du Parti des travailleurs La campagne électorale du Parti des travailleurs (PT) est bien différente de toutes celles auxquelles nous, travailleurs, avons participé jusqu'à ce jour. Elle est différente parce que nous avons maintenant notre propre parti et que nous choisissons nos propres candidats. Parce que le PT combat l'achat des voix, le clientélisme et les promesses démagogiques.
La campagne électorale du PT est différente parce qu'elle est, avant tout, une grande campagne de mobilisation et d'organisation des travailleurs à partir des principales revendications du mouvement populaire.
La campagne électorale du PT est une campagne de lutte, c'est-à-dire une campagne qui s'engage aux côtés de toutes les luttes des travailleurs.
Notre drapeau national est : Travail, Terre et Liberté !
En défendant les principales revendications des travailleurs des villes et des campagnes, nous luttons pour en finir avec la faim et le chômage, pour de meilleurs salaires et pour une terre pour semer et se loger, pour que nos droits soient respectés, pour sortir de l'oppression des requins.
1) En finir avec la dictature : sans liberté la vie ne va pas changer !
Aujourd'hui, les puissants disent que la dictature est déjà terminée et que tout a changé avec l'ouverture octroyée par le gouvernement. Pourtant, la violence, la corruption et l'arrogance sont toujours le lot quotidien des travailleurs. (...)
terre et liberté
Plate-forme nationale pour les élections de 1982
Les généraux contrôlent toujours la vie du pays comme si nous étions en guerre et comme si les travailleurs des villes et des campagnes étaient les ennemis du Brésil. Les puissants disent que tout a changé pour que tout continue comme avant.
A toute heure du jour ou de la nuit, des travailleurs sont emprisonnés et soumis aux pires vexations policières. Les dirigeants syndicaux sont accusés de subversion s'ils luttent pour de meilleures conditions de travail et de salaire. Les Noirs sont traités comme des marginaux. (...)
Cela ne peut plus durer. Le PT sait que les véritables auteurs des crimes contre le pays, les pires voleurs et criminels ne prennent pas les autobus bondés, n'habitent pas dans les favelas et les quartiers populaires, ne sortent pas de chez eux à quatre ou einq heures du matin. Ce sont des citoyens au-dessus de tout soup. çon, dont la plupart cireulent dans des
L'oppression qui pèse sur la vie des travailleurs brésiliens est directement liée au régime militaire qui nous gouverne encore et défend les intérêts des banquiers, des spéculateurs, des capitalistes et des grands propriétaires terriens. voulons pas seulement des libertés contrôlées au compte gouttes. Nous voulons supprimer tout ce système d'oppression et garantir des libertés réelles pour le peuple. Pour cela, nous sommes conscients qu'il faut avancer dans la construction, à partir de la base, de structures représentatives qui renforcent et unifient les luttes populaires contre la dictature. Dans la lutte pour une société où le pouvoir soit exercé par les travailleurs, nous défendons dès à présent la liberté politique et syndicale complète pour le peuple. Il faut que la structure syndicale soit autonome de l'appareil d'Etat qui doit cesser de mettre son nez dans la vie syndicale et se contenter de reconnaître les structures représentatives comme la Centrale unique des travailleurs (CUT) et l'Union nationale des étudiants (UNE).
Il faut abroger immédiatement la Loi sur la grève, la Loi de sécurité nationale (LSN), le Code du travail, la Loi sur la presse, la Loi sur les étrangers, le Code des télécommunications et toutes les législations arbitraires. Il faut supprimer le Conseil de sécurité nationale, les organismes de renseignement et de police politique, le Conseil supérieur de la censure et tous les organismes mis en place pour réprimer le peuple tout en protégeant les re. quins.
Nous luttons pour la tenue d'élections libres et directes à tous les niveaux, avec droit de vote pour les soldats, les marins et les analphabètes qui sont des Brésiliens comme nous. (...)
Nous voulons en finir avec la dictature militaire.
Si tu es d'accord, allons ensemble de l'avant !
2) Dans un pays aussi riche, il est possible d'en finir avec la faim
Chaque fois que tu sors de chez toi pour faire des courses, tu es abasourdi par la hausse des prix. Un de ces jours, ton salaire ne suffira même plus pour un misérable kilo de haricots. (...) Et si tu es paysan, c'est tout aussi difficile. Tu te tues à planter et, quand tu vas vendre ce que tu as produit, il ne te reste pas de quoi couvrir tes dépenses. (...) Mais c'est encore pire si tu es un des innombrables chômeurs de ce pays. Tu as alors dépensé beaucoup de ta sueur pour un patron qui, un beau jour, t'a renvoyé. Maintenant, sans salaire, tu n'as même plus de quoi faire vivre la maison.
