Entretien avec José Idoyaga dirigeant de la Liga
Komunista iraultzailea (LKI) section de la LCR au Pays basque
Euskadiko Eskerra apparaissait politique- sur la question des femmes, sur l'homose-
A question des nationalités, et tout particulièrement
L celle du Pays basque, est au centre des problèmes que
| rencontrera le gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) mis en place après son écrasante victoire aux élections du 28 octobre 1982. La bourgeoisie centraliste espagnole n'a pas totalement réussi à cantonner la revendication nationaliste dans le carcan du statut d'autonomie. L'adoption, avec l'appui du PSOE, de la LOAPA (Loi d'harmonisation du des autonomies) a encore réduit le pouvoir des processus institutions locales. Ces deux éléments, comme le maintien de l'influence des formations nationalistes, qu'elles soient bourgeoises ou de la gauche radicale, illustrent le divorce croissant entre les Basques et l'Etat espagnol.
Le PSOE va sans doute chercher à rééquilibrer les données du problème en favorisant une marginalisation des forces
« INPRECOR » : - Peux-tu donner une évaluation de la situation en Euskadi après les récentes élections ?
José IDOYAGA: - Pour définir la situation en Euskadi après les élections du
28 octobre dernier, il faut souligner en premier lieu la progression très importante du PSOE, qui arrive en deuxième position après le Parti nationaliste basque (PNV)
dans la Communauté autonome basque, et à la première place en pourcentage global, lorsque l'on additionne la Communauté autonome basque et la Navarre (1). Ceci est le premier élément qu'il faut souligner : la montée du PSOE comme premier parti en Euskadi. Le second ment à prendre en compte, c'est que sur le plan électoral comme sur le plan social, la polarisation autour de la question nationale demeure très importante : environ
50 % des votes ont été obtenus par les organisations nationalistes. Pour apprécier ces résultats, il faut remonter à la situation électorale antérieure.
Lors des premières élections générales après la chute de Franco en juin
1977, le PSOE était arrivé en tête en Euskadi. Le Parti nationaliste basque, une nationaliste, formation bourgeoise trouvait en seconde position, et Euskadiko Eskerra (EE) en troisième position. A l'époque, Euskadiko Eskerra était composée d'une série de forces nationalistes et* d'un parti, le EMK (équivalent du Mouvement communiste d'Espagne en Euskadi). Ultérieurement, EE a éclaté, et lors des élections suivantes, deux forces nationalistes de gauche sont apparues : d'un côté Euskadiko Eskerra et de l'autre Herri
Batasuna (HB). En tant que regroupement électoral - car il ne s'agissait pas encore de partis politiques formalisés — basque en Euskadi niers politiques. Pour le PSOE, des forces armées. fuera la LOAPA autodeterminación la LOAPA | Autodéterminament lié à l'organisation armée ETA-PM (politico-militaire), alors que Herri Batasuna apparaissait liée à l'organisation ar-
Lors des secondes élections législatives de mars 1979, des municipales d'avril 1979 ou des consultations électorales au Parlement autonome du Pays basque de mars 1980, on enregistra une importante progression des formations nationalistes bourgeoises comme des formations de gauche. Et dans contexte, le fait peut être le plus signififut la progression électorale Herri Batasuna (voir encart « Résultats électoraux »).
Pendant toute cette période, Herri Batasuna a incarné un parti dont la définition nationaliste radicale, indépendantiste, était très nette, mais également un parti affirmant la nécessité du socialisme, et dont les positions étaient très radicales nationalistes radicales basques et en refusant toute négociation avec l'ETA sur l'autodétermination ou la libération des prisonil s'agira ainsi de donner des gages à la bourgeoisie centraliste et aux secteurs putschistes
Avec l'évolution de la situation électorale en Euskadi, où le PSOE redevient une force de tout premier plan, le risque existe d'une rupture entre les secteurs les plus combatifs et l'ensemble du mouvement ouvrier. La tactique politique des secteurs les plus combatifs, qui doivent se tourner vers les secteurs de masse du mouvement ouvrier local, pose un problème particulièrement épineux sur lequel nous nous sommes entretenus avec le camarade José Idoyaga, dirigeant de la Liga Komunista Iraultzailea (LKI), section de la LCR dans le Pays basque.
xualité, sur l'écologie ... De plus, HB représente des secteurs sociaux dynamiques, qui dirigent les mouvements les plus importants contre la répression, contre la centrale nucléaire de Lemoniz (près de
Bilbao), qui lutte pour la défense de la langue basque, ete. Parallèlement à cette poussée électorale, il y a eu une montée du mouvement de masse autour de HB.
