L y a tout juste trois ans, les autorités tchécoslovaques arrêtaient quinze membres du Comit de défense des personnes instement poursuivie d'entre elles étaient condamnées en octobre 1979. Jiri Dienstbier, Vaclav Havel et Petr Uhl purgent encore leur peine dans des conditions extrêmement pénibles.
Ces arrestations ont marqué le début d'une offensive policière visant très clairement à faire taire toute voix d'opposition, qu'elle prenne la forme de publications
Cette vigilance répressive, qui ne s'est pas atténuée depuis trois ans — de même que l'attention toute particulière qu'ont mis les dirigeants tchécoslovaques à dénoncer ce qu'ils ont appelé dès le premier jour la « contre-révolution polonaise » — s'éclaire d'un jour nouveau si on la met en rapport avec l'aggravation de la situation éconosoviétique, etc. Mais le Ve Congrès du PCV a néanmoins reconnu que les facteurs subjectifs (l'action du parti et de l'Etat notamment) jouent aussi un rôle très important et parfois déterminant dans les progrès dans la croissance de la bureaucratie au Vietnam et dans la démobilisation des masses. Les rapports du Congrès ont été largement centrés autour des relations parti-Etat-peuple, bien là un des problèmes clefs de la transition au socialisme. Mais ils n'ont mis en question ni le monopole des débats réservé à la direction du parti, ni le régime du parti unique, ni la subordination de l'Etat au parti, ni la coupure instaurée entre l'Assemblée nationale et les comités populaires, ni la hiérarchie des salaires et les avantages de fonction dres. Pourtant, sur ces questions aussi, il semble y avoir des divergences au sein mêl'appareil du Parti communiste Plus généralement, la direction vietnamienne présente une analyse très réductrice des racines du phénomène bureaucratique. Il s'agit pour elle d'un legs du passé et du poids de la petite production marchande dans la société mentalités (ce qui n'est pas sans rappeler les premières analyses de l'Opposition de gauche en URSS). La réponse qu'elle entend apporter au danger bureaucratique réside donc avant tout dans un réarmement idéologique, une épuration organisationnelle, une meilleure direction du travail de masse et, à plus long terme, dans le développement de la grande production socialiste.
Pourtant, l'expérience de l'URSS, de la Chine et des démocraties populaires montre que le pnénomène bureaucratique plonge aussi ses racines dans les contradictions propres de la société de transition au socialisme, aggravées évidemment dans les Etats ouvriers tants du fait de l'arriération que et sociale, de la pauvreté, du relatif isolement international provoqué par l'échec des révolutions dans les principaux centres impérialistes.
Il est vrai qu'économiquement et socialement, à long terme, l'industrialisation est indispensable à la stabilisation d'un véritable régime de démocratie socialiste. Mais l'exemple de l'URSS prouve que tout progrès dans l'industrialisation ne se solde pas nécessairement par un recul des processus de bureaucratisation. La bureaucratie peut parfaitement tirer profit, pendant toute une période, d'éventuels développements économiques.
Ce sont les contradictions propres à la société de transition au socialisme qui assignent une telle importance à la forme du régime politique et au contenu politique de la dictature du prolétariat. Le régime constitutionnel en vigueur au Vietnam facilite le renforcement progressif du pouvoir de la bureaucratie au lieu de s' opposer. Mais ce débat fondamental là n'a pas été abordé dans les rapports présentés au Ve Congrès national du PCV. •
Pierre ROUSSET 11 mai 1982.
