Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TURQUIE

Deuxième anniversaire du coup d'Etat

· Inprecor n° 132, 13 septembre 1982 · p. 19-24 · 5 984 mots

Grèce et Turquie Syndicalisme Stalinisme

ELA fait maintenant deux ans qu'a eu lieu en Turquie le coup d'Etat militaire qui a porté au pouvoir la junte

• dirigée par le général Kenan Evren. Depuis son accession au pouvoir, la dictature n'a cessé de renforcer ses attaques contre les travailleurs et les masses opprimées, sans leur laisser aucun répit (cf. Inprecor numéro 121, du 22 mars 1982).

Un changement se fait cependant sentir sur un point. En vue d'empêcher toute possibilité que le mécontentement général dans le pays puisse donner un élan à une opposition démocratique et pour tenter de réduire les diverses pressions dont le régime fait l'objet, la dictature a accéléré son cours vers la recherche d'une façade sous forme d'un gouvernement civil.

Après la mise en place d'une Assemblée consultative fantoche, la seconde étape a été la publication d'un nouveau projet de

Constitution. Cette Constitution doit entrer en application après l'organisation d'un prétendu référendum, dans les mois à

Ce projet de Constitution est peut-être le plus réactionnaire du monde. Il impose aux travailleurs une véritable camisole de force. Le droit de grève est tellement restreint qu'il se trou-

Mehmet SALAH

Les grèves, le syndicalisme, le socialisme, des notions et des etc., sont expériences relativement récents pour la classe ouvrière turque, en comparaison de la situation qui prévaut dans les principaux pays occidentaux. Ce n'est qu'au cours des vingt dernières années qu'ils sont devenus de fait partie intégrante de la vie quotidienne des travailleurs. En remontant au-delà de cette période, c'est une tout autre réalité qui apparaît.

La fondation, en 1923, de la République turque et de la « Turquie moderne » n'a pas entraîné une accélération notable et immédiate du développement capitaliste. Pendant des décennies après

1923, la Turquie est restée un pays essentiellement agricole dont le secteur industriel demeurait insignifiant. Dans quelques centres, il y eut une certaine croissance de la classe ouvrière, principalement parmi les travailleurs des industries alimentaires, des mines et du textile.

En 1934, les entreprises concernées par la Loi de développement industriel, instance créée pour favoriser l'essor de certains secteurs, en particulier l'industrie lourde, regroupaient 66 247 travailleurs

(ces chiffres ne prennent pas en compte les travailleurs non régis par cette loi, mais cela correspond à la différenciation que l'on peut faire aujourd'hui entre travailleurs assurés sociaux et ceux qui ne le sont pas).

Dans l'entre-deux-guerres, il n'existait pas de syndicats, mais des clubs ouvriers qui regroupaient de fait des dizaines de milliers de travailleurs. Bien que les grèves fussent interdites par la loi, il en écla-

La dictature renforce son arbitraire ment de fait, mais aussi de droit. contrôle législatif. tait de temps à autre. Dans la période du régime kémaliste (1) de parti unique, de 1923 à 1946, le mouvement ouvrier fut soumis à une forte oppression et à de nombreuses contraintes légales. Dans l'ensemble, ce fut pour lui une période de stagnation. Mais cette stagnation n'était que le reflet de la torpeur générale qui frappait alors l'ensemble de la société turque. C'est ainsi qu'entre 1923 et 1950, la proportion entre population rurale et population urbaine n'a varié que d'un pour cent.

Pourtant, durant ces trente années, il y eut des soulèvements ouvriers occasionnels. C'est ainsi qu'au début des années 1930, Izmir (Smyrne), le second centre industriel du pays à cette époque, fut le d'importantes LA MONTÉE OUVRIERE DE L'APRES-GUERRE En 1946, il y eut un second soulèvement ouvrier. La destruction des régimes fascistes sur le plan international et la progression du mouvement ouvrier qui en découla ne pouvaient manquer de faire sentir leurs effets même sur un pays aussi figé que la Turquie. L'interdiction des « clubs ouvriers », qui était en vigueur jusqu'alors, fut abolie. En l'espace de quelques mois, des dizaines de milliers de travailleurs commencèrent à s'organiser en syndicats.

Cependant, ce « printemps » fut de courte durée. Après six mois de liberté syndicale, la Loi martiale fut décrétée.

TURQUIE ve de fait pratiquement éliminé. Dans les entreprises de moins de 10 travailleurs (ce qui concerne un très fort pourcentage des ouvriers de l'industrie), les grèves sont totalement interdites.

Dans d'autres cas, les grèves ne sont autorisées que si les travailleurs font preuve de « bonne volonté ».

