Installation d'une nouvelle base US Le gouvernement nord-américain vient de réaffirmer sa volonté d'utiliser Porto Rico comme tremplin pour l'intervention impérialiste en Amérique centrale. C'est ce qui ressort clairement de la décision, communiquée en avril dernier par les responsables de l'armée de l'air amé ricaine, de réouvrir l'ancienne aérienne US de Ramey, à Aguadilla, et le projet de transfert du siège de la fameuse Ecole militaire des Amériques, de Panama à Porto Rico.
Connue aujourd'hui sous le nom de « Punta Borinquen », la base de Ramey a été, jusqu'en 1973, le siège du Commandement stratégique des Etats-Unis pour la Caraibe. En ses moments d'intense activité, elle pouvait accueillir une trentaine de bombardiers B-52 avec leurs armes nucléaires. D'après The San Juan Star du 25 avril dernier, les responsables de l'armée de l'air américaine ont affirmé que, pour l'instant, la base de Ramey ne serait utilisée que pour des exercices sporadiques d'entrainement. Cependant, « d'autres sources ont déclaré que la base serait éventuellement utilisée de manière perma nente par la force aérienne pour des avions de reconnaissance et aussi, probablement, pour des avions de combat ». Un document secret du Pentagone, récemment rendu public, précise que l'utilisation de la base de Ramey est, toujours selon The San Juan Star, d'une importance « critique pour l'accomplissement de la mission » de la force aérienne amé ricaine dans la Caraibe. Cette mission consiste évidemment à combattre la montée révolutionnaire dans toute la région. Le document en question, qui se réfère au projet de réhabilitation de la base de Ramey sous le nom d'« Initiative Borinquen », donne comme justification « la croissante capacité militaire de Cuba », « la présence soviéto-cubaine grandissante à Grenade », « la vulnérabilité des voies de communication maritimes et des installations nord-américaines d'importance
vitale, à Panama et à Porto Rico, et la nécessité de renforcer la capacité des forces aériennes des Etats-Unis d'effectuer des opérations maritimes en défense de ses intérêts », ainsi que « la nécessité de pouvoir réaliser (...) des opérations à grande portée jusqu'à l'Atlantique Sud et