DOCUMENT le procès de Le Comité ouvrier interentreprises de Solidarité de Varsovie (MRKS) est apparu sérieux pour le pouvoir antipopulaire. Et ce pouvoir veut façon démonstrative qu'il arrive à ses fins. Il a donc déféré devant le tribunal militaire de Varsovie, depuis le lundi 21 mars, un groupe de neuf personnes, accusées « d'avoir créé ou pris part commun avec d'autres individus à fonctionnement et la structure devaient rester secrets pour les organes de l'Etat. Son but était de violer de façon criminelle l'ordre juridique en vigueur, en particulier par la publication et la diffusion d'imprimés contenant de fausses informations pouvant provoquer le désordre public ou des émeutes, que par des appels à l'organisation de grèves et d'actions de protestation. accusés remplissaient des fonctions dirigeantes au sein de cette association ». Nous avons choisi de citer cet extrait de l'acte d'accusation écrit dans le piètre jargon des procureurs de l'état de guerre, contient une caractérisation l'activité du MRKS.
Mais même ces quelques phrases conComment peut-on prétendre que notre existence « devait rester secrète », alors que, depuis le début, le MRKS a édité son organe de presse, le CND-Glos Wolnego Robotnika (A suivre ... La voix de l'ouurier libre), signait des tracts et s'exprimait sur les ondes de Radio Solidarité ? L'accusation de diffusion de fausses in-
14 avril, elle écrit : « Nous ne pouvons permettre que la dictature militaro-poli-
Le MRKS de Varsovie commente ses militants formations, quant à elle, apparaît pour le moins inconsidérée. En effet, dans aucun des procès de groupes de Solidarité ayant eu lieu jusqu'à présent cette accusation n'a pu être démontrée, tout simplement parce qu'il s'agit d'une aberration. Dans la lutte que nous menons, la vérité est l'arme la plus importante de Solidarité. (...)
Tout laisse à penser qu'à l'occasion du procès, la propagande du régime tentera de donner au MRKS une aura terroriste. L'article policier publié dans Trybuna Ludu sous le titre : « Ils voulaient ressembler aux Brigades rouges » était significatif de ce point de vue. Il caractérisait les activités des groupes d'action du MRKS de terroristes et prétendait que le CDN-Glos Wolnego Robotnika publiait des actes « de condamnation à mort prononcées par des instances clandestines » (!). Ces accusations ne peuvent être que le fruit d'une imagination malade dont il serait vain de chercher le fondement. (...)
Alors qu'était, et qu'est réellement le MRKS? (...) Nous sommes nés de la volonté de groupes de jeunes ouvriers qui se sont formés spontanément, en général instances de Solidarité d'avant le 13 décembre 1981. Le MRKS, qui faisait partie de la structure de la région de Mazovie, liée au RKS, jours tranché sur les autres coordinations interentreprises de Varsovie radicalisme : son but était de développer pour montrer au pouvoir que sans nous, c'est-à-dire sans Solidarité, sans les ouvriers, il était impossible de résoudre quoi que ce soit en Pologne. Et c'est le même esprit qui a présidé à notre activité ultérieure : nous avons pris part à l'organisation des manifestations de rue (1er Mai, 31 août), nous avons témoigné de l'existence de Solidarité dans les rues de Varsovie (inscriptions sur les murs, tracts et banderoles), nous avons organisé deux actions qui ont sans doute le plus contribué à faire connaître le MRKS : en mai, installation, sur la Place de la Victoid'une plaque commémorative en l'honneur des mineurs grévistes de la mine Wujek assassinés, et en juin, libération de Jan Narozniak. La plaque a été enlevée de nuit par la police, mais pendant longtemps, les Varsoviens ont déposé à son emplacement un rectangle fleuri pour former une tombe symbolique au pied de la croix de fleurs. D'autre part, sans faire usage de violence, le groupe d'action du MRKS a enlevé Narozniak de l'hôpital où il était gardé comme prisonnier pour soigner les blessures que lui avait infligé la
A l'automne, le MRKS a largement diffusé, sous forme de tracts, une déclaration qui traitait notamment du bilan du 31 août, de l'arrestation des militants du KOR, du décret sur les syndicats et de notre jugement sur la grève du 10 novembre. Avant le vote de la loi syndicale, nous avions appelé à un rassemblement silencieux devant la Diète pour « manifester nos préoccupations et nos craintes ». (...)
Nous continuons à penser, comme nous l'avons écrit après le 10 novembre, que la société a été terrorisée et non atomisée. En conséquence, nous nous prononçons pour des formes de protestation active, tout en tenant compte de certaines circonstances, comme, par exemple, l'annonce de la visite du Pape. A plus long terme, nous nous prononçons pour la grève nous appelons avant tout au boycott des pseudo-syndicats, et, pour le rendre effectif, au maintien des fonctions syndicales de Solidaridans les entreprises, ce qui n'exclut pas a priori une participation aux conseils d'autogestion. Elle peut être envisagée dans la mesure où ceux-ci permettent réellement d'assurer une représentation des travailleurs Toutes ces opinions se trouvent régulièrement exprimées dans notre journal.
Comparaissent devant le tribunal militaire de Varsovie : Adam Borowski, 27 technicien-mécanicien; Skudniewski, 37 ans, ouvrier de l'aciérie Huta Warszawa; Jerzy Bogumil, 36 ans, technicien-électricien ; Boguslaw Golebiowski, 35 ans, ancien employé de PZO (optique) ; Roman Bielanski, 36 ans, contrôleur de la production dans la fabrique de tracteurs ZM Ursus; Elzbieta programmatrice à l'entreprise électronique « Rosa Luxemburg » ; Grzegorz Gymper, 23 ans, ouvrier de la clinique de la rue Lindley; Mieczyslaw Nowak, 62 ans, journaliste ; Andrzej Machalski, 41 ans, militant catholique et
Traduit de CDN-Glos Wolnego Varsovie, 19 mars 1983.