Les rapports entre les "contras" et la CIA Un porte-parole du Département d'Etat US a exposé en ces termes, la semaine dernière, la position of ficielle des USA sur la question du Nicaragua : « Nous ne soutenons en rien le retour à un gouvernement so-
En fait nous avons appris de sources émanant du Front démocratique du Nicaragua (FDN), que l'administration Reagan a été et demeure profondément impliquée dans les agressions des contras (contre-révolutionnaires). Toujours selon ces sources, le contrôle des Etats-Unis est indirect. A sa tête, le FDN aurait un Comité politique de coordination largement composé de Nicaraguayens conservateurs et modérés qui ont quitté leur pays au cours de ces trois dernières années de gouvernement sandiniste. Il comprend égalecolonel Enrique Bermudez Varela, ancien membre de la Garde nationale de Somoza, qui était l'attaché militaire de son pays à Washington jusqu'à la prise du pouvoir par les sandinistes.
On dit que derrière ce Comité de coordination, il y a trois états-majors militaires qui dirigent la campagne actuelle de guerre de guérilla. Le premier, composé d'anciens officiers de la Garde nationale, a été
Uses éléments les plus brutaux du temps du régime de Somoza, à la demande expresse de la
La seconde équipe est composée de militaires honduriens avec, en plus, le colonel Bermudez et un représentant militaire de l'Argentine, pays qui a, lui aussi, été profondément impliqué dans l'entraînement et l'équipement des contras. Selon le FDN, un membre-clé de cette deuxième équipe est un homme connu sous le nom de Carlos, chef de l'antenne de la CIA à Tegucigaipa, la capitale du Honduras.
Le troisième élément de cet état-major est, toujours selon des sources émanant du FDN, uniquement composé d'Américains. Il s'agit d'experts de la CIA et de représentants du commandement américain pour le Cône sud basé à Panama. Ce troisième groupe est censé être le cerveau des forces insurgées. Son travail est de faire passer les ordres à la deuxième équipe, qui, à son tour, les transmet au commandement des contras. Le coordinateur des activités rents groupes est, toujours selon ces sources du FDN, John Negroponte, ambassadeur américain au Honduras. Un diplomate occidental a dit de lui : « Son travail est de maintenir les dirigeants du Honduras dans le jeu. Il s'applique à leur conserver leur enthousias-
L'un des objectifs de cette structure alambiquée de l'état-major contra est d'au moins permettre au personnel militaire et de renseignement des Etats-Unis de demeurer en conformité avec une annexe à la loi de 1983 concernant les attributions du Département de la Défense, qui a été votée à l'unanimité par la Chambre des représentants en décembre 1982. Cette annexe interdit à l'administration US d'utiliser des fonds « pour des équipements, de l'entraînement ou des conseils d'ordre militaire, ou autres aides à des activités militaires, qui seraient accordés à un groupe d'individus, ou à un individu, qui ne feraient pas partie des forces armées US, et ce, dans le but de renverser le gouvernement du Nicaragua ou de provoquer des affrontements militaires entre le Nicaragua et le Honduras ».
Extraits de l'hebdomadaire nord-américain « TIME », 4 avril 1983.