantages et non les inconvénients de sa participation

6. Le Guen, membre du Bureau politique du PCF, l'Humanité, 19 janvier 1982.

L'entrée d'Etienne Millerand, membre du Parti socialiste, comme ministre du Commerce et de l'Industrie dans le gouverne-

1(1899-1902), aux côtes du général Gallifet, fusilleur des Communards ; la participation des dirigeants socialistes

Guesde et Marcel Sembat) dans les gouvernements de guerre entre 1914 et 1916, etc., ont laissé des traces profondes, et ont fait partie des éléments qui ont amené à la scission du Parti socialiste lors du Congrès de Tours en 1920, qui devait voir la naissance du Parti communiste français.

au gouvernement. Cette politique est à l'exact opposé de celle qu'entend pratiquer François cherche au contraire à lier le PC, et à lui « salir les mains » tout en menant une politique qui vise à gagner la petite bourgeoisie, « au centre », en respectant les institutions bourgeoises et l'économie de

Il est décisif pour le PC de se démarquer ainsi tout en gardant une image de marque d'allié loyal et intransigeant. Mais ces ambiguités ne sont possibles qu'en l'absence de luttes. C'est parce qu'il en est conscient que le PC met tout en œuvre pour éviter celles qui pourraient avoir une dynamique de généralisation. Pour contribuer à prévenir de tels développements, le PC bénéficie de la confiance mitigée dont jouit encore le gouvernement et de la crainte qu'ont les travailleurs d'un retour de la droite. Il entretient une division permanente sur le plan politique et syndical. Sur le plan politique, les rapports PC-PS sont encore plus tendus après les événements de Pologne et la partie de « bras de fer » entre les deux partis est loin d'être terminée. Sur le plan syndical, la rupture entre la CGT et la CFDT est complète, la CFDT n'étant même plus considérée comme un syndicat lutte de classe. L'accord bureaucratique d'unité d'action de juin 1974 est bien mort. Jamais depuis Mai 68 la rupture entre les deux centrales n'avait été aussi profonde.

Cet équilibre politique est fragile. II suppose non seulement une situation de calme social mais il implique que l'ordre règne dans la (les) maison(s), dans le PCF comme dans la CGT. Dans les deux cas, il faut normaliser. Ce n'est pas facile, vu le développement sans précédent des oppositions internes et l'accélérateur que constituent les événements de Pologne.

LA POLOGNE : UN BILAN GLOBALEMENT POSITIF ? Il était déjà difficile de concilier l'appartenance à la majorité présidentielle et la prétention à être le parti révolutionnaire de la classe ouvrière. La Pologne a fait franchir à la crise un seuil supplémentaire.

Le 9 décembre 1981, quatre jours avant le coup de force en Pologne, l'Humanité titrait : « Les dirigeants de Solidarité poussent à l'affrontement. (11) » La position du Bureau politique, si elle a toujours été celle d'un soutien au général Jaruzelski, n'a pas été exempte de certains zigzags. Le 15 décembre, le secrétaire général du PC, Georges Marchais, déclarait rechercher une issue pacifique à la

8. Le Monde, 20 janvier 1982. 9. L'Humanité, 19 janvier 1982. 10. Après la décision du Conseil constitutionnel de bloquer les décisions sur les nationalisations afin d'élever le coût des indemnisations, le PCF a proposé de couvrir la dépense par l'u établissement d'une tranche nouvelle de l'impôt sur la fortune et l'augmentation de l'impôt sur les sociétés ». Roland Leroy, l'Humanité, 19 janvier 1982.

11. D'après le quotidien Libération, PCF aurait été informé du coup de force par l'ambassade soviétique à Paris.

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gne l'intérêt que le PC porte « au fait que par des formules de compromis dans le crise, l'entente des forces nationales, la des réformes pour surmonter les fautes du passé, en ne faisant rien qui puisse favoriser l'affrontement interne ou l'intervention extérieure ... Il estimait cette position en conformité avec l'accord gouvernemental PC-PS du 23 juin.

Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, devait contredire Georges Marchais, estimant, lui, que le renouveau de la démocratie était quelque peu malmené par le général Jaruzelski. Au même moment, Charles Fiterman, ministre d'Etat, exprimait son accord avec la position officielle du gouvernement Mauroy condamnant le coup de force, tandis qu'Anicet Le Pors, ministre communiste chargé de la Fonction publique et des réformes administradéclarait: « Mon opinion.., ce qu'a déclaré le président de la République. * Le 21 decembre, Georges Marchais faisait part de son émotion devant les « internements, les blessés et les morts » ; il ajoutait qu'il fallait éviter l'internationalisation du problème polonais pour défendre la détente et la paix. La point de cette argumentation était confortée par la lettre personnelle envoyée par le général Jaruzelski à Georges Marchais, saluant la « compréhension du PCF malgré toutes les difficultés qu'une telle position comporte pour un parti gouvernemental (12) ».

Les événements de Pologne tombent on ne peut plus mal pour le PC. Ils mettent à vif ses contradictions. Au moment où le Parti tente de panser ses plaies et met au centre de son XXIVe Congrès « le socialisme démocratique et autogestionnaire », il reçoit un démenti cinglant et connaît une deuxième secousse majeure en l'espace de six mois.

Le PCF reste, avec le PC portugais, l'un des PC d'Europe occidentale les plus proches des positions internationales défendues par la bureaucratie soviétique. Mais cette proximité est sujette à de nombreuses oscillations. Lors de l'apparition de la Charte 77 en Tchécoslovaquie, ou lors du IXe Congrès de la Fédération syndicale mondiale (FSM), le PC n'avait pas hésité à prendre ses distances, de même qu'il a critiqué à maintes reprises les vioURSS. Mais il a soutenu l'intervention en

Le projet de résolution du XXIVe Congrès met au centre de son bilan critique le « retard » qu'aurait pris le PC en 1956. Ce retard aurait eu des conséquences dans l'analyse de « la persistance des défauts dans les pays socialistes » qui posait le problème de « dépasser la conception dogmatique d'un modèle du socialisme construit ailleurs ». Le texte marque son « désaccord » à l'égard des mesures administratives, « substituées en tel ou tel de ces pays à la nécessaire lutte politique et idéologique », dont on souligne les « tâtonnements » et les « erreurs ». Le projet de résolution se prononce pour un « nouvel internationalisme », la reconnaissance « du droit à la différence » et la reprise des rapports avec les partis communistes de Chine et d'Albanie. Il soulides PC de certains pays capitalistes ont placé la démocratie au centre des voies au socialisme (...), ce qu'on a appelé d'un terme discutable : l'eurocommunisme (13) ». Les positions du PC sur la Pologne, qui ne sont certes pas payantes sur le plan électoral, seraient-elles dues, comme le prétend le dirigeant socialiste Jean Poperen, au fait que les dirigeants communistes attendent « que l'URSS ait une position de plus en plus prépondérante en Europe » et que celle-ci finisse « par basculer » ? Laisser entendre que le PC mise sur l'armée soviétique pour prendre le pouvoir est d'une part destiné à justifier la politique militaire du gouvernement français et son anti-soviétisme militant ; d'autre part, « il s'agit de faire en sorte que la politique socialiste rende insupportable la contradiction entre les objectifs de l'appareil du PC et la volonté de la des travailleurs de notre pays (14) ». En clair, il s'agit d'enfermer le PC dans ses contradictions pour le laminer.

