Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AUSTRALIE

Le Congrès du Socialist Workers Party

Inprecor n° 144, 28 février 1983 · p. 25 · 724 mots

Syndicalisme

pour le contrôle de l'appareil syndical lui du SWP d'emprunter cette dernière voie.

AUSTRALIE

Le congrès du Socialist workers party Du 5 au 11 janvier 1983, le Socialist Workers Party (SWP, Parti socialiste des travailleurs, section australienne de la IVe Internationale) a tenu son Congrès national. En présence de 300 personnes, ce Congrès a pu préciser les progrès réalisés par le SWP au cours des deux dernières années et a défini les perspectives pour l'année à venir. Ainsi, le SWP s'est-il développé de manière significative, de 16 % en 1981 et de 35 % en 1982. La majorité des membres du SWP sont aujourd'hui des travailleurs de l'industrie, qui est le principal secteur d'intervention de l'organisation.

Dans son rapport sur la situation politique, « La récession capitaliste et la lutte pour le socialisme », le secrétaire national du SWP, le camarade Jim Percy, a déclaré que les travailleurs australiens allaient devenir de plus en plus sensibles aux idées radicales et aux solutions socialistes du fait même de l'approfondissement de la crise économique. Il a précisé que le SWP devait se saisir de cette opportunité et se lier aux forces ouvrières qui sont à la recherche de l'action pour les aider à aller de l'avant. La raison pour laquelle les travailleurs australiens ne se sont pas lancés dans une grande offensive contre les patrons réside dans le fait qu'ils n'ont pas confiance dans la capacité de leurs dirigeants syndicaux à les mener à la victoire. C'est là la conséquence de la timidité des dirigeants officiels des syndicats et du Parti travailliste, qui proposent une politique de collaboration de classe.

La plupart des discussions du Congrès du SWP ont tourné autour de la question du travail syndical. Le SWP a révisé sa tactique sur ce sujet l'année dernière. Auparavant, la position du SWP était que les révolutionnaires ne pouvaient envisager de prendre des positions dirigeantes dans les syndicats qu'après que la conscience des travailleurs ait atteint un certain niveau. En septembre 1982, la direction du SWP était revenue sur cette appréciation pour affirmer que les révolutionnaires devaient participer activement aux syndicats, et y compris aux luttes même, étant donné que ces luttes sont importantes pour aider les travailleurs à s'organiser dans la défense de leur niveau de vie et contre l'offensive capitaliste. Ainsi, dans l'industrie sidérurgique, des membres du SWP, en alliance avec un groupe ouvrier dénommé Militant Action Campaign (Campagne pour l'action militante) mènent-ils la lutte contre la direction droitière du principal syndicat, le Federated Ironworker's Association (FIA). Ils ont obtenu 20% des voix des travailleurs de la sidérurgie lors des élections syndicales nationales de l'année 1982.

Le Congrès du SWP a aussi abordé la question du mouvement anti-guerre et de la campagne contre les armes nucléaires. Il a été décidé que le SWP devait lutter pour que le mouvement pacifiste adopte une approche anti-impérialiste, notamment en demandant la rupture de tous les liens avec la machine de guerre américaine et en s'opposant aux guerres impérialistes en cours.

Le Congrès a par ailleurs décidé la présentation de 38 candidats aux prochaines élections fédérales à la Chambre des représentants (chambre basse du Parlement). Cette campagne électorale, pour laquelle le SWP a lancé une souscription exceptionnelle, devrait assurer la présence socialiste la plus importante de l'histoire du pays au niveau des élections.

Enfin, la question de l'internationalisme a été abordée avec des points spécifiques sur la lutte des classes aux EtatsUnis, en Nouvelle-Calédonie, au Sri Lanka et à Hong Kong, présentés par des invités de ces pays. Une discussion spéciale a aussi été menée sur les taches de solidarité avec la révolution centro-américaine et la Pologne.

Enfin, sur la question de la construction de la IVe Internationale, le camarade Larry Douglas, membre de l'exécutif national du SWP, devait déclarer : « Notre travail est de nous lier à ces nouveaux courants révolutionnaires avec la même ouverture, honnêteté, enthousiasme et confiance que Lénine et Trotsky avant nous ont mis pour construire la Ille et la IVe Internationale. Le problème n'est pas de savoir si nous devons aujourd'hui constituer un nouveau parti interna tional avec d'autres courants révolutionnaires. Ce n'est pas à l'ordre du jour dans l'immédiat. La question est de savoir si nous nous orientons aujourd'hui de façon à progresser sur la voie d'une nouvelle internationale léniniste de masse. » Le Congrès a conclu en exprimant la volonté

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