Inprecor 1974–2004

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MATIÈRES PREMIÈRES

Produits miniers : la grande peur des stratèges occidentaux

· Inprecor n° 124, 23 avril 1982 · p. 23-27 · 3 913 mots

Afrique australe URSS et Russie Afrique Philippines et Asie du Sud-Est

Se qu'etait le petrole au debut des annees 10 -

›soit un produit essentiel tourni en petites quar tités, dans une conjoncture de demande ascendante et d'accélération des prix →, les métaux stratégiques le deviendront dans les années 80. Et, alors qu'il est possible de fabriquer du C. JANE

Voilà une prédiction particulièrement intéressante, en elle-même, et qui prend tout son sel si l'on précise qu'elle est tirée de la très sérieuse "Strategics Review" revue trimestrielle américaine - semiconfidentielle, vu son prix - qui s adresse aussi bien aux politiciens et aux hommes d'affaires qu'aux militaires US

A la crise pétrolière, explique en substance le Général Alton D. Slay (ancien commandant du "Air Force Systems Command**) dans le numéro suivant de la même revue, succédera immanquablement une "bataille des métaux" qui pourrait s'avérer plus grave encore que la précédente.

Curieusement, ce pessimisme prospectif tranche sur un autre pessimisme, bien actuel et mieux connu : celui des mineurs. La fermeture des mines, avec son cortège de licenciements, et la crise de la sidérureuropéenne posent des problèmes sociaux autrement plus tangibles.

L'énigme semble soudain absurde y aurait-il trop, ou trop peu, de ressources minières dans le monde ? S'achemine-t-on vers un épuisement du sous-sol terrestre ? A cette dernière question, les géologues répondent par un "NON" massif. Car il y a très peu de risque "théorique" de pénurie : le sous-sol de très nombreuses régions du monde, que ce soit en Afrique, en Chine ou dans l'Antarctique est encore pratiquement "vierge" , inexploré. Et les techniques de prospection se sont notablement améliorées ces dernières années (voir les techniques off shore mises au point à la faveur des hausses des hydrocarbures).

D'où vient donc cette grande peur du monde occidental face à la très hypothétique hypothèse d'un manque en matières premières minérales non énergétiques (c'est-à-dire en excluant le charbon, le pétrole, le gaz ou l'uranium) ? Car il faut préciser que l'inquiétude américaine citée en introduction est largement partagée en Europe. D'autant plus que les américains ne sont pas, loin de là, les plus mal lotis en la matière : ils n'importent que 10 à

One prendre que tant, impossible nateur, un jet et, fuel synthétique, 15 pour cent des produits miniers qu'ils consomment, contre 75 pour cent pour l'Europe et 90 pour cent pour le Japon.

En Europe même, les cris d'arlarme se multiplient : la Communauté européenne appelle à une intensification des investissements miniers (sans avoir d'ailleurs les moyens de peser sur les compagnies minières) et le groupe de travail spécialisé du huitième Plan français titre sans ambiguité : *La France est vulnérable, mais elle n'a pas conscience de sa vulnérabilité"

Une analyse sur longue période nous permettra de voir que la production minière stagne, depuis 1973, d'une manière que la crise, à elle seule, ne suffit pas à expliquer. De même, la chute brutale de certains cours ne saurait être justifiée par la simple faiblesse de la demande. La question semblerait d'ailleurs insoluble si l'on ne mettait pas, en parallèle, la volonté des grands groupes industriels de comprimer les prix de leurs approvisionnements en matières premières et la réduction de la production minière mondiale à la production des mines les plus rentables, celles qui présentent la plus forte rente différentielle.

Cette politique à courte vue se trouve accentuée - sur le plan des investissements - par deux phénomènes étroitement imbriqués l'un dans l'autre : sur une longue période, l'intensité capitalistique s'accroît, dans le secteur minier, et le taux de profit diminue au moment où les capitalistes, individuellement, hésitent de plus en plus, pour des raisons politiques, à investir dans les mines du Tiers Monde.

Stagnation sans précédent des tonnages produits

De 1973 à 1978, la valeur de la production minière mondiale (y compris les produits énergétiques)

cent, soit une croissance annuelle de l'ordre de 15 pour cent. De 1950 à 1978, elle a été multipliée par 7.

