Xlle congrès du Parti communiste chinois
Mais les luttes internes et les exclusives n'en sont pas à leur terme
E ler septembre 1982, devant 1 600 délégués, Deng
L chinois (PCC), en affirmant qu'il était le plus important
Xiaoping ouvrait le XIle congrès du Parti communiste de tous ceux qui s'étaient tenus depuis le VIle congrès » en
1945, soit quatre années avant la fondation de la République populaire de Chine (1). Et le Quotidien du Peuple du ler septembre renchérissait en écrivant: « Dans un certain sens. le
Xlle congres revêt pour le développement de la cause de la mo dernisation socialiste la même portée historique que le VIle congrès pour la victoire de la cause révolutionnaire de la démocratie nouvelle. (2) »
Ces proclamations ont valeur de symbole. Le VIle congrès du PCC de Yunan (avril-juin 1945) fut en effet le dernier avant la libération de janvier 1949 et le premier après l'épuration des opposants connue sous le nom de « campagne de rectification du style de travail ». L'analogie avancée par Deng Xiaoping est donc une manière assez particulière de faire référence à la situation présente, tout en se dispensant de tirer les bilans des affrontements de cliques bureaucratiques qui l'ont précédée.
Toutefois, le rapprochement historique est douteux. Deng
Xiaoping, qui a été le terrible secrétaire général du PCC de
1956 à 1966, a définitivement perdu aujourd'hui l'auréole de popularité que lui avait valu son élimination au cours de la Révolution culturelle (GRPC), et son opposition à Hua Guofeng et aux tenants du maoïsme. Il est maintenant surtout perçu comme celui qui s'est illustré dans la répression contre le
Mouvement démocratique et qui n'a pas, après quatre an-
« OCTOBER REVIEW »
Le XIIe congrès du Parti communiste chinois (PCC) a confirmé la prédominance de la fraction de Deng Xiaoping, après plusieurs années de luttes fractionnelles au sommet. Hua Guofeng, qui avait accédé, il y a six ans, à la position la plus élevée dans l'appareil en tant que successeur désigné par Mao, a finalement été exclu du Bureau politique et ne reste qu'au Comité central. Ses partisans, qui occupaient des postes dirigeants dans le parti, l'Etat et l'armée, ont également été remplacés par les protégés de Deng.
Le rapport politique présenté par Hu
Yaobang au congrès a offert une explication d'ensemble de la politique de la fraction de Deng. Son titre, « Créer une situation nouvelle dans tous les domaines de la socialiste », l'axe fondamental. L'évolution souhaitée par ce rapport peut-elle se produire sous la direction actuelle ? Afin de répondre à cette question, il faut tout d'abord tenter de comprendre la situation présente et d'apprécier les méthodes proposées. A ce propos, le rapport de Hu a fourni une information très concrète.
DES OMBRES DANS LE TABLEAU
Le rapport estime, sans justification aucune, qu'« un grand changement historique a été réalisé ». D'un autre côté, il la guerre sur le sol vietnamien. de la Chine, est de 75 ans... fractions au sein des instances du PCC. admet l'existence de problèmes sérieux dans la situation économique et financière du pays, dans le comportement social et dans le style de travail du parti. Selon le rapport, cing années seront nécessaires pour améliorer la situation.
Voyons quelques-unes des descriptions concrètes qu'il nous présente. On lit, à propos de la situation économique : « La chose la plus importante est de résoudre correctement les problèmes de l'agriculture, de l'énergie et des transports, de l'éducation et des sciences.
«Pour le moment, la productivité du travail et la quantité de produits disponibles pour le marché sont assez bas dans notre agriculture; notre capacité de résister aux calamités naturelles est plutôt limitée ; et, plus particulièrement, la contradiction entre la population énorme et le manque de terres arables devient de plus en plus aigu. » (Le rapport ne mentionne pas le fait que la polarisation des forces à la campagne est encore plus
« La croissance de la production d'énergie a diminué au cours des dernières années tandis que le gaspillage reste encore très élevé. D'autre part, nos capacités de transport restent très en deçà du volume croissant du fret, et le système de postes et de télécommunications est désuet.
