Inprecor 1974–2004

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SAINT-DOMINGUE

Interview d'un dirigeant de la CGT dominicaine

· Inprecor n° 131, 26 juillet 1982 · p. 19 · 833 mots

France Syndicalisme Pologne

La CGT, les élections et l'unité syndicale

Un entretien avec Francisco Antonio Santos, rénovateur de la CASC » et la FOUPSA- le, la CGT bénéficie du soutien de syndi-

L'entrevue qui suit a été donnée pendant la campagne électorale par Francisco Antonio Santos, secrétaire général à l'organisation de la Centrale générale des travailleurs (CGT) de la République Dominicaine.

« INPRECOR » : - Quelle est l'origine de la Centrale générale des travailleurs (CGT) ?

Francisco Antonio SANTOS : - La CGT a été fondée en 1972 grâce à l'effort de militants syndicaux combatifs en lutte contre le régime de Joaquin Balaguer. Elle a rassemblé à ses débuts plus que le 80% du secteur urbain de la Confédération autonome des syndicats chrétiens (CASC), qui était regroupé dans le « Mouvement CESITRADO qui avait été sous l'influence du Mouvement populaire dominicain (MPD), le principal courant syndical des années 1960.

Par la suite, la CGT a intégré toute une série de syndicats indépendants, comme celui des conducteurs des machines lourdes, le syndicat des instituteurs et d'autres. Il s'agit donc d'une synthese du mouvement syndical progressiste et de tendances antidictatoriales et anti-impérialistes d'origine chrétienne inspirées par

« camillisme » (du nom de Camillo Torres, le pretre mort au combat dans les rangs de l'ELN de Colombie).

- Comment la CGT pense-t-elle surmonter la situation de division du mouvement syndical dominicain ? Manifestation de la LCR, organisation sympathisante de la IVe Internationale, lors de la campagne électorale. (DR) Nº

POURGUESIA

REVOLUCIONARIO UN

CON

IZQUIERDA

Por un Par Revoluc.boslrab."i. TU V responsable de la CGT dominicaine

- Notre approche du problème est qu'il faut accepter l'idée d'une organisation syndicale idéologiquement et politiquement différenciée. En d'autres termes, il faut respecter la diversité du mouvement ouvrier. Mais, en même temps, il faut que le mouvement se donne une ligne combative et de classe pour mener à bien les revendications de la classe ouvrière. Nous sommes done pour l'unité dans la diversité.

Comme mesure transitoire, nous proposons une expérience d'unité d'action de toutes les centrales syndicales sans exclusive ; c'est là la précondition pour créer la confiance réciproque nécessaire.

Cette ligne a été adoptée par notre dernier Congrès national. A l'étape actuelcats qui, auparavant, étaient restés indé. pendants de toute confédération.

- Dans un de tes discours, tu as appelé les travailleurs à ne pas voter pour les partis bourgeois et à exprimer un vote de classe pour le Bloque Socialista et l'Izquierda Unida (IU) lors des élections générales du 16 mai prochain. Quelle est à ce propos la position de la CGT ?

- En tant que centrale syndicale qui regroupe en son sein des travailleurs appartenant à des partis et des courants différents, la CGT n'a pas pris officiellement position. Des dirigeants se sont prononcés à titre individuel. La CGT en tant que telGOBIERNO

UNIDA GR 2412 le pourrait tout au plus inviter les travailleurs à voter pour les candidats dont le programme est le plus proche des revendications des travailleurs. Mais nous voulons surtout respecter le critère de l'unité dans la diversité.

- Le dernier Congrès de la CGT a adopté une motion visant à démocratiser les formes d'élection de la direction nationale et des directions fédérales. Pourrais-tu nous dire qu'est-ce qu'implique cette décision ?

- C'est un effort pour démocratiser les élections. Nous sommes la seule centrale dominicaine qui applique la propor tionnelle aux élections, en assurant onc la représentation des minorités. Dans la mesure où les conditions matérielles et le niveau de conscience le permettent, nous pensons qu'il faudra procéder à l'élection de la direction nationale directement par les ouvriers membres de la CGT dans les centres de production.

Il faut éviter que les centrales syndicales continuent d'apparaître comme des appareils où les membres n'ont aucune possibilité de décision. De temps en temps, elles tiennent des Congrès, après quoi ce sont les appareils intermédiaires et supérieurs qui décident de tout.

- Quelle est la position de la CGT face à la répression antisyndicale en Pologne?

- La CGT n'a pas fait de déclaration officielle. Notre secrétaire général, Julio de Pena Valdez, a pris position en soutenant les travailleurs polonais. Je suis entièrement d'accord avec lui.

Nous appuyons les travailleurs polonais, nous sommes pour la démocratie. La Pologne ne doit pas faire marche arrière. Nous condamnonns la campagne de l'impérialisme nord-américain visant à exploiter ce qui se passe en Pologne pour discréditer les forces révolutionnaires dans le monde. Solidarité doit pouvoir agir dans la réalité polonaise. Le peuple polonais ne doit pas renoncer à ses conquêtes historiques, il doit pouvoir avancer vers le socialisme dans un cadre de démocratie prolétarienne réelle. C'est mon avis personnel, mais je crois que la majorité du mouvement syndical progressiste du pays le partage. Dans la mesure où Solidarité n'accepte pas que la Pologne fasse marche arrière, nous appuyons Solidarité contre la bureaucratie et contre toute déviation bureaucratique. Propos recueillis par Enrique CAMINERO pour « INPRECOR » à Santo Domingo de Guzman 12 mai 1982.

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