Inprecor 1974–2004

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PANAMA

USA, bas les pattes devant Panama !

· Inprecor n° 12, 15 septembre 1977 · p. 13 · 508 mots

Amérique centrale

Nous publions ci-dessous une déclaration de Catarino Garza candidat du Socialist Workers Party (SWP- Parti socialiste des travailleurs) à l'élection du maire de la ville de New York. Elle exprime la position du SWP sur le problème de Panama. Depuis que le Président Théodore Roosevelt a mis la main sur le canal de Panama en 1903, la politique américaine y a montré a nu le visage de l'impérialisme le plus arrogant, raciste et militariste en Amérique Latine. A présent, le Président Carter espère que son nouveau traité sur le canal va mettre sur ce visage un sourire à pleines dents. Il pense y parvenir en supprimant les clauses de l'ancien traité qui assuraient aux US A une domination "à perpétuité" sur le canal. Un contrôle colonial aussi exorbitant est profondément haî par les masses panaméennes et à travers toute l'Amérique Latine. Mais en fait le nouvel arrangement de Carter ne fait que perpétuer la domination US par des moyens plus "modernes" L'une des clauses garantit, à jamais, le "droit" pour Washington d'intervenir pour assurer la "neutralité" du canal. Quelques politiciens de l'aile droite montent une campagne contre le nouveau traité de Carter. Mais c'est là une querelle sans objet. Les politiciens capitalistes des deux côtés ne divergent que sur la meilleure façon de protéger les intérêts économiques et militaires des USA à Panama. Savoir lequel de ces deux tas de gredins prendra le dessus sur l'autre n'a aucun intérêt pour les travailleurs des Etats-Unis. Des deux côtés nos salaires seront attaqués comme notre emploi ou les droits démocratiques, aussi sûrement qu'ils le font pour le droit à l'autodétermination de nos frères et sœurs d'Amérique Latine. Eisenhower ne fit pas autre chose quand il déclencha le renversement du gouvernement Arbenz au Guatémala en 1954. Kennedy ne faisait pas autre chose quand il organisa l'invasion de la baie des Cochons contre le Cuba de Castro C'est aussi ce que fit Lyndon Johnson quand il envoya des troupes en république Dominicaine en 1965. C'est aussi ce que faisait Nixon quand il travaillait à la chute du gouvernement Allende au Chili en 1973. Et c'est ce que tous les présidents - qu'ils soient démocrates ou républicains - ont fait, en écrasant du talon de l'oncle Sam le cou du peuple portoricain. S'opposant aux machinations de ces grands affairistes politiciens, le SWP propose un plan qui ne comporte qu'un seul point: USA, bas les pattes devant Panama ! Ces politiciens capitalistes avaient pu créer la même confusion dans les premiers temps de la guerre du Vietnam. Mais en éduquant le peuple américain sur l'injustice de la politique US au Vietnam, le mouvement antiguerre de ce pays a réussi à rallier la majorité de la population à ses positions. Ce mouvement - par des rassemblements, des piquets et des manifestations de rue massives - est devenu assez fort pour lier les mains de Washington au Vietnam. Notre combat contre les fauteurs de guerre se mène ici, chez nous, pas contre nos frères et sœurs panaméens qui luttent pour se libérer de la domination étrangère.

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