Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

La fraude électorale ; le PRT légalisé, mais interdit de Parlement

Inprecor n° 132, 13 septembre 1982 · p. 35 · 591 mots

Mexique

La falsification des résultats électoraux au Mexique, que nous annoncions déjà dans notre numéro du 26 1982, a dépassé toutes les prévisions.

Le ministère de l'Intérieur reconnaît que la candidate aux élections présidentielles, Rosario Ibarra de Piedra, soutenue par le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, a obtenu 416 000 voix, soit nettement plus que les 1,5 % nécessaires pour assurer au PRT le statut de parti légal. Mais le ministère prétend en même temps que la liste des candidats du PRT aux élections législatives n'aurait obtenu que 308 099 voix, soit 1,46%. Ainsi, le PRT se voit refuser, pour 0,04% de voix les 8 députés auxquels il avait

La fraude est grossière, cynique et maladroite. Le gouvernement avait commencé par publier les résultats circonscription par circonscription, les premiers jours après les élections. Ces résultats n'indiquèrent que de faibles écarts entre les voix obtenues à l'élection présidentielle et à l'élection législative. L'écart de 25% finalement décidé par la machine gouvernementale pour maintenir le PRT au-dessous de la barre des 1,5 % a donc dû être concentré sur un nombre réduit de circonscriptions, ce qui donne dans

Rosario Ibarra de Piedra, candidate certains districts des résultats grotesques, tels que 1 000 voix pour Rosario Ibarra de Piedra et 8 seulement pour la liste du PRT aux législatives !

Une étude réalisée par le Centre d'Enquêtes et d'Etudes supérieures d'Anthropologie sociale du Mexique (CIESAS) conclut que sur huit millions de nouveaux électeurs (jeunes), le PRT aurait obtenu 300 000 voix, soit 3,7% (Uno mas Uno, 17 août 1982). Il faut en conclure, pour respecter les chiffres du ministère de l'Intérieur, que le PRT n'aurait obtenu que 8 000 voix auprès des électeurs de plus de

Le principal hebdomadaire de gauche du Mexique, Proceso, souligne que dans les 171 circonscriptions dans lesquelles le PRT présentait, outre la liste nationale de candidats députés, des candidats à la députation individuelle, le gouvernement leur attribue en tout 279 072 voix. Il faut en conclure, toujours pour respecter les chiffres officiels, que la liste du PRT n'aurait obtenu que 30 000 voix dans les 129 autres circonscriptions !

Enfin, au cours des premières révisions du résultat par la commission électorale pour le principal district du pays, celui de la vallée de Mexico, le gouvernement à fini 85 000 voix, soit 13 400 de plus qu'il ne lui avait initialement reconnu. Cette différence est largement supérieure aux voix qui « manquent officiellement » au PRT pour obtenir 7 ou 8 députés à la réparproportionnelle. Pourtant, malgré cette révision, le gouvernement s'obstine à refuser au PRT le moindre député.

Il est done clair qu'il s'agit là d'une décision politique arbitraire prise par l'apgouvernemental du Parti révoluinstitutionnel (PRI), et plus vraisemblablement par sa machine militai-

Les raisons pour exclure le PRT du Parlement sont évidentes: dans situation de crise économique et sociale très grave, le PRT défendra au Parleintérêts des ouvriers et des paysans, ainsi que la révolution centroaméricaine, sans aucune concession à une quelconque Union sacrée avec la bour-

L'aspect cynique et scandaleux de la fraude a amené toute l'opposition à soutenir la demande du PRT de révision du résultat électoral. La procédure est toujours en cours au Collège électoral. Le 22 juillet, une manifestation de protestation contre cette fraude électorale a rassemblé plus de 5 000 personnes dans le centre de Mexico. Elle était organisée par le PRT et le Parti socialiste unifié du Me. xique (PSUM), qui est le PC mexicain. •

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