E 11 septembre 1973, les militaires chiliens renversaient
• le gouvernement de Salvador Allende. Ils mettaient ainsi
• brutalement fin à la montée révolutionnaire qu'a connue le Chili après la victoire électorale de l'Unité populaire (UP)
aux élections générales du 4 septembre 1970.
Le 11 septembre 1973 ouvrait un processus contre-revolutionnaire qui allait voir la destruction de toutes les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement de masse.
Sous les effets de la remontée de la lutte de classe en Amérique latine, marquée en particulier par les développements révolutionnaires en Amérique centrale, par les changements brusques qui affectent les autres pays du Cône Sud, tels que l'Argentine ou la Bolivie, et par les coups de la crise économique mondiale qui frappent de plein fouet le Chili, la dictature militaire du général Augusto
Pinochet connaît ses premières fractures.
Les forces ouvrières et populaires se réorganisent. Un nouveau processus de recomposition politique est en cours.
I.- LA DESTRUCTION DU CHILI
Après septembre 1973, la junte militaire a entrepris la destruction systématique des organisations ouvrières et populaires. Répressions massives, assassinats, étaient alors quotiemprisonnements diens. Il fallait « extirper le marxisme jusqu'à la troisième ou à la quatrième génération », selon les paroles du général d'aviation Leigh, membre de la junte mili-
Cette entreprise d'anéantissement ne mouvement ouvrier. Près de dix années plus tard, les militaires chiliens ont aussi détruit l'économie, bradé les principales ressources du pays et bouleversé les fondements de la société traditionnelle chilienne.
A partir des années 1920, et jusqu'à septembre 1973, le Chili a connu un processus d'industrialisation qui, par-delà les variations de conjoncture et en dépit des déformations inhérentes à toute économie dépendante, s'est développé de manière quasi continue. Cette industrialisation a façonné le Chili moderne.
En utilisant l'Etat comme levier essentiel (en particulier avec la création de la CORFO - Corporacion para el Fomento de la Produccion), il s'agissait d'impulser
- la création d'industries nationales sous contrôle de l'Etat (textile, sidérurgie, électricité, etc.),
- la « chiliénisation progressive » des ressources minières, et en particulier du cuivre, à partir du milieu des années 1960 sous le gouvernement démocrate-chrétien d'Eduardo Frei ;
- une politique douanière hyper-protectionniste tendant à limiter les importa-
- une politique de réforme agraire, limitée dans ses réalisations par la résistance de l'oligarchie terrienne.
Ainsi, malgré l'existence de grosses sociétés britanniques et surtout américaines après la Seconde Guerre mondiale (en particulier les fameuses Anaconda ou Kennecot Co dans l'extraction du cuivre), le pays a connu un développement indus-
Get dispersé en petites unités de production, mais concentré dans des branches telles que la métallurgie, la
C'est ce qui a déterminé la marginalisation progressive de l'oligarchie terrienne au profit de la bourgeoisie industrielle, le gonflement des services publics et la fonctionnarisation de la classe moyenne chilienne, le développement d'un prolétariat concentré dans plusieurs secteurs, mais surtout dans les mines.
Ces transformations façonné depuis le début du siècle un champ politique qui présente des similitudes avec celui des pays capitalistes plus développés, avec des partis bourgeois classiques tels que libéraux et conservateurs, puis Démocratie chrétienne (DC) et Parti national (PN), et des partis ouvriers de masse indépendants comme le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste chilien (PCCh). Il s'agit-là d'un cas unique en Amérique latine.
C'est cette structure qui a été bouleversée en profondeur par les militaires. Le coup d'Etat de 1973 n'a pas restauré seulement les valeurs de la réaction traditionnelle après avoir brisé une montée révolutionnaire. Il n'a pas seulement fait table rase des trois années de « l'expérience » de l'Unité populaire. Il a brisé toute la dynamique de la société chilienne de-
La bourgeoisie a en effet tiré parti
Neuf années après le golpe, la situation chilienne reste marquée par le poids de cette terrible défaite et de la destruction physique qu'a subi le mouvement ouvrier chilien. Pourtant, ces dernières années, sont apparus les premiers indices d'un changement dans la situation politique. des nouveaux rapports de force entre les classes issus de la défaite brutale du prolétariat chilien, afin de réorganiser l'écod'exploitation de la force de travail et de créer les conditions d'une reprise économique sur la base de l'écrasement des
Un premier débat économique a alors surgi entre les partisans de la junte militaire, opposant ceux qui préconisaient un modèle corporatiste fondé sur une économie semi-autarcique (projet défendu notamment par Pablo Rodriguez et les dirigeants du mouvement fasciste « Patrie et Liberté », inspirés par l'exemple : l'Espagne des débuts du franquisme), et les partisans d'une politique économique néo-libérale ouvrant totalement le Chili aux lois du marché mondial, conformé. ment aux théories monétaristes des économistes de l'Ecole de Chicago, disciples de Milton Friedmann, surnommés les « Chicago Boys ». Les pressions de l'impérialisme et du Fonds monétaire international (FMI) ont ainsi imposé une intégration maximale au marché mondial.