En fait, cette croissance n'est qu'apparente : elle est due, pour l'essentiel, à la

MATIÈRES PREMIÈRES la science ne connaît pas de substituts adéquats au chrome, au manganese, au cobalt ou au titane, pour quelques exemples. Sans eux pourde construire une voiture, un ordiencore moins, un missile militaire." variation - en prix constants - des

En effet, la croissance de la production, en tonnes, depuis 1950, fois moins rapide que la croissance de la valeur de la production. Et les produits énergétiques sont les seuls responsables de cette faible augmentation en volume : les minerais métalliques n'ont, eux, connu aucune croissance de 1973 à 1978.

Les augmentations en tonnages de la bauxite, de l'argent et du zinc ont été compensées par les diminutions du nickel et de l'or, tandis que la production de minerai de fer restait stable

Si l'on analyse l'évolution de la production minière en longue période (tous produits confondus, y compris les produits énergétiques) on s'aperçoit que la chute du rythme de croissance enregistré depuis 1974 présente une rupture brutale par rapport aux décennies précédentes. En effet, les croissances annuelles, en volume, ont été :

- De 4 pour cent par an entre 1800 et 1910 (soit une multiplication par 83 au et To 2 pour en per an, entre 1910

- De 5,2 pour cent par an entre 1950 et 1973 (ce taux correspondrait à une multiplication par environ s'il se poursuivait sur un siècle).

- De 1,9 pour cent de 1973 à 1978.

On s'aperçoit que la est anormalement profonde, quée encore que celle des années 1910 à guerres mondiales et la grande crise de 29.

Stagnation anormale des prix

Alors qu'à la suite du pétrole les prix miniers énergétiques s'élevaient, les prix des minerais métalliques stagnent, depuis 1974.

Mais on ne saurait, pour autant, expliquer mécaniquement la stagnation des prix par la stagnation des tonnages due, à un ralentissement de la demande imputable à la crise.

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Car cette situation générale recouvre des évolutions très diverses, d'un produit

De 1973 à 1978, la production de cobalt a baissé (- 3 pour cent) tandis que son prix s'élevait (+ 179 pour cent); la production de magnésite stagnait (0 pour cent) tandis que son prix augmentait; à l'inverse, la production de rutile augmentait (+ 1244 pour cent) tandis que son prix baissait (- 14 pour cent sur la même

De 1973 à 1978, huit substances ont vu diminuer la valeur de leur production (tonnage multiplié par prix). Mais, cela, pour des raisons sensiblement différentes:

- Le cuivre, le zinc et le rutile ont connu une forte baisse de leur prix unitaire, baisse qui n'a pu être compensée par la hausse (très modérée pour le cuivre) des tonnages produits.

spath-fluor ont vu leurs tonnages baisser alors que leurs prix réels restaient stables.

- Le nickel, les nitrates et le mercure ont subi une baisse conjointe des tonnages produits et des prix unitaires en dollars constants.

Ces trois derniers produits - les seuls, notons-le bien, dont l'évolution semble réductible à la simple application de la "loi de l'offre et de la demande" doivent, en fait, leur recul à des causes très spécifiques : l'emploi du mercure a reculé en raison des restrictions imposées par sa toxicité; les nitrates naturels sont concurrencés par les produits de la chimie de l'azote; le nickel a subi le contrecoup d'une grande grève chez son principal pro ducteur (Canada) alors que les pays consommateurs avaient la possibilité de vivre sur leurs stocks.

La loi de la valeur dans les mines

Ces diverses évolutions des tonnages et des prix seraient incompréhensibles si l'on ne tenait pas compte de la loi de la valeur. En clair, les cas où les prix s'élèvent tandis que la demande stagne ne peuvent s'expliquer que par les conditions de la production : cas où l'épuisement des gisements à hautes teneurs, par exemple, impose, même sans hausse de la demande, le recours à des gisements moins rentables. A l'inverse, une forte augmentation de la demande peut s'accompagner d'une baisse des prix suite à la mise en exploitation d'une mine très automatisée, à ciel ou-

La stagnation des prix des produits miniers s'explique donc, pour l'essentiel, par le fait que ces prix sont actuellement déterminés par les mines les plus rentables, celles qui présentent la plus forte rente différentielle.

