Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

La nouvelle situation politique et les tâches des révolutionnaires

· Inprecor n° 139, 20 décembre 1982 · p. 19-22 · 3 650 mots

État espagnol France

de la Liga comunista revolucionaria ES 27 et 28 novembre derniers, le Comité central (CC) de la Liga Comunista Revolucionaria (LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, a débattu de la nouvelle situation politique créée par la victoire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) aux élections générales du 28 octobre, et des tâches des révolutionnaires qui en découlent (1).

Le résultat de ce débat a été l'accord exprimé par une très large majorité du CC

I.- LA SIGNIFICATION DU TRIOMPHE DU PSOE Le facteur fondamental qui explique l'écrasante victoire électorale du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) est la volonté de changement de très larges secteurs de la population, qui ont estimé que voter pour ce parti était la meilleure manière d'expulser la droite du gouverne-

La grande majorité des 10 millions de votants pour le PSOE a appuyé le changement que promettait ce parti, et qui s'est exprimé dans un programme extrapas, du moins au début, qu'il soit possible d'obtenir plus que ce que promet Felipe sultat de cinq années de reculs, de divisions et de défaites du mouvement ouvrier, mais c'est aussi un état d'esprit qui peut être modifié sur la base d'une reprise de confiance du mouvement ouvrier en ses propres forces à l'occasion des pro-

La légitimité démocratique de ces 10 millions de votes et la large majorité absolue du PSOE au Parlement et au Sénat vont être la force du gouvernement du PSOE. Son talon d'Achille sera sa politique de consensus avec les institutions non parlementaires de l'Etat, avec l'appareil d'Etat hérité de la dictature : les for ces armées, la police, l'appareil administratif et judiciaire qui sont les appuis fondamentaux de la droite, de la réaction et

Il. - LA SITUATION DE

LA BOURGEOISIE ET SES PROJETS

La bourgeoisie a connu, avec ces élecNew York, 29 novembre 1982. tions, une importante défaite politique.

ETAT ESPAGNOL

Après la victoire du PSOE

Résolutions du Comité central de la LCR sur la ligne générale des deux textes que nous publions ci-après, l'un à la suite de l'autre.

Ces deux textes ont un caractère général, car le Comité central de la LCR a considéré que, pour une analyse et des conclusions plus précises, il était nécessaire d'attendre le discours d'investiture de Felipe Gonzalez (qui a eu lieu, depuis lors, le ler décembre), les premières mesures du gouvernement socialiste, et les réactions qu'elles vont susciter. Une nouvelle situation politique Elle est hors du gouvernement central pour la première fois depuis plus de quarante années. Elle a perdu le contrôle de la majorité des grandes municipalités. Seuls les gouvernements des nationalités de Catalogne et d'Euskadi, entre les mains respectivement de Convergence et Union (CIU) et du Parti nationaliste basque (PNV), et le gouvernement de Galice, contrôlé par l'Action populaire (AP), contredisent ce coup de balai qui a écarté la droite des instances gouvernementales.

Cette situation négative pour la bour geoisie ne doit pas être confondue avec un manque de capacité de réaction et de contre-offensive, ou entraîner une sous-estimation de ses possibilités. Son pouvoir économique reste intact, et ses appuis très importants dans l'appareil d'Etat se sont déjà manifestés. Il s'est produit une réorganisation politique de la bourgeoisie centraliste qui a conduit à l'actuelle hégémonie de l'AP de Fraga Iribarne, qui dispose d'un groupe parlementaire très important et d'un programme réactionnaire dans leété concentrées les revendications fondamentales du patronat, de la banque, des forces armées et de la hiérarchie ecclésiastique. Il existe, en outre, de puissantes organisations patronales, comme la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE), rôdées à la lutte sociale et politique et disposant de quelques détachements de choc capables de mobiliser des secteurs de masse, comme la Confédération espagnole des

1. Pour plus d'informations sur la bataille menée par nos camarades de la LCR et sur les enjeux politiques des élections du 28 octobre dernier, voir dans Inprecor numéro 135, du 25 octobre 1982, l'interview de Jaime Pastor, dirigeant de la LCR. Pour les données essentielles des résultats électoraux, cf. Inprecor numéro 136, du 8 novembre 1982.

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centres d'enseignement (CECE), association de défense des écoles religieuses. Cetmobilisation peut s'élargir à des organismes comme le Conseil général des médecins et, pour certains thèmes comme l'enseignement privé, la « protection de la famille » et l'avortement, elle peut compter sur l'aide active de l'Eglise.