A l'heure où la crise de surproduction sévissait et où le système impérialiste recherchait avidement de nouveaux marchés, l'impérialisme devait se saisir des nouveaux rapports de forces en 1973 pour imposer ses exigences au Chili. Pour les multinationales « transnationales financières », le devait devenir un nouveau marché, que l'on submerge de produits finis et semi-finis (biens de consommation durables, automobiles japonaises, rurgie, etc.) et de surplus agricoles (blé) américains. Il devint un terrain de chasse privilégié de la spéculation financière et
La politique économique chilienne s'est alors conformée aux exigences du FMI et des « Chicago Boys » :
- remise en cause du rôle de l'Etat sous prétexte de restaurer l'initiative pri-
- modernisation de la production en laissant jouer à plein les lois de la concurrence sauvage et en supprimant toute lé-
gislation protégeant l'industrie nationale et tous barrages douaniers ;
refus de tout déficit budgétaire, par la suppression d'une série de services sociaux, et limitation du rôle de l'Etat sur le plan économique au seul contrôle de l'émission monétaire.
Cette politique d'ensemble a eu des effets profondément dévastateurs. Elle a abouti à la privatisation d'une série de secteurs tels que l'industrie du bois, la sidérurgie, l'électricité et certaines ressources minières, même si la junte n'est pas allée jusqu'à la dénationalisation des principales mines de cuivre. Des services sociaux décisifs comme la santé, la Sécurité sociale ou l'éducation ont été démantelés. Les enseignants ont été transformés en employés municipaux. L'établissement de droits de douane les plus faibles du monde a ouvert la voie à une invasion de produits d'importation. Enfin, le redéploiement économique a été conduit sur la base d'un endettement massif atteignant plus de 15 milliards de dollars en
Mais le désastre a été tel que l'Etat a dû intervenir à l'encontre de ses propres pour racheter le montant des dettes de banques privées au bord de la faillite. Les effets de cette politique ont été multiples :
- Elle a provoqué un effondrement de l'appareil industriel : une baisse de la production de 20 à 30% dans le textile, de 50% dans la sidérurgie, de près de 60 % dans la construction ;
- Les faillites se sont multipliées dans le secteur industriel: 433 en 1981, déjà 500 pour le seul premier semestre de
Elle a provoqué une chute de la production agricole : — 80 % pour la production de blé par exemple ;
— Elle a engendré une croissance galopante du chômage. Le Chili est passé de 10% de chômeurs sur la population active dans les années 1960 à près de 30 %, soit plus d'un million de chômeurs population totale de 10,5 millions d'habitants;
— Elle a imposé une terrible réduction du pouvoir d'achat avec une hausse constante des prix et une pression non moins constante sur les salaires. Alors que la productivité a augmenté de 74% entre 1976 et 1980, les salaires n'ont augmenté que de 42,5 %. Pour avoir une idée du niveau de vie des travailleurs chiliens, il faut savoir que le salaire moyen d'un ouvrier est de 6 000 à 8 000 pesos alors que le prix du kilo de pain est de 40 pesos : par rapport au prix du kilo de pain, le salaire moyen chilien équidonc à un salaire moyen de 600 francs par mois en France ;
- Les inégalités se sont creusées au fur et à mesure de la progression de la crise. A Santiago du Chili, la capitale, un habitant sur 16 est sans maison (la ville compte 3,4 millions d'habitants). Alors que le revenu par tête dans le quartier 2 500 dollars par mois, il n'est que de
24 dollars dans la banlieue ouvrière de Pudahuel. Alors qu'il y a un analphabète sur 4 000 habitants à Providencia, on en compte un sur 35 à La Granja (autre quartier ouvrier). Les soupes populaires dans les bidonvilles (po- Il y a une crise financière généralisée et une chute libre de la monnaie : le dollar est passé de 39 à 60 pesos, 90 au marché noir. Le secteur endette est ainsi ruiné et la spéculation se déchaine.
Ces quelques données offrent un aperçu des destructions qu'a connu le Chili et des mutations sociales qui en ont résulté. La liquidation de secteurs industriels entiers a produit une mise à l'écart de la bourgeoisie industrielle au profit de nouveaux secteurs du capital financier étroitement liés au capital étranger. Ce sont les groupes financiers liés au capital bancaire qui constituent aujourd'hui les groupes de pression économiques décisifs : les groupes Vial, Cruzat-Larrain, Angelini, Matte, Edwards.
Le prolétariat a maintenu certaines positions sociales, en particulier dans ses bastions miniers et les industries complémentaires, ainsi que dans certains secteurs indispensables au marché intérieur. Mais, avec un taux de chômage de 30 % ajouté à la répression policière, la classe ouvrière a connu un processus de division et d'atomisation sociale. La division est particulièrement vive entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas.
La petite bourgeoisie a connu un processus de prolétarisation, et même, dans certains cas, de « lumpen-prolétarisation », car le petit commerçant ou le chauffeur de taxi qui perdent leur fonds de commerce ou leur outil de travail ne peuvent, dans les conditions actuelles, s'intégrer au processus productif. survivent par «petits boulots ». Alors qu'elle avait jadis profité du développement des services de l'Etat, la petite bourgeoisie est aujourd'hui broyée par la crise. C'est l'une des transformations les plus importantes de la société chilienne intervenues au cours des dernières années.