Il est interdit aux habitants de voyager à travers le pays et de changer librement de résidence. Les chômeurs n'ont aucun droit. Ce projet établit que les crimes perpétrés par des policiers ou des militaires ne seront pas considérés comme des crimes, ce qui porte atteinte au simple droit à la vie, non seule-

Ce projet de Constitution contient également d'innombrables restrictions à l'encontre des partis politiques et de toutes sortes d'organisations populaires. Avec cette Constitution, la junte entend donner un cadre institutionnel à un appareil d'Etat autoritaire hyper-centralisé. Le chef de l'Etat se voit attribuer des pouvoirs qui ne sont soumis à aucun contrôle légis latif. De plus, l'exécutif a été encore renforcé par l'établissement d'organismes tels que le Comité consultatif et le Comité de défense nationale, qui ne sont également soumis à aucun

Tous les syndicats et les deux partis de gauche furent interdits. Leurs dirigeants et de nombreux militants furent arrêtés, inculpés et condamnés à de lourdes

En 1947, une nouvelle Loi syndicale entra en application. Il devenait légalement possible de constituer des syndicats, mais il fallut encore attendre 16 ans pour que le droit de grève soit garanti par la loi. En 1950, au bout de 27 ans, le régime de parti unique fut aboli. La période qui allait suivre se caractérisa par un développement rapide du capitalisme dans l'agriculture et l'accélération de l'urbanisation.

Dans le même temps, l'industrialisation, qui ne démarra vraiment qu'au début des années 1960, ne connaît qu'un développement limité. Les liens économiques, politiques et militaires de la Turquie avec l'impérialisme

L'afflux de capitaux étrangers augmente.

La Turquie rejoint l'OTAN puis le Pacte de Bagdad (2), envoie des soldats combattre en Corée, etc.

C'est au début de cette période que la plus importante des confédérations

1. Du nom de Mustafa Kemal « Ataturk »

(père des Turcs), général ayant mené la guerre d'indépendance de la Turquie contre l'occupation grecque. Il fonda le Parti républicain du peuple (PRP), populiste et chauvin, parti unique du régime qui, sous la présidence de Mustafa Kemal, construisit la « Turquie moderne ».

2. Pacte de Bagdad : aussi appelé CENTO

(Organisation du Traité central). Pacte militaire signé par l'Irak, l'Iran, le Pakistan, la Turquie, sous la houlette des USA. Aujourd'hui, il a été successivement abandonné par tous ses signataires, excepté la Turquie et les USA.

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syndicales turques, Türk-Is, a été fondée. En 1946, après que la première vague de syndicalisation ait été brisée, des syndicats se formèrent, mais sous le contrôle du gouvernement et de la police. Une bureaucratie syndicale naquit à partir de syndicalistes éduqués aux Etats-Unis, d'anciens éléments de la police du travail et d'éléments issus du lumpen-proletariat. C'est ainsi que Türk-Is fut fondée en 1951 comme une confédération syndicale collaborant étroitement avec la Confédération internationale des syndicats li-

Cependant, ces syndicalistes-gangsters se trouvèrent confrontés à une contradiction. De même qu'une armée qui est utilisée contre le peuple peut être amenée à apprendre aux travailleurs l'usage des armes, les syndicalistes des années 1950 se virent obligés de rassembler les travailleurs et de les amener à apprendre le « b-a ba » du syndicalisme. La classe ouvrière allait prendre à cœur ce projet et,

30% des travailleurs déclarés étaient syndiqués.

Les années 1950-1960 furent cependant une période relativement calme du point de vue de l'action du mouvement ouvrier. Il y eut des grèves, mais qui restèrent occasionnelles. C'est peu avant 1960 qu'un tournant commença à se faire sentir. On put observer, à ce moment-là, une croissance du nombre de grèves et de tentatives de grèves et, de manière plus généessor des conflits du travail. Ainsi, de 1939 à 1950, 41 conflits seulement furent instruits devant la Haute Cour (Yuksek Hakem Kurulu) contre 160 pour la seule année de 1954. Au cours des six années suivantes, 110 conflits en moyenne passèrent devant la Haute Cour n'abordent qu'un des aspects de la lutte économique de la classe ouvrière, ils montrent comment des secteurs de plus en plus larges de la classe s'engagèrent dans

De cette époque datent aussi de nombreuses lois sociales. On créa un ministère du Travail, un institut du Travail et des Travailleurs, tandis que des lois étaient promulguées pour renforcer les conditions d'hygiène du travail, instaurer les retraites, les congés hebdomadaires annuels, ainsi que la pause garantie pour

En même temps que ces lois étaient adoptées, il faut remarquer qu'elles ne s'appliquaient réellement qu'à une faible minorité de la classe ouvrière. C'est après 1963 seulement que des secteurs plus importants ont pu en bénéficier.