Comment expliquer les positions prises ? Le PC et son appareil (dont une partie est encore composée d'inconditionnels de Moscou) ont une histoire spécifique dans leurs rapports avec l'URSS. Cette histoire est liée à la scission de Tours en 1920, aux conditions de la bolchevisation, aux liens particuliers qu'il a tissés avec la classe ouvrière qui ont fait de lui jusqu'à une époque récente le premier parti ouvrier de France. Encore aujourd'hui, pour une partie (de plus en plus limitée) de la base ouvrière, la référence à la révolution d'Octobre, l'appartenance au camp socialiste, la référence au combat anti-impérialiste, aux luttes de libération nationale, sont un signe distinctif du Parti, ce qui lui donne son profil spécifique face au PS. Il ne faut pas oublier qu'il subsiste encore des traces de l'époque où l'on « bouffait du socialo » dans les années 1950 .. Aujourd'hui, une partie de l'appareil s'appuie sur ces sentiments et les

Les rapports avec l'URSS sont traités

Georges Marchais attendant la réponse du général Jaruzelski ? (DR) projet de résolution. Ce compromis est le produit des contradictions internes de cet appareil qui n'est pas homogène : elles réfractent la pression de forces sociales distinctes qui s'exercent sur lui. Ces forces de pression recoupent parfois, mais ce n'est pas mécanique, des positions institutionnelles distinctes : dans les municipalités, dans les entreprises nationalisées, dans l'appareil syndical.

Les rapports de forces, le contrôle du PC sur la classe ouvrière, sont des éléments déterminants dans les choix faits et la définition de la ligne. Lorsque la direction du PC a signé le Programme commun en 1972, il s'agissait de capitaliser à son profit la maturation de la radicalisation ouvrière et de s'en assurer le contrôle. La crainte d'une remise en contrôle, dans un contexte de récession économique, la crainte que ses intérêts d'appareil bureaucratique ne soient mis à mal par les effets dans la classe ouvrière d'une gestion gouvernementale d'austérité en période de crise économique, enfin le fait que l'Union de la gauche — contraià tous les précédents historiques — ait profité au PS, ont conduit à la rupture, d'autant plus facilement que les bureaucrates du Kremlin n'ont jamais caché leur préférence pour Valéry Giscard d'Estaing. Comme le dit le projet de résolution, « le Programme commun effaçait la différence entre les deux partis, il semait des illusions sur le PS ..., cela poussait au vote socialiste identifié au vote utile, même par des électeurs communistes ». C'est à cela qu'est attribuée l'« érosion continue » de l'influence du Parti « à par-

1973 » et le « sérieux revers de 1981 » ... « Ainsi, la forme d'union dans laquelle notre action s'est trouvée enfer-

12. La revue théorique du Comité central. les Cahiers du communisme, n'a toujours pas publié une seule analyse des événements de Pologne depuis le 13 décembre 1981.

13. L'Humanité du 25 janvier 1982 se contente de reproduire sans commentaires la déclaration de la Prauda contre le Parti communiste

14. Jean Poperen, « 81, changer le pou-

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mée a fait naître des difficultés qui n'ont pas pu étre surmontées. » Comme l'a écrit Félix Damette, membre du Comité central, « politiquement, le système a fonctionné comme un véritable piège à notre egard. (...) La seule présence d'un programme dédouanait le PS sur sa gauche et il en avait bien besoin. (...) L'originalité, l'identité du PC, se dissolvaient (15) ». C'est pourquoi le XXIVe Congrès doit définir « une conception neuve de l'union » car « le Parti communiste et le Parti socialiste sont deux partis différents. Ils entendent le rester ».

UN GALIMATIAS

IDEOLOGIQUE Il est plus facile aujourd'hui de faire la preuve de cette différence sur le plan international que sur le plan national. Il est aisé de montrer que la politique de François Mitterrand sur le plan international n'est pas inspirée par un esprit de classe. Sur le plan de la politique interieure, par contre, les différences entre le parti « réformiste » qu'est le PS et le parti révolutionnaire de la classe ouvrière que serait le PC, ne sautent pas aux yeux.