Quant à la paysannerie, qui représente 20% de la population active, elle souffre d'une situation de chômage endémique liée à la baisse de la production de blé et à la liquidation de toutes les principales mesures de réforme agraire anté. rieures.
La répression menée par la dictature retarde encore la traduction politique explosive de ces bouleversements.
I1.- LA CRISE DE LA DICTATURE
Neuf ans après le coup d'Etat du 11 septembre 1973, non seulement les forces ouvrières, mais tous les secteurs d'op position - y compris au sein des forces armées -, et même la presse officielle comme El Mercurio, parlent d'un début de crise de la dictature. Le remaniement de l'équipe gouvernementale à la fin août 1982 en est un indice supplémentaire.
Parler de crise peut apparaître exagélorsqu'on considère l'efficacité de la répression dans le blocage de la situation. L'appareil militaro-policier reste solidement arc-bouté derrière le général-président Pinochet. Mais, derrière cette apparente stabilité politique, les fondements de la dictature sont profondément minés.
Sans pouvoir être identifié aux régicontre-révolutionnaire instauré en 1973 a disposé initialement d'une certaine base sociale, non seulement dans la bourgeoisie, mais dans la mobilisation d'un secteur significatif de la petite bourgeoisie. Ces secteurs, dans le cadre de la polarisation du début des années 1970, s'étaient dressés non seulement contre l'UP, mais aussi contre le prolétariat et ses organisations
Le grand changement qui est en train de se manifester depuis le début des années 1980, c'est l'effritement de cette base sociale de la dictature. Cette base sociale comprenait des secteurs de la grande bourgeoisie industrielle ou certains groupes corporatifs de l'industrie nationale qui ont été balayés par les groupes financiers. Elle comprenait des secteurs de la petite bourgeoisie aujourd'hui laminés par la crise économique. Il existe aujourd'hui ce qu'un dignitaire du régime appelle pudiquement « un processus de distanciation » de ces secteurs vis-à-vis de la junte. Ainsi, non seulement la Démocratie chré tienne, qui avait appuyé le coup d'Etat, se retrouve-t-elle dans l'opposition, mais des personnalités du régime, comme le général Leigh (ancien chef de l'aviation) ou Vilarin (chef de file du syndicat des camionneurs qui avait joué un rôle clef dans la déstabilisation de l'UP), se proclament désormais « membres de l'opposition ». Au sein même du gouvernement, des équipes para-gouvernementales, des techniciens et des politiciens qui soutiennent la junte, les médias font désormais maintenant publiquement la distinction entre « duros y blandos » (durs et mous).
- Les « duros » sont ceux qui se réclament d'un modèle nationaliste et corporatiste, réclament un renforcement de la répression, considèrent la dictature
comme éternelle, s'insurgent contre tout der l'explosion d'une crise politique.
régime démocratique, nochet de prolonger son mandat au-delà de 1989, date fixée par la nouvelle Constitution pour envisager un changement de régime.
- Les « blandos » sont ceux qui défendent intégralement le modèle économique néo-libéral, cherchent à le traduire politiquement par l'institutionnalisation d'une « démocratie restreinte » qui combinerait le maintien de la dictature et la désignation d'une Assemblée plus large.
Aucun des deux courants ne remet réellement en question la continuité de la dictature, mais discussions et polémiques remplissent quotidiennement la presse. Dans ce contexte de fermentation politique, c'est l'assemblée des généraux et sa figure bonapartiste, Augusto Pinochet, qui demeurent l'axe du régime actuel, de plus en plus articulé autour de l'appareil militaro-policier.
Cet appareil connaît pourtant aussi ses divisions, mais de façon extrêmement médiée par le fonctionnement verticaliste de l'institution militaire et le poids personnel de Pinochet au sein de l'assemblée des cinquante généraux qui se réunit régulièrement pour décider de tout. Pinochet, qui avait coutume de proclamer que l'armée marchait derrière lui comme un seul homme, a récemment répondu à un journaliste qui l'interrogeait à propos de possibles divisions parmi les militaires : « Je ne sais pas ! »
Pourtant, le pouvoir reste entre les mains des militaires, non en raison de la force même de leur appareil, mais en des conditions créées par le coup d'Etat. Alors que la crise économique et sociale atteint des promouvement de masse ne connaît ses premiers développements que maintenant, neuf ans après le coup d'Etat. Le décalage entre la crise socio-économique et la faiblesse du mouvement de masse explique les marges de manœuvre dont dispose encore la junte. Cela tient aussi à l'absence d'alternative capitaliste à la dictature. S'il existe de nombreux secteurs d'opposition bourgeoise, la politique de l'impérialisme se concentre toujours dans le soutien à
La droite et l'extrême droite restent dissoutes dans les organes para-gouvernementaux. La Démocratie chrétienne, parti classique de la bourgeoisie industrielle chilienne, appuyée sur la petite bourgeoisie, a perdu avec la crise une part importante de sa base sociale. Elle peut toujours servir de couverture à une série de manifestations d'opposition, comme lors des obsèques de son leader, l'ex-président Eduardo Frei (1966-1970). Elle peut même se reconstituer à l'occasion d'un changement de situation. Mais elle ne peut représenter, du fait de l'effritement de sal base sociale, une garantie de relève politique fiable aux yeux de l'impérialisme et du grand capital chilien.