VERS DES AFFRONTEMENTS

DE GRANDE AMPLEUR Le coup d'Etat du 27 mai 1960 constitua une date historique pour tout le pays, en ouvrant la voie à des changements économiques, politiques et sociaux importants. Toutefois, nombre de jeunes officiers impliqués dans le coup ignoraient alors quels seraient les changements à long terme, souvent paradoxaux, que leur initiative allait finalement in-

On peut dire de ce coup d'Etat qu'il correspondait au degré d'implication traditionnel de l'institution militaire dans la politique turque. On se rappelle qu'au dé. but du siècle, du temps de l'empire ottoman, l'armée et en particulier les jeunes officiers jouèrent un rôle décisif dans le développement de courants nationalistes bourgeois qui débouchèrent ensuite l'instauration de la République.

Le coup d'Etat de 1960 a orienté l'évolution de toute la société pour les 21

L'intention proclamée du coup de septembre 1980 était également de déterminer l'avenir de l'ensemble des rapports sociaux, économiques, culturels et politiques, en modifiant le conted'Etat du 12 mars 1971, qui avait eu lieu entre-temps, peut être considéré comme une répétition du dernier coup d'Etat mi-

Les putschistes du 27 mai 1960 n'avaient pas de programme clairement défini. Ils jouissaient d'une certaine autonomie par rapport aux classes sociales et vis-à-vis de la hiérarchie militaire. Au contraire, les hommes qui dirigèrent le coup d'Etat du 12 septembre 1980 étaient membres du haut-Commandement. Dès les premiers jours, ils appliquèrent sans financier local et international. La « révolution » du 27 mai 1960 avait débouché, quant à elle, sur la Constitution de

La nouvelle Constitution élaborée par les rebelles du 27 mai reconnaissait le droit d'organisation et de grève, permettant par là que se créent de nouveaux rapports de forces entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. En établissant une relative d'expression, réunion et d'organisation, elle donna de nouvelles formes aux relations politiques, sociales et culturelles de toute la société turque. Au cours des vingt-et-une années suivantes, jusqu'à ce qu'elle soit abrogée, cette Constitution fut le cadre légal des développements sociaux.

La législation du travail définie en général par la Constitution de 1961 fut précisée et mise en œuvre par une série de lois, promulguées sur une période de deux ans environ. Puis, après que le pouvoir ait été remis au premier d'une longue série de gouvernements civils de coalition, en septembre 1961, un mouvement puissant et pacifique commença à se dé-

Les travailleurs ont commencé à prendre part à ce qui, pour la première fois, constituaient des activités légales : grèves, grèves avec sit-in, manifestations, meetings, grèves du rasoir (3) et signature de pétitions. Pour la première fois dans

Turquie, un meeting ouvriers réunit plus de 100 000 participants. Toutes ces actions montrèrent que la classe ouvrière était décidée à imposer la mise en application des droits reconnus sur le papier par la Constitution de 1961.

Bien que les lois promulguées aient comporté d'importantes limitations, le essor. L'organisation syndicale se développa rapidement. En 1963, près de 300 000 travailleurs étaient syndiqués. Cinq ans plus tard, ils étaient u million. Manifestations de rue et grèves se multipliaient. formes d'action apparurent, que la loi n'autorisait pas, comme les grèves sauvages et les occupations d'entreprises. Dans les conditions faites au mouvement ou-

Men Turquie, prenaient une signification particulière. En effet, pour qu'une grève soit reconnue comme légale, elle devait être déclarée à l'avance. Cet obstacle poussa les travailleurs à entreprendre

Ainsi, si l'on évalue les mobilisations ouvrières depuis 1963, le nombre de grèves illégales égale ou dépasse celui des grè-

Pendant cette période, les travailleurs qui passaient à l'action se trouvaient confrontés aux licenciements, aux arrestations, aux procès, etc. Cela valait surtout pour les travailleurs d'avant-garde. De plus, les grèves illégales comportaient toujours le risque d'affrontements avec la police ou les gendarmes.

Entre 1963 et 1968, près de 40 000 travailleurs prirent part à environ 320 70 000 furent impliqués dans 38 conflits illégaux (les statistiques pour les deux catégories de conflits sont plus ou moins exactes et certainement sous-estimées). Cette période de la première montée continue du mouvement ouvrier connut des luttes particulièrement dures. Ainsi, dans 25 des grèves mentionnées plus haut, il y eut des affrontements avec la police et les gendarmes. Il y eut deux grèves illé. gales des mineurs. 5 000 d'entre eux prirent part à la première en 1965, et lors de la seconde, en 1968, il y eut 25 000 grévistes. A chaque fois, il y eut de violents heurts avec la police, et quatre mineurs

LES TRAVAILLEURS S'ORGANISENT C'est aussi durant cette période que la DISK fut formée, en réaction contre les méthodes de gangster de Türk-Is. 1963, le Parti ouvrier turc (TIP - Turkiye Isci Partisi) fut fondé, et c'est lui qui, en relation avec son rôle d'avant-garde, créa la DISK. Au départ, la nouvelle organisation syndicale comptait 25 ou 30 000 adhérents, tous du secteur privé. Le secteur privé allait constituer pendant de longues années encore la base de la DISK.