Stratégiquement, le XXIIe Congrès, « en abandonnant pour la France la notion de dictature du prolétariat, a libéré notre stratégie de la conception d'un modèle unique de socialisme », est-il affirmé dans le projet de résolution pour le XXIVe Congrès. Le XXIIe Congrès « a dégagé notre pratique politique de la forme d'union née des expériences du Front populaire et de le Libération (...). L'innovation stratégique du XXIIe Congrès, liant intimement socialisme et démocratie, pouvait déboucher sur l'idée révolutionnaire d'avancée démocratique vers le socialisme par la démarche autogestionnaire n.

Félix Damette, l'un des principaux idéologues du PC en ce moment, tend à distinguer trois phases dans l'histoire du PC (16), l'une où l'on attendait le « grand soir où tout bascule et à partir duquel le prolétariat change par la dictature les rapports de production », l'autre, « concrétisée par le Manifeste de Champigny "Pour une démocratie avancée, pour une France socialiste" , qui posait l'idée de la nécessité du socialisme et l'idée d'étapes intermédiaires pour y aller: la démocratie avancée ... Le Programme commun fut la concrétisation la plus achevée de ce mode de pensée (...). C'est seulement avec le XXIIe Congrès que nous avons dépassé cette conception des petits-grands-soirs électoraux, pour en arriver à la troisième phase de notre propre histoire : la démarche autogestionnaire. Celle-ci maintient, évidemment, les notions de rupture et de seuil, mais dans une dynamique profondément différente, selon un processus dia-

« C'est une vision en termes de luttes et points d'appui, les avancées partielles devant être les points d'appui du mouvement populaire pour élargir les breches, tandis que le capital aura ses propres points d'appui pour tenter de résorber ce: avancées, de cicatriser les ruptures ».

La démarche autogestionnaire, conquête de positions nouvelles, peut se heurter à des obstacles ; mais il serait vain de penser contourner par le haut, par l'action de l'Etat, la difficulté, celle-ci ne pourra étre résolue que par les travailleurs eux-mêmes et par l'union à la base. Telle est en substance le discours que le XXIVe Congrès va officialiser. Néanmoins, si « l'essentiel est de faire avancer le mouvement populaire (...), il importe d'en asque (...). Cela passe par des accords (...) en premier lieu avec le Parti socialiste » et de ministres communistes (17) ». Il est évident que cette orientation « nouvelle », outre son galimatias idéologique, n'est pas propre à donner au PC un profil et une identité qui le différencient fondamentalement du Parti socialiste. Et, lorsque Laurent Salini, éditorialiste de l'Humanité, affirme : « Nous avons à casser l'habitude de subir et d'attendre que des gouvernants éclairés changent le destin des hommes (...). J'ai un faible pour le mot démocratie (18) », on est en droit de penser qu'après les événements polonais, le Parti socialiste dispose d'une crédibilité stratégique, politique et démocratique qui n'est pas sur le point d'être entamée. On comprend dès lors le des militants du PC. D'autant que s'ajoutent à cela, dans le projet de résolution, les fameux passages sur le « re-

Loin d'analyser ce « retard de 1956 » en fonction du stalinisme et des rapports avec l'URSS, le projet de résolution utilise en premier lieu ce « retard » pour éviter de faire porter à la direction actuelle la responsabilité des échecs de la dernière période. En second lieu, « le retard stratégique pris sur l'histoire » concerne le fait que le Parti aurait trop tardé « à s'engager dans l'exploration des voies pour aller au socialisme (...) qui conviennent à la France d'aujourd' hui ». A cause du retard pris en 1956, le PC aurait réactivé une forme d'union périmée qui sous-estimait « l'importante primordiale de l'intervention des travailleurs » et aurait « semé des illusions sur le PS ». On est bien loin du rapport Khrouchtchev et des causes réelles des « retards pris en 1956 ». Félix Damette tente une explication un peu plus précise. Le PC aurait eu du mal à l'époque à se dégager de l'expérience soviétique conçue comme modele. Cette attitude pourrait s'expliquer par des raisons conjoncturelles : en 1956, la guerre froide n'est pas terminée et le PCF est en pleine guerre d'Algérie. Mais, pour Félix Damette, la raison essentielle est autre : montrant le peu de cas qu'il fait du matérialisme, il attribue au « poids et au fonctionnement de notre appareil théorique de l'époque » une responsabilité décisive ; il s'agit pour lui de remettre en cause le « concept pivot » de la dictature du prolétariat, « pôle déterminant de notre propre identité de parti qui, en assumant cette fonction d'identification, n'a plus joué comme concept théorique mais comme verrouillage de la réflexion théorique ».

