basée sur le La question linguistique constitue un enjeu important de la lutte politique en Algérie. En lançant la campagne d'arabisation, Houari Boumedienne avait choisi l'arabe classique contre l'arabe populaire couramment parlé par la majorité de la po-
Si le français perpétue le pouvoir culturel d'une couche particulière, l'arabisation classique tend à constituer une nouvelle caste de lettrés, et constitue un nouvel obstacle culturel pour la masse des travailleurs et des
D'autre part, les événements de 1980-1981 de Tizi-Ouzou, en Kabylie (voir Inprecor numéro 138 du 6 décembre 1982) ont vigoureusement posé la question du statut des minorités, en particulier celui des Berbères et de leur langue nationale. Dans Et Taliaa numéro 4, les marxistes révolutionnaires algériens avaient alors pris une claire position sur le fond de la question linguistique.
OUI AU BERBERE, OUI A L'ARABISATION
BASÉE SUR LE DIALECTAL
A l'école primaire, l'enseignement de l'arabe classique et du français (avec, en plus, de mauvaises conditions matérielles et pédagogiques) donne des résultats catastrophiques, car dans l'environnement familial et social, on s'exprime en arabe populaire et en berbère.
Boumedienne disait un jour que le pouvoir s'était demandé quel choix faire, l'algérien ou l'arabe classique, et que le classique avait été choisi pour permettre de « communiquer avec nos frères du Moyen-Orient ». Ce n'est done pas une quelconque faiblesse de l'arabe algérien, grammaticale ou autre, qui a guidé le choix, comme nous le répètent les tenants du classique. Il fut question aussi d'unifier et d'enseigner l'arabe maghrébin, projet retardé par la dislocation du comité consultatif maghrébin, suite aux luttes bourgeoises inter-maghrébines.
oui à l'arabisation dialectal ! "
Le choix du classique, et la politique d'arabisation « accélérée », ont eu pour résultat de consolider la domidu français et de retarder l'arabisation profonde du pays. Si l'on excepte une mince couche d'intellectuels arabophones sacrifiés à la façade démagogique de la politique du pouvoir, la langue de l'impérialisme français règne en maîtresse, comme langue de puissance sociale, comme langue de pouvoir économique et politique. Voilà donc le bilan de l'arabisation par le classique. Les millions de travailleurs arabophones et berbérophones sont exclus de la vie culturelle, et le français domine.
Les communistes sont pour la reconnaissance du berbère, son enseignement, son utilisation. Ils sont aussi pour que l'arabisation soit basée sur l'arabe dialectal. Aux arguments faussement généreux du chauvinisme, qui refusent le berbère, nous répondons que nous sommes, nous communistes, pour la république universelle des conseils d'ouvriers, pour le socialisme à l'échelle de l'humanité, et que, pourtant, nous soutenons le droit des nations à disposer d'elles-
Car, pour nous, tant que le peuple algérien ne gagne pas son indépendance totale à l'égard de l'impérialisme, tant que le peuple sahraoui ne sera pas libre de l'oppression marocaine et impérialiste et, générale, tant que des peuples seront opprimés, colonisés, dominés, ils ne pas rejoindre le combat pour l'unité du monde entier. De la même manière, nous sommes donc pour l'unité nationale algérienne contre l'impérialisme, mais dans le respect des spécificités culturelles. Ecraser le berbère sous prétexte d'unité, nous ne le permettrons pas.
Nous sommes aussi pour l'arabe populaire, car pour communiquer avec les peuples du Moyen-Orient et du monde entier, il faut que les travailleurs d'Arzew et d'Annaba, les paysans de Mascara et de Sétif, accedent à la culture et participent à l'é-
La fin de la domination du français, langue de classe, langue de l'impérialisme, est une tâche révolutionnaire dans la mesure où elle signifie permettre aux millions de producteurs ouvriers et paysans de ce pays d'accéder au savoir et à la culture en usant d'une langue qui leur soit proche, et non pas du français ou de l'arabe classique, qui sont des langues étrangères et donc d'accès difficile pour les masses laborieuses. Nous souhaitons certes qu'il y ait rapprol'arabe moyen-oriental, mais cela doit se faire avec les masses populaires et non en les excluant. C'est tout le peuple qui doit participer à l'échange, et non pas une mince couche de mandarins intellectuels.
L'arabisation devra être basée sur la langue populaire, mais être aussi progressive, générale et respecter fois, l'arabisation n'est pas un principe abstrait mais une revendication populaire, la revendication de ceux qui veulent comprendre la TV, lire le journal, assister aux conférences et débats, et qui veulent que cette vie culturelle exprime leur vie et soit la continuité de leurs discussions quotidiennes. Il faut donc permettre aux masses populaires de s'intégrer progressivement à cette vie culturelle.
- Générale, dans le sens de rejeter la politique des sections arabisées, dont les résultats sont catastrophiques. Cette politique a été jusqu'à présent un excellent camouflage pour perpétuer la domination du français, et il faut donc que tous soient arabisés en même temps. Cette arabisation est une lutte contre la domination du français et non pas une lutte pour écraser le berbère, qui est nôtre. En aucune façon, il ne faut accepter l'arabisation forcée des berbérophones, et le combat pour la reconnaissance du berbère comme deuxième langue enseignement dans les régions berbérophones, et partout où un nombre suffisant de travailleurs le demandent, ce combat est inséparable, pour nous, de la lutte pour l'arabisation. Ces revendications doivent s'intégrer à la lutte du prolétariat pour détruire l'Etat bourgeois.•