Etant donné la légitimité populaire avec laquelle le PSOE commence son mandat, il est probable que la contre-offensive de la droite présentera deux phases relativement différenciées. Dans une première phase, qui a déjà commencé, la tactique dominante consistera à approuver les propositions de concertation du gouvernement PSOE pour poser ses propres exigences et essayer d'obtenir une sé. rie de concessions qui établissent un cadre aux possibles mesures prises par le PSOE. Cependant, dans une seconde phase, nous assisterons à la transformation, inégale mais progressive, de l'encerclement en harcèlement, puis en mobilisation, contre le gouvernement socialiste. Bien qu'il ne s'agisse pas de deux phases nettement sé. parées, nous n'allons pas connaître une attitude totalement homogène de l'ensemble de la droite. Il va y avoir des différences entre les organisations sociales et politiques, entre les différentes organisations politiques, et entre toutes celles-ci, et les alternatives extra-parlementaires qui continueront à opérer à l'intérieur des forces armées.

L'objectif final de cette contre-offensive de la droite va être de récupérer la direction du gouvernement, parce que la droite est absolument convaincue que le PSOE, bien que disposé à accepter d'importantes concessions, est un instrument totalement inadéquat pour stabiliser le régime qui est né de la Réforme politique et pour développer les attaques en profondeur contre le mouvement de masse, que la bourgeoisie juge nécessaires.

III. - LES CONTRADICTIONS DU GOUVERNEMENT PSOE Seules l'organisation et la mobilisation des masses peuvent constituer un frein à la contre-offensive de la bourgeoisie, de la droite et de la réaction. Mais cela est une voie que le PSOE ne veut pas emprunter. Le fond de sa politique consiste en une volonté d'adapter les réformes possibles à la concertation avec le capitalisme, l'appareil d'Etat et l'impérialisme. Néanmoins, la gravité des problèmes économiques, politiques, sociaux, militaires et internationaux, limite extraordinairement les marges de manœuvre entre les exigences de la droite et les espérances de changement présentes dans de très larges secteurs de la population. Céder au cadre fixé par la droite compromet y compris la réalisation du programme modéré du PSO, avec le risque d'affaiblir rapidement l'appui populaire qui l'a porté au gouvernement et qui constitue sa force

Toute la politique du PSOE va consister à rechercher les moyens qui permettront de retarder l'explosion de cette contradiction. Et un premier objectif doit consister à atteindre les élections municipales et celle des Parlements des nationalités sans usure importante, afin de consolider la victoire électorale. Pour cela, il est prévisible qu'il tentera d'ajourner jusqu'après la tenue de ces consultations électorales, aussi bien les mesures les plus impopulaires pour les travailleurs (en particulier sur le terrain de l'austérité), que celles sur lesquelles la droite a déjà annoncé sa détermination à ne pas céder dans les confrontations à venir.

IV. - LA SITUATION DU MOUVEMENT DE MASSE ET SES PERSPECTIVES En conséquence de la victoire électorale sur la droite, il est prévisible que le mouvement de masse se sentira stimulé pour avancer ses revendications alors qu'est apparu l'espoir d'obtenir satisfaction sur une série de questions partielles. Cette attitude s'accompagnera d'une confiance dans le gouvernement et, dans une première phase, y compris d'attente des mesures qu'il pourra prendre.

Cependant, malgré ces meilleures conditions pour le développement du mouvement de masse, le passage à d'importantes mobilisations ne sera pas tacile à mettre en œuvre. Il y a le poids du re flux antérieur, les organisations de masse sont affaiblies, et les partis et syndicats majoritaires ne vont pas pousser dans cette direction. Les divers courants qui composent la gauche qui lutte (nationalistes critiques du Parti communiste espagnol (PCE), Mouvement communiste d'Espagne (MCE), Felipe Gonzalez, dirigeant du PSOE et chef du nouveau gouvernement. (DR)

Liga Comunista Revolucionaria (LCR), collectifs divers, ete.) demeurent le facteur décisif pour impulser des initiatives, mais ils ont subi avec ces élections une perte de crédibilité et, pour la récupérer, il leur sera nécessaire de faire l'apprentissage de la nouvelle situation et de démontrer dans la pratique leur capacité à mobi-

Il est improbable que se produise une évolution linéaire de la situation du mouvement de masse. Il est possible que se combinent des situations d'expectative ou des formes de lutte élémentaires avec des luttes dures et radicales. Il y aura des themes pour lesquels il sera plus difficile de mobiliser les masses (par exemple, le débordement d'un pacte social souscrit par les partis et syndicats majoritaires), et d'autres où il sera plus facile d'organiser la mobilisation (par exemple, la résistance face aux restructurations, aux licenciements, etc.) En général, les rythmes de la mobilisation vont dépendre d'une combinaison de facteurs, tels que le moment où la droite va commencer le harcèlement et à mobiliser, la marge de manœuvre du PSOE pour retarder certaines mesures impopulaires ou satisfaire l'imagination l'intelligence tactique de l'avant-garde elle-même, ete., ce qui empêche de faire des prédictions un tant soit peu assurées. Seul un contact étroit avec le mouvement de masse permettra de détecter suffisamment à l'avance l'émergence de possibilités de mobilisations plus ambitieuses.