« Aujourd'hui, beaucoup de nos entreprises utilisent des techniques dépassées, aussi bien dans la production que
CHINE nées de pouvoir, été capable de sortir la Chine de la crise. Il ne faut pas oublier, d'autre part, qu'il a aussi été celui qui a porté
Ce XIle congrès du PCC, souvent reporté, préparé de longue main, n'aura donc pas apporté de changement notable, pas même au niveau de la composition de la haute direction chinoise. Sur ce point pourtant, la promesse faite maintes fois d'un rajeunissement des cadres laissait escompter le départ du
Bureau politique (BP) du PCC d'un certain nombre de vieillards vers le « Conseil des Sages», un organisme spécialement créé pour eux. Cette pâle opération politique annoncée avec un grand tapage a néanmoins fait long feu. Le « Conseil » a été créée, mais les vieillards sont encore là, la moyenne d'âge des six membres du Comité permanent qui préside aux destinées
Ce congrès, qui a permis la mise à l'écart du BP de Hua
Guofeng, ainsi que de certains de ses partisans d'autres organes dirigeants, représente donc avant tout l'intronisation dans les organes dirigeants du PCC de la fraction de Deng Xiaoping après plusieurs années d'affrontements au sommet. Mais cela ne met toutefois nullement fin aux luttes entre les différentes
L'article que nous publions ci-après et qui tire un bilan du
XIle congrès du PC chinois, a été rédigé le 15 septembre et publié dans le numéro d'octobre 1982 d'October Review, revue marxiste révolutionnaire de Hong Kong.
dans le fonctionnement et les méthodes de direction ; un grand nombre d'ouvriers et de membres du personnel d'encadrement n'ont pas les connaissances scientifiques, l'éducation générale et les qualifications nécessaires ; il y a une grande pénurie d'ouvriers qualifiés, de ques et de techniciens.
« Dans de nombreux domaines, les résultats économiques sont loin d'être satisfaisants, et on enregistre un effroyable gaspillage dans la production, la construction et la circulation des fonds. Nous n'avons pas encore égalé nos meilleurs résultats passés pour le taux de profit des entreprises industrielles, pour le temps de construction requis pour les chantiers moyens et grands, et pour le taux de rendement des fonds circulant dans les entreprises commerciales et industrielles.
« Dans certaines zones rurales, on a constaté des dommages importants aux travaux d'irrigation des fermes, une tendance au stockage ainsi qu'à l'accumulation et à la rétention de fonds communs par les collectivités, tandis que, dans certaines entreprises industrielles et commerciales d'Etat on a assisté à des actes de violation du Plan central, de rétention arbitraire de matériel qui aurait dû être disauraient dû être remis à l'Etat, d'évasion
1. Le Monde, 2 septembre 1982.
2. Cité par le Monde du 3 septembre 1982.
/iscale, d'inflation volontaire des prix et de blocage de la distribution des marchandises, ... ce qui endommage sérieusement l'économie publique. »
En ce qui concerne la situation financière, il faut noter que les revenus de l'Etat ont diminué au cours des dernières années, de telle sorte que des projets nationaux très urgents ne trouvent pas les fonds nécessaires et que des secteurs de l'infrastructure, comme l'énergie et les transports, ne sont pas développés. rapport note que les délits criminels n'ont pas diminué que la poursuite d'intérêts privés aux dépens de l'intérêt public, le mépris pour le travail et l'amour de l'oisiveté, la cupidité, la recherche sans scrupule du plaisir personnel et les attaques contre les éléments les plus avancés sont encore monnaie courante. Des maux sociaux qui avaient été balayés il y a longtemps réapparaissent. Les lois adoptées ne sont pas totalement respectées ni appliquées. Des éléments hostiles cherchent encore à miner ou à renverser le « système socialiste » dans les sphères économique, politique, idéologique, culturelle, etc.
Au sein du PCC, « les pratiques antidémocratiques et les méthodes paternalistes n'ont pas encore été balayées dans de nombreuses structures, et les cas de décentralisation et de libéralisme sont encore nombreux... Un des problèmes importants actuellement est que, dans un certain nombre d'organisations, la discipline du parti s'est relâchée, le bien et le mal se confondent, on utilise à mauvais escient les récompenses et les punitions, et on se refuse à critiquer ou à punir quand cela s'avère nécessaire.
