Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BELGIQUE

Les otages du gouvernement Martens

Inprecor n° 126, 17 mai 1982 · p. 34-35 · 381 mots

Belgique

Depuis la manifestation des sidérurgistes le 16 mars dernier, place de la Loi à Bruxelles, qui s'était terminée par des affrontements avec les forces répressives, quatre militants syndicaux sont emprisonnés à la prison de Forest à Bruxelles. Par la suite, un cinquième est allé les rejoindre. Deux seulement de ces militants ont été arrêtés lors même de la manifestation

Daniel Eskenazy (« Sky »), par exemple, membre de la Lides travailleurs (LRT), section belge de la IVe Internationale, a été arrêté le 17 mars, tandis que le cinquième emprisonné n'a été arrêté que le 31 mars, à l'occasion d'une autre mani-

Le tribunal vient de décider de confirmer la détention préventive de tous ces militants. Ils demeureront donc en prison. Cette nouvelle brimade exprime bien l'intention du pouvoir d'intimider tout le mouvement ouvrier belge au moment où celui-ci se mobilise massivement pour ses revendications (cf. Inprecor numéro 123, du 19 avril 1982). Le procès qu'on leur prépare acquiert donc un caractère de plus en plus politique.

En théorie, la détention préventive qui permet de retenir ces cinq militants ne s'applique que pour des raisons de sécurité ou lorsqu'elle apparaît nécessaire au bon déroulement de l'enquête. Or, en l'occurrence, ces militants syndicaux sont pas de dangereux gangsters et leur emprisonnement n'est pas indispensable

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pour l'enquête. Dans deux cas même, cette enquête est déjà terminée.

En ce qui concerne notre camarade Daniel Eskenazi et un autre incarcéré, l'enquête se poursuit car la justice a bien du mal à remplir un dossier tendant à masquer son arbitraire. Dans le cas du militant de la LRT, le dossier est tellement creux que le juge d'instruction en est lui-même arrivé à la conclusion qu'il valait mieux libérer notre camarade. Mais le parquet s'y étant opposé, la chambre du Conseil a dû se prononcer et a décidé de maintenir « Sky » derrière les barreaux.

La leçon que le gouvernement veut que le mouvement ouvrier tire de arrestations est que toute participation à une manifestation risque fort de se solder — au hasard des provocations policières -par l'arrestation de certains manifestants. L'effet dissuasif recherché est évident. Il s'agit donc de développer une campagne de solidarité, unie et déterminée, au sein du mouvement ouvrier belge pour faire reculer le cinquième gouvernement Mar-

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