Pendant ce temps, au contraire, le PSOE a perdu des voix et, lors des dernières élections au Parlement autonome d'Euskadi, il n'était plus que la troisième force électorale après le PNV, en première position, et HB qui l'avait dépassé.
Les résultats des élections du 28 octobre 1982 marquent un retour du PSOE, qui redevient la première force politique en Euskadi. Et bien que toutes les forces nationalistes aient, elles aussi, vu augmenter leurs suffrages, c'est la progression du
PSOE qui est la plus spectaculaire.
Le PSOE a en effet gagné des voix, et cela pose un problème politique important, surtout si l'on tient compte du fait que ces voix sont celles d'abstentionnistes lors des élections antérieures. Or, ces abstentions et ces suffrages proviennent fondamentalement sont pas originaires d'Euskadi. De plus, il faut ajouter que le PSOE a joué pendant la campagne électorale - comme il le faisait déjà depuis un certain temps - sur les différenciations, les oppositions entre la communauté autochtone et la communauté des immigrés. On ne peut pas dire qu'il y a une situation de véritable division entre les deux communautés, tant
1. La Navarre n'a pas été inclue, au terme du statut d'autonomie adopté par le pouvoir central, dans les régions sous administration du parlement autonome d'Euskadi.
au Parlement basque de mars 1980 et ceux obtenus dans les circonscriptions de Navarre
(rappelons que la Navarre a été exelue par le pouvoir centraliste de la Loi sur l'autonomie s'en faut, mais il faut reconnaître qu'à terme, ce danger existe.
Quant à Euskadiko Eskerra, il y a presqu'un an qu'elle s'est constituée en parti, alors qu'elle n'était auparavant qu'un regroupement électoral. Au moment où elle se transforme en parti, deux forces participent à ce processus. La force fondamentale, qui a l'hégémonie dans le nouveau projet, c'est l'ancienne EE, dans laquelle il y a un courant majoritaire autour de son Secrétaire général Mario 'Onaindia, et un courant minoritaire dont je parlerai plus tard, qui s'appelle Nueva Izquierda. L'autre force politique qui intervient, c'est un secteur qui a scissionné du Parti communiste d'Euskadi (PCE. EPK), avec son Secrétaire
Déjà lors du précédent congrès de l'EIA (Parti de la révolution basque) (2), organisation nationaliste révolutionnaire dont Euskadiko Eskerra était en quelque sorte le front de masse, un processus d'évolution politique s'était exprimé, menant à une politique eurocommuniste de social-démocrate, surtout en qui concerne les voies spécifiques vers le socialisme, la transformation graduelle de l'Etat, avec une position de cogestion face à la crise. Ce processus prolongé fut marqué par ce que nous appelons le « possibilisme » face à la question nationale. Ce courant maintenait encore son identité les positions classiques du l'indépendance, exemple, mais abandonnait peu à peu les signes pratiques de la radicalisation nationaliste sur des problèmes tels que la défense des militants emprisonnés, la lutte contre la répression, contre les centrales nucléaires, qui sont les thèmes qui ont le plus polarisé la radicalisation nationaliste en Euskadi ces dernières années. En même temps qu'ils ont abandonné tout cela, ils se sont ouvertement engagés sur la voie institutionnelle, y compris sur la question nationale, en acceptant le cadre constitutionnel, le régime de la Réforme, etc. Parallèlement avec la fusion entre l'EE et un secteur du PC d'Euskadi, s'est accéléré encore plus l'évolution social-démocrate du type de militantisme de l'EE. Il n'y a pas de fonctionnement militant, la ligne politique est élaborée exleusivement par les porte-parole institutionnels et l'appareil dirigeant. L'appareil du parti est essentiellement un appareil électoral, et ceci a pesé sur EE, sur ses militants, dans les secteurs où elle a une influence.