Le PT propose : - un salaire minimum réel unifié garantissant une vie décente à la classe travailleuse, réajusté tous les trois mois en fonction de l'inflation ;
- la stabilité de l'emploi et une allo- la création d'un panier de base d'aliments à prix fixes que l'Etat (et non les grands intermédiaires) serait chargé d'acheter à la campagne et de vendre à la
- la réduction de la semaine de travail à 40 heures sans réduction de salaires.
des campagnes : la terre et de meilleurs salaires
Une réforme agraire contrôlée par les travailleurs de la campagne eux-mêmes ne peut plus attendre. Il faut garantir la pro-
priété de la terre à ceux qui la travaillent et non aux grands propriétaires et aux profiteurs qui spéculent sur les titres de propriétés qu'ils n'ont même jamais visi-
Nous devons lutter pour la distribution de la terre aux petits producteurs et pour l'intervention dans les grandes entreprises agricoles afin d'orienter la politique agricole en fonction des intérêts des travailleurs. Nous devons garantir aux paysans un crédit bon marché pour l'achat de matériel et d'engrais. Les intermédiaires doivent être combattus par la mise sur pieds d'un réseau national de silos, de magasins et d'entrepôts frigorifiques à charge du gouvernement. Nous devons assurer à tous les salariés de la campagne des conditions de rémunération, de transports et de soins dignes.
En bref, il nous faut un gouvernement qui se situe fermement du côté de ceux qui travaillent la terre et non ce gouvernement compromis avec les multinationales.
4) Ce n'est pas faute de tuiles que les travailleurs n'ont pas de toit
Il faut d'urgence une réforme radicale de la politique et de la législation immobilières pour en finir avec la honteuse spéculation sur l'achat et la vente des terrains et des maisons dans nos villes. Nous devons promouvoir un vaste programme de construction d'habitations populaires. Il faut pour cela un impôt progressif frappant lourdement les terrains laissés en friche à des fins spéculatives.
Il faut choisir des lotissements urbains d'accès facile et les équiper d'infrastructures de santé et de loisirs. Il faut, pour rendre viable un tel programme, contrôler la production et la distribution des matériaux de construction pour les adapter à ces besoins. Il faut assurer la possession de la terre aux habitants des ravelas et programmer la construction de lotissements populaires décents. (...)
5) Dans ce pays, il y a peu de santé et beaucoup de profits sur la maladie
La grande majorité de la population vit aujourd'hui dans des conditions sanitaires désastreuses. Cette situation ne pourra être dépassée par des mesures partielles. Il est vrai que l'assistance médicale est lamentable. Mais la santé n'est pas seulement le résultat d'une bonne assistance médicale. On éviterait des milliers de morts s'il existait un service de voirie dans les quartiers populaires. Si les eaux que le peuple boit n'étaient pas contaminées. Si la pollution était combattue. Si les travailleurs avaient voix au chapitre dans l'usine sur les accidents de travail. La maladie est aussi un produit de la mauvaise alimentation, des logements humides, du manque de loisirs.
Toute politique en la matière doit commencer par en finir avec le profit. Il n'est plus supportable que l'on gagne de l'argent sur le dos de la maladie. Les cliniques, hôpitaux, médicaments et équipements hospitaliers doivent être entre les mains de l'Etat, qui doit contrôler les industries chimiques et pharmaceutiques. Ces services doivent etre contrôlés directement par la population et les travail-
La seule façon de garantir la même assistance à tout citoyen c'est d'offrir une assistance médicale publique et gratuite. (...) Cette assistance doit être prodiguée sur les lieux d'habitation et de travail.
6) L'éducation et la culture sont un droit et non un privilège de classe
(...) L'éducation non plus ne peut être matière à profits. L'enseignement doit étre public et gratuit à tous les niveaux. (...)
7) Assez de discriminations : nous sommes tous égaux
Le Brésil que nous voulons, ce n'est pas seulement pour le peuple de quoi manger, se loger, se soigner, se vêtir et s'éduquer. La vie que nous souhaitons doit être avant tout fondée sur des rapports profondéments humains, fraternels et égalitaires entre les personnes, sans aucune sorte de discrimination.