C'est autour de ce genre d'idées que se fait aujourd'hui le consensus de l'appareil et que se passent les compromis au sein de la direction pour masquer le vide théorique et les inepties stratégiques du prétendu parti révolutionnaire autogestionnaire. LES DEBATS ET LES PREMIERES

DELIMITATIONS Ces incohérences - si elles désorientent de nombreux militants peu formés — alimentent les doutes et la réflexion de certains autres. Ce que reflète la tribune de discussion que publie l'Humanité dans le cadre de la préparation du Congrès. C'est ainsi qu'un militant écrit (19): «Lucien Sève affirme ouvertement: "Il y a plus de trois ans que nous avons rayé le marxisme-léninisme des statuts du PCF" (Révolution numéro 90, p. 20). Malgré son long article d'explications, je ne suis vraiment pas convaincu. L'abandon du marxisme-léninisme est une redhibitoire pour un parti révolutionnaire (...). Loin de moi l'idée de m'associer idéologiquement aux séides gauchistes de l'Albanie ou de la Chine, je suis simplement un communiste français qui perçoit que quelque chose ne va pas théoriquement (...). Il y a donc nécessité d'une lutte intransigeante à l'intérieur du Parti contre tout germe de dégénérescence réformiste. Sans cette lutte permanente, le parti révolutionnaire tend à se transformer en son contraire, un parti bourgeois.

« Des ministres communistes participent au gouvernement de gauche élu par le peuple français. Cette présence communiste est positive pour faire aboutir des réformes démocratiques. Mais, pour les marxistes-léninistes, la lutte pour de profondes réformes démocratiques est en même temps la lutte pour la préparation des conditions pour l'avènement du socialisme. Voilà ce qui les différencie des réformistes sociaux-démocrates. »

Et l'auteur de cette contribution au débat, Eric Bacher, termine par une citation de Lénine sur la nécessité d'unir la lutte pour la démocratie et la lutte pour la révolution socialiste « en subordonnant la première à la seconde ». On peut penser que tout cela est révélateur du malaise grandissant et de la crise qui sévissent à l'intérieur du PC.

Alors que la direction du Parti attaque les tendances à la collaboration de classe de la social-démocratie, Philippe Herzog, membre du Bureau politique, signe un éditorial de la revue théorique du CC qu'il conclut de la façon suivante (20) : « Il nous faut aider les travailleurs à dépasser les conceptions du changement par en haut, les aider à dépasser le refus de s'impliquer dans la gestion, lié aux craintes de la collaboration de classes enraci-

Cahiers du communisme, septembre 16. L'Humanité, 5 janvier 1982. Cahiers du communisme, septembre 19. Eric Bacher, l'Humanité, 13 janvier 20. Philippe Herzog, éditorial des Cahiers du communisme, janvier 1982.

