Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TCHECOSLOVAQUIE

Huitième année de prison pour Petr Uhl

Inprecor n° 134, 11 octobre 1982 · p. 33 · 744 mots

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

TCHECOSLOVAQUIE

Huitième année de prison pour Petr Uhl

En décembre 1969, Petr Uhl et dix-huit de ses camarades sont arrêtés. La Bureaucratie les accuse de « confection et diffusion de textes anti-soviétiques dans lesquels ils attaquent le système socialiste de la République et tentent de contrecarrer la consolidation politique et économique ». En réalité, on les réprime pour avoir joué un rôle actif lors du « Printemps de Prague ». Ils sont condamnés en mars 1971 pour « subuersion », à des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ... Leur procès est alors appelé « proces des trotskystes ». Petr Uhl a la peine la plus lourde et sera libéré en décembre 1973, après avoir été adopté comme prisonnier d'opinion par l'organisation humanitaire Amnesty International.

Petr Uhl est de nouveau arrêté en mai 1979 avec neuf autres membres du « Comité de défense des personnes injustement persécutées (VONS) ». Le 24 octobre 1979, ils sont condamnés et accusés de « subversion à grande échelle en collusion avec des puissances étrangères ». De nouveau, Petr Uhl a la peine la plus longue : cinq ans. Cinq ans de détention dans des conditions très dures à la forteresse de Mirov, en « seconde section de rééducation ». Menacé à maintes reprises par la trotskyste », « agent subversif », il est jugé en tant que « criminel récidiviste » et traité comme tel. (Cf. Inprecor numéro

Amnesty International demande que Petr Uhl et ses camarades soient rejugés ou libérés. En effet, la conduite du procès fut scandaleuse : salle d'audience interdite au public, procès expéditif (deux jours), accuses interrompus et empeches de présenter leur cas, refus du tribunal d'entendre les témoins de la défense. De plus, aucune preuve décisive n'a pu être présentée, pouvant motiver le chef d'accusation ... En octobre 1981, Petr Uhl fait la « une » de la chronique spéciale d'Amnesty International. Cet organisme l'a en effet considéré comme l'un des quinze prisonniers symboliques de l'emprisonnement politique à travers le monde et lance une campagne pour sa libération.

Aujourd'hui, malgré ces nombreuses démarches, Petr Uhl est toujours incarcéré et entame en fait sa huitième année de détention. Les bureaucrates thécoslovaques s acharnent donc sur lui et ses camarades depuis quatorze ans, et ces derniers temps, on peut noter un durcissement dans la répression et le traitement des prisonniers : une pratique de plus en plus répandue consiste à infliger aux condamnés dans les procès politiques, sous les prétextes les plus divers, des peines supplémentaires pouvant aller jusqu'à plusieurs années d'emprisonnement.

La bureaucratie tchécoslovaque entend ainsi maintenir dans ses geôles les opposants à sa dictature, dont Petr Uhl est, depuis quinze ans, l'un des éléments les plus résolus. Récemment, Amnesty International révélait : « Le 27 août 1981, une plainte a été portée contre Petr Uhl par l'instructeur de la sécurité de l'Etat de la région d'Ostrava (police politique), le lieutenant Jan Zuska. Il est accusé cette fois de "tentative d'atteinte aux intérêts de la République à l'étranger" D'après cette accusation, il serait l'auteur d'un message clandestin qu'il aurait tenté, venir à l'ambassade d'Autriche. Nous avons de nombreuses craintes que ces accusations soient montées de toutes pieces. » La bureaucratie tchécosiovaque pourrait ainsi envisager de traduire une nouvelle fois Petr Uhl devant ses tribunaux, pour le maintenir en détention. La perspective proche des procès des militants du KOR en Pologne, sous l'aceusation de « complot terroriste trotskyste » (Trybuna Ludu du 7 septembre 1982), pourrait encore renforcer la détermination des Husak et consorts de profiter de l'occasion pour frapper une nouvelle fois Petr Uhl.

Le troisième « anniversaire » de la date du procès de Petr Uhl se situera à la fin du mois d'octobre prochain. devrait être l'occasion d'un élargissement de la campagne de mobilisation pour sa libération et celle de ses camarades. Dès maintenant, une campagne massive de lettres aux autorités tchécoslovaques, de lettres-pétitions et de délégations aux ambassades dans les différents pays doit être impulsée pour réclamer la libération de Petr Uhl et de ses camarades du VONS. Ce sera là la réponse des militants antibureaucratiques et démocrates aux nouvelles menaces des autorités tehécoslovaques.

Les messages et télégrammes peuvent etre envoyés aux adresses suivantes :

- M Gustav Husak, Président de la République, 11908 Prague, Tchécoslo-

- M Jan Fejes, Procureur général de la République, nam. Hrdinu 1300, Prague 4, Tchécoslovaquie.

- M Josef Jung, Ministre de l'Intérieur, Majakovskeho 21, Prague 6, Tchécoslovaquie.

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