Feu le Comité international
En septembre 1979, le Comité d'organisation pour la reconstruction de la IVe Internationale (CORQI), dirigé par Pierre Lambert, et la Fraction bolchevique (dirigée par Nahuel Moreno), organisaient en commun une scission contre la IVe Internationale. Ils formaient ensemble un « Comité paritaire » pour préparer « une Conférence mondiale ouverte ». En décembre 1980, après une campagne contre la répression ... au Nicaragua (!), le Comité paritaire tenait une Conférence, non plus ouverte, mais de fondation d'un
L'INTERNATIONALE nouveau centre international: le Comité international (IVe Internationale).
La presse du Comité international saluait aussitôt emphatiquement sa propre naissance comme l'événement le plus important depuis la formation de la Ille Internationale en mars 1919, et les thèses adoptées comme le document le plus important depuis le Programme de transition de 1938.
Le Comité international aura vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un printemps. En septembre 1981, Nahuel Moreno accusait publiquement Pierre Lambert de « capituler en France devant le Front populaire », et en novembre, c'était une nouvelle scission.
Cet éclatement n'a rien de surprenant. Il était inserit dans l'acte de naissance du Comité international que avions caractérisée comme une opération sans principe menée contre la IVe Internationale et sur le dos de la révolution nicaraguayenne. Une défaite de la révolution aurait pu donner un semblant de justification à ce rassemblement sectaire et lui accorder un sursis. La poursuite et l'approfondissement de la révolution l'a condamné à une nouvelle dispersion. Rien d'étonnant à ce que la discussion sur la révolution coloniale et le Front unique anti-impérialiste (FUA) soit au centre des polémiques entre Nahuel Moreno et Pierre Lambert.
En outre, une politique sectaire va toujours de pair avec un régime organisationnel sectaire et antidémocratique. Sur ce terrain, Nahuel Moreno et Pierre Lambert ne manquent pas d'arguments pour s'accuser mutuellement de « méthodes staliniennes » et de refus du débat.
DEUX NOUVELLES
FRACTIONS INTERNATIONALES
Les fractions issues de la dislocation du Comité international ont entrepris leur réorganisation. Les organisations anciennement regroupées pour la plupart dans le CORQI se sont retrouvées le 21 décembre 1981. Sur les vingt-huit pays officiel. lement représentés, deux organisations émergent de loin comme les plus significatives, le Parti communiste internationaliste (PCI, ex-OCI) en France et l'Organisation socialiste internationaliste (OSI) au Brésil.
Be regroupement a pris le nom de Centre international de reconstruction (IVe Internationale) ou CIRQI. Il a commencé la publication mensuelle d'un organe intitulé Tribune internationale.
Le CIRQI annonce la tenue d'une Conférence en juillet 1982, avec à l'ordre du jour la révolution mondiale, la Pologne et la révolution politique, la France et le Front populaire, le Front unique anti-
impérialiste (FUA) et le Front unique ou-
De leur côté, les organisations anciennement regroupées dans la Fraction bolchevique ont tenu leur propre réunion en Colombie, à Bogota, le 5 janvier 1982. Cette réunion était initialement convoquée pour prendre la défense politique du dirigeant révolutionnaire péruvien Ricardo Napuri, ancien dirigeant du CORQI, aujourd'hui accusé par ses anciens camarades d'avoir « capitulé devant la bourgeoisie péruvienne ». La réunion s'est transformée en cours de route en Conférence de fondation d'un nouveau centre international qui a pris le nom de Ligue internationale des travailleurs (LIT) et publie un mensuel, Courrier international. Les deux sections nationales de loin les plus représentatives de ce regroupement sont le Parti socialiste des travailleurs (PST) argentin et la Convergence socialiste (CS) du Brésil.
civile », le CIR QI et la LIT conservent un point d'accord au moins : le Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale serait une organiincompatible avec le trotskysme orthodoxe que chaque regroupement prétend incarner en exclusivité. processus de dislocation, l'éclatement rapide du Comité international a engendré des fractures et des éclats spécifiques à l'échelle nationale dans certains pays.
Ainsi, au Pérou, sénateur, a démissionné du Parti ouvrier marxiste-révolutionnaire (POMR) et du même coup du CIRQI. Il a fondé un POMR (U) qui regroupe l'essentiel des forces de l'ancien POMR. Ancien dirigeant du CORQI lui aussi, le secrétaire général de l'organisation vénézuélienne du Comité international, publiquement solidarisé avec Ricardo Napuri, et le Parti socialiste des travailleurs (PST) vénézuélien n'apparaît plus dans la liste - pourtant peu regardante - des organisations fondatrices du CIRQI.
D'un autre côté, le principal dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) colombien, Camilo Gonzales, a été exclu de cette organisation en raison de ses désaccords avec Nahuel Moreno. Un dirigeant du PST argentin, Ruben Ribera, s'est solidarité avec lui et Camilo Gonzales a fondé en Colombie une Convergence socialiste (CS) qui regroupe l'essentiel des forces de l'ancien PST, réduit à sa plus simple expression (il n'a plus de presse de-
REFUS DE SOUTENIR LA CAMPAGNE DU PRT MEXICAIN Le numéro 1 de Courrier international (LIT) contient une furieuse attaque contre le CIRQI et le Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale, accusés à part égales - d'avoir « capitulé devant la bureaucratie polonaise » en ne lançant pas le mot d'ordre d'Assemblée
Les numéros 1 et 2 de Tribune internationale (CIRQI) contiennent un abondant matériel de discussion sur la question du Front unique anti-impérialiste (FUA), remarquable cependant par concrets les plus épineux : le bilan de l'Alliance révolutionnaire de gauche (ARI) lors des élections générales de mai 1980 au Pérou, ou aux leçons de la révolution en Amérique centrale.
A noter, à propos du Mexique, que le CIRQI comme la LIT se gardent bien de soutenir la campagne révolutionnaire du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), la section mexicaine de la IVe Internationale, pour les prochaines élections.
Dans son numéro 1, Tribune internationale écrit en effet : « Les dirigeants du PRT dénoncent le candidat du Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM) comme réformiste tandis que les dirigeants du l'impossibilité présenter un candidat unique, c'est-à-dire de réaliser l'unité parce que les candidats stratégiques différents. Les masses travailleuses ont pour la première fois la possibilité de présenter légalement des candidats aux élections nationales, et cependant la campagne que mènent le PSUM et le PRT œuvre objectivement comme un élément de confusion et de dispersion en s'opposant à la présentation d'un candidat unique indépendant de la bourgeoisie. » Le PRT, qui défend une ligne d'indépendance de classe et soutient activement la classe ouvrière polonaise contre la bureaucratie est ainsi accusé de division et renvoyé dos-à-dos avec les staliniens du PSUM qui prêchent la collaboration de classe et soutiennent ouvertement le général Jaruzelsky. Une petite minorité de la Ligue ouvrière (LOM), le groupe mexicain du CIRQI, a cependant décidé de soutenir la campagne
De son côté, le Parti ouvrier socialiste (POS), groupe mexicain de la LIT, a signé, à grand renfort de publicité, une déclaration commune avec le PSUM, dans laquelle il appelle à voter pour ce dernier, contre la candidature révolutionnaire du PRT. Le POS a également perdu un nombre important de ses militants, dont cerItains font campagne avec le PRT ...