En tout cas, on peut affirmer que la

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mobilisation de nouveaux et larges secteurs des masses - qui est la nouvelle perspective qu'ouvre la victoire électorale contre la droite - commencera à travers revendications élémentaires pour matérialiser le changement, et c'est seulement sur la base de cette expérience et sur l'acquisition par le mouvement de masse de la confiance en ses propres forces que se posera le problème d'aller plus

En définitive, le mouvement ouvrier peut s'appuyer sur une grande victoire électorale, mais pèse sur lui une faiblesse importante dans le domaine de l'organisation, de l'unité, de la capacité de mobilisation et de définition des objectifs à atteindre. Cette situation peut commencer à changer, mais il n'est pas facile que

Nous devons nous appuyer sur la volonté de changement et sur l'espoir d'obtenir la satisfaction de toute une série de revendications élémentaires pour impulser la mobilisation des masses qui va être l'unique garantie de conquêtes réelles. Nous devons nous appuyer sur les succès partiels qu'il sera possible d'obtenir pour renforcer l'organisation, la conscience et la combativité du mouvement de masse, pour contribuer à le placer face à des objectifs encore plus importants. Rien ne peut nous faire faire l'économie de l'analyse de la situation concrète qui va s'ouvrir, et de l'apprentissage politique dans la nouvelle situation, mais nous considérons que les critères généraux définis ci-après peuvent être utiles pour cela.

I. - IMPULSER LA MOBILISATION

POUR LES REVENDICATIONS LES PLUS URGENTES La tâche fondamentale consiste à impulser la mobilisation de secteurs de masse et pour cela il est important de développer une agitation intense sur les revendications que des secteurs importants du mouvement de masse considèrent comme nécessaires et urgentes et qui, partant, peuvent être la base d'initiatives d'action auxquelles participeront aussi bien les secteurs radicaux déjà défiants par rapport à la politique du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) que de larges secteurs de masse qui font confiance mobilisations bénéficient de meilleures conditions pour leur réalisation depuis les élections. Mais le fait qu'elles nécessitent l'incorporation de secteurs nouveaux et qu'elles vont se développer sous un gouvernement du PSOE fait que les revendications sur lesquelles elles vont surgir ne peuvent être exactement les mêmes que celles qui ont servi de base à l'agitation et à la propagande de la gauche radicale dans la période de la Contre-Réforme. Il n'y a pas de doute que certaines cela se fasse à un rythme rapide. Tous ces éléments, combinés avec les contradictions que créera la gestion gouvernementale du PSOE et avec une droite résolue à mener une forte contre-offensive, va ouvrir une période de profonde instabilité.

En tout cas, une nécessité impérieuse s'impose au mouvement de masse : celle de recomposer son organisation et sa capacité de mobilisation, pour être capable d'arracher ses revendications les plus urgentes et de résister à la contre-offensive de la droite.

Comité central (CC) de la LIGA COMUNISTA REVOLUCIONARIA

(LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol Madrid, 28 novembre 1982. Les tâches des révolutionnaires revendications qui ont servi de base de mobilisation dans le passé vont continuer à l'être (par exemple la résistance aux licenciements, ete.). Mais nous allons voir apparaître de nouveaux thèmes de mobilisation effective (par exemple dans l'enseignement, dans l'administration publique, etc.) et en voir reformuler d'autres en fonction des modifications qu'introduira l'action du gouvernement du PSOE et le harcèlement de la droite.

Il n'est pas utile, pour le moment, d'essayer d'élaborer un catalogue de ces revendications urgentes, elles vont dépendre de l'évolution de la conjoncture et de la situation du mouvement de masse, et vont exiger de la part des révolutionnaires une grande capacité d'initiative et de souplesse. Nous insisterons seulement l'idée qu'il va s'agir de revendications élémentaires permettant de traduire sur le terrain de la mobilisation le qu'il faut commencer à matérialiser le changement, que les choses doivent commencer à fonctionner d'une autre manière dans la pratique, qu'il est nécessaire de balayer l'œuvre de la Contre-Réforme, tant au niveau des pratiques (torture, adhésion à l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord - OTAN -, ...) que des lois (Loi organique d'harmonisation du processus des autonomies - LOAPA -, ...).