TCHECOSLOVAQUIE
Le syndrome polonais
clandestines, de déclarations de la Charte 77 ou de l'action militante du VONS. mique du pays. Anna LIBERA
Avec un taux de croissance nul, l'année 1981 a été la seconde plus mauvaise année de l'économie tchécoslovaque depuis la naissance de la République populaire. Elle n'est dépassée que par l'année 1963, durant laquelle la baisse absolue de la production industrielle (- 2,2 %) avait stimulé le grand débat sur la réforme économique qui allait paver la voie au Printemps de Prague. Le parallèle s'arrête là, et la crise n'a rien de comparable avec celle de la Pologne ou de la Roumanie. Mais la situation économique est suffisamment grave pour mobiliser l'attention et les efforts de tous les cercles dirigeants de Pra-
LA POLOGNE EST PROCHE
Les réactions des responsables tchécoslovaques face aux événements de Pologne ont été rapides et radicales. Dès le 4 septembre 1980, l'éditorialiste de l'organe du Parti communiste tchécoslovaque (PCT), Rude Pravo, fustigeait le complot de l'impérialisme et de la réaction locale dans le pays frère. Il rappelait à cette occasion la substance des Leçons du développement de la crise dans le parti et la société après le XIIIe Congrès du parti, tirées en 1971 par les communistes tehé. coslovaques normalisés. Ces « leçons » insistent en particulier sur les formes sous lesquelles s'était masquée la contre-révolution en 1968 : la démagogie sociale, les revendications inconsidérees, les greves sauvages, la bataille pour des syndicats indépendants ... Le parallèle avec la Pologne est évident et l'éditorialiste conclut d'ailleurs que ces « leçons » ne sont pas limitées à son pays: « Le mouvement communiste et ouvrier international les a incorporées, étant donné leur valeur géné-
La répression reste l'arme
favorite des bureaucrates rale, au réservoir de l'expérience révolu-
Quelques jours plus tard, Vasil Bilak, l'idéologue du PCT, rappelait à propos de la Pologne la doctrine de la « souveraineté limitée » des pays du « camp socialiste » (2), doctrine qui a coûté si cher aux travailleurs tchécoslovaques mais qui, il est vrai, l'a installé — lui et les siens — au pouvoir. Dans une intervention au Comité central (CC) du PCT en octobre 1980, il exposait à nouveau et plus en détail cette doctrine. En se basant sur les critères énoncés dans les Leçons, il qualifiait les grèves de la Baltique de « contre-révolution » ; après avoir souhaité que les communistes polonais soient capables de se ressaisir, il concluait : « Nous ne cachons pas que ce qui se passe en Pologne nous concerne profondément, politiquement, idéologiquement et économiquement. Les communistes tchécoslovaques et notre peuple sont pour le progrès. La cause du socialisme leur est plus chère que tout autre chose. Cela est particulièrement vrai quand il s'agit d'un pays socialiste. Nos camarades polonais peuvent donc toujours compter sur l'aide de notre parti et de notre peuple. (3) »
Les responsables du PCT n'ont jamais eu recours à la prudence de langage à laquelle les dirigeants polonais étaient contraints. A quelques semaines du coup de force du général Jaruzelski, au cours d'un débat à Radio Prague, un idéologue du parti dénonçait toute perspective d'« union nationale » avec Solidarnose et présentait « sa » solution : une épuration radicale du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) qui pourrait alors engager vrai-
I. Rude Pravo, 4 septembre 1980. 2. Rude Pravo, 13 septembre 1980. 3. Rude Pravo, 14 octobre 1980.
Devant l'ambassade de Tchécoslovaquie à Paris, en solidarité avec Petr Uhl et ses camarades, en mai 1980. (DR)
ment le processus de normalisation, et une confiance totale dans l'armée dont le journal était un des seuls bastions du « marxisme-léninisme » non contaminé ...
UNE CAMPAGNE
A DOUBLE SENS Les dirigeants tchécoslovaques craignaient évidemment qu'un développe. ment victorieux des luttes de la classe ouvrière polonaise ne réveille de vieux démons dans leur propre pays. Même si, dans l'immédiat, les grèves qui se dérou. laient de l'autre côté de la frontière n'ont pas suscité de mouvement ouvert de sympathie parmi les travailleurs tchécoslovaques, le mécontentement suscité par les difficultés économiques ne manquait pas d'inquiéter les dirigeants du PCT qui s'apprêtaient à imposer une rigoureuse politique d'austérité.
