FRANCE importantes mobilisations au sein de l'armée Le samedi 3 février, à la Bourse du travail de Paris, une dizaine de soldats en uniforme ont rendu public, à visage découvert, un appel deja signe par plus de 1000 de leurs camarades dans une soixantaine de bases et de casernes. Regroupés dans un collectif national de campaavec le soutien nombreuses organisations syndicales, politiques et démocratiques, les soldats ne veulent pas que le changement s'arrête à la porte des
Ils expliquent : « En votant massivement pour François Mitterrand, avons contribué à la défaite de Giscard d'Estaing, en particulier pour que le changement pénètre jusque dans les casernes. Une bonne partie de la hiérarchie militaire s'y oppose. Nous sommes tou jours considérés, huit mois après, comme des citoyens de seconde zone par des généraux mis en place par Valéry Giscard d'Estaing et l'ancienne majorité. C'est cela qui explique la colère des soldats du rang, appelés et engagés. » Ils lancent un avertissement très ferme à l'intention des chefs militaires : « Tous les battus du 10 mai, et parmi eux l'essentiel de la hiérarchie militaire, se trompent s'ils croient venu le temps de la revanche. » expliquent-ils, il y en a deux qui sont des exigences minimales, ressenties par tous comme très urgentes pour que la jeunesse déçue ne se détourne pas du changement: la réduction de moitié du service militaire comme l'avait promis François Mitterrand, et les mêmes droits d'information, d'expression et d'organisation pour tous les citoyens, qu'ils soient ou non sous les drapeaux. »
La hiérarchie militaire n'a pas tardé à réagir en emprisonnant plusieurs des par ticipants à la conférence de presse du 13 février, dont un officier du contingent. Mais les activistes de droite et d'extrême droite ne sont pas en mesure de faire ce qu'ils veulent contre les soldats du rang parce que ceux-ci bénéficient d'un large soutien unitaire dans le mouvement ouvrier et la jeunesse. En outre, cette mobilisation dans l'armée se développe parallèlement à la multiplication des lut tes dans les entreprises à propos de la réduction du temps de travail. Les soldats du collectif conscients : « Les travailleurs se battent sur un thème qui nous est commun : les généraux, les patrons et la droite s'y opposent ne change rien à cette impérieuse nécessité. »
En fait, les questions qu'ils soulèvent sont en passe de devenir un problème politique à part entière ; toute la presse, à l'exception de la télévision, a rendu compte de leur initiative. Le gouvernement ne pourra pas se dérober, d'autant que les soldats ont demandé de rencontrer le ministre socialiste de la Défense, Charles Hernu. Entre les exigences sous l'uniforme, et celles des généraux, il faudra choisir clairement. Tel est l'enjeu le plus important de cette mobilisation massive des soldats. C'est pourquoi la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) ont décidé de jeter toutes leurs forces dans la bataille, avec d'autres orgadémocratiques, pour le soutien de cette campagne du mouvement des soldats.