Les femmes sont traitées comme des êtres de seconde catégorie. Les pires emplois et les plus petits salaires sont pour elles, alors qu'elles sont soumises à la double journée de travail et supportent toutes les tâches ménagères. A tout moment, elles sont humiliées, non seulement comme travailleuses, mais aussi comme femmes.
Les Noirs n'ont pas les mêmes droits que les Blancs et ils sont considérés comme suspects et marginaux. Les Indiens sont traités comme des débiles mentaux et massacrés, physiquement et culturellement, sans même respecter leurs réserves. Le préjugé de couleur est réel.
Les homosexuels sont humiliés et victimes de discriminations, traités comme des malades ou de cas relevant de la poli-
Nous exigeons l'égalité dans les lois qui régissent la famille, le travail et la société. Le droit au travail, à la formation professionnelle et l'extension des droits du travail à toutes les travailleuses, comme les employées domestiques. Le respect du droit à un salaire égal pour un travail
Les femmes doivent avoir les moyens de choisir si elles veulent ou non avoir des
Chantier naval près de Rio de Janeiro. (DR)
enfants, ce qui implique la reconnaissance de la fonction sociale de la maternité, la distribution de moyens contraceptifs sûrs et une assistance médicale permanente.
8) Personne ne peut mettre la main sur l'argent du peuple
(...) Pour nous, la question de l'énergie ne sera pas résolue par le Plan alcool (carburant à base d'alcool de canne à sucre) et encore moins par la construction de centrales nucléaires. La priorité doit être donnée à l'utilisation immédiate des ressources hydrauliques. Il faut en plus encourager la recherche sur les énergies solaire et éolienne, et une meilleure utilisation du charbon national.
Pour mettre l'économie au des travailleurs, il faut en finir avec cet empire d'agioteurs que devient le pays. Les banques, les agents de change, les assureurs, les parasites en tout genre, trafiquent sur les titres de la dette publique et font des bénéfices sur la simple circulation de l'argent. L'Etat doit prendre en charge le monopole de toutes les opérations financières et orienter les ressources de l'épargne populaire conformément aux intérêts de la majorité de la population et non en fonction du profit. C'est donc l'étatisation du système financier sous le contrôle des travailleurs qui s'impose.
Il faut aussi en finir avec le contrôle que les grands monopoles exercent sur l'économie brésilienne. Les intérêts de la majorité du peuple justifient un combat sans trêve contre l'action néfaste des grands monopoles sur notre économie.
Enfin, quiconque arrivera au gouvernement se retrouvera devant l'énormité de la dette extérieure accumulée. Le pays ne peut pas se saigner à payer une dette représente toujours plus de bénéfices pour les banquiers internationaux. Nous proposons une enquête approfondie pour savoir à quoi sont utilisées les ressources provenant de la dette. Il faut suspendre son paiement et étudier, cas par cas, les conditions de rééchelonnement, de renégociation, de blocage, jusques et y compris le non-paiement. Pour un meilleur contrôle de cette situation, la nationalisation du commerce extérieur s'impose également.
9) Avec les contrats de risque, les requins risquent peu et gagnent gros
Nous proposons la fin des contrats de risque, un combat contre la dénationali. sation du sous-sol, de l'industrie énergé. tique et minière. (...) Nous luttons pour que les municipalités et les gouvernements d'Etat aient l'autonomie pour décider de la fermeture des industries polluantes, attribution aujourd'hui réservée au président de la République. (...) Nous proposons l'interdiction de la vente de larges portions du territoire au capital étranger et l'annulation immédiate l'accord entre l'Allemagne fédérale et Nu-
10) Le pouvoir aux travailleurs et au
Mettre l'économie et l'administration publique au service du peuple est l'un des principaux buts du PT. Mais il ne sera pas atteint par la simple étatisation des activités productives. Cela, pris séparément, ne ferait que renforcer le pouvoir des technocrates et des bureaucrates.
Nous n'avons confiance que dans la mobilisation des travailleurs. Cette mobilisation doit créer les conditions pour que tous les problèmes d'intérêt public soient soumis au contrôle populaire.
Les écoles devront être contrôlées par les parents, les maîtres, les élèves et les fonctionnaires. Les dispensaires devront être contrôlés par la population, et les instances supérieures du système de contrôlées par les syndicats et les associations.