II. - LA DÉFENSE D'UNE ALTERNATIVE RÉVOLUTIONNAIRE

Mais les tâches des révolutionnaires ne peuvent se limiter à mobiliser pour les revendications du moment. Ils doivent suite de la mobilisation, pour le prochain pas en avant du mouvement de masse et doivent définir une alternative révolutionnaire qui donne une perspective et une cohérence aux combats actuels. Ces tâches sont aujourd'hui plus importantes que jamais. Parce que, s'il est vrai que les mobilisations de masse commenceront sur des revendications élémentaires, il est aussi vrai que la volonté d'étendre et de consolider ces conquêtes se heurtera à des obstacles aussi importants que : les forces armées et un appareil d'Etat hérités du franquisme, un article numéro huit qui interdit le droit à l'autodétermination des nationalités, une Constitution qui consa cre la défense de l'économie de marché ...

Dès maintenant, il est nécessaire de préparer, par la propagande et l'agitation, les conditions pour que le mouvement de masse soit capable d'écarter les obstacles qui empêchent la satisfaction de ces revendications. Il est aussi indispensable d'affirmer que la satisfaction complète de ces revendications essentielles ne sera possible qu'au moyen d'une voie révolutionnaire vers le socialisme, qui rompe définitivement avec les limites imposées par la propriété capitaliste, par l'Etat bourgeois et par l'impérialisme.

III. - L'ATTITUDE FACE AU

GOUVERNEMENT SOCIALISTE

Il est clair que le gouvernement socialiste ne défend pas une voie révolutionnaire comme celle-là, mais que toute sa politique se fonde sur l'adaptation des réformes possibles à un consensus avec le capitalisme, avec l'appareil d'Etat et avec l'impérialisme. C'est pourquoi nous croyons que ce gouvernement ne va pas donner satisfaction aux besoins profonds des masses et, y compris, qu'il va se voir empêché de réaliser certaines parties importantes de son propre programme. Pour nous, les révolutionnaires, nous ne nous identifions pas à ce gouvernement ni ne l'appuyerons politiquement. Mais nous devons tenir compte du fait que l'attitude subjective des travailleurs à son égard est radicalement différente de celle qu'ils ont face à un gouvernement bourgeois : les travailleurs ont massivement voté pour le gouvernement du PSOE et ils attendent qu'il se comporte comme leur allié face au patronat, à la droite et aux secteurs «golpistes ».

Tout cela signifie que des secteurs très larges seront dans l'attente des mesures que pourra prendre le gouvernement, d'autres seront disposés à se mobiliser pour appuyer certaines de ces mesures, d'autres encore à se mobiliser pour le pousser à agir, mais les secteurs qui ne lui font pas confiance dès le départ sont très minoritaires.

La tâche des révolutionnaires doit consister à approfondir cette défiance et à l'étendre à de nouveaux secteurs de masse, de manière à ce que la perspective d'une voie révolutionnaire alternative prenne progressivement de l'audience. Mais, pour mener à bien cette tâche de façon adéquate, cela exige de mettre au premier plan la nécessité de la mobilisation comme voie effective pour la satisfaction des revendications, y compris les plus élémentaires et la nécessité de la développer, indépendamment des appréciations différentes qui peuvent exister du gouvernement. Cela est possible parce que le point de départ des mobilisations doit être d'attaquer la droite et la réaction. Quant au gouvernement, nous ap-

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puierons ses mesures progressistes et nous n'hésiterons pas à nous mobiliser contre les tentatives de le renverser menées par la droite et la réaction. Mais nous n'hésiterons pas non plus à le critiquer durement et publiquement quand il passera, avec la droite, avec les «pouvoirs de fait » et avec l'impérialisme, des compromis concrets qui feront du tort aux travailleurs. Malheureusement, nous pensons qu'il ne manquera pas d'occasions pour cela et que, dans une phase plus avancée du processus, des mobilisations s'affrontant au gouvernement peuvent être indispensables, la condition étant qu'elles devront apparaître clairement aux masses comme nécessaires pour défendre les intérêts des travailleurs face au capital et à la réaction et pour exiger une attitude énergique du gouvernement. IV. - UNE ORIENTATION UNITAIRE

IMPULSEE PAR LES SECTEURS ACTIFS DU MOUVEMENT DE MASSE

Parvenir à des mobilisations de masse pour la satisfaction des revendications urgentes est possible seulement au travers d'initiatives d'action s'appuyant sur les secteurs actifs du mouvement, les mêmes qui ont porté le poids des initiatives de mobilisation pendant toute la période de la Contre-Réforme. Dans une partie de ces secteurs, la défiance politique justifiée à l'égard du PSOE peut se traduire, en certaines occasions, par des réflexes gauchistes et sectaires qui peuvent se trouver en opposition avec une authentique orientael cambio!