«Il y a moins de membres du parti au niveau de la production et plus le travail est dur, plus le nombre de membres du parti est petit. (...) Dans un certain nombre de zones rurales, certains membres du parti ne s'intéressent qu'à la production pour leur consommation personnelle et négligent les intérets du parti et des masses. Certaines sections du parti renoncent à leurs tâches de direction parmi les masses. » soulignant que le « parti s'est nettement amélioré et que son prestige est en train de se restaurer et de s'élever », le rapport est obligé d'admettre que « des impuretés existent encore domaine de l'idéologie, du style de travail et de l'organisation. (...) Dans le travail de direction, les exemples de mollesse et de manque d'unité abondent. Certaines organisations de base du parti n'ont pas la capacité militante nécessaire, et certaines sont même totalement paralysées. Un petit nombre de membres et de cadres du parti (3) sont devenus totalement irresponsables et ont adopté de graves pratiques bureaucratiques ; certains vivent une vie de privilégiés et utilisent à leurs fins personnelles les pouvoirs qui leur ont été confiés; ou bien encore, d'autres commettent des actes anarchistes et ultra-individualistes en violant la discipline du parti ; certains persistent à se liurer à des activités fractionnelles au détriment des intérêts du parti, et des membres ou cadres du parti ont sombré dans la corruption, les détournements et autres méfaits, commettant de graves crimes économiques. »
Le rapport reste plutôt modéré dans sa description des problèmes, et il tente de minimiser leur signification en les présentant comme des cas isolés et non représentatifs, au lieu de souligner qu'ils découlent tous du système bureaucratique.
LES REMEDES PROPOSES
PAR LE RAPPORT Face à cette situation, le rapport propose quatre tâches fondamentales dans la période à venir : « Réaliser systématiquement la réforme organisationnelle et les réformes du système économique; aller de l'avant dans la construction d'une civilisation spirituelle socialiste ; frapper durement les activités criminelles graves qui minent notre économie et notre système socialiste ; corriger le style de travail et l'organisation du parti. »
Ces propositions sont dans la ligne de la politique suivie après la 3e session plé. nière du 11e Comité central. Elles ne s'attaquent en aucune mesure aux racines des maux constatés : la dictature bureaucra-
Quand la fraction de Deng a repris le pouvoir au sein de la direction centrale avec l'image d'une « fraction réformiste », elle n'a pas offert plus de démocratie et de liberté. Bien au contraire, les éléd'avant-garde au sein du peuple, qui demandent plus de démocratie, sont impitoyablement réprimés. La fraction de Deng a proposé de rationaliser l'appareil d'Etat, mais sa cible principale a été les dissidents ou les cadres qui ne l'accep taient pas. Elle a délégué plus de pouvoir aux entreprises locales, mais seulement au niveau des cadres et non de la classe ou-
C'est la raison principale pour laquelle la fraction de Deng a été incapable de
Au centre, le rapporteur du XIle congrès du Parti communiste chinois, Hu Yaobang. (DR) modifier sérieusement la situation, bien que sa politique soit suivie depuis un cer-
Le rapport présenté au congrès garantit-il des changements sérieux ? Alors qu'il appelle à « réaliser une poussée générale de l'économie socialiste », il refuse de garantir une amélioration significative du niveau de vie des gens ; il insiste sur le fait qu'« à la ville comme à la campagne, le niveau de vie ne peut s'élever que par un accroissement de la production et non en utilisant les fonds indispensables pour la construction nationale ». C'est la poursuite d'une politique de haut niveau d'accumulation et de bas niveau de consom-
Le rapport parle de « s'efforcer de construire une civilisation spirituelle socialiste de haut niveau », mais il n'insiste que sur l'éducation, comme si la détérioration du comportement social était le fait du bas niveau d'éducation du peuple et non du mécontentement populaire face aux inégalités sociales et aux privilèges
Tout en parlant généreusement de « lutter pour atteindre un haut niveau de démocratie socialiste », le rapport souligne que les « citoyens ne doivent pas faire de tort aux intérêts de l'Etat, de la société et de la collectivité », que « toutes les mesures prises doivent aider à consolider le système socialiste », et qu'« en aucune mesure les éléments antisocialistes hostiles ne seront autorisés à perpétrer leur sabotage ». Les citoyens qui luttent pour la démocratie socialiste sont dorénavant qualifiés « d'éléments antisocialistes hostiles », alors que sous la précédente fraction au pouvoir on les qualifiait de « contre-révolutionnaires ».
