Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

HONDURAS

Coordination des organisations révolutionnaires et populaires

Inprecor n° 153, 20 juin 1983 · p. 25-26 · 1 305 mots

Amérique centrale El Salvador

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE

HONDURAS

Coordination des organisations révolutionnaires et populaires La publication, dans plusieurs organes de presse d'Amérique centrale, communiqués de solidarité avec la révolution nicaraguayenne et du régime hondurien, a salué l'apparition publique, au mois de mars dernier, d'une Direction nationale du mouvement révolucomposée du Front morazaniste pour la libération du Honduras (FMLH), du Moupopulaire de libération (MPL Cinchoneros), du Parti communiste Honduras (PCH), du Front populaire révolutionnaire (FPR « Lorenzo Zelaya »), du Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains (PRTC) du Honduras, et du Mouvement d'unité révolutionnaire

Dans un communiqué, dont certains extraits ont été publiés, le 21 avril 1983, par Barricada, organe du Front sandiniste de libération nationale, la coordination des forces révolutionnaires et populaires du Honduras affirme que ce pays a été transformé en « arrière-garde de la contre-révolution. Les forces armées honduriennes coordonnent et participent à des actions de la force armée sanguinaire du Salvador et des forces somozistes. (...) Les points stratégiques de notre territoire, ports et aéroports, ont été transformés en bases militaires des Etats-Unis. Des centaines de conseillers militaires et d'agents de la CIA opèrent dans le pays. (...) Ils ont fait de la région orientale du Honduras un sanctuaire de la contre-révolution nicaraguayenne. Ils se préparent à utiliser notre territoire national comme base d'entraînement de la force armée salvadorienne. Enfin, ils ont converti notre terre en place d'armes de l'impérialisme nord-américain, l'armée hondurienne en une machine de guerre contre son peuple et les peuples frères, et le Honduras en un pays occupé par les interventionnistes nord-américains, les contre-révolutionnaires et leurs marionnettes honduriennes ».

Le communiqué continue en affirmant que « tous les espoirs et les attentes du peuple, qui se sont exprimés au travers des dernières élections (celles-ci ont porté au gouvernement un représentant du Parti libéral) ont été brisés. Le groupe dirigeant d'Alvarez Martinez (chef des forces armées) et de Suazo Cordoba (président de la République), trahissant les aspirations ayant voté pour béraux, et de tout le peuple hondurien, a dégénéré en une dictature militaire pseudo-libérale, qui a livré de plus en plus le pays à la voracité des multinationales et l'ont converti en un instrument aveugle de la politique interventionniste et belliciste de l'administration Reagan en Amérique centrale ». La Direction nationale unitaire du mouvement révolutionnaire du Honduras lance un appel « au soulèvement populaire et à la guerre populaire révolutionnaire pour retrouver la souveraineté et la dignité nationales, conquérir la démocratie, la liberté, la justice

Dans un autre communiqué, daté du 27 mars et publié dans le même numéro de Barricada, la Direction nationale unitaire s'adresse aux « ouvriers, paysans, enseignants et étudiants pour qu'ils conjuguent leurs revendications avec la lutte pour la paix et contre la guerre ». Le texte poursuit en affirmant : « Nous exhortons les entrepreneurs nationaux, dont les intérêts et les projets sont affectés par la situation actuelle en termes incalculables. à former un seul front contre la guerre et pour la paix ; nous demandons à l'Eglise catholique hondurienne et à tous les chrétiens authentiques, attaqués à travers l'activité des sectes manipulées et financées par les services de renseignements nord-américains, de peser de tout leur poids moral du côté des efforts pour une paix digne en Amérique centrale ; nous en appelons au patriotisme des soldats et officiers honduriens pour qu'ils s'opposent à l'utilisation des forces armées honduriennes dans les actions d'intervention impérialiste ; nous proposons à tous les partis politiques, au-delà des différences idéologiques, conjuguer leurs efforts pour sauver la nation menacée de mort par les plans bellicistes de l'administration Reagan et de ses pantins. » Et le texte se termine par les mots d'ordre suivants : « Ni les soldats ni le peuple hondurien ne doivent servir de chair à canon! Empêchons à temps que le Honduras ne soit converti en un Liban de l'Amérique centrale ! Non à la guerre interventionniste, oui à la paix, avec justice et dignité ! »

Le processus de coordination ayant abouti à la constitution de la Direction nationale unitaire du mouvement révolutionnaire du Honduras a suivi un schéma assez semblable à celui qui avait donné dans d'autres circonstances, au Front Farabundo Marti de libération na-

(FMLN) du Salvador (le point commun étant notamment la présence du Parti communiste dans les deux structures, aux côtés des groupes révolutionnaires) et marque un progrès dans l'unité d'action entre les différentes composantes du mouvement antidictatorial.