L'inquiétude atteignit son comble quand furent connus les résultats économiques de l'année 1981. Le taux de croissance était de 0,2 % contre les 2,7 % prévus par le Plan annuel. La production industrielle croissait de 2% par rapport à 1980, mais ce résultat était de 25 % inférieur aux prévisions initiales du Plan et de 15 % inférieur aux prévisions révisées en cours d'année. Dans le secteur minier et dans la construction, les taux étaient né. gatifs ; respectivement - 2,4% et - 2%. Le résultat le plus mauvais était atteint dans l'agriculture (- 3,4 % par rapport à 1980 ; mais, par rapport aux objectifs de croissance fixés par le Plan en 1981, le résultat était de - 230 %).
Les signes annonciateurs des difficultés économiques étaient visibles depuis plusieurs années déjà, mais les dirigeants tchécoslovaques se sont montrés incapables d'y réagir. Au début de l'année 1980 déjà, ils avaient été contraints d'admettre que beaucoup de projets du VIe Plan quinquennal (1976-1980) ne seraient pas achevés, en particulier dans le domaine de l'énergie et de la construction. A cette époque, le CC du PCT puis le gouvernement avaient adopté une série de « nouvelles mesures destinées à l'amélioration de la gestion ». Elles prévoyaient un renforcement de la planification centralisée, un changement d'attitude des chefs d'entreprise et des travailleurs, une plus grande autonomie des entreprises dans le cadre fixé par le Plan et une meilleure utilisation des ressources (matières premières, énergie, main-d'œuvre et investissements) (4). Ces mesures très timorées sont pourtant restées en grande partie lettre morte, étant donné la paralysie qui frappe les actuels dirigeants tchécoslovaques au seul mot de « réforme » ; mais, surtout, elles ne permettaient en aucune mesure de corriger à la source les causes des difficultés économiques.
Celles-ci découlent avant tout du choix fait, à partir de 1970, d'une politique d'investissement extensif sur une trop longue période. D'énormes quantités de capitaux et de ressources se trouvent ainsi bloquées dans des projets non terminés, et la direction de la planification n'a pas su réajuster ses projets à temps, face aux signaux d'alarme et à la hausse des prix
Dans un document sur la situation économique publié Charte 77 - se basant sur les données of ficielles fournies aux membres du CC du PCT - donne une série d'exemples significatifs. Dans l'ouest de la Slovaquie, sur neuf chantiers d'importance vitale dont l'achèvement était prévu par le Plan 19761980, un seul était terminé en 1980. Dans le sud de la Bohême, sur 140 projets de construction prévus par le Plan, 8 seulement ont respecté les délais 1980, il n'y a pas eu moins de 119 chantiers sur lesquels aucun travail n'a été effectué (5). En conséquence, pour toute la période post-1968, si l'on considère l'ensemble des secteurs de l'économie, le volume des capitaux investis et bloqués dans des projets non réalisés et non finis a dépassé le volume de revenu national additionnel créé annuellement.
Cette situation est encore aggravée par une série d'erreurs et de choix des planificateurs. Ainsi, ils ont poussé au développement de la production sidérurgique au moment même ou ce secteur connaissait une crise au niveau international et où la demande chutait en flèche ; par contre, le secteur de l'électronique a été passablement négligé. On voit là un des effets des choix liés aux pressions de diverses fractions de la bureaucratie.
Par ailleurs, le gaspillage des matières premières pèse lourdement sur les résultats économiques. Ainsi, pour la période du Plan 1976-1980, le gaspillage de métaux a couté 10 milliards de couronnes tchécoslovaques (KCS) (environ 5 milliards de francs français au change officiel), qui auraient permis de fabriquer 460 000 voitures Skoda ou de construire 120 000 appartements, toujours selon les chiffres repris par le document de la Charte 77.
La non-réalisation des objectifs du Plan dans tous les secteurs, en particulier dans la métallurgie, principal secteur d'exportation (6) a créé une pénurie de
4. Rude Pravo, 14 mars 1980. Voir aussi Cahiers des pays de l'Est, Paris, mai 1981.
5. Charte 77, « Informations et questions sur certains problèmes économiques relatifs à l'augmentation des prix des produits alimentaires de base ». mars 1982, l'Alternative, Paris, mai-août 1982.