C'est cette combinaison entre la crise, la faiblesse de développement du mouvement de masse et l'absence d'alternative politique bourgeoise, qui permet de retar-
Devant le mûrissement tions d'une telle crise, des sensibilités divergentes se manifestent néanmoins dès à présent dans les rangs de la bourgeoisie :
- La première, prenant son parti de l'affrontement comme inéluctable, entend le préparer mouvement ouvrier. Certains secteurs de l'armée s'y emploient ouvertement. D'autres, comme Pinochet lui-même, l'envisagent tout en essayant de le retarder le plus possible. Ce projet existe donc bel et bien, même s'il ne peut se matérialiser dans l'immédiat, tant serait grand le risque d'explosions sociales.
- La deuxième entend profiter de la faiblesse actuelle du mouvement de masse pour préparer une ouverture démocrati. que contrôlée en excluant ceux qu'elle appelle « les marxistes », mais en rétablissant certaines libertés démocratiques formelles. Ce projet n'est guère crédible dans l'immédiat, faute d'instruments politiques capables de le garantir.
- La troisième est celle qui l'emporte pour le moment. Elle consiste dans la poursuite de la politique actuelle tout en s'efforçant de contenir la recomposition du mouvement de masse par une politique de répression sélective. C'est ce qui explique le soutien à la politique de Pi-
Mais tous se rendent compte qu'une telle politique est impraticable à long terme, et qu'il faudra tôt ou tard choisir entre un nouvel affrontement ou une ouverture la plus étroite possible. Dès lors, il est possible que la coalition actuelle éclate et qu'apparaissent de nouvelles différenciations. C'est l'essor même du mouvement de masse et la nature de sa direction qui détermineront pour une bonne part la dynamique des événements.
Quoi qu'il en soit, ces choix politiques posés devant la bourgeoisie chilienne justifient plus que jamais pour le mouvement ouvrier la perspective du renversement révolutionnaire de la dictature au moyen de la mobilisation de masse, de la grève générale et de l'armement des tra-
L'ampleur de la catastrophe économique et les contrecoups des développements politiques dans l'ensemble des pays du Cône Sud ne peuvent cependant permettre d'écarter des tournants brusques de la situation avant même que les principaux protagonistes, bourgeoisie et prolétariat, ne soient prêts à l'affronte-
III.- LA RECOMPOSITION DU MOUVEMENT DE MASSE ment de masse. Toutes les organisations ouvrières et populaires ont été liquidées ou désintégrées. La Centrale syndicale unique des travailleurs (CUT) est démantelée. Les partis ouvriers sont brisés par la répression systématique contre les mili-
11 septembre 1973, on peut distinguer trois phases dans la dynamique du mouvement de masse :
De 1973 à 1977-1978, la vague contre-révolutionnaire a brisé le mouvetants ou par l'exil forcé de leurs membres et responsables. La terreur blanche généralisée par les services de la DINA et du CNI dans les usines, les quartiers et les poblaciones paralysent alors tout mouvement. Seuls subsistent et résistent le PC, le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), quelques noyaux du PS et de militants trotskystes.
- De 1978 à 1980 ont eu lieu les premières mobilisations. Face au « plan laboral » qui légalise les syndicats dans un cadre restrictif, les travailleurs commencent à utiliser la nouvelle législation pour recommencer à se réunir et à défendre des revendications élémentaires contre les licenciements ou les fermetures d'usines.
ainsi à agir comme classe, c'est-à-dire de manière collective. C'est alors que se produit une première vague de grèves contre les liquidations d'usines, comme celle de PANAL, entreprise textile menacée de fermeture. d'usines, comme celle de PANAL, entreprise textile menacée de fermeture. Ces grèves eurent un aspect contradictoire : échecs dans les résultats obtenus en matière d'emploi ou de salaire, mais première étape dans la recomposition du mouvement de masse.
- A partir de 1980-1981, les travailleurs dépassent cette première phase de semi-spontanées poursuivant les luttes, amorcent un processus d'organisation ou de réorganisation de leurs forces, en particulier sur le plan
Après avoir subi la terreur, les masses chiliennes ont " tout perdu, peur », selon les mots d'un dirigeant syndical de MEDECO (entreprise du cuivre) et commencé à se évolution reste cependant marquée par des caractéristiques bien particulières.
Tout d'abord, la réorganisation du mouvement ouvrier connaît des limites structurelles du fait de la situation de catastrophe économique, avec 30 % de chômage, la faillite quotidienne de dizaines d'entreprises, la réduction d'effectifs de 40 à 60 % dans une série d'usines. La me. nace de licenciements et la division entre actifs et chômeurs pèsent lourdement sur les possibilités de développement du syn-
En revanche, des dizaines de milliers de travailleurs, sans emploi et pratiquement sans moyens de subsistance, sont disponibles pour la révolte, voire l'action violente. Des explosions sociales sont possibles.