Les réformes du système de direction, de l'appareil de cadres et la décentralisation demeurent au niveau des dis-
3. Ces « cinq catégories » de méfaits sont destinées à désigner les membres du parti qui ne sions sont données plus loin dans cet article.
cours. La fraction de Deng entend maintenir son système de nomenklatura en sélectionnant les cadres qui soutiennent sa politique. Le rapport au congrès affirme d'ailleurs qu'il faut retirer de tout poste dirigeant les personnes qui « se sont fait connaître pour leur rébellion, qui ont des idées fractionnelles, qui sont coupables de violences physiques, de pillage et de mise à sac, qui s'opposent à la ligne suivie par le Comité central du parti depuis sa 3e session plénière, ou qui ont gravement violé la loi ou la discipline ... Ces personnes ne doivent, bien sûr, jamais plus être présentées à la candidature pour des postes de direction ». De cette façon, on maintient non seulement la dictature parti, mais aussi la dictature La politique étrangère présentée par le rapport est fondamentalement identique à celle suivie jusqu'alors ; on note cependant une légère modération dans l'attitude prônée à l'égard de l'URSS. Le rapport affirme que le PCC est « internationaliste » et « profondément conscient du fait que les intérêts nationaux de la Chine ne peuvent pas être défendus sérieusement indépendamment des intérêts géde l'humanité ». Cependant, ses tâches internationales sont limitées à la de la paix mondiale et du progrès humain ». Il déclare
« révolution ne doit pas être exportée », pour justifier son refus d'aider les révolutions en cours dans d'autres pays. Le rapport ne se donne même pas la peine de proclamer en paroles les tâches internationalistes de défense des intérêts du prolétariat mondial et de lutte pour la révolution socialiste dans le monde. Ce tournant droitier vise essenà satisfaire la bourgeoisie internationale en échange de son aide économique.
LES LUTTES DE FRACTION SE POURSUIVENT Le rapport annonce que durant une période de trois ans à partir de la seconde moitié de 1983, un processus général de rectification du style de travail du parti, de renforcement de ses organisations, va être engagé. Les militants jugés incompétent seront expulsés ou contraints de démissionner. Il donne ainsi le signal d'une large purge des rangs du parti.
Le PC est fermement opposé à l'existence de fractions en son sein. Selon les termes des nouveaux statuts, les membres du parti doivent remplir huit tâches essentielles, dont la quatrième est de « s'opposer à toute organisation fractionnelle et à toute activité de clique », et la cinquième d'être « sincère et franc avec le parti et de ne pas cacher ses opinions politiques ». Elles visent à faciliter l'exclusion des militants qui ont des positions différentes de celles de la direction. Les manœuvres visant à écarter les militants d'opposition ont été évidentes dans la sélection des délégués du congrès et dans l'« élection » des membres du Comité central. Le presidium du congrès proposa une liste préliminaire, et après un premier vote, une liste de 210 candidats fut présentée pour remplir les 210 places du Comité central. Les délégués n'eurent donc qu'à mettre la telle quelle dans l'urne et il est douteux que quiconque ait rayé un nom pour le remplacer par un autre.
Dans son discours au congrès, Yun souligna « que l'on devait s'accrocher fermement aux critères politiques » et que les militants appartenant aux « cinq catégories » ne devaient pas être
Environ 47% des membres du Comité central sortant ont été réélus. Certains ont été transférés au « Conseil des sages » à cause de leur âge, mais ils conservent tous leurs privilèges matériels. De nombreux cadres régionaux sont entrés dans le nouveau Comité central, ce qui témoigne d'une tentative de renforcer les liens entre le centre et les provinces. Il n'y a que quatorze membres du CC qui appartiennent aux minorités nationales, et seulement 11 femmes (respectivement 6,6 et 5,2 % du total des membres). C'est une illustration ironique du rapport politique qui parlait de développer les liens avec les minorités nationales et d'insister sur le rôle essentiel des femmes.
