ouvrière majoritaire du syndicat des mineurs
Le document de la FSTMB sur la cogestion ouvrière que nous publions ci-après illustre, malgré sa complexité, les multiples difficultés posées au mouvement ouvrier bolivien sur cette question. Il s'agit de trouver les structures démocratiques adéquates un pays dominé où, dans son ensemble, la classe ouvrière dispose encore d'un niveau culturel assez limité →, pour permettre une véritable repré sentation ouvrière majoritaire à la tête des entreprises étatisées et le contrôle des orientations économiques et
Election des dirigeants ouvriers à la cogestion suivant des formes assez complexes et superposition de repré sentants ouvriers élus et révocables dans les instances dirigeantes des entreprises aux côtés des administrateurs du gouvernement sont les propositions concrètes essentielles visant à codifier l'idée d'une cogestion ouvrière majoritaire. Il est évident qu'au-delà de sa signification administrative propre, c'est l'effet de propagande autour de son contenu démocratique — contrôle du syndicat et des travailleurs sur la production et l'investissement — qui caractérise surtout la prise de position de la FSTMB.
La cogestion ouvrière a comme objectif d'affirmer le droit des mineurs à une intervention majoritaire dans la conduite, l'administration, la production et le contrôle de toutes les entreprises et de tous les bureaux qui font partie de la COMIBOL (Corporacion Minera Boliviana, organisme de gestion des mines nationalisées. NDLR). Elle veut sauvegarder les intérêts du pays, rationaliser et perfectionner la production et élever le niveau de vie des travailleurs au profit du peuple tout entier.
La cogestion ouvrière introduira le salaire minimum vital avec échelle mobile - priorité longtemps refusée dans le passé -, en prenant comme base de calcul le « panier de la famille », de façon à garantir un niveau de vie décent pour tous les travailleurs. (...)
En ce qui concerne la constitution des instruments organisationnels de la cogestion, il faudra tenir compte des considérations suivantes:
La) puisque nous voulons qu'il s'agisse d'une véritable gestion ouvrière, il est nécessaire de concevoir son organisation de la base au sommet, en partant du travailleur, du noyau humain de base.
Le projet de "cogestion"
Mb) chaque travailleur ne peut se considérer comme partie intégrante de l'entreprise que s'il participe effectivement, directement et démocratiquement à sa gestion.
Gc) démocratiquement, cela signifie que les représentants des ouvriers devront être élus, et qu'ils seront réon pourra mettre sur nouvelle organisation qui déterminera un changement progressif dans la structure de la COMIBOL et de toutes les entreprises qui s'y rattachent, qui seront aussi organisées sur la base de la cogestion ouvrière. Femmes boliviennes. (DR)
L'instrument organisationnel de base de la cogestion sera l'unité de travail, qui constitue la forme humaine fondamentale d'association. Cette association protégera l'identité personnelle et culturelle de chaque ouvrier et en même temps l'intégrera socialement.
deux délégués partie d'un comité d'unités de travail. Ces comités éliront à leur tour le comité de gestion de la mine. (...) Un conseil de la mine sera formé par l'élection démocratique d'un délégué pour un certain nombre, à déterminer, d'ouvriers de la mine. Il y aura, représentation syndicat. Ce conseil ratifiera ou élira le comité de gestion de la mine.
L'assemblée générale des membres des conseils de tous les secteurs de la mine (mine, surface, transformation) constitueront le Conseil de production qui sera présidé, lors de sa réunion constitutive, par le secrétaire général du syndicat. Pour faciliter le travail de ce Conseil de production, un comité du conseil de production sera élu.. (...) Trois travailleurs seront élus par le Conseil de production en tant que délégués de la cogestion ouvrière dans le comité d'entreprise (direction locale).
La cogestion ouvrière se concrétisera dans la mesure où les travailleurs assumeront leurs responsabilités dans la conduite, l'administration, la production et le contrôle (du secteur minier), aussi bien au niveau de la COMIBOL et de ses agences qu'au niveau des mines nationalisées. Les délégués élus par les travailleurs dans le Conseil de production seront accrédités par les syndicats. La direction du syndicat élira le délégué syndical d'entreprise (direction locale). (...)
(Différentes modalités présideront à la désignation, par élection, des directeurs (gérants) aux niveaux local et des branches. Les représentants ouvriers y agiront sur pied de corresponsabilité avec les directeurs des diverses entreprises.)
Les travailleurs seront représen tés à la direction centrale de la COMIBOL par trois directeurs ou délégués, accrédités par le Comité exécutif de la FSTMB, mais élus par les travailleurs de la base. (...) Le gouvernement aura trois représentants, l'un d'entre eux sera le président de cet organe de direction, sans droit de vote.
Le gérant général, qui aura le rôle important de mener à bien la réorganisation et l'augmentation de la production, sera responsable, face à l'autorité suprême de la COMIBOL, à savoir la direction centrale, et dans ce but, il sera élu sur la base d'une liste de trois noms proposés par la FSTMB. Il devra être un expert en matière de gestion d'entreprise et ne pas avoir moins de huit ans d'expérience professionnelle. Il devra appliquer les décisions.
Le gérant général proposera à la direction des listes de trois noms pour l'élection des différents responsables techniques. Le personnel administratif des entreprises sera désigné par la direction centrale en accord avec les secteurs respectifs.
Seule la direction centrale aura la faculté de représenter la COMIBOL et d'établir les rapports avec le gouvernement et d'autres organismes. Les membres de la direction n'auront pas de fonctions exécutives individuelles. Ils seront responsables collectivement de tous les plans, accords et décisions de la direction, de même que les directeurs de la cogestion ouvrière seront corresponsables dans les trois secteurs.