Depuis les années 1950, le secteur public constituait un bastion de Is. Parmi les principales raisons de cette situation, il faut relever la continuité de la tradition de la bureaucratie étatique, le niveau relativement arriéré des techniques de production employées dans ce secteur et le fait, également, que nombre d'entre-

3. Refus des travailleurs de se raser selon la réglementation du travail, en vigueur depuis les lois sur la modernisation de Kemal Ataturk.

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formes d'action, à la fin des années 1960. C'est durant cette période que la dynamiprises d'Etat était dispersées à l'extérieur des grandes concentrations industrielles.

Le développement du secteur privé a été un phénomène caractéristique des années 1950 et 1960. Il se concentra dans les grandes villes comme Istambul et Izmir. Ces entreprises mettaient en œuvre des techniques relativement avancées. De plus, les entreprises du secteur privé pratiquaient une rotation permanente des ouvriers employés. La sécurité de l'emploi y était faible et le travail était soumis à une intensification constante. La pression à l'augmentation du surproduit absolu était générale (ces deux caractéristiques étaient inexistantes ou beaucoup moins marquées dans le secteur public). Les conditions de travail et d'exploitation prévalant dans le secteur privé servirent ainsi de stimulant puissant à la syndicalisation et à des formes plus élevées d'activité syndicale. Et lorsque les travailleurs entraient, dans ces conditions, en contact avec les syndicats, ils se tournaient invariablement vers la DISK pour les organi-

Dans les quelques années qui suivirent sa constitution, la DISK commença à se développer rapidement et les ouvriers qualifiés du secteur privé en constituèrent l'épine dorsale.

Au plan politique, cette accélération de l'organisation du mouvement ouvrier se concrétisa dans l'essor rapide du TIP. Aux élections législatives de 1965, il obtint près de 3 % des voix. Grâce à un système électoral assez favorable, il disposa de 15 sièges au Parlement.

Ice développement relativement rapide de la gauche, la connaissance du marxisme resta confinée à une poignée de militants radicaux de l'ancienne génération. C'est à cette époque que, pour la première fois depuis les années 1930, les œuvres de Marx, Engels et Lénine recommencèrent à être publiées, mais sur une échelle relativement limitée par rapport à la montée impétueuse de l'activité ouvrière. C'est ce que montre le tableau ci-des-

Oeuvres de Marx, Engels et 0 Durant la même période quatre lipubliés. C'est tout ce qui était disponible

Les occupations d'usines commencèrent à apparaître, à côté des autres En 1968, sur les 40 000 travailleurs qui débrayèrent, 80% participèrent à des grèdes occupations d'usines, et seulement 20 % à des grèves légales. L'année suivante, 23 000 travailleurs prirent part à des grèves illégales et à des occupations. Le nombre de grévistes impliqués dans les grèves légales n'avait pas varié mais les entreprises affectées par les grèves illégales ou les occupations comptaient en moyenne plus de 1 500 travailleurs. Les secteurs qui participèrent le plus à ces actions furent ceux des ouvriers qualifiés et des mineurs.

marqua l'apogée du mouve. ment ouvrier de l'après 1961. C'est cette année-là que le mouvement de masse de la jeunesse étudiante connut un de ses sommets. Les enseignants participérent, au nombre de 100 000, à une tentative de grève générale. La syndicalisation des fonctionnaires s'accéléra. Pour la première fois dans l'histoire de la Turquie moderne, un mouvement paysan apparut. Ce fut aussi l'année de la troisième grande dévaluation de l'histoire turque. En août 1970, la valeur de la monnaie turque fut amputée de 70 % (les précédendévaluations de avaient eu lieu en 1946 et en 1958). Le tableau ci-après dresse le bilan des mobilisations ouvrières pour 1970 :

Nombre de Nombre travailleurs d'entreprises Grèves illégales Occupations

Les grandes manifestations ouvrières des 15 et 16 juin 1970 montrèrent aussi le niveau atteint par l'action ouvrière. Ce plus de 150 000 travailleurs descendirent dans la rue pour protester contre une modification de la législation visant à entraver la progression de la DISK. A Istambul, les travailleurs se rassemblèrent en divers points de la ville pour manifester. En plusieurs endroits les barrages de la police et de l'armée furent rompus. Tout Istambul fut submer gée par une explosion ouvrière sans

