Yasser Arafat et les dignitaires arabes au Sommet de Fês. (DR)
Le testament de Midad Alon La lettre qui suit a été publiée dans le quotidien israélien Haaretz. Elle a été écrite par Midad Alon, soldat de vingt ans, mort au Liban trois jours après l'avoir rédigée. Ses camarades l'ont trouvée, l'ont lue dans leur unité militaire et l'ont expédiée au journal...
« Tu comprends ... encore une guerre, encore une autre guerre.. à la fin, tu perds ta capacité de comprendre. Une grosse tache noire couure ta tête simple d'enfant, chaque jour qu'on se bat, la tache devient plus grande, elle menace de te chasser du royaume de la vie normale ... Ainsi, tu es déjà un autre homme, avec des souvenirs et des cauchemars et des camarades qui sont morts.
« Tu comprends, plein d'hommes malades, et après
leur, la peur, la frustration et une autre génération de combattants est
« Nous sommes la génération de Sharon. Nous en avons payé, nous en payons le prix tous les jours. Nous sacrifions des parties de notre corps, des membres brûlés, des hommes frustrés sur l'autel gigantesque de Sharon. Dites-le lui : tiens, cette fois encore, c'est ton tour de gagner! Nous, nous sommes toujours perdants, même si nous conquérons Tripoli, nous perdons, nous, une génération de fantassins, de paras et de tankistes. Nous perdons toujours et il est défendu de l'oublier.
" Je veux lui dire autre chose, à ce grand homme, qui est assis là-haut : peut-être n'as-tu pas bien compris, Sharon ! Tu déplaces tes drapeaux, tu joues aux soldats, tu assènes des discours et des instructions à propos de Beaufort, cela te plaît, apparemment. Mais moi, cela me fait mou-
« Tu peux organiser des manifestations pour te convaincre toi-même que tu as raison. Ainsi, tu peux menacer tous ceux qui demandent la paix, enterrer doucement et avec persévérance notre démocratie. Tu peux dire que le peuple tout entier est derrière toi.
« Mais seulement, il y a des gens qui reviennent avec du sang sur leurs habits. Ils sont encore abasourdis et ils se taisent encore ... Ils sont las de la guerre ... »