6. En 1981, les exportations vers les pays Conseil d'assistance économique mutuel (COMECON) ont augmenté de 0,7 % contre les 5,3 % prévus: les exportations vers les autres pays ont augmenté de 0,8 % contre les 4,5 %
devises convertibles qui pèse à son tour sur les possibilités d'importer les matières premières nécessaires pour mener à leur terme les projets en cours. D'autant plus que les responsables tchécoslovaques n'entendent pas augmenter l'endettement auprès des banques occidentales (qui, avec un total de 3,8 milliards de dollars, demeure relativement faible). Des restrictions des importations dans le cadre du COMECON ont donc été décidées. Il en va de même pour celles en provenance des pays capitalistes. Ces restrictions touchent par exemple le pétrole ou le fourrage, quitte à compromettre la croissance du cheptel.
Dans ces conditions, les dirigeants du PCT ne peuvent envisager la relance dans un secteur sans affecter automatiquement les investissements dans un autre. Ils ont donc adopté, pour faire des économies, un plan de redressement qui est un rigou reux plan d'austérité pour les travailleurs. Il prévoit des coupes sombres dans les investissements concernant les services sociaux considérés comme non rentables. Dans le secteur de la santé, les investisse. ments sont réduits de 10 %, de même que dans l'éducation et la culture. Des économies sont prévues également dans le secteur des transports publics ; les loyers des appartements d'Etat et les tarifs du chauffage et de l'électricité ont été augmentés. En octobre 1981, les prix de l'essence, du carburant diesel et du fuel de chauffage étaient également augmentés. En janvier 1982, c'était le tour des prix de la viande, des produits carnés, de la volaille, du gibier, du poisson, du riz, des cigarettes, du vin, des alcools, ete.
Même si le pouvoir d'achat non réalisé reste important, vu le manque de produits, les salaires réels ont baissé ces deux dernières années, et les choses vont s'aggravant. Pour la première fois depuis 1968-1969, le gouvernement ne garantit plus la hausse ni même le simple maintien du niveau de vie qu'il avait assuré « en échange » de la suppression de tous les droits et libertés démocratiques.
LA REPRESSION
RESTE L'ARME FAVORITE
Face à ce bilan économique, les dirigeants du PCT cherchent à éviter à tout prix une déstabilisation politique. Ils sentent bien s'accroître le mécontentement de la population qui critique avant tout les amateurs de pots-de-vin et les spéculateurs divers qui profitent de la pénurie. Entre le XVe et le XVIe Congrès du parti, il a été fait état publiquement de 47 515 lettres et plaintes à ce sujet (7). Au sein du parti lui-même et du mouvement syndical, de plus en plus de voix s'élèvent contre l'incapacité des dirigeants (8). Les responsables du PCT mettent, bien sûr, dans leurs discours un accent démagogique sur « l'amélioration du fonctionnement de la démocratie socialiste à tous les niveaux » et sur la critique de « ceux qui abusent de leurs fonctions pour s'assurer des avantages personnels ». On a même pu lire un article d'Alois Indra affirmant que la direction du PCT avait « perdu le contact avec les masses » et que le parti lui-même ne se trouvait pas dans sa meilleure forme (9). Au récent Congrès des syndicats, les dirigeants du PCT ont aussi appelé les responsables du Mouvement syndical révolutionnaire (ROH) à prendre mieux en charge la défense des intérêts des travailleurs. On comprend facilement les raisons de ces déclarations à la lumière des difficultés économiques et au moment où la direction fait appel aux
Mais, pour plus de sécurité, elle s'ap- spation qui port en
plique d'abord et avant tout à faire taire toute voix d'opposition qui pourrait ensoit acter a ti li trer en résonnance avec le mécontentement latent qui se fait jour dans différents secteurs. Les dix-huit mois qui se sont écoulés depuis l'été polonais n'ont été qu'une suite d'arrestations, d'emprisonnements, de menaces et de harcèle. ments quotidiens des opposants. Les autorités pratiquent aussi bien la multiplication des gardes à vue pour 48 heures que l'organisation de procès en règle.