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nées de longue date dans le mouvement ouvrier, refus qui a pu être fécond en son temps mais qui est aujourd'hui inadapté quand il faut se hisser au niveau d'une intervention de classe novatrice dans la gestion. » Cette position s'illustre quotidiennement. La CGT vient de signer à BSNEmballages un accord sur la mise en place d'une cinquième équipe pour les travailleurs postés qui travailleront désormais 33 h 36 par semaine. Cet accord, qu'elle avait refusé de signer auparavant, établit un lien entre la réduction des horaires et la compensation en termes de productivité ; il implique la suppression de certaines primes et un manque à gagner étalé sur 18 mois et, si les travailleurs sous contrat définitivement engagés, il n'y aura pratiquement pas d'emplois créés. C'est l'application même de la ligne préconisée par Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT tant dénoncé par la direction confédérale de la CGT ... et par la direction du PC. Une telle politique rend peu crédibles les menaces et le chantage de Krasucki, dirigeant à la fois du PCF et de la CGT, adressés au PS qui est accusé de vouloir « déstabiliser » la confédération CGT à la faveur des événements de Pologne. Entre la surenchère verbale et la lutte sociale effective, il y a une marge que la direction de la CGT n'est pas prête à franchir ...

La somme de ces contradictions s'est traduite par une baisse non seulement de l'influence électorale du parti (21) et de son audience en général, mais par des pertes considérables au niveau des entreprises : le projet de résolution du XXIVe Congrès reconnaît que « depuis le XXIIIe Congrès, on constate un affaiblissement de notre travail dans les entreprises, ce dont témoigne la perte de plusieurs centaines de cellules ». Ces pertes sont confirmées au niveau de la CGT : après avoir connu une légère remontée, à partir d'octobre 1981, dans les élections professionnelles (22), la centrale syndicale CGT enregistre depuis les événements de des baisses importantes: à Renault-Billancourt, la CGT a perdu 12 % des voix dans le collège ouvrier aux élections professionnelles. Et il est indéniable qu'il y a une hémorragie d'effectifs.

Cet affaiblissement et cette crise du Parti se traduisent par des doutes et un confiance dans la direction qui atteint l'appareil lui-même et alimente connaissent une ampleur jamais connue jusque-là. Le secrétaire général - Georges Marchais — est remis en cause par Jacques Arnault, ancien rédacteur en chef de la revue la Nouvelle Critique, qui avait suggéré en 1980 de désigner comme candidat présidentiel « une personnalité parlementaire non conflictive » afin d'éviter les risques d'une « personnalisation à ouconfirme que des dirigeants du PC avaient donné des consignes de vote à droite pour le 10 mai, au mieux des consignes d'abstention (23). Venant d'un membre ancien et de confiance de l'appareil, qui fut un stalinien notoire, l'accusation a une portée considérable.

Sans être encore entrée dans une phase aiguë, la crise du PC connaît donc de nouveaux développements. Différentes positions se développent, qui se réfractent dans les tribunes publiées par l'Humanité et que l'on peut schématiquement résumer de la manière suivante : la principale d'entre elles est incarnée par le bulletin Rencontres Communistes Hebdo (RCH) animé par Henri Fiszbin, ancien membre du Comité central, et dont les positions sont souvent proches de celles du Parti communiste italien (PCI). Ce courant, partisan de l'Union de la gauche, critique l'abandon du Programme commun et la politique de division du PC avant le 10 mai. Il touche de larges franges de militants sensibles à la bataille démocratique

A côté de cela, les tribunes de discussion font apparaître des partisans d'un néo-stalinisme qui pourraient se retrouver Mais surtout, des militants développent des positions critiques à la fois sur la politique intérieure, la politique du PC au gouvernement et les positions prises sur la

Les néo-staliniens attaquent la présence des ministres communistes « dans un gouvernement social-démocrate (...) qui est un gouvernement de la bourgeoisie ». Ils concentrent leurs critiques sur la politique intérieure qui n'est qu'un « nouvel aménagement du système » et sur la politique internationale du gouvernement « entièrement dominée par l'antisoviétisme (24) ». Ils ont compris qu'il y a une « place à gauche » dans le parti, ils sont probablement inspirés par les « Afghans » (25) du Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC), voire liés à eux.

C'est pourquoi, même si elles sont encore faibles —, les prises de position de quelques militants qui ont critiqué les positions sectaires de 1977 à 1981, sans pour autant se satisfaire des positions actuelles, sont importantes. A. Boisseau, par exemple, dénonce le caractère réformiste de l'actuel gouvernement et la « vieillerie réformiste » que représente la perspective de « la stratégie de l'avancée pas à pas ». L. Lanternier, maire de Gennevilliers, fait des critiques du même ordre et dénonce les positions du PC sur les immigrés, la drogue ou l'Afghanistan.