Les principaux producteurs de produits miniers non énergétiques sont (mise à part l'URSS en première position avec 20,7 pour cent du total mondial) : les USA (14,1 pour cent), l'Afrique du Sud (11 pour cent) et le Canada (7,2 pour cent) suivi de l'Australie. Il s'agit de pays mines, sont particulièrement élevés et ou les frais de transports sont limités (USA, Canada) à moins que ce handicap ne soit compensé par une surexploitation effrénée de la main-d'oeuvre (Afrique du Sud,

L'industrie des pays développés se satisfait de cette situation dans la mesure où elle paie, pour l'instant, à très bas prix, l'essentiel des matières premières qu'elle consomme. Comme on constate une intégration verticale de plus en plus poussée des grands groupes miniers aux grands groupes métallurgiques, à l'intérieur des pays leaders (USA bien sür mais aussi Grande-Bretagne et Afrique du Sud), on peut également affirmer que joue, une volonté affirmée de sous-facturation interne : les industries maintiennent le prix de leurs approvisionnements au taux le plus bas possible (ce qui désavantage les pays capitalistes sous-développés producteurs) et les groupes intégrés se rattrapent sur les plus-values industrielles.

Il n'empêche que ce raisonnement du profit maximum, à court terme, porte en lui-même sa propre contradiction. Car la baisse ou la simple stagnation des prix, au moment où l'intensité nécessaire à la mise en exploitation d'une mine augmente, tend à réduire considérablement le volume global des investissements miniers nécessaires au monde occi-

Recul du taux de profit

Le taux de profit est actuellement des plus restreints, dans le secteur minier non énergétique (l'or mis à part). On appelle "intensité capitalistique" le rapport de l'investissement unitaire (calcul du nombre de dollars nécessaire à la production d'une tonne de minerais par an) sur la valeur unitaire (le prix de la tonne en ques-

"intensité capitalistique" est beaucoup plus élevée (proche de 3, parfois nettement supérieure) dans le secteur minier que dans l'industrie manufacturière, par exemple, où elle est proche de 1. Si l'on se place dans une perspective historique, on remarque, de surcroît, que ce ratio présente une tendance continue à la hausse et que cette tendance s'accélère.

En outre, la croissance du montant des investissements unitaires - qui oblige à une plus forte concentration du capital au départ du projet - est supérieure au taux d'inflation mondial.

D'une part, les teneurs des minerais produits dans les pays développés (USA notamment) tendent à la baisse; d'autre part les mines à haute teneur des pays en voie de développement nécessitent des infrastructures d'accompagnement (chemins de fer, ports minéraliers...) particuminier ne peut pas, non plus, être calculée à court ou moyen terme : il faut dix ans environ entre la première étude de "faisabilité" et l'ouverture d'une mine (un peu toutes les infrastructures sont déjà en place).

La contradiction apparaît donc crûment. Bien que les industries capitalistes, et, en premier lieu, les industries d'armement, aient un besoin vital d'assurer leurs approvisionnements, les capitalistes, pris individuellement, n'ont aucun intérêt immédiat à investir massivement dans le secteur minier (sauf quelques rares excep-

Comme on va le voir, le montant des investissements reste très nettement inférieur au montant des investissements indispensables.

Inquiétudes sur l'avenir de l'approvisionnement mondial

Diverses études (1) permettent d'estimer le montant des capitaux nécessaires pour maintenir et renouveler les capacités minières actuelles des pays capitalistes,

Les besoins en minerais supposent, ainsi, des investissements annuels de l'ordre de 12 à 14 milliards de dollars (1978) jusqu'en 1985. Divers rapprochements conduisent aussi à estimer que les investissements à réaliser, chaque s'élever à 15 pour cent environ des productions en valeur.

Or, depuis 1976, très peu de mines ont

Seuls 2 milliards de dollars (un sixième des besoins !) ont été investis, en moyenne, ces dernières années. Selon le groupe de travail du plan français : "// y a lieu de nourrir quelques inquiétudes sur l'avenir de l'approvisionnement mon-

La situation européenne plus préoccupante : un groupe de sociétés estime, ainsi, à 2,8 milliards de dollars le flux nécessaire pour assurer l'approvisionnement européen en métaux non ferreux. Par d'autres approches incluant le minerai de fer, on obtient un chiffre de 3,1 à 5 milliards de dollars.