Cette vague de manifestations, qui dura deux jours, fut interrompue par l'ins tauration de la Loi martiale dans les villes d'Istambul et d'Izmir, et suivie d'arrestations, de poursuites judiciaires et de licenciements massifs. Mais même une telle réput arrêter que courte période les luttes ouvrières de la région d'Istambul. A la veille du coup d'Etat militaire du 12 mars 1971 et de l'instauration de la Loi martiale dans 17 provinces en avril de la même année, ce sont plus de 20 000 travailleurs qui avaient pris part à des grèves illégales. En outre, au cours des quatre premiers mois de 1971, le nombre d'ouvriers ayant participé à des grèves légales avait été à peu près

A côté de leur importance numérique, les mobilisations ouvrières s'étaient élevées à un niveau qualitatif supérieur. que des mobilisations ouvrières commença à déborder le cadre de l'action pu-

Au sein de la DISK, la bureaucratie syndicale n'avait pas encore établi un contrôle et une domination stricts sur l'action des ouvriers. Le noyau des travailleurs les plus combatifs éprouvait une vive sympathie pour le mouvement jeune qui se développait alors. Les arnées 1968-1971 furent marquées aussi bien par les occupations de facultés que par l'adoption, par les secteurs les plus avancés de la classe ouvrière, de l'occupation d'usine comme principale forme de lutte. Il ne faut pas sous-estimer l'influence, sur les travailleurs, des étudiants qui commencèrent à occuper les universités. Le fait est que les occupations d'usines étaient pratiquement inconnues du mouvement ouvrier avant 1968 et furent relativement rares après 1971. Cela montre l'influence qu'a eue le mouvement étudiant révolutionnaire de cette époque.

Au cours de la décennie qui a suivi le coup d'Etat de mai 1960, la classe ouvrière avait été capable de transformer en réalité nombre des droits qui lui avaient été reconnus sur le papier. Ce fut le cas de l'extension de la journée de huit heures, de l'augmentation des congés payés, de la réglementation des conditions de travail et de l'amélioration des services sociaux pour les ouvriers, d'une augmentation des salaires réels, etc.

La dictature semi-militaire issue du coup d'Etat du 12 mars 1971 déploya toutes sortes d'efforts pour réduire ces acquis de la classe ouvrière. Mais elle n'y parvint pas, le rapport de forces entre les classes dans le pays lui restant défavorable.

LE MOUVEMENT OUVRIER

DANS LES ANNÉES 1970 Entre 1971 et 1973, le mouvement ouvrier connut une période de calme plat. Des milliers de militants révolutionnaires furent emprisonnés. Les luttes révolutionnaires qu'ils avaient dirigées étaient éteintes. Par rapport à l'étendue de la vague de terreur qui a suivi le coup d'Etat militaire du 12 septembre 1980, la vague répressive de cette époque fut relativement limitée. Mais elle a porté un coup sévère et durable au type de mouvement qui s'était développé dans une relative liberté au cours des dix années précédentes.

Après être restée au pouvoir pendant deux ans, la dictature semi-militaire se retira. Elle mit fin à cette période en organisant des élections générales qui permirent au CHP (Cumhuriyet Halk Partisi -Parti républicain du peuple) de gagner la majorité relative. Le CHP forma un gouvernement de coalition avec le MSP (Milli Selamet Partisi - Parti du Salut national), un parti populiste islamique. Une amnistie politique partielle fut décrétée au moment de l'occupation militaire de la partie nord de Chypre. Alors que le mouvement ouvrier et les organisations de gauche commençaient juste à renaître, cette occupation de la partie septentrionale de l'ile poussa le chauvinisme ture à un pa roxysme. Elle fournit également le prétexte à une nouvelle période de Loi martiale. Les grèves furent reportées ou interdites. Pourtant, en 1974, les mobilisations ouvrières atteignirent une ampleur considérable. Plus de 80 000 travailleurs prirent part à des grèves, légales ou non. A nouveau, les entreprises touchées

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par les grèves illégales avaient en moyenne plus de 1500 travailleurs, contre une moyenne de 350 pour celles touchées par les grèves légales. En 1975 en particulier, il y eut un bond en avant dans le nombre de grèves illégales : plus de 60 000 travailleurs prirent part à 105 grèves illé-

L'une des caractéristiques de cette nouvelle vague de grèves illégales, c'est qu'elle touchait des secteurs ouvriers situés en dehors des grands centres industriels. Ces couches, qui étaient les plus arriérées avant 1971, se mirent en mouvement pour bénéficier des acquis conquis par les travailleurs des grandes entreprises du secteur privé. Cela explique que, lors de ces grèves illégales, les revendications sur la sécurité de l'emploi et le droit de pouvoir adhérer au syndicat de son choix prirent le pas sur les revendications

Le 16 juin 1975, Türk-Is organisa une grève générale illimitée à Izmir, à laquelle participèrent 60 000 travailleurs. Ainsi, la longue lutte de dix années menée par la classe ouvrière avait finalement réussi à tourner un syndicat de gangsters vers une politique syndicale classique.