Aussi est apparu à l'intérieur de l'EE, voilà deux ou trois ans, une tendance qui a obtenu environ 40 % des voix lors du ler Congrès d'EE, et environ 38% des voix lors du congrès de fusion avec les éléments ayant scissionné du PC. Cette tendance, qui s'appelle Nueva Izquierda, a d'un certain côté des positions nationalistes plus radicales. Mais cette affirmation nationaliste est surtout une résistance aux tentatives de la direction d'accepter une solution à la question nationale dans le cadre de la Constitution. Nueva Izquierda revendique l'autodétermination et l'indépendance ; elle a des positions radicales
EVOLUTION DES RESULTATS ELECTORAUX EN EUSKADI ELECTIONS AUX CORTES - 1979 Nombre de voix / Elus
PSOE-PSE 247 736
PNV 292 133
HB 174 646
EE 87 486
AP + UCD 315 000
PCE (EPK) 52 184 instaurant un Parlement basque). sur l'amnistie, les prisonniers politiques, la répression, et a rejeté et combattu les positions de la direction du parti lorsque ce dernier a voulu, par exemple, participer aux fronts antiterroristes. Mais on ne peut pas dire que ce soit une tendance politiquement homogène, disposant d'un projet clair, bien qu'elle se soit opposée aux positions de la direction sur la question des voies de passage pacifique au socialisme, sur la politique internationale, et sur la politique économique face à la crise. Sur tous ces thèmes, bien qu'elle n'ait pas de théorie ou de programme alternatifs, Nueva Izquierda a des positions de
Après les élections du 28 octobre dernier, à cause de cet ensemble d'éléments, une situation nouvelle s'est ouver-
De nouveaux problèmes politiques sont apparus. Notamment des problèmes concernant les rapports entre le secteur le plus actif du mouvement de masse basque qui est sous l'hégémonie de la gauche nationaliste, fondamentalement de Herri Batasuna, et le rôle que peut jouer la masse des électeurs qui ont voté pour le PSOE. La possibilité est en effet ouverte que cette masse d'électeurs se transforme en une base sociale, renforçant l'UGT ou renforçant le poids social, jusqu'alors réduit, du Conférence de presse de l'ETA. (DR)
ETAR arako armal
ELECTIONS ELECTIONS REGIONALES AUX CORTES - 1982 Nombre de voix (1) Nombre de voix / Elus
178 880 462 170 11
365 420 397 298 8
191 989 210 886 2
98 137 100 615
230 000 246 000
43 283 23 226 1. Dans cette colonne sont additionnés les résultats de chaque parti lors des élections
Parmi les secteurs d'avant-garde qui se trouvent au sein de Euskadiko Eskerra ou de Herri Batasuna, des problèmes ont aussi surgi depuis les élections. Au sein de EE par exemple, il y a un processus de scission en cours, dont il est difficile de savoir s'il ne va pas aboutir à une explosion de toute l'organisation. Il y a un secteur de Nueva Izquierda, fort de plusieurs centaines de militants, qui a déjà quitté l'organisation. La direction de Nueva Izquierda et un secteur important de sa base continuent à se maintenir à l'intérieur de EE, mais avec des positions tout à fait opposées à celles de la direction. La tension et les affrontements au sein de EE sont donc chaque fois plus importants et il semble difficile que cela ne débouche pas sur une rupture encore plus
Parallèlement, le Secrétaire général projet - formulé plus ou moins clairement - de rapprochement entre EE et le PSOE. Cela part de la considération qu'il est difficile de mener à bien une politique de gauche dans le cadre d'une perspective constitutionnelle et électoraliste avec un seul député à Madrid, ce qui est le cas pour EE. Dans ces conditions, il faut des forces supérieures et la perspective du Secrétaire d'EE serait d'envisager la constitution d'un courant dans le PSOE.