Aussi, l'unification de tous les secteurs de la classe ouvrière, en associant les chômeurs à l'activité des syndicats, en impulsant des coordinations dans les zones industrielles ou les poblaciones, entre organisations syndicales et populaires (associations de voisins, de femmes, de jeunes, ...), constitue une tâche centrale pour les révolutionnaires.
C'est d'ailleurs ce qu'ont entrepris des syndicalistes responsables de la FESIMA (Fédération syndicale de la région de Maipu dans les faubourgs de Santiago), qui ont mis sur pied une coordination territoriale de plus de 20 syndicats et orga-
nisations de masse. C'est aussi ce qui se fait dans la poblacion de La Legua, où une coordination de partis politiques (PC, MIR, PS-Vanguardia) organise des « ateliers ouvriers », c'est-à-dire des comités de soutien aux syndicats, en y associant les
L'essentiel des forces qui s'intègrent renaissance encore fragile du mouvement de proviennent de générations » : leurs de 20 à 30 ans, qui n'avaient donc que 10 à 20 ans au moment du coup d'Etat de 1973. De la génération plus expérimentée, mais durement atteinte par la répression, la défaite et l'exil, seule une minorité a pu reprendre le combat. La masse des sympathisants de l'UP reprend aujourd'hui le combat syndical ou politique par des canaux qui ne sont pas ceux des partis ouvriers de masse de l'UP, essentiellement le PS et le PC.
Cette réorganisation du mouvement de masse intervient dans un contexte de luttes encore partielles, fragmentées et isolées. Dans ces conditions, une certaine coupure apparaît entre des secteurs engagés dans la reconstruction des organisations syndicales dans une optique « trade-unioniste », faite de défiance envers les vieux partis de l'UP et d'un rejet plus global de la politique, et d'autres secteurs dont la démarche consciente est plus directement anti-dictatoriale, avec y compris une disponibilité à se lancer dans la lutte armée dans les poblaciones, dans la jeunesse politisée et parmi les sympathi-
Pour l'avenir du mouvement de masse et la construction d'un parti révolutionnaire, il sera déterminant de savoir surmonter ces différenciations en comprenant leur origine et leur logique.
IV.- DEUX EXEMPLES
D'ORGANISATIONS DE MASSE - Les syndicats : après le rejet de la réorganisation nationaliste et corporatiste de la société, tout projet de syndicalisme vertical, de type franquiste, où patrons, cadres et ouvriers d'une même corporation appartiennent au même syndicat, était condamné. Aussi, en 1978, une loi était adoptée qui reconnaissait la section collèges : ouvriers, employés et cadres. Tout en reconnaissant la section syndicale, le « plan laboral » de la junte définissait une série de limites à l'exercice du droit syndical comme à l'exercice du droit de grève : interdiction de toute coordination au niveau d'un trust ou d'une branche nationale d'industrie ; obligation de deux mois de préavis avant toute grève et durée limitée de soixante jours pour ces grèves ; en revanche, pour les patrons, pleine liberté d'embaucher des jaunes en cas de grève.
Malgré ces restrictions, les travailleurs se sont saisis des structures tolérées pour élire leurs délégués par sections (cinq délégués chacune), en optant la plupart du temps pour des délégués « indépendants » contre les candidats « officialistes » dociles à la junte.
Les syndicats étant les seules organilégales aujourd'hui au Chili, il est normal qu'ils soient utilisés travailleurs pour défendre leurs droits et revendications élémentaires, en dépit du corset juridique que constitue ces syndicats le cadre du « plan C'est à ce niveau de la réorganisation syndicale que se développe un double processus :
- D'une part, les structures de direction impulsées par les partis (Démofractions du PS, syndicats par le haut, avec l'appui de la CUT en exil. Ainsi sont nées la Coordinadora (DC-PC), l'UDT (courant proche des socialistes) et la FUT (tendance socialiste). Ces structures, articulées aux projets des partis (front d'opposition large de toutes les classes sociales contre la dictature) sont aujourd'hui les seules coordinations manquent de réelle représentativité unitaire et démocratique des syndicats de
- D'autre part, un mouvement se dessine à partir des eux-mêmes. C'est le syndicat de l'entreprise MADECO, par exemple, qui, fort de ses traditions et de son autorité, a pris l'initiative d'une bataille pour la convocation d'une conférence intersyndicale pour la région de Santiago du Chili. A sentés des délégués élus par leurs syndicats de base, qui discuteraient des revendications et de la réorganisation syn-
Plus de 15 syndicats se sont joints à l'appel de MADECO. Ils s'adressent à tous les syndicats de base, y compris ceux liés aux coordinations nationales (Coordinadora, UDT, FUT). Il s'agit pour le moment d'ouvrir une phase de discussion. Mais il ne fait aucun doute que la perspective de regroupement syndical sur une base unitaire et démocratique peut attirer aujourd'hui une bonne part des forces du mouvement ouvrier chilien, renouant ainsi avec ses traditions et l'héritage historique de la CUT.
