Les 18, 19 et 20 février 1983 s'est tenue à Genève, en Suisse, la Ve Coordination des comités européens de solidarité avec le Salvador. Y participaient des représentants de nombreux pays : l'Autriche, la Belgique (avec une délégation pour la partie francophone du pays et une autre pour la partie flamande), le Danemark, [Etat espagnol, la France, la Grande-Bretagne, la Hollande, l'Italie, la Norvège, le Portugal, la République fédérale d'Allela Suède et la Suisse. Un télégramme de soutien a été envoyé par les comités islandais.
L'ouverture de cette rencontre a été marquée par un meeting intitulé « Solidarité avec le Salvador », qui regroupa environ 200 personnes, au cours duquel prirent la parole un représentant des comités de solidarité de Suisse et Francisco Herrera, représentant du Front démocratique révolutionnaire • Front Farabundo Marti de libération nationale (FDR-FMLN) qui mène la lutte de libération au Salvador. Le camarade suisse fit ressortir l'importance du travail de solidarité dans un pays, la Suisse, qui se caractérise par son
Get sa xénophobie envers les travailleurs immigrés, et il se référa à la d'unifier les mouvements de européens avec orientées contre le militarisme impérialiste. Enfin, il résuma les objectifs de la Ve Coordination européenne des comités de solidarité : amélioration de la coordination du travail à l'échelle européenne et des échanges d'expériences, et construction, en Europe, du Front mondial de solidarité avec le peuple d'El Salvador (FMSPS).
Avant l'intervention du représentant du FMLN-FDR, des communiqués envoyés par diverses organisations (près d'une trentaine au total) furent lus à la tribune. Parmi ceux-ci on peut noter les saluts du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) du Chili, du Parti de la victoire du Peuple (PVP) d'Uruguay, de la section genevoise du Parti communiste espagnol (PCE), du Comité de solidarité socialiste avec les pays de l'Est, du Front Polisario, des ambassades du Vietnam et du Nicaragua. Des messages de solidarité du mouvement ouvrier suisse furent aussi adressés à cette rencontre, dont celui du Parti socialiste ouvrier (PSO), section suisse de la IVe Internationale.
Francisco Herrera, du FDR-FMLN, rappela le respect de l'autonomie des Comités de solidarité avec le Salvador, l'importance de cette activité internationale et de son renforcement, et dénonça l'escalade de l'interventionnisme impérialiste. Il analysa également la situation actuelle au Salvador, aux niveaux politique et militaire. Etant donné que le FMLN-FDR ne participait pas en tant que tel aux débats, le camarade Francisco Herrera précisa les lignes générales que devrait prendre l'action de solidarité : opposition à l'intervention impérialiste ; recherche de moyens pour faire connaître à la presse internationale la réalité intérieure du Salvador ; refus du « discours triomtrès puissant; lutte pour la des prisonniers politiques; recherche d'un dialogue qui puissse assurer « une issue digne pour les intérêts du peuple », ce qui doit être lié à la reconnaissance toujours plus large du FDRFMLN au niveau international ; exigence Salvador, fermée maintenant depuis 1980.
Les débats de cette rencontre ont par ailleurs permis aux délégués des comités de chaque pays de mieux appréhender les multiples difficultés, parfois spécifiques à certains, parfois communes à tous, qui entravent la construction du mouvement de solidarité. Par exemple, en Italie, en Norvège, en Suède, au Danemark et en Hollande, les rapports des comités de solidarité avec les principales forces politiques et syndicales se sont souvent traduits par des campagnes unitaires. Tel n'est pas le cas en France et dans l'Etat espagnol où, all contraire, les comités sont souvent marginalisés par l'attitude sectaire des organisations politiques et syndicales majoritaires dans le mouvement ouvrier de ces pays. Tous ces problèmes devront trouver une solution pour permettre au mouvement de solidarité de se développer et d'être à la hauteur des enjeux en cours en
Face au développement des responsabilités de la solidarité internationale, les comités de soutien ont créé un secrétariat européen qui coordonnera, sure du possible, leurs activités, ainsi que les tournées en Europe des délégations des organisations de masse de la révolution salvadorienne. Les comités de solidarité ont aussi réaffirmé leur volonté de soutenir et d'élargir le Front mondial de solidarité, en appuyant et en aidant à la coordination des campagnes prévues par cet organisme mondial pour le mois d'oc tobre 1983 et à l'occasion du 22 janvier 1984 (en commémoration de l'insurrec tion paysanne de 1932 et des actions du FMLN en 1981). Pour leur part, les militants révolutionnaires prendront toute leur place dans le renforcement mouvement de solidarité avec la lutte du peuple salvadorien, et ils engageront toutes leurs forces pour la réussite des campagnes du Front mondial de solidarité.