L'autre problème, celui-ci en rapport avec Herri Batasuna, est le rôle que vont jouer l'ETA et la lutte armée dans la période à venir. Pour nous, il est évident, et ça l'était déjà dans la période antérieu-
2. Lors du Congrès de l'EIA (Parti de la révolution basque) de l'été 1981, la majorité des délégués (60 % des voix) adopta une ligne qui combine le nationalisme avec un eurocommunisme qui ne veut pas dire son nom. La minorité (40 %) des mandats a exprimé une certaine opposition de gauche, d'un point de vue nationaliste radical. Le congrès a alors décidé de constituer en parti politique formalisé ce qui n'était jusque la que le « front de masse » de l'organisation, à savoir Euskadiko Eskerra, et de dissoudre l'EIA en son sein. Dans les premiers jours de septembre de la même année, l'organisation du Parti communiste espagnol en Euskadi s'est adressée à l'EIA pour solliciter sa participation au processus de constitution d'Euskadiko Eskerra en parti. La majorité eurocommuniste de ce parti intégrera done Euskadiko Eskerra.
re, que la lutte armée n'est pas une solu. tion. Elle a joué un rôle positif pour créer un mouvement de masse fort, mais actuellement la lutte armée peut provoquer des tensions très importantes au sein du mouvement ouvrier. Car il faut tenir compte du fait que le PSOE va maintenir une politique de répression, d'arrestations face aux mobilisations nationalistes.
En avril 1979, il y avait 117 prisonniers politiques basques. En décembre 1981, ils atteignaient le chiffre de 435. Durant la même année, il y a eu environ 6 000 arrestations en Euskadi. Sur ce total, la loi antiterroriste a été appliquée à 740 personnes, avec des périodes de garde à vue au commissariat allant jusqu'à dix
En 15 mois, de janvier 1981 à mars 1982, sur 324 Basques mis en accusation par les tribunaux, il y a eu 95 jugements « politiques ». Au total, le procureur aura réclamé, au cours de ces jugements, 4859 années d'emprisonnement.
Or, le PSOE ne va pas changer tout cela, il ne propose pas de changement sur ces questions. Ce qui explique la position plus radicale de Herri Batasuna.
Mais c'est le rôle de l'ETA qui va être déterminant. Il y a déjà eu plusieurs attentats après la victoire électorale du PSOE (3). Et le danger réel qui résulte actuellement de l'action de l'ETA d'une
Get de l'activité du PSOE d'autre part, c'est que le tossé ne se creuse entre le secteur qui est le plus actif, le plus radical, qui représente le mouvement social le plus militant en Euskadi et qui politiquement Batasuna, et la grande majorité de la classe qui est polarisée soit par le PSOE, soit par le PNV. Il y a un risque que se produise une rupture complète, voire des affrontements, entre les secteurs
ASK ETA SEGLIREJ U LENA MIRERTAD) ERSI les plus actifs et le reste de la classe
- Peux-tu développer un sur ce thème, à propos de la manifestation qui a eu lieu à Renteria (4), en précisant la situation qui existe au sein du mouvement ouvrier, les rapports de forces et la politique de HB et de EE envers les syndicats?
- En Euskadi, il y a pour l'essentiel quatre syndicats. Le premier, c'est le Syndicat des travailleurs basques (STV), ой traditionnellement c'est le PNV qui a l'influence la plus forte. C'est le syndicat qui a le plus grand nombre de délégués syndicaux, sauf dans les ateliers. Son influence s'exerce surtout dans les couches les plus qualifiées des travailleurs. L'indépendance du STV à l'égard du PNV est plus grande aujourd'hui qu'elle ne l'a été dans le passé, bien que le poids et l'influence de l'organisation syndicat restent grands. On ne 3. Si l'ETA politico-militaire profondément divisé a connu récemment une nouvelle scission — sa « VIle Assemblée » annonçant, en semaine seulement après la victoire électorale
PSOE avait lieu une nouvelle l'ETA militaire, avec l'assassinat, le 4 novembre. du général Victor Lago Roman, commandant de la division blindée « Brunete », formation qui a été impliquée dans toutes les conjurations putschistes de ces deux dernières années.