TCHECOSLOVAQUIE Dès le 6 septembre 1980, trente signataires de la Charte 77 étaient arrêtés alors qu'ils venaient de rédiger un message de solidarité aux grévistes de la Baltique. Ils étaient relâchés à l'expiration des délais légaux mais, dès la fin du mois, douze autres personnes étaient arrêtées alors qu'elles se rendaient à une réunion du VONS. Les autorités maintenaient dès lors les chartistes sous surveillance constante, multipliaient les agressions physiques contre eux par des « inconnus » et utilisaient systématiquement la manière forte lors des interrogatoires. L'objectif était double : d'une part empêcher toute possibilité de réunion et, d'autre part, briser individuellement la résistance des op. posants. Elles lançaient égalenient une offensive en règle contre les éditions clandestines Petlice (Sous le verrou). En fé. vrier, elles saisissaient de nombreux manuscrits chez l'écrivain Ludwick Vaculik, l'un de leurs principaux animateurs. Elles opéraient parallèlement un raid chez un certain nombre de personnes qui tapaient les manuserits et saisissaient de nombreu.
En mai 1981, à l'occasion de l'arrestation de deux jeunes Français qui transportaient des livres en Tchécoslovaquie, les autorités arrêtaient et inculpaient seize Tchécoslovaques de « complot idéologique ». Dix étaient immédiatement emprisonnés. On trouve parmi les inculpés certains des animateurs les plus en vue du débat intellectuel des années 1960 (10). Ils attendent toujours un procès qui tarde à venir, étant donné la faiblesse du dossier d'accusation. Autre fait significatif : lors d'une récente perquisition au domicile de Jaroslav Sabata, les autorités n'ont saisi qu'une seule chose : toutes les notes qu'il avait prises depuis un an pour écrire un livre sur la Pologne.
On a également assisté à un développement particulier de la répression contre les catholiques tel qu'on ne l'avait pas connu depuis les années 1950. C'est là bien sûr un des effets de la Pologne. Mais il semble aussi que les autorités tchécoslovaques s'inquiètent sérieusement de l'inflence grandissante de l'Eglise chez les jeunes. Karel Hruza, qui dirige le secrétariat (gouvernemental) aux Affaires de l'Eglise, n'a pas caché, dans une interview au New York Times, ses préoccupations de voir les jeunes se tourner vers l'Eglise pour « rechercher un nouveau but dans la vie ». Mais, là également, mieux vaut commencer par réprimer. Le 28 septembre 1981, à Olomouc, six catholiques (2 prêtres et 4 laïcs) ont été condamnés à deux ans de prison pour avoir diffusé des publications religieuses aussi " subversives » que le catéchisme et la dernière encyclique de Jean-Paul II
Face à cette persécution systématique et aux difficultés croissantes de leur vie quotidienne, les opposants ne plient pas. Le long document sur la situation économique que vient de publier la Charte 77 montre l'attention qu'ils s'efforcent de porter aux difficultés des travailleurs alors que, jusqu'ici, la Charte 77 avait essentiellement centré son activité sur la défense des libertés démocratiques. Cela semble indiquer que certains courants, au sein de l'opposition, tirent aussi les leçons de la Pologne, en insistant sur la nécessité de trouver un lien avec les préoccupations de la classe ouvrière, comme l'avait déjà indiqué il y a environ un an l'annonce de la création d'un Comité pour les syndicats libres. Dans cette lutte difficile, ils ont besoin de tout notre soutien. A l'heure où les travailleurs polonais bravent l'état de guerre pour réaffirmer leurs droits, il est indispensable, dans toutes les initiatives de solidarité, d'inclure le soutien aux opposants tchécoslovaques.
Anna LIBERA 17 mai 1982. 7. Courrier des pays de l'Est, Paris, mai 1981. p. 41.
8. Charte 77, art. cit. 9. Alois Indra, Nove Slovo, 11 mars 1982. 10. Il s'agit de : Eva Kanturkova, Jirina Siklova, Jan et Jiri Ruml, Jaromir Horec, Jiri Müller, Jan Mlynarik, Karel Kynel, Miroslav Kusy, Milan Simecka, Jiri Hajel, Ivan Havel, Josef Jablonicky, Karel Holomek, Zdenek Jicinsky et Mojmir Klansky.