- Les organisations des poblaciones : le mouvement des poblaciones se développe lui aussi, mais avec plus de difficultés et d'inégalités encore, principalement à l'initiative des militants des partis politiques. Il parvient cependant à revêtir dans certains secteurs un caractère de
Ainsi, à La Legua, au sud de Santiago, sur une poblacion de 5 000 personnes, près de 10% sont organisées à l'initiative du PC, du PS et du MIR dans une coordination régulière qui organise une série de fronts : femmes, jeunes, ateliers culturels, comités de liaison entre syndicats et chômeurs. Cette coordination a également organisé des manifestations, des distributions de tracts, des actions éclairs qui, dans les conditions actuelles du Chili, doivent être protégées. C'est la fonction de la milice d'autodéfense de certaines « poblaciones » composée pour l'essentiel de militants et de sympatisants des partis qui défendent avec leurs moyens le mouve-
Dans les premières étapes de la recomposition du mouvement de masse, les syndicats vont constituer le creuset d'unification de l'expérience des nouvelles générations. Ils sont ainsi appelés à jouer un rôle décisif. Mais, dès ses premiers pas, ce mouvement renaissant se trouve confronté à une crise économique et sociale aux premières fractures l'édifice de la dictature. C'est pourquoi il s'agit pour les révolutionnaires de combiner ce travail syndical quotidien au développement d'une perspective politique
V.- LES PERSPECTIVES Les tâches centrales immédiates pour combattre la dictature s'ordonnent autour de la défense des revendications élé. mentaires des travailleurs, de la truction de l'organisation syndicale, de la défense des libertés démocratiques (en particulier le statut des prisonniers politiques). C'est autour de ces tâches que se construit un front contre la dictature et que se reconstruit le mouvement ouvrier.
Mais il est tout aussi nécessaire d'intégrer le combat pour ces tâches et revendications dans un cadre stratégique d'ensemble pour la révolution chilienne, surtout après l'expérience de l'UP. Car, si la mémoire ouvrière est principalement cristallisée dans de petits noyaux, il y a aussi tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent tirer les leçons de l'Unité populaire, et puis, surtout, il y a la masse de la nouvelle génération qui n'a pas vécu activement cette expérience, et qui, en l'absence d'un parti révolutionnaire de masse, ne peut en tirer toutes les implications stratégiques
Toute la dynamique du mouvement de masse sous l'UP, avec l'apparition des organes de « poder popular » (cordons industriels et commandos communaux), a clairement démontré le caractère prolétarien de la révolution chilienne et de sa force motrice. Pourtant, malgré la tendance objective des affrontements de classe, les masses chiliennes ont buté sur l'obstacle des hésitations, des compromis et des accords avec la hiérarchie militaire prônés principalement par le PC au sein du mouvement ouvrier et par la DC dans l'opposition bourgeoise.
Le PC n'a pas pu et ne peut tirer les leçons de l'UP. Enfermé dans ses schémas de révolution par étapes (la phase actuelle étant celle de « l'anti-fascisme dans l'étape démocratique antiféodale ») et intégré au camp stalinien international, le PC propose aujourd'hui les mêmes formules qu'hier: « Front large antifasciste ! Mouvement d'opposition de toutes les classes à la dictature ! Unité nationale de tous les secteurs d'opposition, y compris les secteurs militaires ! »
Derrière cette politique, il y a la recherche de l'accord avec la Démocratie chrétienne et toutes les composantes bourgeoises issues de la crise de la dictature.
Face à cette politique, il est plus que jamais indispensable de rappeler les leçons de l'Unité populaire, de rappeler que c'est la collaboration de classe avec les patrons, avec la Démocratie chrétienne, avec les militaires dits progressistes qui a perdu TUP et entraîné la terrible défaite de septembre 1973.
C'est cette politique que traduisait le « légalisme » et le « constitutionnalisme » de l'UP vis-à-vis des forces armées qui allaient massacrer le peuple chilien.
La même politique conduirait aux mêmes défaites. C'est pourquoi la lutte quotidienne pour les revendications économiques et démocratiques doit être menée par les travailleurs et le peuple chilien en toute indépendance de classe :
- Pas de front « gremial » : pas de front corporatif ou syndical avec les patrons d'opposition, comme Vilarin, leader du syndicat des camionneurs de sinistre mémoire ;
front politique commun permanent avec la DC ou tel autre secà une alternative gouvernementale com-
La révolution chilienne sera socialiste ou ne sera pas. Il ne s'agit pas de prétendre que les tâches immédiates au Chili ont caractère socialiste, mais d'être clair sur ce que sera la force motrice de la lutte révolutionnaire : le prolétariat et ses alliés. Les revendications sociales et démocratiques contre la dictature ne peuvent être défendues conséquemment que par le combat de classe résolu, impliquant la rupture avec la bourgeoisie d'opposition, en particulier avec la Démocratie chrétienne.
Autre chose est de passer, dans certaines conditions, des accords précis et concrets pour la mobilisation autour de telle ou telle revendication, avec tous ceux, bourgeois ou non, qui seraient prêts à agir réellement. Mais surtout pas de front commun ou de bloc politique commun ! Comment serait-il possible de lutter avec détermination pour les salaires ou la défense de l'emploi en constituant en même temps un « front corporatif » avec M. Vilarin ? Comment lutter avec détermination pour les libertés démocratiques tout en discutant la possibilité d'un accord gouvernemental avec la Démocratie chrétienne, qui s'accroche aux secteurs d'opposition, lesquels chent aux d'opposition, qui eux-mêmes craignent Pinochet ?