L'unité d'action autour de la perspective de la « guerre populaire révolutionnaire » signifie une réorientation politique significative du Parti communiste hondurien et aussi, semble-t-il, une évolution de la tactique des forces révolutionnaires dans ce pays.

La revue Inforpress Centroamericana, numéro 54, de mai 1983, publiée à Ciudad Guatemala, définit comme suit les organisations qui composent la Direction nationale unitaire du mouvement révolution-

- Le Front morazaniste pour la libération du Honduras (FMLH), fondé le 16 septembre 1979, se fixe comme principal objectif stratégique « la prise du pouvoir politique par la voie armée » et la construction d'une société démocratique sur la base d'une profonde transformation agraire, qui permette de rompre avec la capitaliste et d'impulser un développement économique et politique indépendant.

- Le Mouvement populaire de libération (MPL Cinchoneros), apparu le 26 mars 1980, est issu d'une scission du Parti communiste du Honduras (PCH), survenue à la suite d'une « lutte idéologique » qui a duré presque une décennie. (...) Le principal objectif stratégique du MPL est la guerre populaire révolutionnaire, très semblable à celle définie par les Forces populaires de libération du Salvador. Le MPL conjugue son action politico-militaire avec celle des organisations de masse. Son commandant en chef, Fidel Martinez (ou commandant « Antonio »), officiellement disparu depuis mars 1981, (...) a été le fondateur et le principal dirigeant de l'Union révolutionnaire du peuple (URP), organisation populaire disposant implantation dans différents secteurs du

- Le Parti communiste du Honduras (PCH) a fonctionné, depuis 1952 jusqu'à la fin 1981-début 1982, de manière semi-clandestine, participant, au sein du Front patriotique hondurien (FPH, qui regroupait le Parti socialiste et le Parti communiste marxiste-léniniste), au processus électoral qui porta le Parti libéral au pouvoir. Le PCH, considéré comme proche de « la ligne soviétique », a avancé, en janvier 1982, quatre principes fondamentaux nouveau gouvernement appliquer: 1) les droits de l'homme et les libertés démocratiques ; 2) la moralisation du fonctionnement de l'administration publique ; 3) des mesures de protection de l'économie nationale ; 4) une politique internationale de paix et de coopération. Un an plus tard, une vague de répression se déchaînait contre ses principaux dirigeants. Son secrétaire général, Rigoberto Padilla Rush, échappa alors à une embuscade tendue par les forces paramilitaires, et un autre important dirigeant

Herminio Deras, membre du

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PCH, fut assassiné peu aprés à San Pedro

On dispose de moins d'informations sur les autres organisations :

- Le Front populaire révolutionnaire (FPR « Lorenzo Zelaya »), du nom d'un membre fondateur du PCH (ce qui peut laisser supposer qu'il est issu d'une seission de ce parti) a commencé ses opérations de harcèlement, de sabotage et de propagande en janvier 1982, date à laquelle il a organisé un attentat contre les installations d'entreprises multinationales nord-américaines, la Rosario Ressources. qui exploite un gisement d'or et d'argent, et la Cerveceria Hondurena SA, filiale de la United Brands à San Pedro Sula. En avril, les militants du FPR ont organisé des attentats à la dynamite contre les ambassades d'Argentine et du Chili, en protestation contre la présence de conseillers ces pays au Honduras. Cegandistes transmis à la presse, on ne connaît pas précisément l'orientation, le programme et la stratégie de lutte du FPR.

- Le Parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains (PRTC) du Honduras : jusqu'au moment de la signature du manifeste unitaire des forces de guérilla au Honduras, sa présence active dans ce pays était inconnue.

Le sixième groupe est le Mouvement d'unité révolutionnaire.

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