Si l'on examine, sur les six dernières années, les investissements réalisés par les groupes miniers européens, on s'aperçoit qu'ils n'ont représenté que 29 pour cent du montant total nécessaire, dans les meilleures années, mais le plus souvent, qu'un peu plus de 10 pour cent seule-

"Il faut donc, conclut le groupe de travail du Plan, craindre tres fortement un recul prononcé des investissements issus d'intérêts européens. "

Tiers Monde : chute des investissements miniers

Si l'insuffisance des investissements miniers est générale - quelles que soient l'origine du capital ou sa destination -, elle est particulièrement prononcée dans le "Tiers Monde". Bien que ces pays détiennent 45 pour cent des réserves mondiales connues (et probablement coup plus vu la faiblesse des prospections déjà réalisées), ils ne produisent que 30 pour cent du tonnage mondial en mine"Matières de base, approvisionnement et compétitivité" du VIllème plan français.

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En 1975, la Banque Mondiale estimait que 50 pour cent des investissements nouveaux en exploration et exploitation minières devraient s'orienter vers les pays capitalistes sous-développés. Il n'en a rien été : ceux-ci ne reçoivent que 10 pour cent environ des investissements américains et moins de 20 pour cent des investissements européens.

Au sein des pays capitalistes développés, l'Afrique est particulièrement défavorisée. A l'exception du pétrole et de l'uranium (produits énergétiques) les dépenses d'exploration sont pratiquement tombées à 0, de 1976 à 1979, en Afrique noire (ensemble de l'Afrique sub-saharienne, Namibie et Afrique du Sud exclues).

En ce qui concerne les métaux de base (cuivre, plomb, zinc, étain) on assiste à un déclin relatif de la production africaine; pour certaines substances, la production est arrêtée (potasse) ou très limitée (or, nickel) bien que des ressources très importantes aient été indentifiées. En général, le taux de production de l'Afrique noire (par rapport à la production mondiale) est nettement inférieur à sa part dans le total des réserves mondiales connues.

Les seuls pays en développement qui échappent partiellement à cette règle sont situés hors d'Afrique et présentent des conditions bien particulières : il s'agit du Brésil (pour le fer notamment) (2) et du Chili (pour le cuivre).

Un impérialisme frileux

Certaines compagnies minières expliquent leurs réserves à l'égard des pays capitalistes sous-développés par la crainte de se voir appliquer, en Afrique ou en Amérique latine, des législations

You une fiscalité particulièrement Mais celles qui se sont tournées, fidèles à cette logique, vers les pays développés ont connu des déboires encore plus cuisants sur ce point. C'est ainsı que les compagnies françaises ayant investi au Canada se sont vu appliquer des règlements beaucoup plus draconiens que ceux auxquels elles étaient habituées, en faiblesse des investissements miniers dans le Tiers Monde peut aussi s'expliquer par le fait que certains gisements sont difficiles d'accès, régions enclavées. Mais ce raisonnement ne saurait s'appliquer à tous les gisements, certains étant proches de la mer ou présentant une teneur assez forte pour concurrencer valablement des projets à plus faible teneur conçus dans les pays déve-

Reste, beaucoup plus crûment, la question du risque politique. Les capitalistes - pris individuellement - agissent comme s'ils n'avaient qu'une confiance mitigée dans le pouvoir et la force de leur propre impérialisme. Les événements du Shaba (Zaïre) sont encore dans toutes les mémoires. Bien que les légionnaires français aient réduit la guérilla en un très petit laps de temps, la panique s'est emparée du marché du cobalt (la province du

Shaba produit 65 pour cent de la production mondiale de cette substance stratégique). En quelques jours, le prix de la livre de cobalt est passé de 6,40 dollars à 45 dollars sur le "marché spot"

Que l'impérialisme assure la sauvegarde des ressources minérales identifiées (ou probables) est une chose. Investir sur gisements, dans ces mêmes régions d'Afrique ou d'Amérique latine en est une autre... Les capitalistes se méfient des effets induits de l'ouverture d'une mine sur le paysage politique d'un