Une telle politique mène dès aujourd'hui à l'inaction, quand ce n'est pas à la capitulation.
Ce qui est à l'ordre du jour, c'est le combat résolu pour la défense des revenle rétablissement des droits syndicaux, la reconstruction d'une organisation syndicale démocratique. C'est le combat pour les libertés démocratiques, qui signifie la lutte pour le renversement de la dictature, la tenue d'élections libres et la convocation d'une Assemblée constituante souveraine. Seule cette lutte s'oppose à la dictature et aux tentatives de sauver sa continuité par une ouverture contrôlée. Seule elle évite de s'aligner sur les manœuvres de tel ou tel secteur de l'opposition bourgeoise, civile ou militaire. Elle prépare le développement des luttes partielles dans le sens d'un mouvement généralisé, le « paro nacional », mot d'ordre traditionnel du prolétariat chilien, équivalant à la grève générale, jusqu'au renversement de la dictature et à l'établissement d'un « gouvernement ouvrier et populaire sans généraux ni patrons », pour rétablir les libertés démocratiques et mettre en œuvre un programme démocratique révolutionnaire et socialiste de reconstruction du Chili.
L'existence d'une perspective stratégique claire a une importance pratique immédiate, si l'on considère la dernière déclaration des quatre partis d'opposition : PC, PS-Almeyda, Parti radical, MIR. Tout en reconnaissant la validité de toutes les formes de lutte — y compris la lutte armée —, pour combattre la dictature, cette déclaration ne souffle mot de l'attitude envers les secteurs d'opposition, et en particulier la Démocratie chrétienne. Elle se contente de préconiser la formation d'un gouvernement représentant tous les secteurs d'opposition, toutes les classes et catégories sociales opposées à la dicature et prêtes à rétablir la démo-
On connaît la traduction concrète de telles formules générales dans la définition d'une politique de collaboration de classes et ses effets négatifs sur la dynamique du mouvement de masse. Car, s'il n'y a pas de place au Chili pour une nouvelle période d'industrialisation sous la direction de la bourgeoisie, susceptible de sous-tendre la réédition d'expériences telles que celles du Front populaire ou même du régime réformiste bourgeois d'Eduardo Frei, on ne peut écarter et on doit même prévoir des phases conjoncd'ouverture démocratique pseudo-démocratique qui sont le terreau des opérations de collaboration de classe.
L'appel d'un parti stalinien comme le PCCh à la résistance armée ne peut en effet modifier l'appréciation sur le caractère global de sa politique de collaboration de classe. Les exemples historiques abondent, qui ont vu les partis communistes combiner lutte armée et politique ouverte de collaboration de classe (en particulier pendant la résistance antinazie en Europe). Ainsi, la politique actuelle du
PCCh s'apparente beaucoup à celle que pouvait suivre le Parti communiste espagnol (PCE) dans les années 1940 et 1950 contre la dictature franquiste.
C'est dans ce cadre que nous devons discuter avec les camarades du MIR, prinorganisation révolutionnaire combattante aujourd'hui au Chili. Le but de cette discussion fraternelle est d'avancer sur les conditions de construction du parti révolutionnaire et de l'Internatio-
En effet, sur la base des transformations sociales qu'a connu le Chili, le MIR affirme qu'il n'y a non seulement plus de possibilité de reconstruction du Chili sous hégémonie bourgeoise ou impérialiste, mais il table aussi sur les limites structurelles à la reconstitution des organisations traditionnelles (syndicats partis) du mouvement ouvrier chilien.
Aussi tend-il à sous-estimer le travail dans les organisations syndicales tout comme le poids politique du PCCh.
Il s'agit là d'une erreur d'appréciation. Il est vrai que les partis politiques conjoncture actuelle, un rôle aussi important qu'avant la défaite de 1973. Il n'en demeure pas moins que les caractéristiques particulières du mouvement ouvrier chilien (puissance d'une centrale syndicale unique et de partis ouvriers de masse) peuvent réapparaître avec force comme résultat de la réactivation du mouvement de masse. La réapparition récente d'un PC aussi discrédité et corrompu que le PC argentin devrait donner à réfléchir ...
Le MIR, qui souffrait sous l'UP d'une syndical, peut, en sous-estimant la reconsdes organisations syndicales, se couper d'une partie importante des nouvelles générations ouvrières et passer à côté d'une tâche décisive pour l'ensemble du mouvement ouvrier.
Aussi, grave est la sous-estimation du poids politique du PC, parce qu'elle conduit à relativiser la nécessité de combattre la politique de collaboration de classe. La signature de déclarations communes avec le PC, le PS-Almeyda et le Parti radical, mais pas dans le cadre d'un front unique pour l'action, avalise les propositions du PC et sème des illusions sur sa politique, en particulier sur le sens de son engagement dans la lutte armée. Ces limites du MIR peuvent s'expliquer par les rapports de cette organisation avec la
Get les oscillations de cette dernière vis-à-vis de la bureaucratie
En fait, le MIR espère reproduire au Chili les mêmes rapports de force qui existent au sein du Front démocratique révolutionnaire (FDR) salvadorien, où l'hégémonie des révolutionnaires et la position subordonnée des staliniens ne fait aucun doute. C'est là un énorme pari si l'on tient compte des différences sociologiques et historiques entre ces deux pays. Il compte essentiellement sur sa stratégie de guerre révolutionnaire prolongée pour constituer une alternative dans l'action militaire et battre le PC.