4. Une polémique s'est ouverte au Pays basque après le mitraillage par l'ETA(m) de trois personnes accusées d'être des indicateurs police, dont l'une, Carlos Patino. mourir peu après. Or, les raisons de ce mitraillage sont restées assez confuses. La personnalité des personnes visées, leur mode de vie et leur entourage social distinguent cet attentat des autres actions militaires de l'ETA(m). Les proches
NU ULVIDARA Manifestation à Renteria en juillet 1978 contre les exactions policières. (DR) peut donc pas dire que le STV soit la courroie de transmission du PNV. D'ailaujourd'hui, les militants de EE sont dans le STV. Ce qui est vrai par contre, c'est que la politique syndicale du STV est favorisée par la politique du Gouvernement autonome basque, qui est un gouvernement où le PNV est majoritaire.
Le deuxième syndicat en Euskadi, c'est l'Union générale des travailleurs (UGT), qui va connaître un afflux d'adhésions important, car c'est un syndicat dominé par l'appareil du PSOE. Tous les courants de gauche en ont été exclus, à l'exception d'un secteur en Alava, que le PSOE n'a pas réussi à « normaliser » à la veille du dernier congrès et dont la position en est sortie, au contraire, renfor-
Le troisième syndicat, ce sont les CCOO, au sein desquelles il y a des positions de gauche. Des partis comme le MCE militent par exemple dans les CCOO. Actuellement, on peut dire que l'essentiel des positions de gauche qui existent au des personnes mises en accusation et mitraillées par l'ETA(m) ont publiquement réclamé de l'organisation nationaliste armée qu'elle apporte la preuve concrète de ses affirmations. Ce que PETA(m) n'a pas encore fourni à ce jour, accroissant ainsi la confusion. La presse bourgeoise en profita évidemment pour mener campagne contre les organisations nationalistes basques armées et ceux qui les défendent. Le 28 novembre dernier, a Renteria (province basque Guipuzcoa), était alors convoquée une manifesl'ETA(m) commis quelques jours auparavant. Le PSOE, le PNV, Euskadiko Eskerra, le PCE, PUGT et les CCOO soutenaient cette initiative. Face à cette mobilisation antiterroriste, Batasuna appela à une contre-manifestation le jour même. Des affrontements eurent lieu entre manifestations, trant les risques actuels de cassure au sein du mouvement ouvrier basque.
Les enfants des victimes du mitraillage de Renteria réaffirment la bonne réputation de leurs pasein des CCOO sont animées par la Liga Komunista Iraultzailea (LKI). section de la LCR en Euskadi, qui a une influence disons « respectable » sans être pour au-
June force majoritaire. En particulier en Guipuzcoa, c'est un courant de gauche qui a un poids certain.
Le quatrième syndicat, enfin, est le Regroupement des travailleurs nationalistes (LAB), qui est lié à Herri Batasuna, et dans lequel militent aussi des militants d'autres partis, de la LKI, etc., mais qui y sont en minorité. Bien que son influence ait un peu augmenté lors de ces élections et qu'il ait une position meilleure que les formations syndicales accords avec le gouvernement et le patronat, etc., il reste encore très minoritaire.
Oil faut souligner une dernière candidatures « unitaires » aux élections syndicales impulsées par le MCE ont eu un grand succès dans la métallurgie de Navarre, y compris aux dépens des CCOO, mais ne représentent pas ailleurs une force significative (voir encart sur les élections syndicales).
- Et les courants pro-soviétiques ? - Dans les CCOO ? Non. Il y en a peut-être, mais pas de façon significative.
Il y a de nombreux éléments qui vont avoir des conséquences dans le mouvement ouvrier et peser sur l'unité et les rapports de forces en son sein. Certains sont d'ordre strictement syndical : il y a par exemple un problème dans les rapports entre les CCOO et l'UGT qui n'est pas lié à la situation propre en Euskadi mais à l'orientation générale de l'UGT et à sa politique, qui n'est pas excessivement unitaire à l'heure actuelle. Il y a des conflits qui vont apparaître, c'est évident, entre l'UGT et le STV. Le STV est le syndicat favorisé par le Gouvernement autonome basque, tandis que l'UGT est privilégié par le gouvernement central : il va donc y avoir des problèmes de compétence. En ce moment, il y a toute une série de questions qui relèvent du gouvernement basque, concernant le travail, la santé, la sécurité sociale, certains cas de solutions apportées à des entreprises en Tout cela peut provoquer des conflits.