C'est au milieu des années 1970 que se produisit une accélération de la croissance des courants et partis de gauche. Le type de mobilisations révolutionnaires qui s'étaient développées dans la période précédant mars 1971 dans des centres culturels, économiques et politiques comme Istambul ou Ankara, s'étendit à la petite industrie et aux centres régionaux et même à la campagne et aux provinces.

Mais cette extension du mouvement signifiait en même temps un affaiblissement de son niveau politique. Sur le plan national, ce furent les groupes les plus arriérés, les plus confus idéologiquement, ceux pour qui les problèmes se réduisent à quelques mots d'ordre et quelques formules, qui connurent la croissance organisationnelle la plus importante. Cette arriération du mouvement révolutionnaire est une des principales raisons pour lesquelles, lorsque à la fin des années 1970 la classe ouvrière émergea de ses illusions envers le CHP, au lieu de se tourner dans une direction positive, elle retomba dans

L'année 1976 fut l'une des années de plus grande activité de cette période. Cette année-là, environ 500 000 personnes participèrent à la commémoration du 1er Mai, plus de 200 000 se mirent en grève légale ou illégale, et plus de 100 000 prirent part à une grève générale contre l'instauration d'une Cour de sûreté de l'Etat.

Durant cette période, la grande majo.

rité des grèves fut victorieuse, donnant un coup de fouet au moral du mouvement ouvrier. En 1976, le nombre de travailleurs impliqués dans les grèves officielles ne requ'une petite proportion de ceux qui s'étaient engagés dans toutes sor-

Cependant, 1977, la proportion de grèves officielles s'est accrue par rapport aux grèves illégales. En tout, ce sont environ 93 000 travailleurs qui s'engagèrent dans des grèves cette année-là. Mais la mort de 37 personnes, due à une provocation lors de la manifestation du ler Mai 1977 à Istambul, fut un choc sévère.

A ce moment-là, la Turquie était au beau milieu d'une campagne électorale mouvementée. Dans les grandes cités industrielles, les meetings du CHP étaient en fait des rassemblements de travailleurs. La classe ouvrière a perçu l'entrée du CHP au gouvernement comme le point culminant de ces dix années de luttes.

LE DÉCLIN DU MOUVEMENT OUVRIER L'installation du gouvernement du CHP en janvier 1978 a marqué le début •

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• d'un certain reflux de la montée ouvrière qui se produisait depuis 1974. En comparaison avec les années précédentes, le nombre de grèves légales et illégales a baissé. La première raison en fut que les gens pensaient que tout ce qui pourrait être éventuellement obtenu serait de toutes facons accordé par le gou-

Durant le peu de temps qu'il est resté au gouvernement, le CHP a réussi à ôter toutes leurs illusions aux travailleurs. Ce fut un important facteur du ralentissement et du déclin du mouvement ouvrier. Environ une centaine de milliers de travailleurs participèrent à une grève de protestation de deux heures appelées par la DISK contre l'assassinat de 7 étudiants. Cela mis à part, le nombre de travailleurs participant à des grèves légales ne fut que envers la bureaucratie syndicale s'accrut considérablement parmi les travailleurs affiliés à la DISK. Ce cœur du mouvement ouvrier, qui était passé par dix années d'expériences de grèves durement menées, commença à se retourner contre la bureaucratie. Dans les secteurs relativement attardés de la classe ouvrière, le désintérêt à l'égard de l'action syndicale et un sentiment d'éloignement vis-à-vis du syndicat grandissaient.

Quoi qu'il en soit, la possibilité de développer une opposition révolutionnai. re dans les syndicats se trouvait écartée. Aucun défi sérieux ne fut donc opposé à la bureaucratie syndicale.

Il apparut clairement que dans les assemblées syndicales comme dans l'action, et même au cours des grèves légales, les travailleurs moins militants, moins enthousiastes. Les ouvriers les plus combatifs étaient devenus incapables de mener la lutte au plein sens du terme, c'est-à-dire d'en être la véritable direction. Ils n'abandonnaient pas la lutte pour autant, mais en laissaient, dans une large mesure, la conduite à la bureaucratie syndicale.

L'indice le plus éloquent de cette évolution a été la stagnation, suivie du déclin, du nombre de militants de la DISK. Cette organisation connut des scissions même dans l'industrie mécanique. Elles n'ont cependant pas entraîné un accroissement des effectifs des autres confédé rations syndicales. Des luttes internes se sont développées rapidement au sein de plusieurs syndicats affiliés à Türk-Is.