Les travailleurs doivent s'assurer le droit de regard sur la comptabilité des entreprises et intervenir sur les décisions concernant l'emploi, les prix et les salaires. Les syndicats doivent pouvoir parler fort dans tout ce qui concerne la planification de l'économie nationale. Les commissariats de police doivent être surveillés et contrôlés par les associations et les conseils d'habitants.
Nous luttons pour que les travailleurs renversent la dictature militaire et mettent par terre non seulement ses lois et sa fausse justice, mais aussi la base économique sur laquelle elle repose. Il n'y aura pas de changements décisifs pour le peuple brésilien tant que les monopoles financiers (qui réalisent en pleine crise des bénéfices de 700 % par an !) continueront à commander l'économie du pays, tant que les monopoles commerciaux continueront à contrôler la circulation des marchandises, et les monopoles industriels la production nationale.
Nous réaffirmons notre engagement à construire un pouvoir nouveau, fondé sur la classe ouvrière et la mobilisation de tous ceux qui vivent de leur propre travail, pour construire une société sans exploiteurs ni exploités. C'est de cette société que rêvent les travailleurs et c'est elle que notre lutte prépare aujourd'hui.
11) La lutte des travailleurs est la même dans le monde entier
Au niveau international, nous sommes solidaires de tous les peuples qui luttent pour leur libération. Actuellement, cette lutte prend une importance particulière en Amérique centrale et en Afrique noire, de même que la lutte du peuple palestinien pour la reconquête de sa terre.
Le PT soutient la lutte des travailleurs du monde entier. Il faut accorder une attention particulière en ce moment à la lutte des travailleurs de Pologne pour l'approfondissement du socialisme et pour la démocratisation des mécanismes de décision dans ce pays.
Nous sommes conscients que la libération de notre peuple dépend aussi de la lutte internationale des travailleurs. Nous défendons une politique extérieure indépendante avec l'établissement de relations avec tous les pays socialistes. Nous sommes contre le fait que le Brésil maintienne des relations diplomatiques avec un Etat raciste comme l'Afrique du Sud et comme la dictature du Salvador, et se refuse à entretenir des relations avec Cuba, l'Albanie, le Vietnam ou la Corée du
Les travailleurs et les peuples oppri més du monde entier luttent contre l'op pression et l'exploitation. Pourtant, la lieffective que concrétisée par la construction du socialisme.
12) Seul le socialisme résoudra pour Depuis sa fondation, le PT s'est engagé à construire une société sans exploités ni exploiteurs. Cela veut dire un engagement à construire un Brésil socialiste. C'est ainsi parce que, né de la lutte des travailleurs, le PT a compris dès le commencement que les moyens de producdevaient devenir propriété sociale, et non pas servir les intérêts individuels de tel ou tel propriétaire. Nous voulons une société dans laquelle les hommes aient une valeur et où il soit impossible à quiconque d'exploiter le travail d'un autre. Nous voulons une société où tous et chacun aient les mêmes chances de réaliser leurs potentialités et leurs aspira-
Les mesures présentées ci-dessus ne notre peuple se développe dans cette direction et évolue ainsi vers un stade de civilisation supérieur. Mais elles constituent sans aucun doute un premier pas important vers le socialisme que nous voulons.
Les relations d'amitié que le Brésil doit entretenir avec tous les peuples qui luttent pour la démocratie et pour le socialisme ne signifient cependant pas que nous puissons importer de l'un de ces pays une formule de socialisme toute faite. Notre socialisme sera défini par tout le peuple. Il ne naîtra pas de décrets, ni de nous ni de personne : il se définira dans les luttes de chaque jour et sera synonyme d'émancipation des travailleurs et de tous les opprimés.
C'EST NOUS QUI DECIDONS! Le PT est venu pour changer le Bré. sil. Commençons dès maintenant. Là où le PT peut emporter des municipalités ou des gouvernements d'Etat, ces postes se. ront mis au service de la mobilisation et de l'organisation des classes travailleuses Face aux fonctions exécutives, le PT cherchera dès maintenant à créer les condi. tions d'une participation populaire organisée et autonome, avec pouvoir de décision sur son action politique et administrative. A cette fin, il aura recours à des référendums, à des assemblées populaires, à des conseils de quartier et de travailleurs, et à toute autre forme que pourra inventer le mouvement populaire.
Aie confiance en toi, vote pour le PT ! Convention nationale du PARTI DES TRAVAILLEURS (PT) Sao Paulo, 28 mars 1982.