« Que commence le changement ! ». (DR)

tion de mobilisation des masses.

Mais cela ne doit pas changer notre volonté d'impulser des initiatives de ces secteurs actifs selon une orientation unitaire en direction des secteurs de masse qui maintiennent leur confiance dans le gouvernement du PSOE. Parce que nous sommes sûrs de pouvoir convaincre une grande partie de ces camarades que ce type d'initiatives est la condition aussi bien pour avancer dans la récupération du mouvement de masse que pour étendre la défiance politique par rapport au réformisme du PSOE. Parce que nous sommes convaincus que la grande majorité des initiatives d'action ne peuvent partir que de

V. - UNE POLITIQUE UNITAIRE

DIVERSIFIEE ET SOUPLE C'est là une autre condition pour le succès des initiatives dans l'action que nous proposons, car il s'agit de prendre en compte la diversité des courants politiques qui influencent ces secteurs combatifs du mouvement de masse comme la nouveauté et la diversité des situations que nous allons connaître. Nous considérons comme important de tenir compte des aspects suivants dans une politique

- En premier lieu, les nouvelles perspectives qui peuvent s'ouvrir pour un travail de courant dans les Commissions ouvrières (CCOO), où existe depuis un certain temps un secteur de gauche impor-

COMBATE

liga comunista revolucionaria - cuarta internacional

piece

Santiago se va, Gerardo viene Aplazado el juicio de CRIMIDESA no es obidamnos Fierm La « une » de Combate, hebdomadaire de la LCR, après la victoire du PSOE :

- En deuxième lieu, l'unité d'action ponctuelle d'un large éventail d'organisations par rapport à un thème déterminé, comme cela s'est produit en plusieurs endroits à l'initiative du mouvement anti-OTAN, et qui a permis, ultérieurement, la construction des comités anti-OTAN.

- En troisième lieu, nous croyons que la construction de fronts pour l'action, sur la base d'une unité d'action permanente sur une plate-forme revendicative, tels que l'Esquerra Unida del Pais Valencià (Gauche unie du Pays valencien) et le Bloque de la Izquierda Asturiana (Bloc de la gauche des Asturies), continuent à avoir une grande utilité, même s'il est vrai que les derniers résultats électoraux de ces fronts ne favorisent pas ces projets, et que la nouvelle situation politique pose de manière différente les thèmes sur lesquels il existe une expérience d'unité. Mais il est vrai aussi que cette unité est plus nécessaire que jamais pour être efficace dans l'action, et que les prochaines élections dans les municipalités et les parlements des nationalités rendent urgent le maintien de cette unité, afin que la gauche qui lutte ait une expression électorale et quelques résultats qui puissent être supérieurs à ceux des élections qui viennent de se dérouler. Car, au niveau des villes et des villages, la crédibilité électorale des révolutionnaires sera plus grande et le phénomène du vote utile ne jouera pas avec autant d'intensité, maintenant que la majorité du PSOE au niveau du gouvernement central apparaît clairement assurée. Aussi, nous pensons qu'il existe les conditions pour que, dans un bon nombre de villes et de villages, commencent à se construire des fronts d'action qui s'exprimeront lors des prochaines élections sous la forme de candidatures unitaires.

VI. - L'AFFIRMATION DE LA POLITIQUE AUTONOME DE LA LCR

Notre volonté unitaire par rapport au mouvement de masse et aux autres courants révolutionnaires doit se combiner avec un effort pour diffuser le plus largement possible nos p. positions d'actions, nos idées politiques et notre conception de la voie révolutionnaire pour le socialisme. Dans le processus de réflexion que la victoire électorale du PSOE a ouvert, nous croyons sincèrement avoir des choses importantes à apporter, tant en ce qui concerne les problèmes actuels du mouvement de masse que dans la tâche de construire une direction révolutionnaire alternative.

Un effort pour nous insérer plus profondément dans les organisations de masse nous aidera sans doute à ce que nos propositions soient réellement adaptées à la situation et à l'état d'esprit des masses, et aussi à établir un dialogue plus profond avec l'avant-garde ouvrière.

Comité central (CC) de la LIGA COMUNISTA REVOLUCIONARIA

(LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol Madrid, 28 novembre 1982.

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