Le syndicat indépendant limité à un lieu de travail devint une solution alternative, bien qu'elle ne fut pas tout à fait neuve. Cependant, il faut souligner, encore une fois, qu'étant donné le fait que cette période a été brève, elle n'a pas ouvert la porte à une nouvelle situation ni à un changement du rapport de forces. Elle a été significative parce qu'elle a représenté un changement par rapport à la tendance apparue chez les travailleurs à la fin des années 1960 de chercher à créer, par-delà l'éparpillement des lieux de travail in-

Run mouvement de la classe ouvrière dans son ensemble. En quelques endroits, des secteurs entiers de la classe ouvrière se détournèrent de l'organisation syndicale et se trouvèrent pris entre les quatre murs de l'usine, leur perspective ne dépassant pas le cadre de leur seule entre-

Cette évolution générale constitua un important facteur de dispersion et de démoralisation des forces révolutionnaires à la veille du coup d'Etat du 12 septembre.

LA MÉFIANCE NAIT ENVERS

LA BUREAUCRATIE SYNDICALE

Plus important encore, les travailleurs s'étaient rendus compte qu'au-delà d'un certain niveau de la lutte économique, les bureaucrates reculaient toujours. Après 1974 et la fin de la dictature semi-militaila bureaucratie s'était retrouvée en bonne position pour se stabiliser.

Comme la stabilisation de la bureau-

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cratie syndicale coïncidait avec un approfondissement des oppositions de classes, son caractère réactionnaire ne manqua pas de se faire sentir, quels que soient les oripaux révolutionnaires, voire communistes, ou les noms radicaux dont elle se

Les travailleurs se sont rendus compte que ces bureaucrates syndicaux et les politiciens de gauche qui les contrôlaient ne pouvaient tolérer aucune démocratie. Ils ont vu qu'ils divisaient les travailleurs de façon irresponsable. Les bureaucrates se sont efforcés de maintenir en dehors des activités syndicales les travailleurs dont les vues étaient différentes des leurs (leur accolant parfois l'étiquette ambiguë de « maoïstes-ultra-gauches »). Ils ont même collaborés avec les patrons pour faire renvoyer certains de ces travailleurs, et ne les ont jamais intégrés à la direction

En outre, avec l'approfondissement de la crise économique et les difficultés croissantes qui assaillaient les travailleurs, le luxe et le gaspillage auxquels s'adonnait la bureaucratie devinrent de plus en plus éclatants. Ce luxe matériel allait par ailleurs de pair avec une élévation du statut social. Les dirigeants syndicaux jouis saient dans les courants politiques de gau che d'un crédit considérable bien que, se lon les règles de l'organisation syndicale, ils n'eussent droit à aucun privilège à titre

Même dans des conditions où la lutte de classe est très violente et la conscience de classe très avancée, des règles organisationnelles très strictes et des règles démocratiques sont indispensables pour empê cher des dirigeants ouvriers d'acquérir des privilèges sociaux et matériels. Mais la bureaucratie de la DISK, au contraire, s'est entourée de règles statutaires hautement antidémocratiques. Tous les permanents syndicaux se sont retrouvés dans l'unité pour soutenir ce cadre organisationnel, qu'ils soient communistes, sociaux-démolibéraux ou simplement des En fait, même des courants qui proclamaient leur hostilité à la bureaucratie syndicale n'ont pas manqué d'utiliser ces statuts pour accroître leur influence dans certains secteurs du mouvement syndical.

En ce qui concerne la démocratie, cette bureaucratie était dans le ton des attitudes traditionnellement antidémocratique du mouvement révolutionnaire turc, et il lui était facile de détourner toute attaque contre ses propres pratiques. De plus, sur ce terrain-là comme sur bien d'autres, la bureaucratie a toujours su faire montre d'une certaine souplesse tacti-

Par ailleurs, les illusions semées à propos du CHP par les syndicalistes membres de ce parti et leurs alliés se sont re. tournées contre la bureaucratie, et sont devenues un important facteur de la montée de l'hostilité et de la défiance envers les dirigeants syndicaux. Dès que le gouvernement CHP a commencé à mettre en œuvre une politique économique qui suivait en tous points la ligne des directives du Fonds monétaire international (FMI), comme le gel des salaires, et a adopté une position de neutralité envers les attaques des fascistes, les travailleurs ont rapidement perdu leurs illusions. Evidemment, ce réveil brutal eut un effet sur la façon dont les travailleurs voyaient la bureaucratie syndicale.

Cependant, la moyenne des travailleurs, qui méprisaient la bureaucratie, continuaient à penser qu'ils ne pouvaient pas s'en passer. Les courants non directement rattachés à la bureaucratic taient jeunes et manquaient de tradition. Ils ne pouvaient obtenir la confiance des ouvriers. En particulier, la grande majorides cadres de base de ces courants étaient extérieurs à la classe ouvrière. Leur sentiment d'identification avec les travailleurs avait une base matérielle très faible. Comme ces derniers ne voyaient pas d'issue révolutionnaire à leur rejet de la bureaucratie, la route était ouverte à la démoralisation.

