SENEGAL Légalisation de l'OST
Le journal légal Combat ouvrier, qui se présente comme un bulletin d'information et d'opinion politiques (adresse provisoire : numéro 1037 HLM IV, Dakar, Sénégal) commente, dans son dernier numéro, la demande de légalisation de l'Organisation socialiste des travailleurs (OST).
Dans un éditorial titré « Sur la voie parti révolutionnaire », Combat ouvrier note : « Les marxistes révolutionnaires sénégalais, sur la base de l'analyse de la situation politique dans notre pays et dans la perspective stratégique de la construction du parti révolutionnaire, ont décidé de créer l'Organisation socialiste des travailleurs (OST). »
Définissant le contexte politique de Pa ouverture » démocratique impulsée par le président de la République Abdou Diouf - qui a succédé à Léopold Sédar Senghor — et l'impérialisme, Combat ouvrier précise : « Nous ne nous faisons aucune illusion sur l'ouverture démocratique actuelle. Nous savons que le gouvernement cherchera à la remettre en cause - y compris par une répression sanglante - dès qu'il sentira que le degré de combativite, d'organisation et de conscience des travailleurs et de leur avant-garde commencera à le menacer. » Néanmoins, poursuit Combat ouvrier, « les révolutionnaires ne se complaisent pas dans la clandestinité. C'est une situation qui leur a été imposée par le rapport des forces entre les classes. Chaque fois qu'une possibilité de déploiement légal s'offre, il faut l'exploiter. C'est dans ce sens qu'a été décidée la création de
Cette organisation sort pas du néant, « son existence aujourd'hui est le produit de l'activité que le mouvement trotskyste - à travers le GOR (Groupe ouvrier révolutionnaire) - a déployée pendant des années dans la clandestini-
A ceux qui s'interrogent sur la démarche de légalisation de l'OST, après les organisations fait demande, Combat ouvrier répond que « pour les trotskystes, un parti c'est avant tout un programme. S'ils se constituent en organisation politique distincte, c'est parce qu'ils sont convaincus que leur programme - celui de la conquête révolutionnaire du pouvoir par la classe ouvrière — est le seul qui corresponde aux intérêts véritables des masses laborieuses, le qui permette de défaire l'impérialisme. En disant cela, ils ne font pas de l'autoproclamation. Il leur appartient de faire la preuve dans la pratique de la justesse de leur programme. C'est là l'engagement qu'ils prennent. »
Depuis la publication, il y a déjà quelque trois mois, du premier numéro
(numéro zéro) de Combat ouvrier, I' OST a obtenu sa légalisation. Elle diffuse aujourd'hui un Manifeste dans lequel, au terme d'une longue analyse présentant ses perspectives stratégiques, elle précise: « L'OST est solidaire du combat politique de la IVe Internationale. L'OST œuvre ainsi à l'avènement des Etats-Unis socialistes d'Afrique, maillon de la République universelle des conseils vriers et paysans. »
Parmi les premières initiatives rOST, qui entendent trancher avec l'inaction des organisations déjà légalisées face aux problèmes fondamentaux des masses exploitées, il y a la publication d'une déclaration diffusée le 13 février lors d'un meeting de l'organisation nationaliste pe. tite-bourgeoise Rassemblement national démocratique (RND). Dans ce document, l'OST appelle toutes les formations qui se réclament du combat des masses travailleuses à lutter pour un « Front d'action pour la défense de l'emploi et du pouvoir