Les positions en présence sur la réduction du temps de travail LE PATRONAT. Dans un accord sur la coordination des conventions jours de la semaine doit rester à la libre disposition de chaque entreprise et ne peut être fixée par voie de convention collective. (...) Il faut rejeter les conventions collectives qui limitent à 10 heures la journée de travail ou qui limitent à 50 heures le temps de travail hebdomadaire. (...) Une réduction du temps de travail hebdomadaire en-dessous de 40 heures n'est absolument pas responsable. (...) Des pauses payées supplémentaires peuvent tendre à remettre en cause la semaine de 40 heures et doivent donc être abordées sous l'angle du danger que cela représente. » Pour 97% des travailleurs ouest-allemands, la semaine de 40 heures est inscrite dans les conventions collectives et la loi permet jusqu'à 20 heures supplémentaires de travail par semaine.
Les regroupements patronaux et les chrétiens-démocrates se prononcent temps partiel. En 1981, 38 % des femmes salariées et 4 % des hommes salariés effectuaient un travail à temps partiel. Presque la moitié d'entre eux ne bénéficient pas de la sécurité sociale. Le ministre du Travail, le chrétien-démocrate Blüm, a proposé de donner à tous les travailleurs la possibilité légale de prendre leur retraite à 60 ans s'ils renoncent à une partie de leur pension. Patronat et gouvernement s'opposent à toute réduction du temps de travail avec maintien
LE PARTI SOCIAL-DEMOCRATE. Le candidat social-démocrate malchanceux au poste de chancelier, Hans-Jochen Vogel, a soutenu toute forme de réduction du temps de travail comme faisant partie d'un « pacte social de solidarité contre le chômage ». Cependant, lors d'un forum sur le temps de travail organisé par le SPD, la question de l'abaissement de l'âge de la retraite était considérée comme prioritaire par rapport à celle de la semaine de 35 heures. Le programme électoral du SPD promettait aussi une nouvelle législation sur le temps de travail. Mais la nouvelle loi proposée garderait les 40 heures comme norme, avec seulement une baisse du nombre d'heures supplémentaires permises. De plus, on peut lire dans ce même programme : « Nous savons qu'une baisse significative du temps de travail hebdomadaire doit être financée par une augmentation plus lente des salaires. » Le dirigeant local de l'IG Metall de
Steinkühler, a sévèrement critiqué cette position comme étant un alignement sur les positions patronales.
LES « VERTS ». Les « Verts » discutent depuis des mois d'un programme concernant les questions sociales et économiques. A leur congrès de la mi-janvier dernier à Sindelfingen, ils votèrent une résolution pour les 35 heures et pour la réduction du temps de travail jusqu'à la suppression du chômage. La revendication du maintien du salaire reste un point de conflit en leur sein. Un compromis fut trouvé sous la forme d'une revendication de maintien du salaire pour « les plus bas salaires » seulement. Au congrès de Hagen, en novembre 1982, Rudolf Bahro (dissident d'Allemagne de l'Est, auteur de l'Alternative) avait provoqué la consternation générale en déclarant que le chômage devait être saisi comme une chance, et que 5 millions de chômeurs permettrait de se libérer du système industriel pour construire « un mode de vie indépendant des rapports du marché ». Cette position a été défaite, mais le soutien à des actions syndicales est encore largement rejeté chez les « Verts ».
LES SYNDICATS. Depuis 1981, il y a un débat au sein des syndicats sur la question de savoir s'il faut accorder la priorité à une campagne et à des luttes pour la semaine de 35 heures avec maintien du salaire et embauches correspondantes, ou à une campagne pour l'abaissement de l'âge de la retraite, dans les conventions collectives. L'IG Chemie et le Syndicat de la restauration se sont prononcés pour la baisse de l'âge de la retraite (à environ 58 ans). Ensuite, il y a sur cette question des modèles différents de partage des coûts entre le patronat, les travailleurs et la sécurité sociale, et des propositions différentes sur le manque à gagner que cela doit représenter en termes de revenus pendant la retraite. Le Syndicat de la fonction publique et des transports (deuxième fédération de la DGB), se prononce également pour cette solution. L'IG Metall, le Syndicat de l'imprimerie (Druck und Papier), le Syndicat du bois et des plastiques et le Syndicat des banques, du commerce et des assurances se sont, de leur côté, prononcés pour la semaine de 35 heures et cherchent à coordonner leurs actions autour de cette revendication. Des calculs sérieux ont montré que l'établissement de la semaine de 35 heures pour tous les salariés créerait la possibilité d'employer 1,6 million de personnes supplémentaires. Par contre, la baisse à 55 ans de l'âge de la retraite ne créerait qu'un million de nouveaux emplois.