Au sein de l'organe suprême du parti, le Secrétariat du Bureau politique, composé de 5 membres, les changements de personnes indiquent souvent l'évolution des rapports de forces entre les fractions. Au sein du Secrétariat formé lors de la Ire session plénière du 1le Comité central, Deng était minoritaire. Lors de la 3e session plénière, Chen Yun fut ajouté. Lors de la 5e session, Wang Dongxing fut exclu et Hu Yaobang et Zhao Ziyang furent nommés, ce qui renversa les rapports de forces en faveur de la fraction de Deng. A ce congrès, Hua Guofeng a été exclu, mais il n'a pas été remplacé. Cela peut indiquer l'impossibilité d'arriver à un accord entre les fractions sur un candidat. La lutte pour le pouvoir est encore intense au sein de la direction, aussi bien au sommet que dans les niveaux inférieurs de la hiérarchie.
La propagande du PCC explique que la suppression du poste de président du | parti et l'instauration d'un secrétaire général vise à empêcher la dictature d'un individu. Les nouveaux statuts stipulent que le secrétaire général doit convoquer les réunions du Bureau politique et du Secrétariat et diriger le travail de cette instance. Mais cela ne représente pas un moyen efficace d'empêcher la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne. Le cas de Staline est assez éloquent à ce sujet. Dans les pays bureaucratisés sous la dictature du parti communiste, la « direction collective », même si elle existe temporairement, n'est qu'une transition vers la dictature d'un
L'ÉPREUVE DES FAITS La Constitution du PCC, rédigée il y a 5 ans, annonçait que les « quatre modernisations » seraient achevées en 22 ans. Le rapport politique adopté ensuite à l'unanimité par le Xle congrès du parti promettait de construire un tiers des entreprises du pays sur le modèle des entreprise Da qin, de construire un tiers des provinces sur le modèle de la province Da zhai, et d'achever la mécanisation complète de l'agriculture d'ici 1980 (4).
Il n'a pas fallu longtemps pour que ce « nouveau bond en avant », sur le papier, ne se brise au contact de la réalité. Le développement économique des trois années qui ont suivi le Xle congrès du parti a causé de graves dommages au pays, provoquant de sérieux déficits au cours des années suivantes, l'inflation des prix, et de plus grandes difficultés pour les masses populaires. La période de réajustement économique qui devait durer trois ans (à partir de 1979) fut done prolongée.
Le rapport du XIle congrès a admis que l'on ne pourrait atteindre un développement rapide de l'économie nationale avant 1990. Il a annoncé que d'ici la fin du siècle, tous les efforts devaient viser à multiplier par quatre la valeur de la produetion agricole et industrielle, c'est-àdire passer de 710 milliards de yuan en 1980 à environ 2 800 milliards de yuan en l'an 2000, avec un taux de croissance annuel de 7,1 %.
Cet objectif, plus réaliste que les précédents, reflète aussi le fait que, face aux confiance de la fraction dirigeante est
Cependant, avec la perspective d'une répression acerue des oppositions et d'un amélioration significative du niveau de vie de la population, on ne peut s'attendre à une amélioration rapide de la situation. On risque au contraire de voir la déception et l'indignation populaires s'accroitre. Elles tendront à s'exprimer tout d'abord par une certaine passivité face aux projets officiels avant de déboucher sur une confrontation ouverte. Et si les remèdes de Deng se montrent inefficaces dans la période à venir, les contradictions sociales ne manqueront pas de s'accen-
On a déjà vu comment la prétention de la fraction de Deng de se présenter comme un courant libéral et réformiste a été réfutée par sa politique de répression des oppositions. Ses résultats dans la période à venir feront toute la lumière sur sa nature réelle. L'histoire jugera.
« OCTOBER REVIEW », 4. Da quin (autrefois transcrit en Tachin) et Da zhai (autrefois Tatchal) étaient des districts (cantons administratifs) exemplaires, le premier axé sur l'exploitation du pétrole, le second sur la production agricole. Ils devaient illustrer le développement industriel et agricole proposé pour la Chine, à l'époque. Leur vocation essentielle était, en fait, l'encadrement politique et idéologique de la population. Cela était censé permettre le décollage économique sur la base de la mobilisation des masses. Concrètement, les résultats économiques (artificiellement gonflés pendant une période) ont été des échecs. Les « campagnes d'études » de ces districts mo-