Comité national du Parti socialiste
Une déclaration du Augmentation des impôts indirects, dévaluation, gel des salaires et autres mesures d'austérité : est-ce pour cela que les travailleurs suédois ont renvoyé la coalition bourgeoise en septembre dernier ? « Non », répond le Comité national du Parti socialiste, section suédoise de la IVe Internationale, qui exige une politique en intérêts des travailleurs. «C'est le bien-être des masses qui doit être placé au premier plan, et non pas celui du grand capital, les sociaux-démocrates l'expliquaient eux-mêmes par le passé », déclare le manifeste que nous puPARTI SOCIALISTE (SP)
« La politique économique du gouvernement social-démocrate vise à accroître les profits. Les travailleurs sont appelés à faire des sacrifices pour permettre d'atteindre cet objectif. »
C'est ainsi qu'un grand quotidien social-démocrate, Stockholmstidningen, présentait le 22 novembre dernier la ligne d'action du gouvernement présidé par Olof Palme. Le gouvernement a pris, à cet série de mesures immédiates • Il a dévalué la couronne suédoise de 16 %, ce qui permet un transfert d'enmilliards de couronnes des consommateurs aux entreprises privées.
-Il a augmenté les impôts indirects sur la consommation, ce qui signifie que les travailleurs et les couches les plus pauvres devront payer pour les promesses électorales du Parti social-démocrate.
-Il a modifié le régime fiscal, qui fonctionne désormais encore plus que par le passé en faveur des riches et au détriment des salariés les moins payés.
- Il a demandé aux directions syndicales de geler les salaires lors des négociations pour le renouvellement des contrats
Toutes ces mesures ont une seule et même signification : faire supporter des sacrifices aux travailleurs pour défendre les intérêts des capitalistes. Or, c'est précisément pour mettre fin à une telle politique que les travailleurs ont chassé, par leur vote, le précédent gouvernement, celui des partis bourgeois.
« INVESTISSEMENT POUR LE FUTUR ...» « Il faut accepter ces sacrifices maintenant afin d'améliorer la situation demain ... » C'est ce qu'affirme le gouvernement social-démocrate pour rendre acceptable sa politique aux yeux des travailleurs. Et beaucoup d'ouvriers espèrent peut-être qu'il en sera ainsi. Mais rien ne garantit que cela sera effectivement le cas.
Au cours des six années de gouvernement des partis bourgeois, les salaires réels des travailleurs ont baissé de 14 %. Cela n'a pas créé de nouveaux emplois et n'assure pas de meilleures conditions de
Au contraire ! Quand le niveau de vie des travailleurs diminue, le marché se réduit d'autant plus pour les produits et le chômage augmente. La concurrence accrue entre les travailleurs sur le marché du position plus fragile pour lutter pour des augmentations de salaire. Et la crise s'approfondit. Dans une période de crise de l'économie capitaliste mondiale, les réductions de salaires et autres concessions des travailleurs ne conduisent jamais à une amélioration ultérieure de la situation. Durant de telles périodes de crise, les contradictions entre les classes fondamentales sont mises à nu, et ces contradictions ne peuvent pas être résolues à travers la collaboration entre les ouvriers et les employeurs. Bien au contraire, les travailleurs doivent engager une lutte résolue pour défendre leurs in-
La politique actuelle du gouvernement social-démocrate représente une impasse pour les travailleurs de ce pays. Elle ne défend pas leurs intérêts — par la défense de l'emploi, des salaires et
Le mouvement ouvrier organisé peut - et doit - choisir une orientation opposée. * Le bien être des masses doit étre placé au premier plan, et non celui du grand capital », comme le disait dans le passé un slogan populaire des sociaux-démocrates eux-mêmes. Il faut engager une lutte résolue et rejeter le chantage des capitalistes contre les travailleurs et l'ensemble de la société.
UNE ORIENTATION SOCIALISTE
Les socialistes appellent les travailleurs de ce pays à lutter pour imposer les mesures suivantes aux directions syndicales et au gouvernement social-démocrate. Pour la défense du salaire réel
Les propositions avancées par la direction nationale de la confédération syndicale LO pour la prochaine négociation des contrats collectifs entraîneraient une réduction drastique des salaires. Les dirigeants syndicaux doivent tenir compte des revendications des ouvriers de l'industrie et des couches les moins payées :
- Pas de négociations sur un taux. quel qu'il soit, de réduction des salaires ! Les ouvriers suédois ont dû payer la note durant dix ans de gouvernement bourgeois ! C'est assez ! Arrêt des hausses des prix des produits de consommation courante
- Dévaluation, hausse des impôts indirects, réduction des subventions de
l'Etat aux produits alimentaires : toutes ces mesures vont entraîner des hausses vertigineuses du prix de la nourriture et des autres produits de consommation courante. Des spécialistes, très sérieux, parlent d'une hausse de 15% en Six mois ! Pour les riches, cela ne représente pas une catastrophe, mais pour les ouvriers et les salariés les moins payés, c'est une attaque brutale.
Le gouvernement pourrait arrêter ces augmentations s'il le voulait. Pour commencer, il aurait pu ne pas augmenter les impôts indirects, et taxer au contraire les gros profits et les fortunes des spéculateurs.
Les ouvriers d'ASEA (trust qui produit des équipements électriques et des fournitures en aciers spéciaux) à Ludvika, ont indiqué récemment, au cours d'une réunion syndicale, le type de mesures à prendre pour faire payer aux capitalistes eux-mêmes le prix de la crise de leur systeme :
- Impôts supplémentaires sur les profits capitalistes réalisés grâce à la dévadroit de veto sur les projets de « nationalisation » qui visent en fait à réduire l'emploi. De même, au niveau régional, les salariés peuvent commencer à élaborer des plans pour la répartition des emplois dis-
Dans toute usine menacée par des licenciements, les organisations syndicales
- exiger la publicité sur les plans de production de la direction ;
- refuser la clause de non-divulgation de secret qui fait partie du « droit à l'information » qui leur est concédé dans le système de cogestion ;
— exiger le maintien de tous les travailleurs à leurs postes ;
- établir un contact avec les travailleurs des usines du même secteur, en Suède et à l'étranger.
Toutes les forces qui sont prêtes à défendre les intérêts de la classe ouvrière face à la crise et à la politique d'austérité doivent montrer au gouvernement et à la direction syndicale que leur politique actuelle est inacceptable.
Il faut, à cet effet, dans chaque usine et dans chaque lieu de travail, élaborer des motions contre les concessions que la direction syndicale centrale se prépare à faire dans les négociations contractuelles.
Les discussions doivent se multiplier dans toutes les entreprises, dans les réunions syndicales, les meetings politiques, afin d'élaborer et de centraliser des propositions comme celles présentées par les travailleurs de l'usine de Ludvika.
Dans tout le pays, la direction syndicale centrale et le gouvernement social-démocrate ne doivent entendre qu'un seul mot d'ordre : « Changez de politique ! Défendez les intérêts des travailleurs ! »
PARTI SOCIALISTE (SP)
Section suédoise de la IVe Internationale
Stockholm, 5 décembre 1982.