Dans ce débat, la direction — ou du moins le noyau restreint qui en fait office - tente d'occuper une position médiane en refusant, comme le dit un de ses partisans, le schéma simpliste suivant : « soit rompre avec les pays socialistes, soit revenir des décennies en arrière et oublier l'apport de nos derniers Congrès. (26) » Mais les embardées théoriques sont de plus en plus perçues, ainsi que les revirements multiples. Le fait que ces différentes positions soient apparues comme telles dans les colonnes de l'Humanité tend d'ailleurs à faire penser qu'elles reflètent des divergences existant au sein de l'appareil lui-même.

La direction éprouve des difficultés à normaliser autant qu'elle le voudrait, bien que les exclusions aient commencé et qu'il faille s'attendre - comme dans la

CGT - à une offensive plus vigoureuse après le Congrès (déjà 15 journalistes oppositionnels de l'Humanité ont été licenciés pour motifs prétendument économiques). Forte d'une légitimité chèrement acquise par un filtrage serré des congrès locaux, la direction va tenter, après le XXIVe Congrès, de resserrer les rangs, afin d'échapper à la pression conjointe du PS à l'extérieur et des oppositions à l'intérieur, oppositions qui se sont démultipliées dans la CGT à une échelle jamais

Comment redresser la barre ? Quel est le meilleur atout pour la direction du Parti ? Pour Philippe Herzog, membre du Bureau politique, « ce n'est pas dans la surenchère et l'isolement que nous gagnerions. Pour faire gagner les idées nou velles, il faut être constructif (27) ». Ce n'est pas là le ton des dernières déclarations de la direction de la CGT, qui mettent l'accent sur l'insuffisance des changements intervenus dans les conditions de vie et de travail : la centrale syndicale - au-delà d'une certaine répartition des rôles - est soucieuse, face à la politique économique et sociale du gouvernement, de ne pas en supporter les conséquences. C'est sur ces questions qu'une rupture gouvernementale pourrait plus vraisemblablement se produire. Tant que le calme social règne, le PC peut espérer retrouver une certaine audience grâce à ses positins dans l'appareil d'Etat. Des concessions trop grandes à la bourgeoisie, provo. quant le développement de luttes ouvrières importantes et mettant en cause le gouvernement, pourraient amener le PC à rompre la coalition gouvernementale pour être plus à même de canaliser le mécontentement tout en laissant le PS heurter seul, de front, la mobilisation ouvrière.

événements de Pologne considérablement aggravé les difficultés du PC. Mais, pour que l'étau se resserre encore, que la crise s'accentue, il faut un C'est le développement des luttes ouvrie. res qui permettra qu'un pas en avant soit franchi et que se développe parmi les travailleurs, membres ou sympathisants du PCF, une compréhension qui conjugue les leçons de Mai 68, de mars 1978 et de la Pologne. Un pas en avant décisif serait alors franchi dans la construction du parti révolutionnaire.

Jeannette HABEL Paris, le 29 janvier 1981. 21. Une enquéte électorale menée Service central de documentation du PCF situeélectoral du Parti entre 10 et 11 %, selon le Canard enchafné, 13 janvier 1982.

22. Le Monde, 22 décembre 1981. 6 janvier 1982, demande un compte-rendu de mandat de la direction et propose de ne pas retenir la candidature de Georges Marchais au poste de secrétaire général ...

24. G. Enaud, Nantes, l'Humanité, 19 jan25. Qualificatif donné au courant du PC catalan qui s'est opposé à Santiago Carrillo

G. Godbert, l'Humanité, 6 janvier 1982.

27. Révolution. hebdomadaire du PCF, 15 novembre 1981.

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