Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

Le PSR et les élections anticipées

Inprecor n° 132, 13 septembre 1982 · p. 34 · 888 mots

Portugal

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

PORTUGAL

Le PSR et les élections anticipées Le Comité exécutif (CE) du Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section portugaise de la IVe Internationale. a rendu public le 15 juillet 1982 sa déclaration « Organiser et centraliser toutes les forces et toutes les luttes pour renverser l'Action démocratique (AD) », que nous reproduisons ci-dessous.

1) Au cours de ces derniers mois, les travailleurs portugais ont fait l'expérience de grandes luttes qui ont pris la forme d'innombrables grèves de d'entreprises, de manifestations massives, et surtout de deux grèves générales qui ont profondément modifié le panorama politique du pays. Ces formes de lutte ont démontré la force des travailleurs organiouvrier et populaire, et prouvé que les travailleurs étaient prêts à combattre pour leurs droits. Contrairement à ceux qui déjà à l'imminence du fascisme ou à la fascisation, comme ils disent, inévitable du pays, le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) tire de l'expérience des dernières luttes la conviction qu'une dietature fasciste ne peut pas s'installer graduellement, à affronter la volonté de lutte des travailleurs portugais pour la démocratie et le n'est que sur les cendres d'une défaite décisive du mouvement ouvrier qu'il serait possible d'édifier une nouvelle dictature fasciste. (...)

2) Vigoureusement attaqué par les le gouvernement de l'AD te - PSD, ex-PPD, et du Centre démocratique et social - CDS) tire parti de l'absence d'une alternative claire. Le mécontentement est énorme, jusque dans les propres rangs de l'AD, où l'on parle ouvertement de changer de gouvernement. Tout pseudo-projet social-démocrate PSD, qui passait par la modernisation du pays et l'amémioration du niveau de vie, est parti en fumée. L'intégration au Marché commun européen a été reportée, et les préconditions à l'acceptation du Portugal se multiplient. Le projet stratégique de l'AD se trouve ainsi compromis. En économique, qu'une seule politique, et elle s'appelle austérité. Augmentation des prix et du chômage, augmentation des loyers, attaques contre les luttes tendant à obtenir de meilleurs salaires : voilà quelle est la politique de l'AD. Joao Salgueiro, le cuisinier de ces recettes, a une préoccupation supplémentaire : celle de rendre aux capitalistes les entreprises nationalisées et aux grands propriétaires les terres expropriées par la Réforme agraire. (...)

Renverser ce gouvernement est une tâche décisive pour les travailleurs et les démocrates portugais. Le laisser se stabiliser serait lui donner tous les moyens de renforcer son offensive anti-ouvrière et anti-populaire.

3) Mais renverser ce gouvernement dans quelle perspective ? Le Parti communiste (PC), la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP) et un secteur du Parti socialiste (PS), celui de Francisco Almeida Salgado Zenha et de son courant, avancent comme alternative le général président Ramalho Eanes. Nous ne refusons pas de voir les différences existant entre Eanes et l'AD. Mais Eanes n'est pas l'alternative que réclament les travailleurs. Entre Eanes et l'AD, il y a une lutte pour le pouvoir, mais les objectifs fondamentaux restent les mêmes. Eanes veut que le Portugal soit un pays capitaliste, intégré à l'Organisation Traité de l'Atlantique-Nord (OTAN), où les patrons continuent à être maîtres de tout. Une partie substantielle du patronat appuie les projets du président. Eanes veut avant tout construire mouvement ou parti et renforcer son propre projet en utilisant, comme il l'a déjà fait lors des élections présidentielles de décembre 1980, l'appui des partis de gauautant s'engager auprès d'eux. (..) Ainsi, subordonner les luttes toute alternative ouvrière et populaire à

4) Au sein du PS se déroule une dure entre deux projets. ment, aucun d'eux ne représente une alternative socialiste et populaire à l'arrogance du gouvernement Pinto Balsemao.

Le dirigeant du PS, Mario Soares, propose un compromis avec le PSD et est à la recherche d'un accord avec l'AD pour la révision de la Constitution de février 1976. Quant à Zenha, il mise sur le président Eanes et sur la possibilité de créer un large mouvement autour de cette alternative à l'AD. Zenha critique les accords de la droite de son parti, non pas au nom de la trahison qu'ils signifient pour les travailleurs et pour le socialisme, mais au •nom de la trahison qu'ils constituent du point de vue des accords avec le président

5) Les travailleurs doivent préparer leur propre alternative en se différenciant clairement de toute solution à la crise tournant autour du président Eanes. Les luttes des travailleurs pour l'amélioration de leurs conditions de vie et pour la libé. ration des antifascistes emprisonnés ont déjà obligé le gouvernement à reculer. Mais seul le renforcement de la mobilisation pourra renverser ce gouvernement. Il faut pour cela une unité plus forte de tous les travailleurs. Le PSR s'adresse à tous les partis de gauche et aux syndicats pour qu'ils s'unissent dans la lutte pour le renversement de ce gouvernement. Nous appelons le PS à rompre l'unité avec la droite de l'Union (UGT) (dirigée paritairement par le PS et les partis de droite) et à s'engager dans un syndicalisme de combat contre la droite et le gouvernement de l'AD. (...)

Le PSR lutte contre la révision de la Constitution par un Parlement dans lequel l'AD est majoritaire depuis la fin de 1979, et contre tous les accords des partis de gauche qui ne servent qu'à renforcer le pouvoir de l'AD, la hiérarchie militaire, et à perpétuer le maintien au pouvoir de la dénonce les accords PS-AD, qui renforcent l'AD et son gou-

Lisbonne, 15 juillet 1982.

Une erreur sur cette page ?