Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ARGENTINE

La position du PST sur les Malouines

Inprecor n° 126, 17 mai 1982 · p. 34 · 794 mots

Argentine et Chili Grande-Bretagne France

La position du PST sur les Malouines Nous reproduisons ci-dessous les principaux passages d'un tract distribué en Argentine, le 13 avril dernier, par le Parti socialiste des travailleurs (PST) à propos des Malouines. Le PST a rompu avec la IVe Internationale en septembre 1979 pour fonder, avec l'OCI française, le Comité international (CI IVe Internationale) en décembre 1980. Ce « nouveau centre international » a éclaté en janvier 1982 et le PST argentin constitue aujourd'hui la principale organisation du regroupement qui a pris pour nom Ligue internationale des travailleurs (LIT).

(...) Dès le premier moment, nous avons catégoriquement pris parti dans l'affrontement actuel : nous sommes du côté de l'Argentine, et prêts à l'affrontement avec l'impérialisme jusqu'à ses ultimes conséquences. Cela ne veut pas dire que nous soutenions le gouvernement : au contraire, nous avons été, nous sommes et nous continuerons d'être ses ennemis irréconciliables. Mais nous défendons le pays contre l'agression impérialiste.

Personne ne doit se tromper: l'Argentine fait face à l'agression dans les pires conditions. Chez les travailleurs ne se développe pas seulement la haine face à l'arrogance impérialiste, la préoccupation et la méfiance augmentent aussi quant aux conséquences d'un affrontement avec la troisième flotte du monde, ouvertement soutenue par l'inpérialisme yankee.

Cette préoccupation est légitime. En l'ennemi colossal que nous avons en face de nous et parce que les travailleurs se méfient à juste titre de ce gouvernement. Des millions d'Argentins pressentent qu'avec cette dictature le résultat de l'affrontement entraînera encore plus de misère et de pénurie pour le peuple et de renoncements devant l'imNous, socialistes, affirmons catégoriquement que, pour contrer l'agression britannique, il faut prendre de profondes mesures anti-impérialistes, appuyées par la mobilisation des travailleurs et de tout le peuple. Ce n'est pas là la voie prise par le gouvernement argentin. (...)

Le gouvernement militaire ne veut pas rompre avec l'impérialisme. C'est pourquoi il continue à verser les intérêts de ses dettes aux mêmes banquiers britanniques qui ont décrété le blocus et envoyé la flotte contre la République argentine. (...)

Le gouvernement militaire nous met devant la guerre, droit de vote, le droit d'avoir une CGT, des syndicats, des partis et des élections. Le général Galtieri dit que le peuple veut continue à ignorer ce qui se discute parce que le gouvernement continue à pratiquer la diplomatie secrète. (...)

Il faut en appeler à la classe ouvrière et aux peuples du monde, à ceux-la même qui ont lié les mains à l'impérialisme yankee au Vietnam. Il faut tenir des meetings et des manifestations de condamnation des impérialistes ! La CGT et la CNT doivent appeler les travailleurs du monde entier, et en particulier ceux de Grande-Bretagne, à mettre en pratique le mot d'ordre : « Refus de charger le matériel de guerre sur les bateaux et les avions britanniques! Les soldats britanniques doivent refuser d'obéir aux ordres qui violent la souveraineté d'un peu-

Il faut des moyens pour palier la terrible situation du peuple travailleur et pour livrer bataille sur le terrain militaire. Ces moyens existent. Il faut arrêter le paiement de la dette aux banques britanniques. Il faut exproprier et nationaliser toutes les entreprises britanniques, sous contrôle des travailleurs, par la Banque de Londres et la Shell. Avec cela, il faut constituer un immense fonds contrôlé par la CGT et la CNT afin de garantir une assurance chômage et une augmentation des salaires. conséquente contre l'impérialisme, il faut d'abord jeter bas toutes les règles de la dictature. Il faut en finir avec l'état de siège, les prisonniers politiques, la mise sous tutelle de la CGT et des syndicats, les mesures contre les partis, l'absence tions et le maintien d'un gouvernement élu par trois voix. Il faut réaliser une imconsultation nationale ouverte pour que le peuple puisse discuter librement du meilleur moyen de défaire l'impérialisme. C'est une Assemblée constituante élue par des élections libres sans aucune restriction qui est la seule autorité légitime qui puisse décider de l'affrontement actuel, et non le gouvernement militaire qui doit s'en aller immédiatement. (...)

La CGT et la CNT ont dit que la défense de la souveraineté ne doit pas faire oublier les revendications sociales. CGT a même affirmé qu'elle n'agit pas au nom du gouvernement, ni pour le soutenir politiquement. Cela est positif mais insuffisant parce que, de fait, toutes les revendications sociales sont suspendues pendant que dure la crise des Malouines. Il se passe quelque chose de semblable avec la coalition multipartidaria, qui a annulé les meetings prévus et n'a pas une position conséquente de mise en cause du gouvernement, ni de condamnation du rôle cynique de l'impérialisme yankee.

Nous, socialistes, sommes convaincus qu'il faut faire le contraire : que pour lutter plus efficacement contre l'impérialisme britannique, nous devons lutter pour nos propres droits politiques et syndicaux contre la dictature. (...)

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