C'est dans ce cadre qu'il construit
dès à présent l'«armée révolutionnaire du peuple ». Il pense accumuler le maximum de moyens et de forces pour combattre la dictature par la combinaison du travail de masse, des actions de propagande armée, des expropriations, des actions de résistance et de guérilla dans la montagne. Il espère gagner ainsi l'hégémonie sur le « front de la gauche », que ce soit dans l'hypothèse d'une ouverture, d'une crise politique ou d'une explosion révo-
Cette vision gradualiste du développement de l'armée révolutionnaire débouche sur une pratique vis-à-vis du mouvement de masse. Or les conditions de construction d'une armée révolutionnaire sont loin d'être réunies. Elles ne le seront que dans une situation pré-révolutionnaire En outre, le MIR mêle, sans choisir clairement, deux perspectives stratégiques perspective urbaine insurrectionnelle et une perspective de guerre populaire prolongée appuyée sur des zones libérées dans la montagne, comme à Neltume, zone montagneuse où un groupe de cadres et de militants de cette organisation a été écrasé par la répression.
perspective réaffirmée dans le numéro de juin de El Rebelde, sous la forme du mot d'ordre suivant : « Hacer de la montana un baluarte de la guerra popular ! » (Faire de la montagne un bastion de la guerre populaire !). Dans les conditions géopoliti-
Quatrième
In° 9
EDITORIAL :
La question nationale aujourd'hui.
Question nationale et question de la terre dans la révolution sud-africaine.
S. Jaber - Le concept de nation et la nation arabe.
Livio Maitan - La question Kurde..
Lutte nationale et révolution
Men Euzkadi....
La question nationale en Irlande.
Indépendance nationale et lutte de classes au Québec..
Michèle Lee - La lutte de la minorité albanaise
Men Yougoslavie.
ARCHIVES DU MARXISME
Le problème racial en Amérique Latine
NOTES DE LECTURE quenne : Les Antilles dans l'impasse ?.
ques du Chili, et compte tenu de ses traditions historiques, une telle ligne paraît conduire à une impasse. Mais ces questions stratégiques demandent une discussion approfondie car, à la lumière des exemples nicaraguayen et salvadorien, le problème politico-militaire se pose à nouveau dans le développement de la lutte du l'heure actuelle, il ne peut être abordé indépendamment du développement du mouvement de masse, ce qui implique déjà des initiatives concrètes de protection des activités de masse élémentaires, y compris la formation de piquets et milices d'autodéfense comme dans une
« poblacion », où les militants du PC, du
MIR et du PS-Vanguardia ont déjà pris révolutionnaire.
dans la préparation d'un affrontement armé inéluctable - contrairement à toutes les illusions pacifistes véhiculées jadis par
TUP — à l'horizon stratégique de la révolution chilienne.
rôle important pour la construction d'une direction révolutionnaire au Chili près de dix ans après la défaite de 1973.
révolutionnaires à la reconstruction de est cependant l'organisation syndicale. D'autre part, leur participation à la discussion provoquée par la crise de fragmentation du Parti socialiste. Le PS chilien est en effet actuellement divisé en plusieurs secteurs. Un courant de droite est regroupé autour de Car-
Internationale juillet-août-septembre 1982
SPECIAL:
LA QUESTION NATIONALE
AUJOURD'HUI
John Ross, e.a. : Profils de la social-démocratie européenne ; Michel Lemesure doit s'inscrire
Plusieurs éléments peuvent jouer un
D'une part, l'intégration des militants
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Ab. ordinaire
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Par avion
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los Altamirano et de la Convergence Socialiste (CS), qui défend la perspective d'un mouvement social d'opposition, reprenant à son compte les thèmes du courant animé par Michel Rocard au sein du
PS français; d'un courant pro-stalinien animé par Carlos Almeyda, qui bénéficie de l'appareil du PCCh et de l'aide de la bureaucratie soviétique ; enfin, existe un courant de gauche aujourd'hui dispersé en une série de secteurs, comme le PS-Vanguardia. Sous les effets du coup d'Etat et confrontés à un nécessaire bilan de l'UP, certains de ces secteurs peuvent être amenés à poser, à partir de la reconstruction du PS sur des bases révolutiondu parti révolution-
Enfin, dans certaines zones ou localités, le travail de masse peut être combiné avec une organisation des courants et organisations révolutionnaires, telles que le MIR, les secteurs issus de la crise du
PS, des militants trotskystes.
Tel est le cadre ouvert à l'intervention marxiste révolutionnaire, aussi bien dans les tâches de solidarité internationale que de participation à la construction du parti révolutionnaire au Chili même. C'est dans cette perspective que s'inscrit l'activité des camarades du Parti socialiste ré volutionnaire (PSR), section chilienne de la IVe Internationale.
11 septembre 1982.
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