COLOMBIE Mauvais résultats de la gauche aux élections générales
5 millions de Colombiens sur les 13 millions d'électeurs inserits — soit une participation de 38 %, sensiblement plus élevée que celle qui était prévue déplacés pour voter le lors des élections générales, régionales et locales. Les jours précédant l'échéance électorale ont été caractérisés par une accentuation de la pression des initiatives militaires du M-19 (Mouvement du 19 avril) - l'une d'entre elles ayant même eu lieu contre le palais présidentiel + et par une escalade des crimes perpétrés par la bande parapolicière du MAS (« Muerte a los secuestradores »). Le 14 mars, le pays se trouvait pratiquement en état de siège, occupé militairement, ce qui est un véritable symbole de la situation politique colombienne. Les résultats des élections vont contribuer à aggraver cette situation. Les élections présidentielles du 30 mai prochain vont se dérouler dans une situation très tendue.
Dans le camp de la bourgeoisie, les trois principales listes ont obtenu les résultats suivants:
- Parti libéral (Alfonso Lopez Michelsen) : 1 800 000 votes (36%) ;
- Parti conservateur (Belisario Betancourt) : 1 700 000 votes (34%) ;
- « Nouveau libéralisme », du candidat présidentiel « dissident » du Parti libéral (Luis Carlos Galan) : 530 000 voix
Ainsi, le Parti libéral seul serait pratiquement assuré de la victoire aux présidentielles s'il parvenait à dépasser sa division actuelle. Mais le candidat « dissident », Luis Carlos Galan, qui a obtenu un important succès dans la capitale, Bogota, ne semble pas disposé pour le moment à se retirer. Aux conflits entre les différentes formations politiques, il faut ajouter ceux qui existent entre les secteurs de la hiérarchie militaire qui appuient l'un ou l'autre des candidats, sans oublier naturellement ceux qui proposent la « candidature » propre de l'armée à la direction politique du pays. Les négociations, manœuvres, etc., qui vont intervenir au cours des prochaines semaines vont approfondir la crise du système bipartite, qui s'est reflétée dans les élections elles-
Mais le problème le plus grave posé par ces élections est le résultat de la gau-
NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE che. 70 000 voix (1,4%) seulement, toutes les candidatures confondues, un chiffre très faible, bien en-dessous de ce qui était prévu, même si certains résultats locaux sont remarquables. Par exemple, à Bogota-Cundinamarca, les listes du Parti communiste colombien (PCC) ont obtenu près de 22 000 voix ; celles de « Unidad de Izquierda Democratica » - à laquelle participait le Parti socialiste révolutionnaire (PSR), la section colombienne de la IVe Internationale - quelque 4 000 voix. Le PCC a perdu une partie considérable de ses sièges de parlementaires et de ses charges au niveau des municipalités et des régions. Le candidat de la gauche aux prochaines élections présidentielles, Gerardo Molina, a obtenu 24 000 voix pour l'élection au Sénat et il est peu probable qu'il obtienne ce poste, ce qui compromettra gravement les possibilités de sa candidature pour les présidentielles.
Il va désormais être très complexe de poursuivre la campagne unitaire autour de Gerardo Molina. Il est probable, par exemple, que le PCC se « réoriente » vers un appui à Luis Carlos Galan, ou y compris au candidat officiel du Parti libéral, Alfonso Lopez Michelsen, au nom du « vote utile », tout spécialement néfaste en Colombie.
De toute manière, ces dernières expériences unitaires, et la campagne électorale plus généralement, vont néanmoins permettre au PSR d'avancer dans la conquête de l'indépendance politique des travailleurs et dans la construction du Parti ré. volutionnaire, deux éléments dont l'absence a dramatiquement été mise en évidence par les résultats des élections et l'ensemble de la situation en Colombie.