Tous ces développements au sein de classe ouvrière prise dans son ensemble.

A LA VEILLE DU COUP Dans les derniers mois de 1979, le gouvernement CHP était proche de sa fin. La réaction des masses laborieuses contre les actes du gouvernement CHP au cours des vingt mois précédents se refléta dans une série d'élections locales et d'élections partielles au Sénat. Le soutien des travailleurs au CHP déclina considérablement.

Par exemple, lors des élections de 1973 à Istambul, le CHP avait obtenu 981 000 voix mais, en 1977, il n'en obtint que 493 000. En outre, l'ensemble des votes pour les partis de gauche à Istambul s'élevait au chiffre dérisoire de 56 000. Qui plus est, lors des dernières élections, avant le coup, le taux d'abstention fut extrêmement élevé

Au cours de ces mois-là, en dépit de la proclamation de l'état de siège, dans un grand nombre de provinces, les grèves illégales se sont poursuivies et, en 1979, 40 000 travailleurs participèrent à des grèves légales.

A Istambul, 10 000 travailleurs des manufactures de tabac et des brasseries, secteurs décisifs des entreprises d'Etat, se mirent en grève officielle. Ils réclamaient « l'auto-défense contre les attaques fascistes » menaçant leurs vies. A Izmir, près de 5 000 travailleurs ont occupé l'usine textile Taris, parce que la direction de l'entreprise avait essayé de faire entrer des fascistes dans les locaux. Le conflit sur cette question durait depuis luttes étaient l'indice d'une nouvelle montée, mais elle ne dura guère.

Ce mouvement s'est éteint après la répression impitoyable des manifestations de rue qui eurent lieu dans plusieurs endroits de la ville en soutien à l'occupation de l'usine Taris à Izmir.

Un gouvernement bourgeois ouvertefut formé en décembre 1979, sous la présidence de Suleyman Demirel. En janvier 1980, il annonça de nouvelles mesures économiques qui ne furent, en fait, totalement appliquées que plus tard, par la junte qui arriva au pouvoir le 12 septembre de la même année.

Ces mesures constituent une attaque économique brutale contre la classe ouvrière et les masses laborieuses. Il ne fallut pas attendre des mois ni même des semaines avant que les effets ne s'en fassent sentir sur la vie quotidienne des travail-

L'inflation atteignit alors le plus haut niveau de ces dernières années. Mêmontrent que les salaires réels des travailleurs ont considérablement baissé. 581 000 travailleurs ne gagnaient que le salaire minimum. Cela représentait environ 27% de travailleurs assurés. salaire minimum était le maximum de ce que gagnaient les millions de travailleurs

Dans ces conditions, une puissante vague de grèves légales se déclencha. Mais les grèves illégales furent considérablement moins nombreuses que l'année précédente. Cela reflète le recul du mouvement ouvrier et le fait qu'en dépit de sa dispersion et de sa démoralisation, la classe ouvrière se raccrochait en dernier ressort à l'arme de la grève légale.

Dans les huit mois qui ont précédé le coup du 12 septembre, des préavis de grève impliquant 122 000 travailleurs furent déposés, mais le gouvernement et les autorités chargées de faire respecter la loi martiale leur imposèrent un délai. Des 78 grèves ainsi retardées, 28 ont été gelées, pour la première fois. Cela s'est produit surtout dans l'industrie pétrochimique et dans l'industrie mécanique. Parmi préavis de grève, 35 avaient été déposés par des syndicats affiliés à Türk-Is, et 42 par des syndicats affiliés à la DISK.

Peu avant le 12 septembre, 54 200 ouvriers étaient en grève, dont environ 48 491 affiliés à la DISK. La grande majorité des grévistes travaillaient dans la mécanique, la fonderie et le textile. Mais ces grèves étaient extrêmement faibles du point de vue de l'organisation et de la

Les patrons, comme les bureaucrates, qui se plaisaient à répéter que les coffres des syndicats étaient vides, n'eurent qu'à attendre que la patience des travailleurs s'use et que le moment arrive où ces derniers seraient prêts à accepter contrat désavantageux.

Durant tout ce temps, les syndicats, comprenant près d'un million de travailleurs, se limitaient à négocier des contrats. Sentant que ces discussions menaient à une impasse, des centaines de milliers d'ouvriers affiliés à Türk-Is, en particulier dans l'automobile, les chemins de fer et le textile, paraissaient prêts à partir en

C'est dans ce contexte que les militaires eurent recours au coup d'Etat.

Dans quelle mesure ont-ils réussi à briser le mouvement ouvrier ture, l'un des plus puissants et des plus expérimentés des pays dominés ? Cela sera le sujet d'un prochain article.

Juin 1982.

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