Impérialisme et compagnies minières voient dans la prospection, et plus encore dans la mise en exploitation de certains gisements, un risque supplémentaire qu'ils ne tiennent pas forcément à courir : qui sait si la révélation de richesses enfouies ne finirait pas par échauffer les esprits, par engendrer des revendications nationalistes, ou, pire, ouvertement révolutionnaires ! D'autant plus que qui dit mines dit aussi mineurs, d'où la nécessité - à chaque décision. de mise en exploitation - d'ajouter, au coût de production proprement dit, le coût du contrôle de cette nouvelle force ouvrière... (3)

Poids déterminant de l'Afrique du Sud

Dans le secteur minier, l'Afrique du Sud fait, à tout point de vue, figure d'exception. Elle ne se contente pas de produire 11 pour cent de la production mondiale en substances non énergétiques : elle accroît cette part, d'année en année : de 1979 à 1980, la valeur de la production minière s'est élevée de 50 pour cent (dont les deux tiers dus à ses ventes d'or). De sources bien informées on s'attend à une augmentation des capacités de production pour les diamants, le platine, l'argent et plomb, le zinc, le cuivre, le titane, les zircons et le rutile ainsi que pour les ferro-alliages : ferro-chrome et ferro-

Des investissements d'extension des mines existantes ou d'ouverture de nouvelles mines sont programmés; ils devraient atteindre 12 milliards de rands, de 1981 à 1985.

sud-africaines et étrangères (USA, Grande-Bretagne, Pays-Bas...) continuent donc d'investir massivement en Afrique du Sud. Pourtant, les "risques n'y sont pas négligeables ! Mais les intérêts accumulés sont tels que les capitalistes s'attendent à une défense farouche et coordonnée par l'impérialisme et la bourgeoisie blanche de ce bastion de la domination impérialiste et de l'apar-

La dépendance physique de l'occident capitaliste à l'égard de l'Afrique du Sud est démesurée pour certaines substances, dont des substances hautement stratégiques : sans parler de l'uranium, on peut le cas du platine, du chrome, vanadium dont ce pays est, avec l'URSS, producteur important dans le monde.

La dépendance européenne à l'égard de l'Afrique du Sud est peut-être encore plus marquée puisque les compagnies minières britanniques, les premières d'Europe (RTZ, Charter, Selection Trust, Goldfields...) sont étroitement liées à ce pays : on calcule ainsi que plus de la moitié de leur domaine minier dans le monde est concentré en Afrique du Sud

La politique US des stocks :

L'inquiétude américaine, surtout l'égard des métaux stratégiques, conduit à la définition d'une politique de stocka ge des substances les plus Ces réserves devraient, en théorie, correspondre à la consommation de ces pro duits, aux USA, sur trois ans. En fait, les stocks existants ne couvrent actuellement qu'un tiers des besoins et la liste des pro-

"sensibles" s'allonge d'année en année. Les stratèges américains s'inquiè tent aussi du fait que leurs alliés européens n'ont pratiquement aucun stock et

Mais la politique des stocks stratégiaveu d'impuissance : elle avoue ouvertement l'incapacité des mécanismes économiques - en système capitaliste - d'assurer l'approvisionnement des industries, à long terme. Elle révèle la crainte des gouvernements face à une crise grave des mapremières, crise qu'ils prévoient sans pouvoir la juguler, crise qui pourrait dans certaines circonstances, pla cer le monde occidental en situation de

Cette politique apparaît aussi comme un aveu de faiblesse de l'impérialisme, ces angoisses étant d'ailleurs ment mêlées l'une à l'autre. L'impérialisme, certes, met tout en œuvre pour pré server ses acquis; mais il s'inquiète du dé"Tiers Monde" et de préfère parfois se priver de l'exploitation de certaines ressources - qu'il contrôle pourtant - plutôt que de risquer des affrontements à l'issue incertaine, surtout si ces risques sont dispersés, d'un pays à l'autre, d'une région du monde à l'autre Il concentre ses forces sur des objectifs bien contrôlés et déjà dotés de moyens gigantesques de répression... Ce qui ne pas, somme toute, de s'en Février 1982

2. Voir le projet de Carajas : gisement de fer mais aussi de bauxite, de manganèse, nickel, à l'horizon 85, la mine devrait livrer 25 millions de tonnes de fer par an (35 millions de tonnes à long terme). La production mondiale du fer est actuellement de 500 millions de tonnes environ.