Entre le secteur radical du mouvement ouvrier, la gauche des CCOO, les quelques secteurs de gauche de l'UGT, le MCE et les « candidatures unitaires », le syndicat nationaliste basque LAB et le gros du mouvement ouvrier, il peut y avoir des tiraillements. Il y en a déjà eu. Le secteur le plus radical a des difficultés à prendre des initiatives d'action qui mobilisent des secteurs plus larges des masses travailleuses. Si on examine les grèves les plus dures, les plus radicales qui se sont produites en Euskadi au cours de ces deux dernières années, elles ont été dans leur immense majorité dirigées par ces secteurs radicaux, fondamentalement par des secteurs liés au MCE et à la LKI qui ont entraîné une force sociale plus large. Dans certains cas les résultats ont été bons. Mais, dans la majorité des cas, il faut dire que ces grèves très dures, qui ont duré très longtemps et ont été menées avec des méthodes d'action très directes, bien qu'elles aient fonctionné démocratiquement sur la base d'assemblées générales, ont été difficiles et se sont souvent terminées par des défaites. Les causes en sont évidemment la politique des bureaucraties syndicales, qui ont refusé d'organiser la solidarité. Mais aussi, on n'a pas su impulser cette solidarité, parce que les secteurs les plus radicaux, ment le MCE, ont utilisé des formes de lutte, des formes d'expression très sectaires à l'égard des syndicats qui ont provoqué des difficultés. Des problèmes du même ordre peuvent se renouveler dans la
Un deuxième type de problèmes est lié à la situation spécifique qui existe en Euskadi. Il y a un secteur que nous défen-
NOS POR
RETVININCACKR
DELS BUEN
NOMBRE DE
HUESTROS
dons contre la répression qui est le secteur dominé majoritairement par Herri Batasuna. Et la direction politique de Herri Batasuna c'est, en pratique, l'ETA militaire. HB la reconnaît comme direction politique bien qu'il n'y ait pas de lien
Les problèmes résulteront de la politique suivie par le PSOE en Euskadi. Car une politique d'auto-affirmation, de radicalisation, voire même gauchiste, sera suivie par de larges secteurs de masse ; il ne faut pas oublier les résultats électoraux obtenus par les organisations nationalistes radicales qui sont, de plus, des votes tres militants ... Les répercussions de cette si tuation dans le mouvement ouvrier posent des problèmes difficiles. Par exemple, il est très difficile de trouver un écho significatif, d'être entendus sur des thèmes tels que le problème des libertés politiques, de la lutte contre la répression. Le danger, maintenant, c'est qu'au sein de larges secteurs du mouvement ouvrier basque - pas dans tout le mouvement ouvrier mais dans des secteurs importants -des éléments de politique antiterroriste impulsés par le PSOE, par l'UGT, par les CCOO puissent avoir comme résultat que ce soit la classe ouvrière qui, majoritairement, prenne la tête d'une politique de mobilisation antiterroriste qui aurait comme implication le renforcement de la répression, des contrôles de police, ete.
Ce serait un facteur de division extrêmement grave.
Il y a une polémique à ce sujet, publique, sur le type de politique qu'il faut avoir dans ces conditions pour éviter ce danger. Quelles initiatives faut-il prendre pour trouver le contact, pour se lier avec CHINOS VICTIM
PADRES
les secteurs majoritaires de la classe ouvrière? Comment la politique d'affirmation radicale d'un secteur qui est minoritaire dans l'ensemble de la classe ouvrie. re - même s'il est important - doit-elle s'exprimer? Car le problème de fond, ces méthodes, de ces objectifs sont étrangers aux expériences très élémentaires du reste des travailleurs, et que même si les promoteurs de politique disent des choses très bien du point de vue programmatique, le résultat pratique de cette politique est désastreux. C'est à ce genre de problèmes que nous allons être confrontés.
- Pour terminer, peux-tu nous donner ton avis sur ce qui s'est passé à Ren-
- Ce qui s'est passé à Renteria, on pouvait le prévoir. Ce n'est pas la premiè-