Par exemple, le projet de Carajas (Brésil) 27 000 travailleurs dès l'année pro-

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Sont considérés comme des "matières premières stratégiques" les métaux qui entrent dans la fabrication des produits à haute technologie et dans l'armement. L'industrie nucléaire consomme, ainsi, de l'uranium, du chrome, du niobium, du zirconium, du nickel, etc. L'aéronautique et l'aérospatiale : du titane, du chrome, du cobalt, du niobium, du beryllium et du nickel. Les industries électriques et électroniques utilisent également - outre les métaux précités — et les terres rares ne sont pratiquement employées que dans les technologies

Il apparaît, par ailleurs, que les productions des pays capitalistes sous-développés sont, en général, inférieures à ce que permettraient leurs réserves, à l'exceppour le cobalt. Ce dernier cas s'explique par le fait que l'extraction du cuivre et de pointe.

monde et leurs principales productions.

Substances

Nickel

Chrome

Cobalt

Zircon - zirconium

USA

Vanadium

Niobium

Tantale

Platine

Or

USA

Argent

USA

Ce tableau

Ce du cuivre, de l'étain, de l'argent et de l'or.

Voici un certain nombre de ces métaux, leurs

Réserves en pour cent

Nouvelle-Calédonie

Canada

URSS

Indonésie

Afrique du Sud

Zimbabwe

URSS

Cuba

Zaïre

France (avec

Nouvelle-Calédonie)

Philippines

Australie

Afrique du Sud

Afrique du Sud

URSS

Brésil

Canada

Thaïlande

Malaisie

Zaïre

Afrique du Sud

URSS

Afrique du Sud

URSS

URSS

Canada

Mexique

Ce tableau appelle quelques commentaires. On déterminant de l'URSS et de l'Afrique du Sud dans telles que le chrome, le vanadium, le platine et l'or, tion de la Thaïlande pour le tantale (mais au détriment du celle du cobalt sont liées dans les mines zaïroises.

DIX METAUX STRATÉGIQUES (chiffres 1979)

Des substances comme le beryllium, le tantale, le titane, le zircon-zirconium

URSS

25

14,5

Canada

13,5

13

Australie

61

Afrique du Sud

33,5

URSS

1,3

Albanie

14,8

Zaïre

Zambie

12,7

10,5

URSS

10,1

Cuba

38

Australie

19

USA

9,5

Afrique du Sud

49,4

Afrique du Sud

46

URSS

86

Brésil

3,2

Canada

34,9

Thaïlande

26,0

Malaisie

14,0

Afrique du Sud

(+ Namibie)

72,5

Afrique du Sud

25

URSS

48,3

Afrique du Sud

URSS

20,8

9,2

Canada

26,2

URSS

24,8

Mexique

13,9

Pérou

11,6

Canada remarque d'abord principales réserves dans le

Production en pour cent

21,5

18,9

Nouvelle-Calédonie

11,9

10,5

32,6

23,9

10,3

51,9

11,4

6,3

5,9

75

14,3

6,9

39,5

31,6

74,7

18,4

49

27,4

5,9

69,5

24,4

58,4

21,6

4,1

14,6

14,5

11,8

11,1 le poids la production de substances d'où le risque "stratégique"

Zaïre) et du Zaïre

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Les métaux de base, le fer surtout, sont assez largement répandus dans le monde. Les problèmes posés sont plutôt liés à la décision d'investir, le choix du

Fer

Cuivre

USA

Manganèse

USA

Plomb pays, etc

Réserves en pour cent

URSS

Brésil

Canada

Australie

Chili

URSS

Zambie

Afrique du Sud

Gabon

Australie

URSS

Australie

Canada

URSS

QUELQUES MÉTAUX DE BASE (1979)

Principales réserves et principales productions dans le monde

28,7

URSS

Australie

17,2

11,5

USA

Brésil

11,2

19,7

USA

URSS

18,5

7,8

Chili

6,8

Canada

32

URSS

Afrique du Sud

26

Gabon

20

15

26,7

USA

URSS

14,0

Australie

12,7

Canada

10,0

Production en pour cent 28,6 11,0 10,0 9,9 18,1 14,5 13,3 8,1 37,5 20,4 9,6 15,4 14,5 11,7 9,8

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